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  le blog ti.diak
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LIBERTE, EGALITE

25 Mai 2011 , Rédigé par TIDIAK Publié dans #PHILOSOPHIE

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La voix d'un précurseur

 

Si l'on recherche en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous, qui doit être la fin de tout système de législation, on trouvera qu'il se réduit à deux objets principaux, la liberté et l'égalité : la liberté, parce que toute dépendance particulière est autant de force ôtée au corps de l'État ; l'égalité, parce que la liberté ne peut subsister sans elle.

J'ai déjà dit ce que c'est que la liberté civile : à l'égard de l'égalité, il ne faut pas entendre par ce mot que les degrés de puissance et de richesse soient absolument les mêmes ; mais que, quant à la puissance, elle soit au-dessous de toute violence, et ne s'exerce jamais qu'en vertu du rang et des lois ; et, quant à la richesse, que nul citoyen ne soit assez opulent pour en pouvoir acheter un autre, et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre : ce qui suppose, du côté des grands, modération de biens et de crédit, et, du côté des petits, modération d'avarice et de convoitise.

Cette égalité, disent-ils, est une chimère de spéculation qui ne peut exister dans la pratique. Mais si l'abus est inévitable, s'ensuit-il qu'il ne faille pas au moins le régler ? C'est précisément parce que la force des choses tend toujours à détruire l'égalité, que la force de la législation doit toujours tendre à la maintenir.

 (Jean-Jacques Rousseau, 1762)

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ORALITE ET ECRITURE

22 Mai 2011 , Rédigé par TIDIAK Publié dans #CULTURE

 

 

 

 Lire et écrire ne suffisent pas

 

Les Africains ont certes l’usage de l’écriture, mais non la culture de l’écrit. L’écrit, les lettres et les chiffres sont loin d’avoir acquis en Afrique subsaharienne la noblesse et le rang qui leur sont dus et sont par conséquent loin de façonner les réflexes et les comportements. Ils demeurent à la périphérie des cultures africaines.

Dans de nombreux États africains aujourd’hui encore, l’état civil reste ignoré, aléatoire ou facultatif. Des enfants sont ainsi privés d’existence légale. En Namibie, près d’un tiers des enfants de moins de 5 ans n’ont pas de pièce d’état civil. Ce n’est nullement un cas isolé. Selon le rapport annuel de l’UNICEF, « Progrès pour les enfants », rendu public le 6 octobre 2009, 51 millions des enfants nés en 2007 n’étaient pas inscrits à l’état civil, dont 9,7 millions en Afrique subsaharienne. En Somalie, à peine 3% disposent d’un certificat de naissance. 1

D’une manière générale, il semble exister en Afrique, un conflit larvé entre sociabilité, lettres et chiffres. Lire (écrire aussi), c’est se mettre en retrait, se couper provisoirement du groupe. C’est rompre avec l’entourage immédiat, donc ne pas regarder les autres ni prendre part à la conversation collective. Or, celui qui se met dans cette attitude de retrait, même momentanée, est vu comme asocial, anormal, voire méchant.

Dans de nombreux foyers, non seulement aucun espace n’est prévu pour le livre et la lecture, mais ceux-ci sont interdits. Des enfants doivent se cacher pour lire. Des jeunes écoliers ou élèves se heurtent à cet obstacle, notamment ceux issus de familles d’illettrés ou d’analphabètes. Il existe bien une question du livre et de la lecture en Afrique. En privant les jeunes de livres et de lecture, on les prive de l’outil primordial de réflexion et d’ouverture, de jugement, d’esprit critique, fondement de la science et de la technique. L’Africain discute plus qu’il ne lit. Car il est marqué par ce qu’on pourrait appeler le syndrome de l’arbre à palabrer, puisque la culture de discussion en groupe demeure vivace.

Les grand-places, les « grins » (au Mali), lieu de rassemblement des hommes qui partagent certaines affinités et sont du même groupe d’âge ainsi que le « groupe de thé » sont une réinvention de l’arbre à palabre… Or la solitude est nécessaire à l’écrivain (au penseur en général) qui n’a nullement besoin d’assistance dans cette difficile mais oh combien exaltante parturition qu’est l’écriture2…

Or, l’isolement du penseur, pour lire ou écrire, ce retrait momentané, mieux, cette abstinence d’oral (mais non de pensée) volontairement imposée, permet de mieux retrouver les autres, après s’être retrouvé ou construit soi-même.

