BIODIVERSITE HUMAINE ET CULTURELLE (1)
BIODIVERSITE HUMAINE ET
CULTURELLE. PAROLES D'AILLEURS. PAROLES D'AFRIQUE. (1)
- L'oeil va où le cœur ne va pas, mais le pied ne va pas là où le cœur ne veut pas aller.
- Ton hôte est venu chez toi. Il n'est pas passé le long de ta maison.
- Il n'y a pas de plus grand bonheur que la venue d'un hôte, dans la paix et l'amitié.
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Sens de ces dictons :
Tu n'es pas indifférent à celui qui vient chez toi car il t'estime et te respecte.
Ces dictons expriment la vision de l'hospitalité, de l'accueil de l'autre (de l'étranger) dans la culture traditionnelle africaine.

FETE
La Fête
Cette autre dimension de l'Humain, aussi nécessaire que le travail, et qui, comme le travail, peut réparer ou abîmer l'Homme.
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Noël
Cette fête à nulle autre pareille. Le miracle de Noël, c'est de réaliser cette communion des esprits dans la bulle festive, cette fraternisation universelle instantanée par-delà les couleurs de peau, les frontières et les dogmes.
Couplé au Nouvel An, il enjoint à une bonne fraction de la terre de célébrer, un temps, la fraternité au sens laïc comme religieux.
La semaine de Noël au Nouvel An constitue ce moment unique où hommes et femmes s'étourdissent, se distraient du sombre de leur quotidien ou de leurs penchants que domine alors le meilleur d'eux-mêmes.
Puisse la nouvelle année 2009 consolider ce sentiment de fraternité universelle et guider les hommes sur la voie de la recherche d'un "mieux vivre" harmonieux et fécond.
Que nos lumières intérieures brillent en chacun de nous et inspirent aux cœurs douceur et humanité.

EN AMONT ET EN AVAL, HIER ET DEMAIN
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EN AMONT ET EN AVAL, HIER ET DEMAIN
Emil Souvestre, le précurseur de la littérature antiutopique jetait un regard - que l'on peut qualifier à la fois de pessimiste et de réaliste - sur notre monde dans son livre "Le Monde tel qu'il sera" (Paris, 1846).
Dans cet ouvrage, l'auteur présente par anticipation le monde de l'an 3000 comme un monde peu enviable, voire invivable et condamné. Il y voit "l'homme devenu l'esclave de la machine, et l'intérêt, le remplaçant de l'amour", autrement dit, un monde ultramécanisé et robotisé, dans lequel l'homme a perdu son âme et vit sans conscience, en quête d'un intérêt individuel insatiable autant que corrosif de liens sociaux et d'humanité.
En effet, qu'est-ce qu'un monde sans amour, c'est-à-dire sans l'autre et sans goût de l'autre ?
Emil Souvestre décrit dans ce monde de l'an 3000 "les fleuves débordés, les incendies roulant en vagues de flammes et, dans cette destruction générale, le genre humain qui fuit éperdu".
Notre Civilisation peut-elle être condamnée à périr du fait de l'homme ? L'homme peut-il être le bourreau de l'humanité, le bourreau de lui-même ?
Faut-il espérer ou désespérer de l'homme et du futur ? L'homme sera vaincu et condamné au pire s'il s'estime inférieur à ses propres créatures que sont la science et les différentes générations de technologies qui envahissent, guident son quotidien et son cerveau, stimulant à l'excès en lui cette culture du "toujours plus pour moi seul", la culture de l'enfermement sur soi, la victoire du "je" sur le "nous".
Mais, faire confiance à l'homme et espérer du futur, c'est avant tout croire en sa capacité de se dompter, de dompter ses instincts de gain solitaire et de puissance matérielle infinie. Il en a encore les moyens, seuls manquent sans doute pour l'instant la conscience éclairée ainsi que la volonté réfléchie, planétaire et inflexible.
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IMMIGRATION OU QUESTION DU SIECLE

« Immigration : un mot chargé d'espoir pour les uns, porteur de craintes pour les autres. En quête d'un endroit où vivre, les premiers s'expatrient, les seconds se replient là où ils sont nés.
