FAMINE EN AFRIQUE
FAMINE EN AFRIQUE : LE COUPABLE ?
L'Afrique ne s'en sortira jamais si elle n'inclut pas dans sa culture la vertu de la rétrospection et de la responsabilité. Ainsi, l'Afrique n'est responsable de rien : ni de sa misère, ni de ses difficultés économiques, voire politiques.
Pour une fois cependant, s'agissant de la pénurie alimentaire dans ce continent, les responsabilités ne sont pas qu'africaines. Elles se situent à plusieurs niveaux dont suivent les principaux :
- Niveau international. Les organisations financières internationales : FMI et Banque mondiale qui ont imposé aux Etats africains dès la fin des années 70 l'intensification de la pratique des cultures d'exportation afin d'honorer les dettes dont ils étaient redevables vis-à-vis des pays industrialisés, bailleurs de fonds, au détriment des cultures vivrières.
- Les pays industrialisés eux-mêmes, Etats-Unis en tête, mais aussi Union européenne, qui subventionnent massivement leurs agriculteurs et excluent de ce fait les producteurs africains de la compétition internationale, confisquant à leur seul profit les avantages de la mondialisation. Ce qui entraîne l'inondation des marchés africains de produits importés à bas prix qui ruinent un peu plus les produits locaux et ôtent aux paysans africains le goût et la capacité de produire.
- Tout de même. La responsabilité des dirigeants africains aussi qui ont fait preuve de cécité politique coupable ainsi que d'un manque de courage évident.
Si, à quelque chose malheur est bon, il faut espérer que deux leçons salutaires soient tirées des difficultés alimentaires actuelles par les Africains.
1. Puisse cette crise réconcilier les Africains avec les produits locaux et leur en rendre le goût, en activant en eux créativité et inventivité.
2. La conviction, pour les dirigeants surtout, qu'il ne saurait jamais y avoir de développement, pas plus en Afrique que nulle part ailleurs au monde, sans progrès de l'agriculture, c'est-à-dire de la production nécessaire à l'alimentation correcte des populations.
- Car des paysans anémiés ne peuvent produire pour se nourrir et nourrir leur pays.
- Car des mères anémiées ne peuvent produire un lait de qualité pour la structuration et la consolidation physique et intellectuelle de leurs bébés.
- Car des écoliers affamés ne peuvent assimiler dans les meilleures conditions les enseignements et apprentissages qui leur sont dispensés.
Enfin, puissent les dirigeants africains s'inspirer de cette universelle leçon : c'est l'agriculture qui produit l'industrie. C'est lorsque les paysans produisent suffisamment pour se nourrir et dégager un surplus commercialisable que l'industrie se crée et s'épanouit.
Partout, en Grande-Bretagne notamment, comme en France ou ailleurs, c'est ce processus qui mena à l'industrialisation. A cet égard, les premières industries dans ces pays, furent des industries agroalimentaires.

FAMINE
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LA FAMINE
ORIGINES ET RESPONSABILITES
La crise alimentaire que nous vivons aujourd'hui doit être une formidable leçon pour le monde et tout particulièrement pour les pays africains (plus exactement les responsables africains).
Pour le monde : car le modèle de développement sur lequel s'est construit la modernisation des Etats industrialisés d'Europe et d'Amérique depuis la première révolution industrielle du début du XIXe siècle, conduira demain - s'il n'est pas corrigé - à une impasse certaine. Cette modernisation se fait, de toute évidence, aux dépens de la nature et de la santé psychique des humains. On massacre la nature et on soumet les esprits à la loi du profit ainsi qu'à la cadence infernale de la productivité ; toutes choses qui aliènent les consciences.
Après avoir saigné les arbres, massacré les forêts, les poissons et les papillons, pollué les eaux, les airs et les terres, que fera l'homme ? Où vivra-t-il ? De quoi se nourrira-t-il ?