L’Afrique est ainsi le continent où on lit le moins. Il s’agit non pas de choisir, mais de concilier cette culture commune de l’oralité qui a ses vertus de sociabilité indéniables, et la lecture, qu’il est tout aussi nécessaire de promouvoir, tout comme le calcul écrit et la mesure du temps afin de les intégrer dans la culture populaire, comme source d’enrichissement personnel et collectif, comme moyen d’ouverture.

 

livre 010Le défaut de culture de l’écrit n’est donc pas sans incidence sur l’action et le devenir des peuples. Il m’apparaît que l’inventaire exhaustif des raisons du retard scientifique et technologique de l’Afrique subsaharienne contemporaine ne saurait faire l’économie d’une réflexion sur cette dimension culturelle spécifique.

Le défaut de culture écrite a été doublement déterminant dans le regard porté sur l’Afrique par le reste du monde (particulièrement l’Europe), par tous ceux qui croient qu’il n’y a pas d’histoire sans écriture, ni de civilisation sans histoire écrite. L’Afrique n’entre officiellement dans l’histoire qu’au XIXe siècle avec la colonisation comme si cette date marquait l’apparition par génération spontanée de tout un continent et des êtres qui le peuplent (l’Afrique subsaharienne s’entend). Son histoire propre est niée, gommée, il ne peut y en avoir faute de preuves écrites et lisibles. L’absence d’écriture a empêché la capitalisation de faits, de connaissances et de richesses culturelles enfouis au sein des siècles et des millénaires et toute cette sagesse contenue dans l’oralité « le verbe, la parole, le symbole, le rythme ». Cela explique un long piétinement des techniques et des savoir-faire ancestraux ayant subi les faiblesses et les limites de la mémoire humaine. Si la parole est vivante, l’écriture lui confère l’immortalité. On fait dater le début de l’histoire de la Chine de 1250 av JC environ, tout simplement parce qu’il a été retrouvé les noms des rois Shang gravés sur des carapaces de tortues datant de cette époque, histoire rimant ainsi avec écriture selon les critères occidentaux.

Les progrès de la langue chinoise au début de ce XXIe siècle, son extension sur le monde, va de pair avec l’expansion économique de la Chine. De plus en plus d’écoles secondaires, en France et ailleurs en Europe, ont incorporé l’enseignement du chinois comme discipline d’excellence parce que langue écrite. Rien de tel pour l’Afrique où, à l’inverse, les langues ont tendance à décliner faute d’écriture.

Sur les 6 000 langues que compte le monde selon l’UNESCO, l’Afrique à elle seule en renferme le tiers. Mais 80% de ces langues sont uniquement orales. Elles ne peuvent avoir de ce fait aucun rayonnement international. Pire, menacées de disparition du fait de la globalisation ainsi que de la prédominance croissante des « grandes langues » : anglais, chinois, français, allemand… leur disparition signifie celle de toute une vision du monde qui n’enrichira plus ni l’Afrique, ni le patrimoine mondial.

L’écrit fait-il l’histoire d’un peuple ?

L’écriture en facilite la lecture sans aucun doute (bien que tout ce qui est écrit ne soit pas dispensé de l’analyse critique rigoureuse propre à la méthode historique), mais, elle ne peut conditionner l’existence, la réalité de l’histoire d’un peuple, ni sa civilisation, s’agissant de l’histoire structurelle, celle qui s’étend sur la très longue durée et met en lumière selon une méthode précise, des facteurs permanents structurants de la vie d’un peuple, d’une nation.

L’histoire européenne a, elle aussi, commencé par l’oralité sur laquelle elle s’est d’abord bâtie. « L’Iliade et l’Odyssée sont restés à l’état de tradition orale pendant plusieurs siècles » avant d’être consignées et fixées par l’écrit. Sinon, elles ne seraient sans doute pas aujourd’hui connues des Européens. Cela signifierait-il que cette tradition n’a pas existé ? Et la Bible elle-même commença par être racontée, tout comme le Coran ou la Torah.

