SAGESSE
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A mon avis, la "sagesse" devrait être enseignée à tous les niveaux comme facteur d'équilibre interne de l'individu et comme élément de la bonne gouvernance de l'Etat ou de la société.
Un tel enseignement pourrait s'articuler autour de trois axes fondamentaux :
1. Eviter la conviction de tout savoir
2. Lutter contre le sentiment d'être supérieur à tous au point de n'écouter personne et d'être au-dessus de la règle commune
3. Se défaire du sentiment de toute-puissance.
C'est de mon point de vue à ce test de sagesse que devraient être soumis tous ceux qui ont l'ambition de diriger un établissement scolaire, une entreprise, un groupe, a fortiori un Etat. Tous ceux-là doivent posséder à un niveau au-dessus de la moyenne ce triptyque de "l'intelligence efficace" vecteur de lien social, de justice donc de progrès :
- l'intelligence analytique
- l'intelligence créatrice
- l'intelligence pratique.
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2007 : QUEL PRESIDENT POUR LA FRANCE ?
Le bon candidat ?
C’est celui ou celle
1. Qui place l’homme au centre de ses préoccupations.
2. Qui a pour souci majeur l’épanouissement moral, intellectuel, social des Français
- l’école-formation
- l’intellect
- l’économique
- le lien social
3. Qui a le sens de l’exemplarité de la France dans le monde : son rayonnement humain, culturel comme moteur de la solidarité universelle par la paix et la justice.
4. Qui fait de la sauvegarde de la Planète une priorité : protéger et soigner la nature pour sauver l’Homme.
5. Enfin, c’est celui ou celle qui ose agir et non seulement proclamer, qui sait penser au-delà de sa personne et de sa nation.
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ECOLE OTAGE ?
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L’ECOLE DE LA REPUBLIQUE : COMPROMIS IMPOSSIBLE ?
De tous les sujets qui préoccupent les Français, l’école est celui où le consensus semble le plus improbable. Pire, la recherche de ce consensus ne semble guère apparaître comme une urgence mobilisatrice.
Les réformes ministérielles assénées à coups de décrets et de circulaires n’ont pour effet que de déstabiliser chaque fois un peu plus l’école et ses acteurs. L’éducation est ainsi constamment prise en otage, victime de la bipolarisation extrême.
A chaque alternance, une équipe chasse l’autre mais le mal demeure : les réformes se croisent et s’opposent. Tel ministre de gauche ou de droite, littéraire de formation ou de goût, jettera l’anathème sur tout ce qui n’est pas lettres ou littérature. L’inverse est vérifié pour un nouveau ministre de tendance scientifique.
Aucune réforme ne vaut cependant sans bilan ni évaluation critique. Le manque de continuité en ce domaine n’est pas seulement contreproductif, il est aussi responsable de gâchis intolérable.
Les Français ne sont d’accord ni sur les missions assignées à l’école, ni sur le contenu des savoirs, ni sur le statut des enseignants, ni sur le fonctionnement de l’école, ni sur les méthodes d’enseignement, ni sur l’état véritable de l’école aujourd’hui en France, qu’on soit de gauche, de droite, du centre ou aux extrêmes.
La vision de l’école est plus éclatée que tout autre sujet d’intérêt national, et le compromis plus difficile à atteindre. Pourtant l’importance du sujet exige d’en faire une cause nationale digne de transcender les sempiternels clivages politiques et doit comme telle s’imposer à tous et requérir de tous bon sens et bonne foi. L’avenir de la nation en dépend.
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PRESIDENTIELLE 2007
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Ce que je recherche dans les programmes des candidats à la présidentielle
- L’insertion des jeunes marginalisés, en rade, à la périphérie de la Cité : la « francisation » par la raison et la « francité » par le coeur, condition de l’harmonie sociale et de la conscience nationale.