Pour l'Afrique : Les Africains, en copiant servilement le modèle de développement occidental, se sont apparemment affranchis de toute réflexion salutaire sur un autre mode de développement possible. Ils se sont dispensés de toute recherche d'un modèle de développement inspiré de leurs cultures anciennes (respectueuses du vivant) et mariées avec le meilleur de l'Occident, celles strictement orientées vers l'épanouissement de l'être.
Ainsi, en pensant Occident, en respirant Occident, en consommant Occident, en rêvant Occident, ils ne peuvent ni égaler cet Occident, ni promouvoir leurs propres valeurs. Ils importent désormais ce qu'ils consomment, au détriment de leurs cultures et productions traditionnelles dont ils ont perdu le goût. La responsabilité des dirigeants africains depuis les indépendances est écrasante. On a méprisé les paysans pour courir après une hypothétique insdustrialisation. Le résultat est un double échec. L'échec de l'agriculture entraînant l'échec de l'industrie.
Conséquence : les Africains consomment ce qu'ils ne produisent pas et produisent ce qu'ils ne consomment pas. Ces mêmes responsables africains ont depuis toujours - autre péché capital - confondu industrialisation et développement, économie et modernité, en oubliant l'essentiel : l'Humain.

DEMOCRATIE EN AFRIQUE
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DE LA DEMOCRATIE EN AFRIQUE : QUESTIONS SOUS-JACENTES
Dans cette Afrique de 2008
- A quoi sert à un analphabète la proclamation des droits de la presse ?
- A quoi sert à un affamé le droit de vote ?
- Que vaut la République ou la démocratie sans justice sociale?
Puissent les dirigeants africains s'inspirer de cette vision positive de la démocratie : "L'exercice social et politique de la modestie", c'est-à-dire l'éthique politique et sociale, le sens de l'Etat et celui du devoir envers la nation.
Puissent-ils également s'inspirer de ces propos du Prix Nobel de la paix (1950) Ralph Bunch :
"Pour que la paix ait un sens pour la multitude des êtres humains qui n'ont connu que la souffrance - en temps de paix comme en temps de guerre - elle doit se traduire en pain ou en riz, en habitat stable, en santé et en éducation ainsi qu'en dignité humaine et en liberté."
L'école de la modestie, de l'éthique politique et sociale devrait donc être ce passage obligé pour tout gouvernant africain, le premier des devoirs.

POLITIQUE EN AFRIQUE
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UNE PEDAGOGIE NECESSAIRE
La récente élection présidentielle au Zimbabwe, cette caricature sanglante de la démocratie et du vote est hautement symbolique de l'usage du mot "vote" mais surtout de la perception de la politique en Afrique d'une manière générale.
La politique ou faire de la politique a un sens spécifiquement africain, tout particulièrement dans le cerveau des dirigeants africains. Des exceptions confirment cette règle. Mais en réalité, il en est si peu !
Faire de la politique, c'est s'enrichir, c'est occuper le poste le mieux situé stratégiquement pour s'enrichir, en confondant les ressources de la nation avec ses intérêts propres, en subordonnant les premières aux seconds.
Là réside la source de bien des maux dont souffre ce continent.
Ce dont l'Afrique a aussi besoin aujourd'hui, c'est d'une pédagogie de l'éthique en politique qui permettrait de replacer le terme dans son étymologie et ses objectifs premiers. Pourquoi ne pas l'enseigner à tous les niveaux d'apprentissage scolaire et universitaire ?
La politique, c'est l'autre (ce sont les autres). Ce n'est pas le moyen de s'enrichir sur le dos du peuple, mais de servir ce même peuple (chacune de ses composantes sans exception, particulièrement les plus faibles) en l'aidant à mieux vivre, à s'épanouir, dans la dignité, le respect de son intégrité et de sa conscience.
La démocratie et le suffrage impliquent respect de l'autre et humilité. Confisquer le vote des citoyens à son profit, c'est pervertir l'esprit démocratique et violer la volonté et la conscience populaire. Ce qui constitue un crime contre la démocratie comme il s'en commet beaucoup en Afrique.
