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TRAITE DES NOIRS ET SES ACTEURS AFRICAINS

30 Novembre 2008 , Rédigé par Tidiane Diakite Publié dans #HISTOIRE

 

 

"LA TRAITE DES NOIRS ET SES ACTEURS AFRICAINS" : POURQUOI UN LIVRE SUR CE SUJET ?

 

       

   Genèse d'une idée

         

          J'ai eu très tôt une vive curiosité pour le thème de l'esclavage et de la pratique esclavagiste, bien avant ma scolarisation et l'Université.

         D'abord pour l'esclavage traditionnel, pratiqué longtemps en Afrique avant l'arrivée des Européens. Mon père m'avait souvent parlé des 60 esclaves de son père, décrit leurs conditions de vie et leur place au sein de la famille. Jeune homme, j'ai côtoyé des personnes descendant de ces anciens esclaves familiaux, qui à leur tour, m'ont raconté la vie de leurs ancêtres. J'ai autant appris de ces personnes-là que de mon père.

          Puis, à l'Université de Dijon, nous avions en 2e année de faculté, au programme d'histoire moderne :

"les Amériques du début du 16e à la fin du 18e siècle", incluant le commerce triangulaire. Ma curiosité s'est alors muée en passion pour le thème de l'esclavage et la traite des Noirs. Cette curiosité se trouvait vivifiée par le lien que je cherchais à établir entre l'esclavage traditionnel pratiqué en Afrique et la traite européenne.

          Mes cours de faculté ne purent satisfaire cette curiosité alors décuplée. Mon professeur d'histoire moderne n'avait jamais de réponse à mes questions telles que :

- Quelle était la part exacte des Africains eux-mêmes dans le déroulement de la traite ?

- Etaient-ils libres de leurs actes ? En avaient-ils le choix? En étaient-ils conscients ?

- Comment procédaient-ils pour capturer des esclaves ? Qui étaient ces esclaves ?

- Quelles furent les conséquences pour les peuples d'Afrique qui se livraient à ce commerce, hier et aujourd'hui ?

- Quelles conséquences pour le continent et pour les Africains en général ?

          J'en fis donc le sujet de ma maîtrise d'histoire moderne. Et après l'Université, je continuai mes recherches partout où je pouvais, où des sources (écrites et orales) étaient disponibles. Ce qui m'amena à visiter maintes archives :

-Archives nationales

-Archives coloniales (Rue Oudinot)

- Archives de Vincennes, à Paris.

-Archives départementales et municipales : Bordeaux, Nantes, Saint-Malo parmi d'autres.

-Archives et sources orales en Afrique : Mali, Côte d'Ivoire, Togo, Bénin, Ghana, Sénégal.

- Ecrits divers, d'origines diverses : lieu et temps.

          Il s'agissait pour moi de répondre à des questions auxquelles je ne trouvais pas de réponse donc de satisfaire une curiosité purement intellectuelle, personnelle, sans autre intention. L'idée d'en faire la matière d'un livre, d'écrire un livre sur ce sujet ne m'est venue que très tardivement. Elle a pris corps dans mon esprit surtout après la conférence de Durban en Afrique du Sud : la "3e conférence des Nations unies contre le racisme", de début septembre 2001, au cours de laquelle des chefs d'Etat et des responsables politiques africains ont réclamé des "réparations" de la part des Occidentaux. Quelques arguments avancés à cet effet :

"Il faut tirer les leçons du passé et notamment de la traite des esclaves [...] Nous considérons par ailleurs que les responsables de la traite doivent assumer leurs responsabilités en payant des réparations", ou encore :

"Les Allemands ont payé des réparations aux pays européens après la Première Guerre mondiale pour les crimes contre l'humanité (sic). Les Juifs ont reçu de l'argent pour les crimes contre eux durant la Seconde Guerre mondiale. Il y a beaucoup d'exemples de la sorte. Nous ne comprenons pas pourquoi il y a une hostilité à l'idée de réparation et de compensation pour l'Afrique [... ] Qu'y a-t-il de blasphématoire à cela ? Est-ce parce que les Africains ne le méritent pas ? Ou est-ce pour la difficulté de déterminer le montant ? Les Africains le méritent, c'est une affaire de principe..."

          Ces déclarations de Durban ajoutées à un certain nombre d'amalgames, entendus ou lus, dans la presse en Europe ou ailleurs, m'ont convaincu de tenter de porter à la connaissance du grand nombre les fruits de mes recherches et tout ce que j'ai pu glaner, appris et compris sur le sujet, ainsi que l'état de mes réflexions (qui ne sont pas terminées) car tout n'est pas beau dans l'histoire et toute histoire comporte ses ombres et ses lumières.

          Quel peuple, quelle nation n'a pas eu sa part des brûlures de l'histoire ?