- La réforme en profondeur du système éducatif de la maternelle à l’université : programmes, contenus, formation des enseignants, critères rigoureux de recrutement (des enseignants et des chefs d’établissement) avec un volet moralité/civisme, c’est-à-dire l’aptitude à éduquer, à transmettre les valeurs fondatrices de la République et de la Nation (solidarité, respect de l’autre, responsabilité…), critères d’exemplarité.
- La volonté de mettre l’économie au service de l’homme, l’économie comme moyen d’épanouissement, non comme outil d’oppression et de servitude.
- Volonté farouche de mener la guerre à outrance aux inégalités sous toutes leurs formes ici et ailleurs.
- Le souci du rayonnement de la France dans un rôle d’humanisation de la mondialisation ainsi que de sauvegarde de la Planète.
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ELECTION PRESIDENTIELLE
LE RENDEZ-VOUS DE LA CONSCIENCE REPUBLICAINE
2007 !
Pour qui voter ?
Deux maux attentatoires à la République, à la Démocratie et à l’esprit civique
- Ne pas voter, s’abstenir
- Voter les yeux fermés, le nez bouché
Mes critères de choix et de vote
Je voterai pour qui respecte les électeurs, c’est-à-dire la démocratie. La lâcheté incarnée dans la démagogie est fossoyeuse de la démocratie sans laquelle il n’est pas de République.
Un homme d’Etat, digne de la fonction suprême de la République doit servir de phare au centre de la Cité. Il doit écouter, respecter, mais guider.
Je voterai pour qui a une vision pour la France et une culture d’exemplarité. Mon credo c’est, désormais, le devoir de discernement. Je voterai pour le courage politique, la pensée juste et l’esprit éclairé.
Je ne voterai ni pour un parti (de droite ou de gauche) ni pour une personnalité de quelque bord qu’elle soit, les yeux bandés et l’esprit bridé. Mon vote sera libre et conscient pour servir la cause de la République et la démocratie.
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ISLAMOPHOBIE ET TERRORISME
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Combattre l’islamophobie pour combattre la menace terroriste.
On ne peut nier le fait que l’islam constitue aujourd’hui un défi majeur pour la France. Deuxième religion du pays par le nombre de musulmans et son impact social, l’islam est aussi sans doute la religion la plus mal connue des Français. Et pourtant, la France a un très long rapport avec cette religion depuis le moyen âge.
Point n’est besoin de remonter si loin dans l’histoire. On peut, à cet égard, simplement signaler le symbole que furent la construction et le financement de la Grande Mosquée de Paris, consécutifs à une loi expressément votée à cet effet par le Parlement en 1920, en l’honneur des musulmans qui ont combattu lors de la guerre de 1914-1918 et dont beaucoup sont morts pour la France.
Cette mosquée inaugurée le 16 juillet 1926 en présence des autorités politiques et religieuses du Maroc et de la Tunisie notamment, devait servir de trait d’union entre la République et le monde musulman (donc entre la France et l’islam) l’empire colonial français renfermant alors de 25 à 30% des musulmans du monde. Pourquoi l’islam est-il donc si mal connu et pourquoi fait-il si peur aujourd’hui ?
Si l’on en juge par ce que l’on entend couramment dans la rue et au café du coin, cette religion est différente des autres parce qu’elle serait incompatible avec la démocratie, avec toutes les formes de libertés et serait par conséquent insoluble dans la République.
L’islam fait peur également parce qu’il s’inscrit dans un contexte international particulier depuis la fin des années 1970 que l’on ne maîtrise pas. Parce qu’à l’échelle mondiale, l’expansion de l’islam politique radical est parfois associée à terrorisme, attentats ou violence aveugle en général.
Enfin, l’islam fait peur parce qu’on ne le connaît pas, ou qu’on ignore ses fondements autant que la réalité de la vie des musulmans en France. Il fait peur aussi parce qu’il est souvent victime de résonances historiques négatives : croisades, colonisation, guerres coloniales ou guerres de décolonisation. Cela fait certes beaucoup pour cette religion implantée de surcroît dans un vieux pays traditionnellement catholique et dont la culture est profondément imprégnée de catholicisme ou de judéochristianisme.