Cette pédagogie doit aboutir à ancrer profondément dans les consciences :
- que tous les êtres, quels qu'ils soient, ont des droits à la naissance.
- que chaque être humain a droit à la liberté, à l'éducation, à la santé, à la sécurité : le droit d'être heureux.
- que la raison d'être de tout gouvernement, partant de toute politique, c'est la garantie de ces droits et le dévouement implicite à les inscrire dans l'action au quotidien.
- que tout gouvernement qui ne se conformerait pas à ces prescriptions cesse d'être légitime.
- bref que faire de la politique, ce n'est pas recevoir, mais donner (don de soi, de sa personne, de son temps, de son énergie, de ses facultés intellectuelles et morales, de sa conscience), se "sacrifier", sans autre contrepartie que le bonheur de servir et d'être utile.
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FRANÇAFRIQUE, PANNE D'AFRIQUE?
Françafrique, panne d'Afrique ?
Une nébuleuse opaque recouverte du manteau de la coopération.
Qui coopère ? Avec qui ? Pourquoi et pour qui ?
Pour avoir reconnu, avec lucidité et courage, ce qu'il nomme "le déficit de bonne gouvernance dans certains pays africains", le secrétaire d'Etat à la Coopération, M. Jean-Marie Bockel, vient d'être muté d'office au Secrétariat d'Etat aux Anciens Combattants, pour satisfaire certains chefs d'Etat africains qui avaient réagi avec véhémence auprès du gouvernement français, à cette "ingérence" inadmissible dans les "affaires africaines".
En effet, de quoi se mêle-t-il ?
Car la Françafrique, ce n'est ni la France, ni l'Afrique. C'est tout autre chose. Une construction atypique, une nébuleuse de réseaux occultes, de liens personnels, tissés au cours de décennies entre chefs d'Etat, dignitaires et oligarques africains et français, cercle fermé, verrouillé qui ne s'ouvre pas à qui veut.
Qu'on est loin de l'esprit du discours de La Baule de 1990 !
La Françafrique reste la Françafrique, parce que l'esprit et les pratiques qui l'ont fondée et qui la fécondent demeurent.
Avant M. Bockel, il y eut M. Jean-Pierre Cot, ministre de la Coopération du président Mitterrand, autre victime expiatoire de la Françafrique, désavoué, et brutalement remercié, pour ses prises de position sur le caractère opaque et peu constructif de ces réseaux "françafriquins".
Or, de tous les ministres français de la coopération, depuis le général de Gaulle et depuis qu'existe un ministère de la coopération en France, M. Jean-Pierre Cot est celui qui avait la vision la plus éclairée, la plus juste, sans doute la plus constructive des rapports entre la France et l'Afrique en général et de la coopération entre les deux pays en particulier. C'est celui qui avait le verbe vrai, en aucune façon entaché par quelque compromission que ce soit. Peut-être avait-il trop à coeur d'aider réellement l'Afrique, en lui permettant de tirer le meilleur profit possible de la coopération qui la liait à la France. Ce ministre, mieux que personne, avait perçu et diagnostiqué quelques-unes des plaies chroniques qui rongent et étouffent l'Afrique depuis si longtemps. Il avait manifesté publiquement la nécessité d'y porter remède et voulait pour cela, placer l'homme au centre de la politique d'aide au développement, estimant que prétendre développer un Etat sans poser comme préalable à la réalisation de cet objectif, la libération des corps et des esprits, n'était que coupable hypocrisie.
Or, précisément, certains parmi ces chefs d'Etat qui ont le plus vivement protesté contre cette "ingérence" du ministre français dans les affaires africaines, sont la honte de l'Afrique et un obstacle à son progrès.
Après son éviction, désabusé, il confesse : "Je considérais le combat pour les droits de l'homme comme une composante de la politique étrangère française. Encore fallait-il lui donner un contenu : les déclarations de principe, les démarches individuelles, ne suffisaient pas à mes yeux. J'étais en particulier choqué par le discours dominant : n'en parlons pas et agissons discrètement." Discours qui justifie hier comme aujourd'hui, toutes les inerties. Celles qui caractérisent la Françafrique qui, en 2008 comme en 1990, jouit d'une constance inentamée.
