NOUVEAUX BARBARES ET HISTOIRE CONTEMPORAINE
QUI SONT CES NOUVEAUX BARBARES AUX PORTES DE L'EUROPE ?
***
Or, ceux qui quittent le continent africain aujourd'hui pour Paris, Londres ou Lisbonne, ont subi la culture anglaise, française ou portugaise parce que hier, ils furent sujets de ces métropoles, scolarisés et formés dans leur langue, pétris de leurs cultures, de leurs religions, qui s'imposèrent à eux comme des modèles.
C'est précisément parce qu'il y eut ces brassages par l'école, par l'armée, ainsi que par les contacts et les frottements quotidiens que ces Africains cheminent aujourd'hui vers l'Europe. Dans l'inconscient historique africain, la place occupée par l'Europe est centrale. Il reste, dans cet inconscient, comme un rêve d'Europe pour le meilleur et pour le pire.

IMMIGRATION : AUX PORTES DE L'EUROPE
POURQUOI L'EUROPE ?
Si l'Europe ne reçoit qu'une part infime des migrants africains, c'est incontestablement, après l'Afrique, la région du monde qui héberge la proportion la plus importante d'Africains expatriés. Pourquoi le mouvement migratoire africain a-t-il l'Europe pour destination privilégiée ?
La présence africaine en Europe a une histoire, aussi ancienne que les rapports entre l'Afrique et ce continent, même si la conjoncture économique et le contexte politique exprimés dans les récentes lois votées au Parlement européen (et celles adoptées par les Parlements nationaux), ont pour vocation de restreindre les possibilités d'entrée et de séjour de nouveaux migrants non européens.
La colonisation, ce temps où l'Europe, sortie de son lit, s'étale sur le reste du monde, suit la Conférence de Berlin en 1885, qui aboutit au partage de l'Afrique entre puissances européennes (1890-1900). Cette conférence réunit 14 nations. Les mesures prises font de l'Afrique un "prolongement" et une "succursale" de l'Europe. Et à ce titre, découpée en portions au profit des nations d'Europe qui s'y installent. Chacune d'elle s'ouvrant le chemin de sa colonie, le pont est désormais jeté entre les deux continents, et la voie ainsi ouverte, ira s'élargissant au fil du temps et de l'histoire.
Les stigmates de cette imbrication historique des destins africains et européens sont encore sensibles aujourd'hui dans une Afrique culturellement divisée en aires linguistiques. On distingue ainsi une Afrique francophone, une Afrique anglophone, une Afrique lusophone, une Afrique hispanophone ... et autant d'identités géographiques, historiques, culturelles. Ces liens historiques et culturels se doublent de liens économiques et commerciaux.
L'Afrique réalise plus de 80% de ses échanges avec l'Europe. L'Union européenne est en 2008, le premier partenaire commercial de l'Afrique. Même si la part de la Chine dans les échanges avec le continent africain croît d'année en année à une vitesse vertigineuse.
Malgré les heurts du passé, ceux de la domination coloniale, ou les vicissitudes de la politique, les référents implicites demeurent, et ce sont autant de cordons ombilicaux qui lient l'Europe à l'Afrique.
Pour un ressortissant d'une ancienne colonie anglaise, le point de mire, le modèle qui inspire ou qui irrite, c'est Londres. De même pour un ressortissant d'une ancienne colonie française, la référence est Paris. Les uns et les autres se retrouvent dans une histoire globale partagée qui détermine encore pour une bonne part les routes migratoires suivies et qui sont, avant d'être des routes matérielles, des chemins tracés et gravés dans l'imaginaire et l'univers culturel des migrants africains. Lorsqu'un étudiant ghanéen ou nigérian veut entreprendre des études d'un niveau relevé, une formation spécifique, c'est en Grande-Bretagne qu'il cherche à se rendre. Pour un étudiant sénégalais, malien, ivoirien, congolais ... c'est la France.
Le même schéma mental détermine la direction de l'exil pour l'opposant politique qui se sent menacé, un simple citoyen persécuté pour ses actes ou ses opinions, un chef d'état victime d'un coup d'Etat, tous mus par le même réflexe.