 

livre 010À l’heure de la confrontation de l’Europe et de l’Afrique, lors de la conquête coloniale du XIXe siècle, mieux que les armes à feu, avant la conquête proprement dite, des explorateurs, en abordant et en sillonnant l’Afrique, prirent des notes, firent des relevés, décrivirent la faune et la flore, les êtres humains et leurs coutumes, prirent des mesures, firent des calculs, dressèrent des cartes… grâce à l’écriture.

Plus généralement, l’aventure intellectuelle sans précédent que fut le passage des pictogrammes aux cunéiformes sumériens et babyloniens, puis des idéogrammes aux hiéroglyphes égyptiens, enfin aux alphabets phénicien et grec, avec leurs supports successifs : des os de bœufs aux carapaces de tortues, des lattes de bambou aux rouleaux de soie en Chine, puis le papyrus, le parchemin, et enfin le papier, d’abord chinois, puis oriental et méditerranéen, jusqu’à l’imprimerie en Europe au XVe siècle, cette aventure de l’écriture et du papier, étalée sur le long temps, fut fondatrice de l’esprit et de la science modernes. L’écriture c’est plus de 6000 ans d’aventure, de cheminement de l’esprit humain, de recherche et de perfectionnement continu, vécus par le monde, sans l’Afrique subsaharienne. Cette Afrique est également absente de l’aventure du papier, sans doute la plus exaltante pour l’esprit et les activités humaines. L’Afrique noire fut contournée par la route du papier qui, partie de Chine au IIIe siècle de notre ère, traversa l’Extrême-Orient et l’Asie, longea la Méditerranée et se prolongea par l’Europe jusqu’aux bords de la Baltique.

Les Arabes à leur tour ont découvert l’existence du papier, en Perse, en 637, cinq ans après la mort du prophète Mohammed, et ce fut le point de départ de leur fulgurante expansion militaire.

L’avance que les États d’Asie ont aujourd’hui sur l’Afrique noire en fait de développement matériel et technologique peut-elle s’expliquer sans cette dimension culturelle, celle de la culture du papier entre autres ? Le papier comme moteur de la pensée et des activités humaines, bref comme outil de création. Comment dès lors dissocier le commerce, les mathématiques, les techniques et la science en général de l’usage conscient et régulier du papier ?

 

bouton 007(Voir Tidiane Diakité, « Des facteurs socioculturels puissants » dans 50 ans après, l’Afrique, Arléa)

 

[1] Le Monde, 9 octobre 2009, p.5, Sébastien Hervieu.

[2] N Dongo M’Baye, sociologue et journaliste sénégalais, Africultures, octobre 2001.

 

 

 

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COLONISATION ET ABOLITION DE L'ESCLAVAGE EN AFRIQUE

14 Mai 2011 , Rédigé par TIDIAK Publié dans #HISTOIRE

Dakar3Des principes aux réalités

 

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        L'abolition de la traite et de l'esclavage est un chapitre important de l'histoire contemporaine.  Longtemps considérée comme un sujet tabou, l'histoire de la traite et de l'esclavage fait désormais l'objet de recherches et de débats. Dans ce chapitre, l'histoire de l'abolitionnisme n'est pas sans intérêt. D'abord ultra minoritaire, le mouvement abolitionniste, né au 17e siècle dans les milieux religieux quakers, aux Etats-Unis (principalement en Pennsylvanie), se structure peu à peu, s'étend à l'Angleterre puis à l'ensemble de l'Europe, de la fin du 18e  à la première moitié du 19e siècle.Tour à tour, le Royaume-Uni, le Danemark, la France, les Etats-Unis, abolissent la traite et l'esclavage.

           Mais l'entêtement de trafiquants européens passant outre aux lois de leur nation, ainsi que l'obstination de rois et chefs africains à continuer malgré tout le commerce esclavagiste, amènent les mouvements abolitionnistes européens, particulièrement puissants en Grande-Bretagne, à faire pression sur les puissances européennes, afin qu'elles occupent l'Afrique pour mettre fin à la traite et éradiquer l'esclavage (une pratique ancienne sur ce continent mais revivifiée par la traite atlantique). Les abolitionnistes espéraient, qu'une fois l'esclavage supprimé, les peuples africains vivraient en paix, dans l'harmonie, pour l'épanouissement de tous ; vision idyllique que Françoise Vergès désigne par : "utopie coloniale". Les vieilles colonies françaises (Antilles, Guyane, La Réunion) avaient déjà expérimenté cette utopie coloniale et en avaient rapidement touché les limites. 