En Afrique, déni des droits de l'homme et de justice, se conjugue le plus souvent avec corruption, népotisme ou incompétence. Si la France se porte caution d'une telle réalité, la Françafrique restera ce qu'elle est.
Alors
Vive la Fançafrique
Pour que périsse l'Afrique !
AFRIQUE ET DEMOCRATIE
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AFRIQUE ET DEMOCRATIE
Où en est-on ?
Le Sommet France-Afrique est l'une des deux institutions (uniques au monde) incarnant la spécificité des rapports qui lient la France au continent africain ; la deuxième institution étant le Sommet de la francophonie, laquelle est élargie à d'autres nations francophones du monde même si le concept est né en Afrique francophone, à l'initiative de chefs d'Etat africains.
Le Sommet France-Afrique fut inauguré sous le septennat du président Georges Pompidou en 1973. Depuis 1988, il se réunit tous les deux ans en alternance avec le Sommet de la francophonie.
En 1990, le Sommet s'est réuni à La Baule. Celui-ci, qualifié d'historique, devait marquer un tournant dans la politique de la France à l'égard de l'Afrique. En effet, soulignant le lien entre aide, démocratie et développement pour la première fois, le président François Mitterrand déclarait que l'aide française serait plus "tiède" pour les régimes autoritaires et "enthousiaste" envers ceux qui s'ouvriront à la démocratie. En d'autres termes, l'aide de la France à l'Afrique serait désormais liée aux progrès réalisés dans la démocratisation au sein des Etats.
Des institutions internationales : Fonds Monétaire International (FMI), Banque mondiale et Union européenne même adoptèrent la même attitude à l'égard de l'Afrique en subordonnant l'aide à la pratique de la "bonne gouvernance". Ce sont les fameuses "conditionnalités". L'aide ne devait plus être octroyée sans conditions ni contrepartie.
Est-ce un hasard ?
1990 ! Le mur de Berlin n'est plus. Le bloc de l'Est vacille. C'est la fin de la guerre froide. Ceci signifie pour l'Afrique que ses gouvernants ne bénéficieront plus de cette "manne", l'aide sans contrepartie, assurée et garantie, déversée sous forme de pluies de devises sur la tête des dirigeants africains.
Bloc de l'Est et bloc de l'Ouest, à qui mieux mieux, chacun tentant d'avoir le plus de fidèles possibles sous sa chapelle idéologique. Pour cela il suffisait d'arroser les responsables africains, au besoin, en les aidant à tenir à merci leurs populations. L'Afrique bénéficia longtemps de cette rente stratégique générée par la guerre froide.
Après le sermon de La Baule et l'avènement de l'ère des "conditionnalités", plusieurs chefs d'Etat africains ont compris le message et savamment contourné son esprit. Démocratie, multipartisme, liberté d'expression ? Soit. Qu'à cela ne tienne. Il y aura bien multipartisme, naissance de multiples partis politiques, de même organisation d'élections dites libres, liberté de la presse...
Mais, qu'est-ce qu'une démocratie sans droits de l'homme ? Le président organise volontiers des élections, mais à condition qu'il les remporte, à coup sûr. "Je ne permettrais jamais à l'opposition d'arriver au pouvoir", jure l'actuel président du Zimbabwe, profession de foi entonnée par l'armée et la police à sa solde.
Qu'est-ce qu'une opposition sans droits ni moyens d'expression ?
Qu'est-ce que la liberté de la presse si les directeurs de journaux et les journalistes sont bâillonnés, arrêtés, enfermés, liquidés ?