IMMIGRATION AFRICAINE : PEPINIERE DE RECRUES POTENTIELLES POUR AL-QAIDA
/image%2F1495609%2F20260130%2Fob_b9b052_scorpion1.jpg)
/image%2F1495609%2F20260130%2Fob_946b33_soleil.gif)
LES NAUFRAGES DU DESERT, ENTRE ICI ET LA-BAS
Les policiers et gendarmes algériens, marocains ou maliens tirent également profit de la traversée clandestine vers l'Europe. Cette chaîne aux maillons multiples met en action un monde souterrain, grouillant et avide qui s'agite autour des candidats à l'hypothétique entrée en Europe.
Le jeune Malien de Gao, après plusieurs tentatives, est devenu lui-même coxer. Il décrit ainsi le mécanisme de l'intérieur :
"Il y a des coxers partout dans le pays. Ils sont dans les gares à Bamako (capitale du Mali) et dans les régions, surtout à Kayes d'où partent la plupart des Maliens qui veulent émigrer."
Ces coxers exercent une véritable profession. Ils rôdent autour de tous les lieux de la ville où passent les candidats au voyage : centres de vaccination, gares routières et ferroviaires, magasins d'approvisionnement en bidons d'eau ... L'achat d'un bidon de 4 litres d'eau est un signe révélateur. Rusés, les rabatteurs repèrent leurs "proies" à leur habillement, leur équipement, leur langue ou leur accent quand il s'agit de ressortissants d'autres Etats africains qui passent par le Mali pour se rendre en Europe, via l'Algérie ou la Libye.
Repéré, le migrant est pris en charge et va du coxer au passeur. Les policiers sont pour la plupart au centre du système. Le jeune coxer malien précise :
"Avant le voyage, il est conduit dans un "ghetto" (espèce de gîte où les migrants peuvent manger et se loger), où on va essayer de les (sic) pomper un maximum d'argent. Les propriétaires de ces ghettos sont le plus souvent des notables ou des policiers qui s'abritent derrière un personnage "écran" chargé de la gestion de l'établissement."
Ces ghettos constituent un véritable déni des droits humains où les candidats au voyage sont exploités, dépouillés, violentés sans aucun recours.
Le coxer ajoute :
"Lorsque l'émigrant commence à se rebiffer, un policier le prend en charge. Il ne faut pas que le pigeon renonce à voyager. Les intimidations arrivent toujours à bout de sa velléité de résistance car de toute manière, tout le monde est complice de ce "travail", des policiers aux magistrats, c'est une mafia qui s'enrichit sur le dos du clandestin et il ne peut aller se plaindre, même s'il connaît ses voleurs."
Pour ceux qui continuent, le franchissement de la frontière ne signifie en rien la fin de l'exploitation et la pénibilité de la route. Il leur faut vivre les mêmes épreuves en Algérie, avec les mêmes passeurs, les mêmes réseaux et les mêmes méthodes. Le racket, l'intimidation, la violation en toute impunité des droits élémentaires de l'individu composent le viatique commun.
Ce que vivent ces clandestins mériterait d'être mieux connu, d'un point de vue strictement humain, mais aussi en vue d'un travail de fond sur l'immigration irrégulière, ses ressorts profonds ainsi que ses effets à différents niveaux. Cette forme de migration ne peut être traitée efficacement qu'à cette condition.
Selon Serge Daniel (auteur de Les Routes clandestines. L'Afrique des immigrés et des passeurs), "c'est au niveau mental qu'on reconnaît un clandestin. C'est un homme décidé. Parce que ce qu'il incarne dépasse sa personne ... parce que la pression sociale et familiale est telle que beaucoup préfèrent la mort à la honte."
Chaque clandestin est ainsi au coeur d'une chaîne d'espoirs inassouvis. C'est sans doute pour cette raison que le clandestin tombe facilement dans les filières mafieuses de l'immigration qui couvrent tout l'Ouest -africain, rappelant une fois encore les réseaux ramifiés de la traite négrière.
Et lorsqu'il se retrouve au milieu du désert, abandonné de tous, anonyme, incapable d'avancer ou de revenir en arrière, exploité, brimé, il devient souvent une recrue de choix pour les islamistes de la mouvance Al-Qaida qui rôdent dans la région, et qui l'enrôlent au prix de paroles mielleuses. Ainsi embrigadé, le clandestin bascule dans une autre culture.