Associant des références historiques au vécu d'un bourg breton (Montfort-sur-Meu) confronté à l'expatriation de travailleurs maliens, ce livre fait se rencontrer, par la parole, des migrants et des « accueillants », il participe à la réflexion sur les enjeux et les défis que constituent l'immigration et l'intégration. »
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www.les-oiseaux-de-papier.com
http://linacceptable.blog4ever.com/
TRAITE DES NOIRS ET SES ACTEURS AFRICAINS
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"LA TRAITE DES NOIRS ET SES ACTEURS AFRICAINS" : POURQUOI UN LIVRE SUR CE SUJET ?
Genèse d'une idée
J'ai eu très tôt une vive curiosité pour le thème de l'esclavage et de la pratique esclavagiste, bien avant ma scolarisation et l'Université.
D'abord pour l'esclavage traditionnel, pratiqué longtemps en Afrique avant l'arrivée des Européens. Mon père m'avait souvent parlé des 60 esclaves de son père, décrit leurs conditions de vie et leur place au sein de la famille. Jeune homme, j'ai côtoyé des personnes descendant de ces anciens esclaves familiaux, qui à leur tour, m'ont raconté la vie de leurs ancêtres. J'ai autant appris de ces personnes-là que de mon père.
Puis, à l'Université de Dijon, nous avions en 2e année de faculté, au programme d'histoire moderne :
"les Amériques du début du 16e à la fin du 18e siècle", incluant le commerce triangulaire. Ma curiosité s'est alors muée en passion pour le thème de l'esclavage et la traite des Noirs. Cette curiosité se trouvait vivifiée par le lien que je cherchais à établir entre l'esclavage traditionnel pratiqué en Afrique et la traite européenne.
Mes cours de faculté ne purent satisfaire cette curiosité alors décuplée. Mon professeur d'histoire moderne n'avait jamais de réponse à mes questions telles que :
- Quelle était la part exacte des Africains eux-mêmes dans le déroulement de la traite ?
- Etaient-ils libres de leurs actes ? En avaient-ils le choix? En étaient-ils conscients ?
- Comment procédaient-ils pour capturer des esclaves ? Qui étaient ces esclaves ?
- Quelles furent les conséquences pour les peuples d'Afrique qui se livraient à ce commerce, hier et aujourd'hui ?
- Quelles conséquences pour le continent et pour les Africains en général ?
J'en fis donc le sujet de ma maîtrise d'histoire moderne. Et après l'Université, je continuai mes recherches partout où je pouvais, où des sources (écrites et orales) étaient disponibles. Ce qui m'amena à visiter maintes archives :
-Archives nationales
-Archives coloniales (Rue Oudinot)
- Archives de Vincennes, à Paris.
-Archives départementales et municipales : Bordeaux, Nantes, Saint-Malo parmi d'autres.
-Archives et sources orales en Afrique : Mali, Côte d'Ivoire, Togo, Bénin, Ghana, Sénégal.
- Ecrits divers, d'origines diverses : lieu et temps.
Il s'agissait pour moi de répondre à des questions auxquelles je ne trouvais pas de réponse donc de satisfaire une curiosité purement intellectuelle, personnelle, sans autre intention. L'idée d'en faire la matière d'un livre, d'écrire un livre sur ce sujet ne m'est venue que très tardivement. Elle a pris corps dans mon esprit surtout après la conférence de Durban en Afrique du Sud : la "3e conférence des Nations unies contre le racisme", de début septembre 2001, au cours de laquelle des chefs d'Etat et des responsables politiques africains ont réclamé des "réparations" de la part des Occidentaux. Quelques arguments avancés à cet effet :
"Il faut tirer les leçons du passé et notamment de la traite des esclaves [...] Nous considérons par ailleurs que les responsables de la traite doivent assumer leurs responsabilités en payant des réparations", ou encore :
"Les Allemands ont payé des réparations aux pays européens après la Première Guerre mondiale pour les crimes contre l'humanité (sic). Les Juifs ont reçu de l'argent pour les crimes contre eux durant la Seconde Guerre mondiale. Il y a beaucoup d'exemples de la sorte. Nous ne comprenons pas pourquoi il y a une hostilité à l'idée de réparation et de compensation pour l'Afrique [... ] Qu'y a-t-il de blasphématoire à cela ? Est-ce parce que les Africains ne le méritent pas ? Ou est-ce pour la difficulté de déterminer le montant ? Les Africains le méritent, c'est une affaire de principe..."