A croire que les élections sont le prétexte recherché pour massacrer et éliminer les opposants. Le Zimbabwe (où les résultats de l'élection présidentielle du 29 mars 2008 ne sont toujours pas publiés à ce jour, 25 avril 2008, la vérification des bulletins imposée par le chef de l'Etat se déroulant toujours dans son bureau) n'est malheureusement pas le seul à s'illustrer ainsi dans ce déni flagrant de démocratie. Il y eut le Kenya, mais aussi le Togo ou la Côte d'Ivoire.
Ailleurs, la tendance c'est la monarchisation de la République, la Constitution étant "retouchée" perpétuellement afin de permettre l'élection à vie du président.
Le coût payé par ce déni de démocratie est lourd. La frustration qu'il engendre parmi les populations est lourde de dangers pour l'esprit de nation et le progrès économique et social. Elle se traduit par la mauvaise gestion des affaires de l'Etat et le cycle désastreux : répression, régression.
Quand un régime réprime le désir et les tentatives légitimes de ses citoyens de disposer des mécanismes de prise de décisions démocratiques, inscrits dans les textes officiels et les Institutions, il les pousse inéluctablement à la violence.
Certes, des exemples contraires à la règle : Sénégal, Mali, Bénin ou Ghana autorisent l'espoir, mais ces expériences démocratiques, pour être confirmées, ont besoin de la caution du temps.
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EMANCIPATION DE LA FEMME AFRICAINE
UN CHEMIN LONG ET CAHOTIQUE
Les femmes africaines, longtemps victimes, n'entendent pas demeurer les éternelles oubliées de l'histoire. Timidement, elles lèvent la tête. Maints indices attestent d'une prise de conscience et d'une volonté d'exister, non plus dans l'ombre, mais au grand jour : le droit d'être comme tout le monde et de faire comme tout le monde.
A travers des associations féminines, de véritables "forums" s'ouvrent un peu partout en Afrique, dont beaucoup sont initiés et animés par de jeunes femmes, tel le "Cercle des théologiennes africaines engagées". Ce mouvement s'attaque à certains interdits, notamment les violences faites aux femmes au nom de la tradition. L'une des responsables de ce mouvement présente ainsi ses objectifs :
"Non seulement nous voulons interpeller nos congénères femmes à ne pas se laisser instrumentaliser par la société et la religion, mais également nous nous adressons à nos institutions. Nous devons reconnaître que les structures sociales sont créées par des êtres humains et, par conséquent, peuvent être bouleversées, réorganisées ou abandonnées si elles ne donnent pas satisfaction".
Et, dans une lettre symbolique à ses ancêtres, elle plaide pour une gestion intelligente de la tradition en ces termes :
"Ô mes ancêtres, je suis convaincue que nos différents héritages : l'africain, le chrétien, et aussi l'islamique, ont quelque chose à nous dire. Même ce que nous pouvons hériter de l'Occident peut être mis à contribution dans un sens positif. Mais, si le passé a quelque chose à nous dire, il n'a rien à nous imposer".
Dans un continent où, dans de nombreuses cultures, on considère que la place de la femme se réduit au foyer et aux échelles inférieures de la société, la tâche de celles qui, aujourd'hui, tentent de secouer les inerties mentales et de se forger une carrière politique n'est que plus ardue. Pourtant, partout en Afrique, le nombre de ces combattantes de l'arène politique s'étoffe d'année en année : elles sont députées, ambassadrices, ministres ...
Dans ce domaine de la promotion politique de la femme, les pays d'Afrique australe (anglophones et lusophones) ont une nette avance sur les Etats d'Afrique de l'Ouest et du Centre francophones : 24% de députées en moyenne dans les parlements nationaux pour les premiers contre à peine 11% pour les seconds.
D'une manière générale, si bien des contrées et des cultures en Afrique confinent encore la femme dans un rôle subalterne et dans un statut d'éternelle mineure, un vent nouveau semble se lever. Certes, le chemin est encore long et l'égalité homme-femme en Afrique est loin d'être une réalité et ne le sera sans doute probablement pas avant longtemps. Les principales embûches sur le chemin sont surtout la pauvreté et le sous-développement dont les femmes sont les premières victimes. Cependant, partout on constate l'émergence de forces latentes. On sent d'imperceptibles indices qui permettent de détecter un mouvement de fond, comme une prémisse de l'éclosion de cultures nouvelles portées par les femmes.