Qu’en est-il réellement ?
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Deux réalités importantes à connaître :
1 – L’écrasante majorité des 4,5 millions de musulmans vivant en France n’aspire qu’à une chose : vivre en paix en s’insérant du mieux possible dans la société française en harmonie avec ses valeurs fondamentales, y compris la laïcité.
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2 – L’analyse du paysage islamique de France (P.I.F.) est une nécessité pour une bonne connaissance de l’islam et des musulmans en France. Au-delà des 4 principales organisations musulmanes officielles (l’Institut de la Mosquée de Paris, la Fédération Nationale des Musulmans de France, l’Union des Organisations Islamiques de France (l’U.O.I.F), le Comité de Coordination des Musulmans Turcs de France), généralement les mieux connues grâce à leur poids en effectif et leur rayon d’action, la connaissance de dizaines d’autres associations, moins médiatisées donc moins connues s’impose parce que permettant une vision plus large et plus complète de l’islam au sein de la République.
L’action de l’ensemble de ces organisations, leur rôle social, leur degré de rayonnement, leur militantisme même permettent de cerner de près la réalité de l’islam en France et sans doute de dissiper quelques malentendus ou erreurs de jugement. Sans une telle connaissance, ces malentendus et erreurs persisteront, faussant le jugement et engendrant la méfiance réciproque.
S’il existe quelques associations radicales porteuses de violence et de danger potentiel pour la République (une minorité selon les autorités compétentes : environ 2 000 sur 4,5 millions), liées à des réseaux internationaux de musulmans radicaux mus par un fanatisme obscurantiste, sont également répertoriées en France des associations de « musulmans laïques » qui sont affiliées à des associations laïques françaises et dont certaines militent farouchement contre le fanatisme religieux, les organisations radicales de type salafiste qu’elles combattent violemment.
De même il existe en France et hors de France des intellectuels musulmans de renommée internationale qui s’attèlent à la réécriture des textes religieux datant du moyen âge, en vue de les actualiser pour les adapter à la modernité, aux valeurs de la République et aux droits de l’individu. Ces érudits travaillent dans la discrétion mais avec détermination pour combattre par le texte et la raison, l’archaïsme sclérosant et nocif. Au-delà de cette ambition en rapport avec le dogme, leur objectif est de faire de « l’islam en France » « l’islam de France » qui épouserait entièrement le principe de laïcité, dont les animateurs et imams seraient formés en France et surtout qui ne serait plus financé de l’extérieur par des pays étrangers.
C’est tout cela qu’il faudrait porter à la connaissance du public par une pédagogie officielle de l’islam afin de combattre les fanatismes qui se nourrissent de l’islamophobie, laquelle ne discerne pas le bon grain de l’ivraie.
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PENSEE POUR L'ECOLE
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L’école de la République n’est pas au mieux de sa forme en ces années 2000.Ce n’est point être iconoclaste que de l’affirmer.
Le contraste entre son potentiel et son rendement est particulièrement saisissant.
DE QUOI SOUFFRE-T-ELLE ?
De maux multiples et multiformes. Elle souffre entre autres maux de blocages et de pesanteurs, victime de petites lâchetés quotidiennes autant que de dogmatisme impérial sclérosant.
Elle souffre de cécité plus ou moins feinte et de brouillage des repères et des missions.
Elle souffre d’intoxication, peut-être d’indigestion chronique, consécutives à un psittacisme aigu.
Pour se porter mieux, elle aurait besoin de volonté, de lucidité ou de bon sens, surtout de courage. L’école de la République a besoin d’une action éclairée.
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ECOLE ET VIOLENCE
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Un enfant de 11 ans mort suite aux coups d'enfants de 11 ans dans un collège de Meaux le 21 décembre 2006
Un fait divers affreux, doublement dramatique :
- d’abord parce qu’il met en scène des préadolescents,
- ensuite parce que ce drame a pour cadre l’enceinte d’un établissement scolaire, un collège, lieu de formation de la conscience, lieu d’apprentissage du respect de l’autre, d’ouverture aux autres et à la vie civile.