Ces déclarations de Durban ajoutées à un certain nombre d'amalgames, entendus ou lus, dans la presse en Europe ou ailleurs, m'ont convaincu de tenter de porter à la connaissance du grand nombre les fruits de mes recherches et tout ce que j'ai pu glaner, appris et compris sur le sujet, ainsi que l'état de mes réflexions (qui ne sont pas terminées) car tout n'est pas beau dans l'histoire et toute histoire comporte ses ombres et ses lumières.
Quel peuple, quelle nation n'a pas eu sa part des brûlures de l'histoire ?
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Voir les sites suivants
http://terra.rezo.net/article865.html
http://www.clionautes.org/spip.php?article2156
http://www.berg-international.com/
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EUROPE ET AFRIQUE, HIER ET AUJOURD'HUI (3)
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Enfin l'Europe et l'Afrique, quelle histoire !
L'ingérence dans les "affaires africaines" d'Etats européens, la destitution ou l'élimination de rois africains entre le XVIe et le XIXe siècle, mènent progressivement à l'occupation et à la colonisation du continent, lesquelles passent par débats et controverses, partout en Europe.
Mais c'est indiscutablement en France que les archives sont les plus riches, que les débats comptent parmi les temps forts des joutes politiques des députés à la Chambre et dans l'opinion, dans le dernier tiers du XIXe siècle. C'est donc de la France qu'il s'agira ici.
De la conquête coloniale à la décolonisation, de l'indigénat à la citoyenneté, bref de l'Afrique d'hier à celle d'aujourd'hui, les propos des pionniers de l'expansion française en Afrique, résonnent aujourd'hui bizarrement à l'oreille des Français et des Africains, à l'heure de l'invective sur les "bienfaits de la présence française en Afrique".
Comment résister à la tentation d'exhumer quelques propos du genre, à commencer par ceux du grand poète et romancier, humaniste et grand défendeur du droit, Victor Hugo qui dans un discours destiné à susciter l'adhésion à l'idéologie coloniale de gauche, prononcé le 18 mai 1879 (en présence de Victor Schoelcher, père de l'abolition de l'esclavage), s'exclamait :
" [...] Cette Afrique farouche n'a que deux aspects : peuplée, c'est la barbarie, déserte, c'est la sauvagerie. [...] Cet univers qui effrayait les Romains, attire les Français. [...] Au XIXe siècle, le Blanc a fait du Noir un homme, au XXe siècle, l'Europe fera de l'Afrique un monde. Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème. L'Europe le résoudra.
Allez, Peuple, emparez-vous de cette terre. Prenez-la ! A qui ? A personne. [...] Dieu donne l'Afrique à l'Europe. Prenez-la. Où les rois apporteraient la guerre, apportez la concorde. [...] Prenez-la ; non pour la bataille, mais pour l'industrie ; non pour la conquête mais pour la fraternité.
Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup, résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites ! Faites des routes, faites des ponts, faites des villes. Croissez, cultivez, colonisez, multipliez, et que sur cette terre, de plus en plus dégagée des prêtres et des princes, l'Esprit divin s'affirme par la paix, et l'Esprit humain par la liberté. [...] Vive la République."
Autre assertion de la même veine, du "grand homme" :
"Quelle terre que cette Afrique ! L'Asie a son histoire, l'Amérique a son histoire, l'Australie elle-même a son histoire ! l'Afrique n'a pas d'histoire. [...] L'Afrique est obscure sans trop de rayons. Elle est couverte de ce qu'on pourrait appeler les ténèbres du soleil."
Jean Jaurès fait implicitement écho à ces propos, en 1881 :
"Quand nous prenons possession d'un pays, nous devons y amener avec nous la gloire de la France, et soyez sûrs qu'on lui fera bon accueil, car elle est pure autant que grande, toute pénétrée de justice et de bonté. Nous pouvons dire à ces peuples sans les tromper [...] que là où la France est établie, on l'aime, que là où elle ne fait que passer, on la regrette ; que partout où sa lumière resplendit, elle est bienfaisante ; que là où elle ne brille plus, elle laisse derrière elle un long et doux crépuscule où les regards et les cœurs restent attachés."