Tout ceci donne le sentiment d'une certaine désintégration sociale et culturelle, d'un écroulement général du passé, mais qui, en même temps, ouvre la voie à quelque chose de nouveau. C'est la conjonction de ces "résistances" douces mais actives qui suscite l'espoir.
A MEDITER
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"L'homme ne pense qu'à l'argent, or l'argent ne peut pas sauver l'humanité, car il ne peut ni empêcher la mort, ni ressusciter les morts.
Il faut que l'homme se souvienne que le monde est trop beau pour être détruit. Ne faut-il pas laisser une place aux eaux, aux fleurs, aux étoiles et à la lune pour le bien des générations futures ?
L'homme ne doit pas oublier qu'il est une créature qui naît, grandit et passe. Personne ne peut bâtir le monde à sa guise."
(Propos d'un vieux sage Dogon du Mali)
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LA FEMME AFRICAINE OU LES FEMMES EN AFRIQUE ?
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LA FEMME AFRICAINE OU LES FEMMES EN AFRIQUE ?
La prégnance de l’islam dans les sociétés musulmanes d’Afrique est la plus forte. A la différence du catholicisme où hommes et femmes partagent le même espace à la messe ou hors des cérémonies rituelles en général, l’islam sépare hommes et femmes. Aux dernières, l’entrée des lieux de culte, la mosquée en l’occurrence, est interdite ou conditionnée à un certain nombre de critères strictement définis dont celui de l’âge. Entre les hommes et les femmes, l’islam « érige un espace fortement structuré entre les deux sexes : l’intérieur de la maison, le dedans est le royaume de la femme, elle-même, domaine secret de l’homme ; le dehors, c’est le champ d’action réservé au monopole masculin. Et tout chevauchement de ces espaces est limité et contrôlé par une multitude de rites » ( MERMISSI (Fatima), Sexe, Idéologie, Islam, Paris, éditions Tierce, 1983.).
Contrairement au catholicisme par ailleurs, l’islam autorisait l’homme à « prendre » jusqu’à quatre épouses s’il en avait l’envie et les moyens. Comme le christianisme, il s’opposait à la grande liberté sexuelle accordée aux jeunes filles avant le mariage dans nombre de sociétés traditionnelles. Or, le continent se trouvait équitablement coupé en deux avec au Nord de l’équateur des populations majoritairement musulmanes et au Sud, des populations majoritairement chrétiennes.
La période coloniale ne fut pas celle de l’émancipation des femmes en Afrique. La promotion de la femme africaine resta en chantier.
De même que la colonisation ne fut pas un rempart protecteur des femmes contre les abus et l’arbitraire des hommes, elle ne leur assura pas non plus une promotion par l’instruction et la formation. Si l’école coloniale, en théorie, ouvrait ses portes à tous les enfants des deux sexes, la scolarisation des filles souffrit d’un déficit chronique. En effet, beaucoup de parents (surtout dans les sociétés musulmanes, mais aussi dans les zones rurales) s’opposaient avec vigueur à toute idée de scolarisation des filles. Près d’un demi-siècle après la décolonisation, cette carence marque toujours le système scolaire de la plupart des Etats africains. Dans les écoles africaines encore aujourd’hui, les écolières manquent à l’appel. Pour l’ensemble du continent, seules 57% des filles suivent les cours du cycle primaire contre 62% des garçons (chiffres de 2002). Ce déséquilibre est fortement accentué dans le secondaire et le supérieur.