       Il existe donc bien un lien entre abolition de l'esclavage et colonisation de l'Afrique, un glissement de la lutte antiesclavagiste à la conquête coloniale.

        L'occupation du continent par les principales nations d'Europe se dessine au cours de rencontres internationales parmi lesquelles la conférence de Berlin (1884-1885), sans doute la plus connue. Les abolitionnistes encouragent et soutiennent la conquête coloniale au nom de l'idéologie républicaine et humanitaire, pour "régénérer l'Afrique".

          Mais la pénétration du continent se heurte à des résistances. S'engage alors ce qui fut appelé la "pacification", qui est en réalité une guerre menée contre les résistants à l'occupation, et qui aboutit à des massacres et à un nombre incalculable de victimes.

 

fleche 026Sur le terrain deux logiques s'affrontent.

 

          La logique de l'abolitionnisme militant, celle des droits humains et du progrès des peuples face à la logique des Etats guidée par le souci des intérêts nationaux, économiques, politiques et stratégiques, dans le climat de compétition impérialiste et nationaliste exacerbé du dernier tiers du 19e siècle (et qui mènera à la Première Guerre mondiale).

          C'est la logique des Etats qui l'emporte, reléguant au second plan la lutte contre l'esclavage.

                   Pour réussir la pacification, l'administration coloniale pactise avec les chefs africains, acteurs et principaux bénéficiaires de la pratique esclavagiste. Dès lors on ferme les yeux tout en essayant parfois de sauver les apparences. Certains administrateurs coloniaux (Britanniques, Français ou Portugais), pour justifier cette "démission", vont jusqu'à soutenir que l'esclavage traditionnel africain est "bénin" voire "doux" et qu'il n'y a pas lieu de sévir outre mesure.

          Par ailleurs, afin de faciliter la pénétration à l'intérieur du continent, il faut créer les infrastructures nécessaires : routes, chemins de fer, ponts, ports... à cette fin, on établit partout le travail forcé qui entraîne la mort par épuisement ou mauvais traitements de millions de personnes.

 

fleche 026Trois exemples résument cette déviance de l'objectif initial.

 

          Au Sénégal : Le général Faidherbe (ami personnel de Victor Schoelcher), nommé gouverneur en 1854, entame sa mission avec la ferme volonté d'éradiquer l'esclavage. Mais bien vite, confronté à la nécessité de la guerre de pacification, il laisse les chefs locaux tranquilles avec leurs esclaves, et s'appuie sur eux pour la conquête de l'ensemble du Sénégal à partir des anciennes bases françaises de Saint-Louis et Gorée.

          Au Congo (ex belge) : En 1889, le roi des Belges, Léopold II, réunit une conférence internationale sur le thème de l'abolition de l'esclavage, à l'issue de laquelle est proclamé l'"Acte de Bruxelles". Les principales puissances et organisations signataires de cette Convention s'engagent à lutter fermement contre la pratique de l'esclavage en Afrique.

            Léopold II fait du Congo sa propriété privée, y instaure rapidement le travail forcé en usant de méthodes d'une cruauté inouïe : des mains, des bras, des jambes sont coupés lorsque le rendement du travailleur est jugé insuffisant.

         Les organisations abolitionnistes s'en émeuvent, et déclenchent une campagne de presse pour dénoncer la duplicité de Léopold II afin de mettre un terme aux exactions perpétrées contre les populations congolaises.

           A Madagascar : En août 1896, Madagascar est officiellement colonie française.  Le général Gallieni (futur maréchal de France) est nommé gouverneur général et chargé de pacifier le nouveau territoire. En septembre de la même année, il promulgue un décret abolissant l'esclavage, ce qui lui vaut une distinction de la Société antiesclavagiste de Paris qui lui décerne la "médaille d'honneur" en 1897, pour "acte d'humanité". Deux mois plus tard, Gallieni instaure le travail forcé, imposant à tout Malgache l'obligation de travailler cinquante jours par an pour l'administration. S'en suit rapidement un accroissement du taux de mortalité. 