Qu'en pensent les Africains d'aujourd'hui ?



(Pour d'autres exemples du XVIe au XIXe siècle : portugais, hollandais, anglais, voir ouvrage : La Traite des Noirs et ses acteurs africains, Editions Berg International, ) (cf. blog : livres)
EUROPE ET AFRIQUE, HIER ET AUJOURD'HUI (2)
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Projet d'élimination du roi Conco
(Toujours au Sénégal, ourdi par les responsables de la Compagnie française du Sénégal, contre un roi indocile et gênant, 24 juillet 1737, à Gorée)
"Les réflexions qu'on peut faire là-dessus ne peuvent être que tristes par les suites dangereuses que cette aventure doit avoir ; elle est d'autant plus déplorable qu'il n'a tenu qu'à un peu de précaution et de défiance qui aurait renversé tous les desseins de Conco ; on ne peut plus s'empêcher de lui donner le tort ni dissimuler un tel outrage. Nous sommes persuadés que la sûreté du commerce demande une vengeance d'éclat pour nous relever de tant d'affronts reçus et que ce sera le sentiment de la Compagnie. Mais comme il nous paraît de conséquence de la prendre cette basse saison et que nous ne pouvons recevoir à temps le ordres de la Compagnie, nous avons résolu de faire attaquer Conco par les Ormans, par les secours desquels nous tenterons de remettre Samba Guelaye sur le trône des Foules ; nous avons envoyé à cet effet un exprès en Galam nous avons donné ordre au Directeur de ce département de s’aboucher avec le chef des Ormans, le porter à chasser Conco du pays des Foules à guerre ouverte et placer son concurrent, au moyen de quoi il s'obligera de payer une somme aux Ormans dont ils seront convenus et que nous avons fixée à 3 000 livres, prix de France en armes, poudre, toile, ambre et autres marchandises qui seront portées dans la convention. Comme ce moyen nous paraît long et incertain, nous avons chargé le Directeur de Galam de proposer la tête de Conco à prix aux Ormans. Nous comptons beaucoup sur l'habileté du Sieur Sadon pour la réussite de cette négociation ; le point le plus difficile est d'obliger les Maures à se fier à notre parole car nous mandons au Conseil de Galam de ne faire d'autres avances que de 100 ou 200 livres de poudre au plus, mais de donner toutes autres assurances qu'il pourra.
De notre côté, nous pourrons peut-être engager Brack à faire des pillages dans le pays des Foules. Il est vrai qu'il nous en coûtera quelques avances d'armes et de poudre, mais qui n’iront jamais à plus d’une douzaine de fusils et de 100 barils de poudre ; les captifs que nous en retirerons nous indemniseront de ces armes ; au reste, nous devons courir les risques de ce petit prêt pour une affaire aussi importante pour nous que la mort ou l'exclusion de Conco. Ces différents ennemis que nous allons susciter à Conco, porteront peut-être les Foules à prendre le parti de Samba Guelaye, nous ne voyons point d'autres moyens de nous venger de Conco puisque nous ne pouvons le faire par nous-mêmes."

TRAITE DES NOIRS, SA DIMENSION AFRICAINE
La traite des Noirs est une chaîne dont la traite européenne constitue l'un des bouts et la dimension africaine l'autre bout.
Il convient d'avoir un aperçu global du phénomène pour l'apprécier à sa juste mesure.
T.D.
PRESENTATION DU LIVRE
Par sa conception, son organisation et ses effets, la traite atlantique ou traite européenne fut un phénomène sans précédent dans l’histoire de l’humanité, une « barbarie jusqu’alors inconnue dans l’histoire de la barbarie ».
