EUROPE ET AFRIQUE, HIER ET AUJOURD'HUI (2)
28 Septembre 2008 , Rédigé par Tidiane Diakite Publié dans #HISTOIRE
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Projet d'élimination du roi Conco
(Toujours au Sénégal, ourdi par les responsables de la Compagnie française du Sénégal, contre un roi indocile et gênant, 24 juillet 1737, à Gorée)
"Les réflexions qu'on peut faire là-dessus ne peuvent être que tristes par les suites dangereuses que cette aventure doit avoir ; elle est d'autant plus déplorable qu'il n'a tenu qu'à un peu de précaution et de défiance qui aurait renversé tous les desseins de Conco ; on ne peut plus s'empêcher de lui donner le tort ni dissimuler un tel outrage. Nous sommes persuadés que la sûreté du commerce demande une vengeance d'éclat pour nous relever de tant d'affronts reçus et que ce sera le sentiment de la Compagnie. Mais comme il nous paraît de conséquence de la prendre cette basse saison et que nous ne pouvons recevoir à temps le ordres de la Compagnie, nous avons résolu de faire attaquer Conco par les Ormans, par les secours desquels nous tenterons de remettre Samba Guelaye sur le trône des Foules ; nous avons envoyé à cet effet un exprès en Galam nous avons donné ordre au Directeur de ce département de s’aboucher avec le chef des Ormans, le porter à chasser Conco du pays des Foules à guerre ouverte et placer son concurrent, au moyen de quoi il s'obligera de payer une somme aux Ormans dont ils seront convenus et que nous avons fixée à 3 000 livres, prix de France en armes, poudre, toile, ambre et autres marchandises qui seront portées dans la convention. Comme ce moyen nous paraît long et incertain, nous avons chargé le Directeur de Galam de proposer la tête de Conco à prix aux Ormans. Nous comptons beaucoup sur l'habileté du Sieur Sadon pour la réussite de cette négociation ; le point le plus difficile est d'obliger les Maures à se fier à notre parole car nous mandons au Conseil de Galam de ne faire d'autres avances que de 100 ou 200 livres de poudre au plus, mais de donner toutes autres assurances qu'il pourra.
De notre côté, nous pourrons peut-être engager Brack à faire des pillages dans le pays des Foules. Il est vrai qu'il nous en coûtera quelques avances d'armes et de poudre, mais qui n’iront jamais à plus d’une douzaine de fusils et de 100 barils de poudre ; les captifs que nous en retirerons nous indemniseront de ces armes ; au reste, nous devons courir les risques de ce petit prêt pour une affaire aussi importante pour nous que la mort ou l'exclusion de Conco. Ces différents ennemis que nous allons susciter à Conco, porteront peut-être les Foules à prendre le parti de Samba Guelaye, nous ne voyons point d'autres moyens de nous venger de Conco puisque nous ne pouvons le faire par nous-mêmes."

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