 

 



Voir les sites suivants

           http://terra.rezo.net/article865.html

          http://www.clionautes.org/spip.php?article2156
         http://www.berg-international.com/

 

 

 

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S
<br /> Je vous tire mon chapeau, combien d'années vous ont pris ces recherches pour ce livre ? J'admire la neutralité et l'impartialité dont vous faites preuve dans ce récit. L'exercice n'est pas facile,<br /> il est notamment bien structuré et illustré. Par contre je reste pantois, je pensais que l'implication des rois Africains se limiter à fermer les yeux sur des pratiques organisées en son sein, mais<br /> là on s'aperçoit qu'ils étaient les premiers intéressés, pour quoi ? Pour du bon vin ? De l'eau de vie ? et autres présents. Il y avait même des traités entre les rois et les Colons, c'était<br /> sacrément organisé, je n'en dis pas plus, c'est justement l'intérêt de votre livre. Félicitations.<br /> <br /> <br />
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<br /> <br /> Merci pour ce commentaire.<br /> <br /> <br /> Ce livre est l'aboutissement de plusieurs années de recherches patientes. J'ai essayé -comme vous le  soulignez- de rester autant que possible fidèle<br /> aux principes de l'écriture de l'hsitoire. En effet, la première loi de l'histoire est de ne rien oser dire de faux. La seconde, d'oser dire tout ce qui est vrai.<br /> <br /> <br /> Mes amitiés<br /> <br /> <br /> TD<br /> <br /> <br /> <br />
D
<br /> <br /> Merci de nous avoir permis de partager le fruit de vos recherches sur cette période de l'Histoire que l'on ne peut occulter.Période qui suscite effectivement bon nombre de questions;Questions qui<br /> s'amplifient lorsque l'on se trouve sur un lieu de mémoire tel la Porte du Non Retour à Ouidah ( Bénin). Lieu d'ou partaient les esclaves et ou l'on peut ressentir qu'une infime parttie de la<br /> détresse de ces Hommes embarquéspour l'inconnu.....Amitiés .Diane<br /> <br /> <br /> <br />
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<br /> <br /> La Porte du Non Retour à Ouidah est en effet un lieu de mémoire qui permet de se faire une idée bien que partielle de l'atrocité de ce phénomène. C'est tout<br /> de même une chance de pouvoir visiter ce monument. Amitiés. TD<br /> <br /> <br /> <br />
D
<br /> <br /> L'homme noir doit être réhabilité et pour<br /> ça nous devons revisiter notre histoire, l'assumer en tirer les conséquences et nous appuyer la dessus pour notre réhabilitation. Nous devons cultiver une estime de nous même non au détriment<br /> d'autrui mais pour le respect de soi même dont dépendra le respect réclamé à l'autre.<br /> <br /> <br /> Assumons nôtre<br /> histoire et avançons. Cette abomination et ces conséquences sur l’homme noir quelque soit son statut ; l’enrayer de la planète doit être un impératif. A nous d’y prendre<br /> conscience.<br /> <br /> <br /> C’est un livre de<br /> Chevet. Je l’exploite. Merci de l’avoir écrit. J’ai aussi lu « Lettre ouverte à la Jeunesse africaine ». Je l’ai trouvé fabuleux.<br /> <br /> <br /> Nous vous attendons<br /> au Mali et aurions le plaisir de vous y rencontrer dès que vous y seriez en vacances.<br /> <br /> <br /> Je suis de La<br /> Mauritanie, où s’exerce encore l’esclavage dans ses formes les plus archaïques du monde.  <br /> <br /> <br /> Mille fois<br /> merci.<br /> <br /> <br /> Mon<br /> contact :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Djibril BA<br /> Cité du Niger rue 37 porte 43<br /> Bamako République du Mali<br /> Cell : +223 79 18 60 46<br /> <br /> <br /> <br />
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<br /> <br /> Cette réhabilitation est un impératif absolu ! TD<br /> <br /> <br /> <br />
D
<br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Notre péché originel n'est pas celui issu de cannan fils de<br /> cham mais d'avoir vendu les nôtres à notre propre détriment en nous étripant au bénéfice des autres races.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> cultiver une estime de nous même non au détriment d'autrui mais pour le respect de soi même dont<br /> dépendra le respect réclamé à l'autre.<br /> <br /> <br /> Assumons nôtre<br /> histoire et avançons. Cette abomination et ces conséquences sur l’homme noir quelque soit son statut ; l’enrayer de la planète doit être un impératif. A nous d’y prendre<br /> conscience.<br /> <br /> <br /> C’est un livre de<br /> Chevet. Je l’exploite. Merci de l’avoir écrit. J’ai aussi lu « Lettre ouverte à la Jeunesse africaine ». Je l’ai trouvé fabuleux.<br /> <br /> <br /> Nous vous<br /> attendons au Mali et aurions le plaisir de vous y rencontrer dès que vous y seriez en vacances.<br /> <br /> <br /> Je suis de La<br /> Mauritanie, où s’exerce encore l’esclavage dans ses formes les plus archaïques du monde.  <br /> <br /> <br /> Mille fois<br /> merci.