/image%2F1495609%2F20260130%2Fob_e413a7_serpent1-008.gif)
THEMES DES CONFERENCES DONNEES

THEMES DES CONFERENCES DONNEES
1) Les responsabilités africaines dans la traite atlantique
15e – 19e siècle
2) L’islam et les musulmans en France
3) Pouvoir politique et religion dans l’histoire (Europe et monde musulman)
4) Pouvoir et religion dans l’islam
5) Relations France-Afrique : une longue histoire
6) La Turquie dans l’Europe ?
7) L’islam est-il compatible avec la République et la Démocratie ?
8) L’islamisme et ses racines
9) La place de la femme dans l’islam
10) La présence chinoise en Afrique : La Chine, une chance pour l’Afrique ?
11) Conférence-débat après projection du film « Bamako »
12) La femme africaine : aujourd’hui et demain, entre traditions et modernité.
13) L’Afrique malade d’elle-même
14) L’aide internationale à l’Afrique : un piège ?
15) Comment aider efficacement l’Afrique ?
16) L’aide internationale à l’Afrique : moteur de développement ou facteur de régression ?
17) Les jeunes Africains face à la construction de leur identité
18)La littérature engagée, quels moyens et quelle incidence sur l’évolution politique et sociale de l’Afrique contemporaine
19) L'Afrique et la démocratie
20) La construction des identités nationales africaines :
identité ethnique ou identité nationale ?
21) La commémoration de l'abolition de l'esclavage en est-elle un facteur de cohésion nationale ou un risque pour l'unité de la République ?
22) Immigration et droits de l'homme
23) La femme africaine ou les femmes en Afrique ?
24) Victor Schoelcher et l'abolition de l'esclavage
25) Afrique. 50 ans d'indépendance. Où en est-on ?
26) L'esclavage et les droits de l'homme en Afrique, hier et aujourd'hui
27) Une société initiatique ancienne : la Confrérie des Chasseurs du Mandé
28) La traite des Noirs et ses acteurs africains, 15e - 19e siècle
29) Pourquoi l'Afrique en est là ?
30) Le défi de l'école en Afrique.
31) L'abolition de la traite des Noirs et ses conséquences en Afrique.
32) La traite orientale arabo-musulmane : IXe-XIXe siècle.
33) La décolonisation de l'Afrique.
34) Aqmi en Afrique. La question sécuritaire dans les pays du Sahel.
35) L'esclavage, une abolition incomplète ?
36) L'écriture de l'Histoire.
37) La crise libyenne et l'Afrique.
38) L'Afrique depuis les indépendances.
39) Immigration et intégration en France, entre mythe et réalité.
40) Les Chinois en Afrique : partenariat gagnant-gagnant ?
41) L'Afrique, un continent, des peuples, enjeux et perspectives.
42) Villebois-Mareuil, héros national méconnu.
43) Présence chinoise en Afrique et réactions africaines. La fin des vaches grasses pour les Chinois ?
44) Politique et religion dans l’histoire (Europe et monde musulman)
45) L'avenir et les enjeux de l'aide au développement en Afrique.
46) Louis XIV et l'Afrique noire.
47) L'aide internationale au développement en Afrique, discours et réalités ; où en est-on ? Bilan et perspectives.
48) L'esclavage à travers les âges, et en Afrique
49) Les Chinois en Afrique : le temps du reflux et des brouilles.
50) Le Mali dans la Grande Guerre : 1914-1918. Loyalisme et résistances.
51) L’Afrique et l’aide internationale : Un handicap pour son développement ?
52) Louis XIV et l’Afrique noire
53) Conférence-débat : les valeurs de la République.
54) L’Afrique : 50 ans d'indépendance, où en est-on ?
55)

MIGRATIONS CLANDESTINES : LES PIEGES DU DESERT

/image%2F1495609%2F20260130%2Fob_cad286_soleil-009.gif)
DES CLANDESTINS TRAQUES ET DEPOUILLES
Il est un aspect de l'immigration clandestine peu évoqué mais qui mériterait sans doute plus d'attention : le monde des réseaux et passeurs.
Une nouvelle "industrie" est ainsi née, florissante et prospère, qui se nourrit du désespoir des déshérités africains et dont profitent de véritables mafieux, capables de tout. Ils exploitent ceux qui pensent que le désert est le meilleur chemin pour gagner l'Europe. La traversée du Mali, de l'Algérie ou du Niger par le Nord, s'apparente à une véritable odyssée infernale.