Aussi insupportable qu’il soit, ce terrible fait divers n’a rien d’étonnant pour l’observateur attentif de la société et des réalités de nos collèges. Hélas, ce drame pourrait, aujourd’hui ou demain, être multiplié. Il est révélateur de l’état de l’école d’aujourd’hui, produit de la société d’aujourd’hui.
Beaucoup de Français, officiels ou anonymes, enseignants ou parents, s’en sont logiquement émus. Le manque de moyens, l’insuffisance de l’encadrement, un trimestre trop long… sont généralement évoqués non pour le justifier, mais pour l’expliquer. Argument dérisoire face à la réalité première. Il est tout aussi symptomatique que parmi toutes ces raisons évoquées, il ne soit fait une seule fois mention des causes premières. La réalité, c’est qu’aujourd’hui et de plus en plus, le mot « éducation » passe au second plan s’il n’est pas tout simplement oublié. Or, où aller, que faire ? Comment former sans éduquer ? L’absence de règles et de normes, ce n’est pas la liberté, mais la servitude de la conscience. Toute liberté humaine est une liberté sous conditions.
Faut-il se résigner à la disparition ou à l’agonie de l’é – du – ca – tion au sein de nos établissements scolaires, en particulier des collèges ? Pour bâtir quelle Cité et quelle Citoyenneté ?
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ESCLAVAGE ET TRAITE DES NOIRS
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Prenons nos responsabilités face à l’Histoire
Ce thème alimente l’actualité depuis un certain temps, nourri de fantasmes, de non-dits mais sans doute aussi de beaucoup d’ignorance.
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Peut-on juger, condamner ou acquitter sans une connaissance approfondie des faits, de l’Histoire.
Il est peu de sujets de l'histoire africaine sur lequel on ait autant écrit que sur la traite atlantique. Cependant et fort curieusement, cette traite demeure l'un des faits de l'histoire africaine le moins bien connu.
Les documents sont abondants et les ouvrages importants qui portent tous sur l'aspect européen de la traite. Il est ainsi question de traite anglaise, portugaise, hollandaise, française...
La plus grande littérature demeure celle fournie par les écrits des antiesclavagistes et de leurs adversaires. Mais l'aspect purement africain reste encore dans l'ombre pour une bonne part. Quelle fut la dimension spécifiquement africaine du phénomène ?
D'une manière générale les écrits sur la traite des Noirs posent plus de questions qu'ils n'apportent de réponses précises, fiables et définitives. De nombreux historiens qui se sont penchés sur ce sujet, se sont contentés le plus souvent, d'énoncer des généralités. Parmi celles-ci, une semble privilégiée et revient très fréquemment à l'esprit. C'est le nombre d'individus que la traite a coûté à l'Afrique. Combien sont partis ? Combien sont morts ? Nul ne le saura sans doute jamais. C'est à croire que les documents indispensables pour une telle évaluation n'ont jamais été élaborés. A cet égard, il peut sembler étonnant de constater que jamais deux ouvrages consacrés au même thème — la traite des Noirs — ne donnent les mêmes chiffres, même s'ils traitent tous deux d'une même région à une même époque et qu'au contraire, ils se tirent tous d'affaire par des interrogations, sinon par une estimation fournie à partir de données confuses et incomplètes.