<br /> <br /> <br /> Mon<br /> contact :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Djibril BA<br /> Cité du Niger rue 37 porte 43<br /> Bamako République du Mali<br /> Cell : +223 79 18 60 46<br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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<br /> <br /> Votre commentaire me fait plaisir. L'analyse est objective et lucide. Et chose admirable : c'est la franchise avec laquelle vous vous exprimez, sans nier<br /> l'évidence.<br /> <br /> <br /> Vous avez raison ; il faut que nous sachions faire face à notre passé et l'assumer pour avancer, c'est-à-dire construire le présent et le futur, riches des<br /> leçons du passé.<br /> <br /> <br /> J'ai bien noté votre adresse et vous en remercie.<br /> <br /> <br /> Amicalement<br /> <br /> <br /> TD<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> <br /> Intéressantes informations, cependant comment évaluer le montant des réparations ? Quels pays Africains toucheraient le plus ? Quels pays payeraient le plus ? Pour cela il faudrait faire une<br /> recherche très précise sur la traite intra Afrique, sur les responsabilités des Africains qui vendaient des Africains, car un tel commerce ne s'est pas créé sans complicité aucune, ce n'étaient<br /> pas les occidentaux qui allaient en forêt chasser eux même les futurs esclaves, sans compter qu'il y avait également des Africains qui avaient des esclaves notamment Zumbi au Brésil. Ma famille a<br /> réalisé un arbre généalogique qui remonte sur un peu plus de 500 ans en arrière, je n'ai aucun esclavagiste  dans ma famille, donc en quoi serait-je concerné par cette réparation ? Il y a<br /> des millions de Français dans le même cas que moi, sans lien aucun avec l'esclavage, c'est pour cela que je ne tolère absolument pas qu'en parlant du "blanc" en général le noir puisse utiliser le<br /> mot "colon". Les Békés ne seraient ils pas les plus aptes à régler ce conflit financier, car ils se sont engraissés dans cette histoire ? Nous devrions aussi prévoir une indemnisation pour la<br /> communauté Amérindienne alors ?<br /> <br /> <br /> <br />
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<br /> <br /> Avis tout à fait intéressant et objectif. Je suis d'accord avec votre analyse. C'est précisément ce que je développe dans mon livre : La Traite des Noirs et ses acteurs africains. Vous y trouverez un long développement sur cet aspect. TD.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
L
Je viens de lire votre livre et je le trouve remarquable.Essentiellement parce que votre démarche m'apparait comme "scientifique", et non pas comme "idéologique". Il me semble que votre propos est de raconter ce qui s'est passé, de comprendte comment et pourquoi cela s'est passé, et de l'expliquer. Et non pas de dédouaner les uns ou les autres....comme tant d'autres s'y employent, toute déontologie professionnelle mise à part.Et c'est à mon avis parce que vous avez cette démarche là que votre livre est si intéressant. J'ai appris beaucoup. Notamment que la traite est devenu le pivot de l'économie dans les pays qui s'y sont livrés: vous parlez d'économie de la traite, de pays "producteurs", c'est nouveau pour moi et c'est très éclairant quant à la portée du phénomène, qui à mon avis s'appréhende mieux en ces termes qu'en terme du nombre de personnes déportées, par exemple. Encore une fois, merci pour ce travail!LM
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T
<br /> <br /> Le discours de culpabilisation et de condamnation proféré par des Africains à l'égard de l'Europe au sujet de la traite atlantique ne peut avoir de<br /> consistance que si ces mêmes Africains reconnaissent humblement la part de l'Afrique dans cette pratique.<br /> Il m'a semblé utile d'interroger l'Histoire, de livrer le plus objectivement qu'il m'est possible, le fruit de cette interrogation.<br /> Vous avez perçu précisément le sens de ma démarche. J'apprécie cette pertinence d'analyse et de compréhension.<br /> Je vous en remercie.<br /> T.D.<br /> <br /> <br /> <br />
R
Je suis en train de lire votre livre. Il est passionnant ! Après tout ce qui a été raconté ça et là sur la participation des Africains au point de les hisser sur le même pied d'égalité que les acteurs européens de la traite négrière, il était nécessaire que cette mise au point soit faite. Depuis quelques années, j'ai fait mienne cette pensée africaine pleine de vérité : Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse glorifieront toujours le chasseur. C'est un vrai bonheur de voir les Noirs (Africains et Afro-descendants) s'appropprier leur Histoire en l'écrivant.Tiens !vous avez fait vos études universitaires à Dijon, comme moi.   
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T
<br /> Votre mot me réconforte. Je vous en remercie et vous souhaite bonne lecture.<br /> A quelle date étiez-vous à Dijon ?<br /> <br /> <br />