Un jeune Malien, parmi un groupe de 32 personnes, pris au piège du désert raconte :
Entassés à 32 dans un camion de fortune, nous avons roulé plusieurs nuits - car on ne peut rouler le jour - pour éviter de nous faire repérer. Malgré tout, nous avons été arrêtés et dépouillés par les policiers algériens. Nous avions des papiers de réfugiés, mais ils ont déclaré qu'ils avaient expiré. De toute façon, que vous soyez en règle ou non, ils arrêtent et refoulent tous les Noirs.
De plus nos transporteurs, sous prétexte d'aller chercher des provisions et du carburant, sont partis avec nos bagages, nous abandonnant en plein désert, sous un soleil accablant, sans nourriture. Puis les policiers algériens nous ont pris tout ce qui nous restait d'argent avant de nous ramener à Tin Zaouatène, à la frontière du Mali, où nous avons été emprisonnés.
La revue Afrique Magazine, août-septembre 2007, relate des cas similaires prouvant que cette pratique est courante dont cet exemple :
A Kidal (extrême nord du Mali), un religieux, le Père Anselme, apporte un concours précieux à tous ces déshérités abandonnés dans le désert et qui n'ont plus les moyens d'assurer leur repli sur la ville malienne de Gao (principale ville et unique noeud de transport au nord du Mali), en vue de leur retour dans leur foyer, qu'ils soient du Mali, du Tchad, du Ghana, du Cameroun ... Le groupe embarqué dans le véhicule du religieux est arrêté à un barrage par des policiers maliens qui leur demandent leurs papiers. Les candidats au voyage déboutés décrivent leurs conditions et relatent les exactions dont ils ont été l'objet de la part des policiers algériens. Rien n'y fait. Les policiers se montrent inflexibles. Ils veulent de l'argent et finissent par les dépouiller des quelques pièces qui leur restaient sous le regard ébahi du religieux qui assiste impuissant à la scène et finit par oser cette rélexion : "Ces gens n'arrêtent pas de traiter les Algériens de racistes pour ce qu'ils font subir aux Noirs, et eux, policiers noirs, n'hésitent pas à faire les poches de leurs propres frères qui sortent de l'enfer."
(A suivre)

PEKIN EN AFRIQUE : UNE EMPRISE INDENIABLE
TAPIS ROUGE POUR LA CHINE
Le cercle des présidents
Morceaux choisis
" Il nous reste à conquérir l'indépendance économique. Et pour cela, la Chine nous aidera car la Chine est un modèle de développement éprouvé.
En contrepartie de son aide, l'Afrique lui apportera toutes les ressources énergétiques et minières dont elle a besoin."
(Discours prononcé en 2006 à Pékin par le président éthiopien, Meles, au moment précis où l'Union européenne songeait à lui couper "tout soutien financier en raison des exactions de son régime contre la population".)
"La Chine est un pays ami qui n'interfère jamais dans les affaires intérieures.
Nos relations sont un bel exemple de coopération Sud-Sud"
(Omar Al-Béchir, président du Soudan, condamné par l'ONU pour les massacres perpétrés au Darfour.)
***
"Il nous faut nous tourner vers l'Est [la Chine], là où le soleil se lève".
(Robert Mugabe, discours, mai 2005.)
***
"Nous souhaiterions que la Chine dirige le monde et quand ce sera le cas, nous voulons être juste derrière vous. Quand vous allez sur la Lune, nous ne voulons pas être laissés derrière, nous voulons être avec vous."
(Le président du Nigeria Olusegun Obasanjo s'adressant au président chinois Hu Jintao, Lagos, avril 2006)
҉ ҉ ҉
Et qui l'Afrique emmènera-t-elle sur la Lune ?
Faut-il qu'elle soit toujours derrière ?
Quand passera-t-elle devant ?

CHINOIS EN AFRIQUE : UNE NOUVELLE ERE ?