Mais au "devoir de mémoire" et à la "repentance" qui ne font qu'exacerber ressentiment et culpabilisation, il faut substituer le "droit de savoir". C'est à ce prix qu'on pourra refermer le livre de l'esclavage pour se tourner résolument vers l'avenir. Il importe avant tout d'essayer de comprendre, non de juger ou de condamner unilatéralement les peuples blancs ou noirs afin d'avoir enfin une approche honnête et dépassionnée de ce sujet. Si l'histoire de l'esclavage et celle de la traite des Noirs sont généralement assez connues, leurs dimensions spécifiquement africaines — la participation active des Africains eux-mêmes — n'ont jamais fait l'objet d'une étude autonome alors qu'elles constituent un des aspects essentiels de cette histoire. Certes, tous les peuples d'Afrique ne furent pas acteurs ni tous les rois africains marchands de "bois d'ébène", mais dire la vérité historique c'est rendre hommage aux victimes de cette tragédie multiséculaire.
Ce livre tente de révéler ce que fut le rôle précis des Africains dans ce commerce d'êtres humains qui saigna leur continent pendant cinq siècles.
Voir aussi : http://www.clionautes.org/spip.php?rubrique7
EUROPE ET AFRIQUE, HIER ET AUJOURD'HUI (1)
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L'EUROPE ET L'AFRIQUE, HIER ET AUJOURD'HUI
L'antériorité de certaines pratiques passe inaperçue. Et pourtant. Il est un lien continu dans les relations entre ces deux continents : l'ingérence des Européens dans la vie intérieure des Etats africains.
Les Etats africains contemporains ont souvent connu cette ingérence sous la forme de coups d'Etat dans lesquels sont généralement impliqués des pays étrangers. Principalement européens, mais aussi Etats-Unis, voire l'ex-URSS.
L'Afrique a connu 186 coups d'Etat de 1956 à 2001. A cet égard, il faut distinguer deux générations de coups d'Etat : ceux perpétrés avant 1989-1991 et ceux d'après.
Avant la guerre froide, des Etats étrangers (Europe et Etats-Unis) sont impliqués dans 99% des coups d'Etat qu'a connus le continent. Il s'agissait alors soit d'éviter qu'un pays africain bascule dans un camp ou dans l'autre (bloc de l'Ouest ou bloc de l'Est). Ou le plus souvent d'écarter un chef d'Etat qui avait cessé d'être docile, pour le remplacer par un autre jugé plus accommodant ou "fabriqué de toutes pièces", qu'on installait à la tête du pays sans aucun égard pour la population, en "service commandé". Chef d'Etat africain au service exclusif des intérêts d'un Etat européen.
Dans cet exercice les rôles étaient bien convenus suivant la ligne de partage décidée depuis la conférence de Berlin (zones d'influence) en 1885.
- Les Anglais s'occupaient des Etats anglophones (leurs anciennes colonies).
- Les Français des Etats francophones.
- Les Portugais des Etats lusophones.
- Les Espagnols des Etats hispanophones.
- Les Belges dans leurs anciennes colonies.
- Les Etats-Unis s'occupaient de tous.
Cette ingérence des Européens dans les affaires africaines est bien antérieure au XIXe siècle. Elle ne fit qu'entériner une pratique connue depuis le XVIe siècle, inaugurée par les Portugais, au Congo (Kongo), et en Angola. Mais les Portugais furent suivis par bien d'autres. Suit un exemple français :
PROJET DE DESTITUTION DU ROI DAMEL [Sénégal]
« Il serait essentiel pour le bien du commerce de la Compagnie [française] que le royaume de Thin, dont Damel vient de faire la conquête fût possédé par un autre ; il ne serait plus à portée d'avoir communication avec les Anglais, puisque ces derniers ne peuvent pas passer Portudal suivant les termes du traité fait entre les deux Compagnies, au lieu que Damel maître de deux royaumes est en état de se passer de nous ; on pourrait parvenir à le chasser du pays de Thin en fournissant des armes et des munitions à son concurrent qui est très porté à recommencer la guerre s'il en avait les moyens. Cela supposé, on prendrait de bons tempéraments pour assurer le remboursement des armes qui auraient été faites pour cette entreprise... ». Signé par Le Juge, Directeur et Commandant des forts et Isles de Gorée. (4 juillet 1737).
D'autres exemples seront évoqués plus tard.