Dans cette Afrique contemporaine, les handicaps qui freinent la scolarisation des filles sont nombreux. Ils sont matériels : ce sont surtout des difficultés de transports en zones rurales principalement (mais aussi dans les villes), peu équipées en établissement d’enseignement scolaire et en infrastructures de transport. Les handicaps sont aussi sociaux : le poids des occupations ménagères, la corvée d’eau (nécessité de longs déplacements quotidiens à la recherche de l’eau principalement en pays sahéliens), s’ajoutant aux travaux des champs, laissent peu de temps et de disponibilité pour suivre les cours d’enseignement. L’indifférence et l’hostilité de certaines familles parfois motivées par des frais scolaires exigés en maints pays, constituent un de ces obstacles.
Enfin, des freins socioculturels, la persistance dans les mentalités de l’image traditionnelle de la femme, incompatible avec l’école et ses valeurs, barrent le chemin de l’instruction et de la formation à des millions de jeunes africaines.
Ces handicaps conjugués freinent aussi l’accès en nombre des femmes aux fonctions politiques ou à la sphère publique. La majorité des femmes africaines ne participent guère ainsi à la vie politique faute d’une formation suffisante à cause de pesanteurs sociales multiples.
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COLONISATION ET PROMOTION DE LA FEMME EN AFRIQUE
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COLONISATION ET PROMOTION DE LA FEMME EN AFRIQUE

La période coloniale : de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle fut marquée en Afrique par l'empreinte forte de deux institutions qui dominèrent les populations et les esprits :
- l'Administration coloniale avec ses règles et ses principes,
- l'Eglise catholique (les Protestants étant minoritaires sur l'ensemble du continent), avec ses règles et ses valeurs.
Si ces deux institutions furent à bien des égards "complices" face aux Africains, elles s'opposaient sur bien des aspects dans leur attitude face aux cultures, aux traditions et certaines pratiques des sociétés africaines.
Parmi les points de convergence, le respect des coutumes locales fut prôné. Les seules exceptions à cette règle, où aucune tolérance ne pouvait être de mise furent d'une part les sacrifices humains là où ils étaient encore pratiqués (en réalité un nombre de régions très limité) et l'esclavage d'autre part. Sur ce dernier point à vrai dire, l'Administration coloniale ne fit preuve ni d'un zèle remarqué, ni de la vigilance nécessaire.
En revanche, concernant la situation de la femme, le désaccord était patent. L'Administration coloniale ne se soucia nullement de la pratique de la polygamie, du mariage précoce ou du mariage forcé, de jeunes filles de 12, 13 ou14 ans (mariées à des hommes qui avaient l'âge d'être leur grand-père et qui avaient déjà d'autres épouses). C'est effectivement sur ce point de la liberté du choix de la femme que se sont caractérisées de la façon la plus éclatante les divergences d'attitude entre Administration coloniale et Eglise catholique.
L'attitude de l'Administration s'explique sans doute par son souci de complaire aux parents et aux anciens intéressés par le maintien de telles coutumes. Pour elle, ceci constituait un moyen sûr d'obtenir de ces "vieux notables" la connivence dans l'application de "l'ordre colonial", condition de la stabilité sociale afin de conforter le système et obtenir des conditions d'un rendement économique meilleur.
Quant à l'Eglise catholique, elle lutta farouchement contre la polygamie et le mariage forcé, au point que dans certaines colonies, comme au Congo, des institutions furent spécialement créées, baptisées "l'oeuvre des fiancées" pour former les jeunes filles à "l'esprit du mariage" et les marier ensuite selon les canons de l'Eglise.
Les jeunes filles menacées de mariage forcé par leur famille, trouvaient refuge et soutien dans les missions ainsi que dans ces institutions.
Malheureusement, l'Eglise et l'Administration coloniale avaient aussi un point d'accord profond : la soumission intégrale de l'épouse au mari et la réduction de la sphère de la femme au foyer et aux enfants. En cela, elles rejoignaient l'idéal et la pratique des notables, conformes aux coutumes. L'Eglise et l'Administration ainsi coalisées, rejoignaient les injonctions de l'Islam parmi les populations islamisées pour faire de l'épouse une femme soumise et docile.
La promotion de la femme africaine resta en chantier.
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