CHINE EN AFRIQUE : UN OURAGAN QUI BALAIE TOUT SUR SON PASSAGE
Jamais dans l'histoire, une nation seule n'avait investi un continent entier aussi massivement et aussi rapidement. De 1990 à 2005, la Chine a tissé une toile serrée à travers le continent. Les Chinois sont partout en Afrique et font tout partout en Afrique : de l'entrepreneur à l'ingénieur en télécommunication, du marchand de gros au petit détaillant, de l'infirmière à la vendeuse de rue, de l'esthéticienne au médecin traditionnel, de la marchande de beignets à la prostituée ... aucun domaine n'échappe à l'activité des Chinois. Et tout ce qui est chinois est moins cher.
Leur nombre autant que leurs investissements et leurs échanges avec le continent, monte en flèche d'année en année. La valeur de ces échanges estimée à 800 millions de dollars en 1978, monte à 3 milliards de dollars en 1995, à 40 milliards en 2005, à 50 milliards en 2006, à 120 milliards (estimations) pour 2010. Pourquoi un tel succès en Afrique ?
Le président de l'association des Chinois au Nigeria, R. Zhang, répondant à la question de deux journalistes français :
- Pourquoi les Chinois sont-ils si bien accueillis en Afrique ?
- Vous, les Occidentaux, vous êtes paternalistes. Quand vous arrivez ici, vous parlez des droits de l'homme aux Africains, vous leur parlez de toutes sortes de droits. Vous les prenez de haut. Nous, on va tout droit au but, on parle business.
Un ministre africain (Cameroun) répondant aux mêmes journalistes à la question :
- Pourquoi déroule-t-on le tapis rouge aux Chinois ?
- Vous, les Occidentaux, quand vous investissez chez nous, vous posez beaucoup de préalables et de conditions. L'avantage de la Chine sur vous, c'est qu'elle ne s'occupe pas de politique. Elle ne parle pas de démocratie.
Le ministre guinéen des Mines, à la même question :
- L'espoir vient des Chinois. Ils sont les seuls à nous proposer des "packages", autrement dit des offres complètes : une mine, un barrage, une centrale hydroélectrique, un chemin de fer et une raffinerie, le tout financé par la banque chinoise qui se rembourse en alumine. Les Chinois travaillent plus vite et moins cher que les autres.
Le ministre congolais de l'Habitat, à la même question :
- Après tout, mes enfants ont reçu une bonne éducation en France. J'aimerais bien avoir l'occasion de rendre service à la France, mais, elle ne me donne pas cette possibilité. La seule chose qui l'intéresse quand elle vient ici, c'est de savoir si les populations ont reçu leur bulletin de vote, alors que voulez-vous ?
A la question : Pourquoi l'Afrique ? le vice-président de l'association des Chinois du Nigeria répond :
- L'Afrique est vraiment une immense opportunité qui tombe à point nommé pour nous. C'est le dernier endroit comme ça sur terre, où l'on peut faire autant d'affaires ! Je vais vous dire la vérité. La Chine utilise l'Afrique pour arriver au niveau des Etats-Unis, puis les dépasser. Pour ça, elle est prête à tout, comme construire un chemin de fer nigérian qui sera toujours déficitaire.
(Source de ce florilège : La Chinafrique. Pékin à la conquête du continent noir, Serge Michel et Micel Beuré, Grasset)
- Raison politique :
Après l'événement de Tiananmen (le printemps de Pékin, juin 1989), la Chine est unanimement condamnée par la communauté internationale et vivement mise en cause par les Nations unies, sauf par les Etats africains. Dès lors elle décide de se tourner vers ces derniers. Les voix africaines représentent par ailleurs plus du quart des votes à l'assemblée générale de l'ONU. C'est désormais de ce côté-ci qu'elle trouvera ses soutiens. La Chine joue alors sur la communauté de destin, l'appartenance au tiers-monde, dans le camp des opprimés contre les oppresseurs.
- Raison économique :
La Chine arrose les dirigeants africains de dollars et pratique ce qu'elle appelle "le partenariat gagnant-gagnant" : milliards de dollars offerts, réalisation d'infrastructures importantes : routes, autoroutes, voies ferrées, ponts, ports, aéroports, électrification, constructions d'édifices monumentaux (palais de la présidence, maison de la radio et de la télévision, palais des congrès, stades...) contre l'exploitation des ressources naturelles, en premier lieu le pétrole. La Chine compte sur l'Afrique pour réaliser et maintenir sa croissance, amplifier son développement.