Ainsi que nous le fait remarquer Basil Davidson, « entre 1580 et 1680, par exemple, on dit que les Portugais n'ont pas transporté moins d'un million d'esclaves au Brésil. Dans les cent années qui suivirent, il semble que les colonies britanniques d'Amérique du Nord et des Caraïbes aient reçu au moins deux millions d'Africains. Pour le total général des esclaves débarqués vivants outre-Atlantique, un éminent statisticien démographe, Kuczynski, est arrivé à la conclusion que quinze millions est un « chiffre qui peut être retenu. » D'autres chercheurs ont accepté ce chiffre, mais comme un minimum ; certains ont pensé que le total probable serait une cinquantaine de millions et d'autres encore l'ont estimé beaucoup plus élevé... »
Qui dira jamais aujourd'hui, avec assurance et sans risque de contredit, le nombre exact de morts, victimes de razzias, de captures ? Qui établira jamais avec certitude le nombre de ceux qui sont morts durant la traversée entre l'Afrique et l'Amérique ? La traite atlantique attend toujours son statisticien, celui qui affirmera des faits et donnera des chiffres sans point d'interrogation. Elle attend aussi ses économistes ainsi que ses psychologues et ses sociologues. Les responsabilités africaines dans ce trafic d'esclaves apparaissent d'autant plus difficiles à établir avec la rigueur scientifique exigible.
Qui dira avec certitude la part qui incombe aux Africains eux-mêmes dans ces chiffres ? Qui sont ces Africains négriers ? Comment se comportaient-ils au sein de leur société d'origine ?
Si la dimension africaine de la traite négrière (ou traite atlantique) ne peut être niée ou minorée, il incombe, me semble-t-il, aux historiens africains eux-mêmes d’en évaluer la réalité et la portée.
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FRACTURE COLONIALE OU FRACTURE SOCIALE ?
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LE REGARD COLONIAL OU L’ETERNEL POISON
Assimilation, francisation, union, association, communauté, sont autant de vœux pieux, autant de vocables creux, tout au long de la colonisation française en Afrique, qui sonnent comme autant d'idéaux inaccessibles.
Au terme de deux siècles de frottement mutuel, de côtoiement, de sang mêlé sur les fronts communs, jamais autant la distance séparant ces deux communautés française et africaine n'a été aussi importante. Elle est aussi grande au début du XXIe siècle qu'au début du XIXe, voire davantage encore. Jamais la méconnaissance, l'incompréhension, la méfiance, l'ignorance mutuelle n'ont été aussi profondes. Pourquoi tous ces idéaux initialement exprimés par les Français, tout particulièrement par les fondateurs de la IIIe République et assignés à la colonisation ont-ils si piteusement échoué, malgré l'école, malgré le service des armes, éternels creusets aux vertus unificatrices, lieux de rencontre, de brassage et de « modélisation » des consciences ? L'une des raisons essentielles est que ces rapports furent bâtis sur un péché originel : le regard colonial, ce regard qui crée et pérennise la distanciation, sème la défiance et la discorde ; ce regard est un poison fatal. Il se nourrit essentiellement de deux aliments spécifiques : les mots et les images, lesquels se cristallisent en stéréotypes à la vie dure.
La pérennité de l'impact des expositions humaines et des chansons exotiques se traduit dans cette frontière mentale entre « eux » et « nous », entre sauvages et civilisés, colonisés et colonisateurs. Ce mur n'a été détruit ni par les décolonisations, ni par la Déclaration universelle des droits de l'Homme, ni même par la mondialisation. C'est la frontière invisible, tapie dans le subconscient des uns et des autres et qui nécessite - pour l'abattre - une thérapie collective de longue durée. Il faut revisiter l'histoire en l'assainissant, en la débarrassant des brumes opaques qui obscurcissent les regards et entravent la communication, celle des idées et des hommes. Il faut déconstruire par la pédagogie et l’exemple, les préjugés et les stéréotypes. D'ici là persistera le regard colonial dans lequel est gravée en lettres indélébiles l'histoire de la colonisation, avec tout ce qu'elle véhicule, l'inégalité des races, les races supérieures et les races inférieures, le droit de dominer, le devoir de civiliser mais aussi quelques regrets de n'avoir pas assez dominé ou d'avoir trop dominé. Le regard colonial charrie tous les stéréotypes propres à sa nature. Ce regard figé juge et disqualifie d'office le colonisé non pas pour ce qu'il fait, mais pour ce qu'il est. En ce domaine l’essentiel reste à faire.
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