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AFRIQUE ET DEMOCRATIE : UN LONG CHEMIN
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AFRIQUE ET DEMOCRATIE : UN LONG CHEMIN
L'esprit démocratique, la culture de démocratie, se heurte à des écueils lourds et profonds, tenant à une série de facteurs socioculturels. Le nier ne fait rien avancer.
En tout premier lieu, le poids excessif du groupe sur l'individu (déjà mentionné ici mais combien important). Ensuite la tyrannie de l'âge. L'obéissance ou la soumission aveugle à l'aîné, simplement parce que c'est l'aîné. Certes. Le respect et la considération dus aux personnes âgées est une nécessité qui s'impose et une marque de civilisation (qui différencie de l'animal) mais dans les justes proportions, sans idolâtrie ni abdication de sa conscience ou son libre arbitre, bref de sa faculté de jugement et de discernement.
La solidarité familiale et celle du groupe, ce bien si précieux comporte cependant, parfois, un revers redoutable en Afrique. En niant l'individu, c'est-à-dire son existence, par ricochet, la liberté et la responsabilité individuelles, on tue le moteur de la réalisation de soi. Sans cette liberté et la responsabilité de l'individu, il n'est pas d'épanouissement véritable ni progrès par l'effort de construction de soi.
En Afrique le groupe tue.
Autre écueil. La place du chef dans la société et dans l'imaginaire des Africains est aussi un facteur de démobilisation mentale et d'inhibition contraire à l'esprit démocratique. Puisque le chef est "Chef", c'est-à-dire oint des cieux -pense-t-on- il a tous les pouvoirs.
Ainsi le Président de la République, chef de l'Etat, incarne tous les pouvoirs en sa personne : le pouvoir absolu. Son fils sera ipso facto président et chef de l'Etat à la mort de son père, dans la plupart des cas. Il jouit aussi le plus souvent de l'impunité.
Contrairement au principe et à l'éthique de la monarchie ou de la chefferie ailleurs, où le roi ne justifie son pouvoir que par l'obligation morale de protection et de justice envers son peuple. Dans les monarchies anciennes et modernes, le serment royal n'est pas dénué de sens. Le roi, en accédant au trône, prête serment devant ses sujets, jure fidélité à la nation, jure de défendre son peuple, de le protéger, de lui garantir paix et bonne justice, la main sur des reliques, sur la Bible ou la Constitution. Le Président de la République, dans les régimes républicains fait le même serment devant la nation.
Ce faisant, le roi des monarchies modernes comme le président se lie au peuple par un contrat (à la fois politique et moral). Ce contrat est le fondement même du principe démocratique et du pouvoir des gouvernants, garant des libertés. Les révolutions avaient pour origine (et justification) dès le Moyent-Age (en Europe), la rupture de ce contrat par le souverain.
C'est cette notion de contrat qu'il faut aujourd'hui inscrire dans la culture politique en Afrique. Le déni de droits et de justice frappe le progrès dans ses racines. Les gouvernants ont un problème de légitimité dès lors qu'ils ignorent leurs responsabilités à l'égard des citoyens et de la nation, et surtout quand ils considèrent que leurs droits sont supérieurs à leurs devoirs.
Certes, les présidents africains font sans doute le même serment qu'ailleurs lors de leur investiture mais qui ne va guère parfois au-delà des mots, sans réelle conscience de l'engagement et la responsabilité que ces mots impliquent. En Afrique, au temps de la traite des Noirs et de l'esclavage, c'est le roi ou le chef qui vendait ses sujets aux étrangers sans avoir à rendre de comptes.
Quelle place cette culture du chef ayant le droit de vie et de mort sur son peuple occupe-t-elle encore dans le subconscient de certains Africains ? Quelle est la part d'une telle culture aujourd'hui concernant les présidents africains ? Fonde-t-elle encore leur conception du pouvoir ?
Or, il existe dans le plus profond de l'histoire de certains peuples africains des éléments très intéressants par rapport au respect des droits de l'individu, et la bonne gouvernance, qui peuvent aujourd'hui servir de ferments à l'éclosion d'une démocratie moderne et authentique.
C'est à ces sources qu'il faut pouvoir puiser afin d'y retrouver les fondements de la régénération politique en Afrique.
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