1. La percée fulgurante de la Chine en Afrique aurait-elle été possible sans l'abandon de ce continent par les Occidentaux (la France en particulier) dans les années 90, au lendemain de la chute du mur de Berlin et de l'éclatement de l'URSS ?
2. Cette percée aurait-elle été possible si les pays africains étaient des Etats démocratiques ?

CHINE EN AFRIQUE : POUR LE MEILLEUR OU POUR LE PIRE ?
L'AFRIQUE A-T-ELLE VOCATION A RECEVOIR LES DECHETS DU MONDE ?
Un exemple
Lu pour vous
Ouest-France, 13 / 11 / 09
OUF !
PEAU NOIRE, MASQUE BLANC
LES AFRICAINES ET LE SYNDROME DE LA MELANINE
CAMPAGNE CONTRE LE BLANCHIMENT DE LA PEAU !
20% des femmes noires originaires d'Afrique et des Antilles et résidant à Paris se blanchissent la peau à l'aide de produits dangereux pour leur santé.
La campagne initiée par la mairie de Paris le 3 novembre 2009 avec ce slogan "séduire ... oui ! Se détruire ... non !" vient à point nommé (il est simplement significatif qu'une telle campagne soit lancée à Paris et non à Accra, à Lagos ou à Dakar).
On peut aussi considérer qu'au lieu de porter sur les seuls dangers du blanchiment de la peau, elle rendrait un insigne service aux Africaines si elle pouvait mener celles-ci à une prise de conscience de leur beauté naturelle qui devient laideur sous les perruques blondes.
Beaucoup d'Africaines vivant en France (ailleurs aussi) ont totalement manqué le rendez-vous de l'esthétique.
L'argument avancé par le président du Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN), pour expliquer cette pratique du blanchiment de la peau, me paraît insuffisant, fort en dessous des réalités. Selon M. Patrick Lozès "si certaines Françaises se blanchissent la peau, c'est qu'il existe dans notre pays une forme de hiérarchie mélanique : les sondages montrent que les Noires sont deux fois plus victimes de discriminations que les métis."
Certes. Mais il s'agit en l'occurrence, avant tout, d'une question de santé individuelle et publique. Ensuite, cela va évidemment au-delà de la peau et touche au plus profond du mental et du culturel. Ce n'est qu'un des aspects du complexe colonial.(1) A cet égard, que l'argument du président du CRAN est décalé ! M. Lozès a-t-il parcouru les rues des principales villes d'Afrique, celles du Ghana, du Nigeria ou du Sénégal ... ? Le phénomène du blanchiment de la peau étant apparu depuis bien longtemps dans ces pays.
En plus du complexe ci-devant évoqué, certaines femmes africaines qui pratiquent le blanchiment, sont motivées par le souci de séduire leurs hommes, qui, apparemment sont demandeurs. L'un des produits les plus utilisés à cette fin, et des plus nocifs, contenant de l'hydroquinone (interdit dans l'Union européenne et aux Etats-Unis dans les cosmétiques) est importé d'Afrique où curieusement aucune autorité politique - à ma connaissance - n'a songé à l'interdire.
Cette pratique du blanchiment de la peau appartient à la même motivation que l'usage des perruques ou maquillages inappropriés.
Quelle gifle pour les théoriciens de la "Négritude", et surtout quel camouflet cinglant pour le poète sénégalais, Léopold Sedar Senghor, porte-flambeau de cette Négritude, chantre et promoteur impénitent des valeurs noires et de la beauté naturelle de la femme africaine !
![]()
Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
[..]
Femme nue, femme obscure
Savane aux horizons purs,
Savane qui frémit aux caresses du vent de l'Est
[..]
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau"
Hélas ! M. le Poète ; "femme noire", pour notre malheur, n'a plus ni forme ni peau !
(1) : Un prochain ouvrage abordera les racines du phénomène dans une analyse approfondie du complexe colonial.

FRANCE ET AFRIQUE : ANTERIORITE DES LIENS
DES AFRICAINS A VERSAILLES
Les relations entre Français et Africains restent à écrire, pour l'essentiel, au-delà des rapports de nature strictement politique ou marchande.
Il existe tout un pan ignoré, en tout cas fort peu abordé (rapports d'avant colonisation notamment). Ce "pan caché" gagnerait cependant à être davantage exploré et mis en lumière pour permettre une lecture plus conforme aux réalités des relations multiséculaires entre deux peuples à la fois si éloignés et si proches l'un de l'autre.