 

         Toutes les colonies européennes d'Afrique connurent le travail forcé et des exactions régulièrement dénoncées par les abolitionnistes et la presse en métropole. Des écrivains et reporters s'en firent l'écho tel André Gide (Voyage au Congo) ou Albert Londres (Bois d'ébène).

          Les pressions amenèrent les administrations coloniales (sauf dans les colonies allemandes) à promulguer des mesures pour abolir l'esclavage (le travail forcé n'est aboli qu'en 1946 dans les possessions françaises), qui ne furent pas à la mesure de l'ampleur du phénomène. L'effet ne fut pas nul, mais bien timide.

                         Si la traite fut réprimée, en revanche l'abolition de l'esclavage en Afrique reste encore aujourd'hui incomplète.

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BLUES

11 Mai 2011 , Rédigé par TIDIAK Publié dans #LITTERATURE ET POESIE

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UN PEU DE POESIE POUR ADOUCIR LES MOEURS DU TEMPS 

 

Blues et vie

 

Je veux assoupir ton cafard, mon amour,

Et l'endormir,

Te murmurer ce vieil air de blues

Pour l'endormir.

 

C'est un blues mélancolique,

Un blues nostalgique,

Un blues indolent

Et lent.

 

Ce sont les regards des vierges couleur d'ailleurs

L'indolence dolente des crépuscules.

C'est la savane pleurant au clair de lune,

Je dis le long solo d'une longue mélopée.

 

C'est un blues mélancolique

Un blues nostalgique,

Un blues indolent

Et lent.

Léopold Sédar Senghor

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VICTOR SCHOELCHER. L'HOMME ET L'OEUVRE

7 Mai 2011 , Rédigé par TIDIAK Publié dans #PHILOSOPHIE

 

 

Victor Schoelcher, un exemple pour le 21e siècle ?

 

          Tout d'abord un bref exposé du sens de la polémique récente née du ressentiment de citoyens originaires des départements d'outre-mer (Antilles, Guyane, La Réunion).

          Je comprends parfaitement les griefs à l'encontre de l'homme et de son oeuvre, aussi de ce qu'on en a fait depuis 1848. Qu'il soit détesté par certains de ceux-là parce qu'il fut, selon eux, instrumentalisé par la République qui, après le décret d'abolition du 27 avril 1848, ignora la lutte et les souffrances de leurs ancêtres, en ne voyant que le don de la liberté que leur fit la République, je le comprends aussi. Alors que les anciens maîtres furent grassement indemnisés, les anciens esclaves désormais affranchis, n'eurent droit à rien. On leur dit : "l'esclavage est aboli. La République vous fait don de la liberté. On tourne la page. Il n'y a plus rien à voir, rien à dire non plus. Oubliez. Oublions."

          Plus de deux siècles de labeur mortel pour rien ? Des châtiments inhumains endurés toute une vie pour rien ? Rien que le silence, le tabou, la mémoire enfouie ! Jusqu'en 1998, date de commémoration officielle du 150e anniversaire de l'abolition de l'esclavage, et la loi Taubira de 2001.

          Deux beaux discours en 1998 : le discours du Premier ministre et celui du président de la République. Puis une affiche de l'Etat avec un slogan : "Nous sommes tous nés en 1848". C'est bien, c'est beau. Mais tout cela blessa profondément des Antillais, Guyanais et Réunionnais en réveillant en eux des souffrances anciennes, celles de leurs ancêtres.

          Pourquoi ? Parce que toujours aucune allusion  aux souffrances et luttes de ces derniers. De réparation, il ne fut point question. Ce que demandent les descendants d'anciens esclaves, dans leur immense majorité, ce n'est pas une réparation matérielle, mais une reconnaissance, le pardon. Rien de tout cela ne vint, ni en 1998, ni en 2001.

 

       Après ce bref exposé, l'objet de ma réflexion : l'homme, Schoelcher, accessoirement son oeuvre abolitionniste.