Les contacts furent nombreux et de qualité entre les rois de France et les Africains. Ce sont ces rois de France qui frayèrent le chemin. Si Louis XIV n'innove pas en ce domaine (Zaga-Christ, fils supposé du Négus d'Ethiopie, s'était rendu en France et fut reçu à la cour du roi), il fut incontestablement celui qui laissa le plus de témoignages et qui manifesta le plus grand intérêt au continent. Ce qui peut paraître contradictoire, avec la promulgation du "Code noir" par le roi en 1685 (1), pour un homme d'aujourd'hui mais qui était un progrès pour l'époque.
Il est incontestable que le règne du Roi-Soleil enregistra le plus grand nombre de visiteurs africains parmi lesquels deux sont éminemment représentatifs parce que les mieux connus : Matéo Lopez, ambassadeur du roi d'Ardres en 1670 et Aniaba, prince supposé.
L'ambassadeur Matéo Lopez fut reçu avec faste et solennité, avec tous les honneurs dus à son rang, non seulement par Louis XIV en personne, mais aussi par la Reine, le Dauphin, le Duc d'Orléans, ainsi que par les Grands du royaume. Il fut très fortement impressionné et par cette réception, et par les "merveilles de France", au point d'affirmer "qu'il ne fallait rien voir sous l'univers après avoir vu la France". Il fut honoré par le Roi qui manifesta à travers lui mille égards pour le souverain d'Ardres. Ce dernier avait fait présent à Louis XIV de deux javelines remises par son ambassadeur. Le présent que Louis XIV fit en retour au roi d'Ardres par le même émissaire, témoigne par sa valeur de l'importance qu'il accordait à ses relations avec ce roi : un riche fauteuil, le portrait encadré de Louis XIV, deux grands miroirs encadrés, huit tapisseries de Beauvais, différentes étoffes précieuses et brocarts.
/image%2F1495609%2F20260131%2Fob_f5725c_mateo2.jpg)
Quant à Aniaba, il fut sans aucun doute la personnalité africaine la mieux reçue à la cour de Louis XIV (si l'on en croit les archives) et dont le souvenir est resté le plus vivace, à la fois comme symbole des rapports entre la France et l'Afrique, mais aussi de l'intérêt du roi pour ce continent, ainsi que du respect qu'il avait pour ses souverains. Arrivé à la cour de Louis XIV en 1688, les Français le traitèrent en prince, et comme tel, il fut baptisé en 1692, en grande pompe à Notre-Dame où il fut accompagné par Bossuet, précepteur du Dauphin.
Louis XIV assista à la cérémonie en tant que parrain, et à cette occasion, lui donna son nom : Aniaba devint alors Louis Aniaba par la grâce du roi de France. Il servit ensuite dans l'armée du roi. Lous XIV le nomma capitaine dans la cavalerie française.
En 1700 il résolut de retourner dans son pays d'où il établit une correspondance régulière avec le roi de France, son parrain, jusqu'à la mort de ce dernier.
Mais la cour des rois de France ne recevait pas que des ambassadeurs ou des princes africains. Elle comprenait également parmi ses serviteurs, des domestiques noirs. Sous Louis XIV, plus précisément vers la fin du 17e siècle naissait en France la mode de la domesticité noire et surtout à partir du moment où de "nouveaux riches" des Antilles commencèrent à revenir s'établir en métropole. Les Noirs domestiques en France provenaient soit directement d'Afrique, soit des Antilles (mode plus ancienne au Portugal, en Espagne et en Italie où elle date du 16e siècle environ).
(1) En effet, il nous paraît étrange aujourd'hui que cette ordonnance (dont un certain nombre des dispositions étaient visiblement inspirées par l'Eglise) ait été considérée à l'époque comme apportant des progrès sensibles au sort de l'esclave en donnant notamment une existence légale et en limitant le pouvoir tout puissant de son maître. C'était la lecture qu'en faisait Louis XIV lui-même. De fait, le Code noir ne semble apporter aucun progrès par rapport aux pratiques habituelles les plus barbares qui puissent être imaginées. Il aura simplement conféré à l'esclave un statut intermédiaire entre les biens meubles et les hommes libres.