          C'est Schoelcher le républicain, l'homme au cœur immense ; c'est la force d'une conviction, c'est l'exemplarité d'une détermination et le souci permanent des déshérités et des faibles où qu'ils soient. Cela n'est-il pas surprenant d'un homme né coiffé, issu de la grande bourgeoisie parisienne, donc délivré de tout souci du lendemain ?

        Schoelcher est né le 22 juillet 1804 dans une famille catholique originaire d'Alsace. Son père a fait fortune dans la fabrication de porcelaine de Sèvres à Paris.

          Après des études au lycée Condorcet, envoyé au Mexique, aux Etats-Unis et à Cuba entre 1828 et 1830, comme représentant commercial de l'entreprise familiale, il découvrit l'esclavage et ses horreurs, au sud des Etats-Unis, mais surtout à Cuba. Il fut profondément révolté par le sort des esclaves noirs. Sa voie fut alors tracée, il n'en déviera plus. A compter de ce moment, le fils de grands bourgeois lia son sort à celui des malheureux esclaves et fit désormais de l'abolition de l'esclavage le combat de sa vie.

         Républicain dans l'âme, sa vie durant, il ne cessa de dénoncer "les misères du monde". Il fit mieux que dénoncer, il agit à la mesure de sa force et de ses moyens. Avant d'être le principal instigateur de l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises, qu'il fit aboutir par le décret du 27 avril 1848, il développa sa pensée et ses sentiments vis-à-vis de ce phénomène, notamment dans deux ouvrages marquants où il dénonce avec virulence la théorie des races à la mode en cette deuxième moitié du 19e siècle :

- Des colonies françaises. L'abolition immédiate de l'esclavage.

- Les colonies anglaises et Haïti.

          Schoelcher fut aussi un homme aux multiples luttes, toutes ayant pour axe central la liberté et la dignité de l'homme, quel qu'il soit.

          Une fois l'abolition acquise, il œuvra inlassablement pour améliorer les conditions des nouveaux affranchis, tout particulièrement pour leur instruction (il était interdit aux esclaves d'apprendre à lire). L'artisan de l'abolition était convaincu qu'un homme ignorant restait esclave et pour lui "l'esclavage c'est la mort".

          Lui, l'anticlérical intransigeant, fit appel aux congrégations religieuses, notamment les Frères de Ploërmel et les Sœurs de Cluny, pour "ouvrir des écoles gratuites aux Antillais et des cours du soir afin de réussir l'émancipation".

          Il dénonça toutes les formes de substitution à l'esclavage par le travail forcé et le système des travailleurs "engagés salariés", qui devaient combler le manque de main- d'oeuvre après l'abolition.

          Il s'engagea contre la peine de mort qu'il combattit toute sa vie. Il mena le même combat contre les bagnes et milita avec ardeur pour les droits des femmes et les droits des enfants, notamment les enfants maltraités ou abandonnés.

          Elu député, à la fois de la Martinique et de la Guadeloupe, à la faveur du suffrage universel masculin (instauré pour la première fois en France par la deuxième République, loi du 5 mars 1848), il céda son siège de la Guadeloupe à un ancien esclave.

       Liberté, égalité, fraternité, Schoelcher fut l'incarnation parfaite de cette devise et le combat pour ces idéaux anima toute sa vie.

          Banni après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, qui fit du président de la République, Louis Napoléon, l'empereur Napoléon III, il s'exila ,29 années de sa vie, à Londres, avant de rentrer après la chute de l'empereur en 1870, reprendre sa place de combattant pour la République.

          Mort le 25 décembre 1893, sans héritier, il légua sa fortune aux déshérités.

          La République lui fut reconnaissante en l'admettant le 20 mai 1949 au Panthéon.

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LOI DE LA NATURE

4 Mai 2011 , Rédigé par TIDIAK Publié dans #PHILOSOPHIE

 

 

 

Servir l'Humanité

Une liaison mutuelle entre les hommes est une exigence naturelle. Un homme, parce qu'il est un homme, ne doit pas être un étranger pour un autre homme... Nous sommes destinés par la Nature à former des groupes, des assemblées, des cités.

Le monde, disent les Stoïciens, est régi par une volonté divine : c'est la ville, la cité commune des hommes et des dieux ; chacun de nous est un membre de ce grand corps. De là cette loi, fondée par la Nature, qu'il faut préférer l'intérêt commun au sien propre... Le traître qui livre sa patrie n'est pas plus coupable que celui qui, pour son intérêt personnel, pour sauver sa vie, trahit la cause de l'humanité.

Cicéron (106-43 av. JC), Des biens et des maux

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INGERENCE, LES PARALLELES DE L'HISTOIRE

30 Avril 2011 , Rédigé par TIDIAK Publié dans #GEOPOLITIQUE

110 F 9391596 Yy5W6ZQBTpQo2rr313VvC24fxCW5Li8jPropos d'amis

 

Faut-il intervenir dans les mouvements du monde arabe ?

 

 

fleche 026Michel - Que penses-tu de l'intervention des Occidentaux en Libye ? De la condamnation des chefs d'Etat des pays qui connaissent les mêmes mouvements de révolte ?

 fleche 026Tid - Je suis ces mouvements avec intérêt et espoir.

~Intérêt, car la révolte d'un peuple asservi des décennies durant, au nom de la liberté et de la justice, est toujours un événement exaltant. C'est l'histoire en marche.

~Espoir, parce qu'il s'agit de mouvements nés de l'intérieur, qui ne sont ni inspirés, ni téléguidés, et qui s'articulent autour des mots liberté, justice, démocratie. Qui l'eût cru, s'agissant de pays arabes, où le peuple est généralement présenté comme résigné, soumis, emmuré dans un fatalisme immuable ?

fleche 026Michel - Certes, ces mouvements sont nés de la seule volonté de ces peuples. Mais les Occidentaux qui accourent sont-ils désintéressés ?

fleche 026Tid - Ils viennent d'abord en aide à ceux qui font appel à eux ; même si un peuple déterminé à conquérir sa liberté et ses droits n'y renonce pas, quelle que soit la difficulté rencontrée.

Le reproche qui est fait à ceux qui apportent leur concours ou le soupçon qu'on nourrit à leur égard, n'est pas nouveau dans l'histoire. Il fut largement entendu et diffusé au 18e et début 19e siècle, notamment au sujet  de la croisade menée par les Anglais pour l'abolition de l'esclavage et l'interdiction de la traite atlantique. Première nation à prendre la tête de cette croisade, la Grande-Bretagne suscita soupçons, réprobation et ferme condamnation d'un nombre important d'Etats européens parmi lesquels la France.

 Dans cette France d'alors, largement anglophobe (et pour cause !), le mouvement abolitionniste dont les Anglais prirent la tête fut accusé de "servir la perfide Albion", l'ennemi de toujours, et dénoncé comme "l'apport anglo-protestant à la subversion révolutionnaire en Europe, et instrument nocif de la comédie philanthropique".

Les autres puissances européennes accusèrent surtout l'Angleterre d'hypocrisie, de vouloir ruiner le commerce de ses rivaux et saper leur économie en s'attaquant à la richesse de leurs colonies d'Amérique (fondée sur le travail servile), surtout, de vouloir consolider sa suprématie sur les mers.

Cependant, face à la détermination des Britanniques, alors seuls gendarmes des mers, les principales nations d'Europe, la France en tête, finirent par les rejoindre pour traquer les navires transportant des esclaves vers l'Amérique.

C'est de cette croisade, devenue internationale à partir de la seconde moitié du 19e siècle, que naquit un droit international abolitionniste qui, pour la première fois, invoqua la notion de "guerre juste" au motif de la nécessité de défense des individus et de leurs droits. Selon cette théorie "les violateurs de droits des individus peuvent être châtiés" (voir Monique Chemillier-Gendreau, Humanité et Souveraineté, essai sur la notion de droit international).

Et c'est précisément de là qu'émergea le "droit humanitaire d'intervention", aujourd'hui "droit d'ingérence humanitaire". Des tribunaux baptisés "cour de justice" furent spécialement créés, avec trois sièges principaux : Afrique (Sierra Leone), Amérique (Brésil), Europe (Portugal), chaque siège comprenant un juge et un commissaire de chaque nationalité ainsi qu'un secrétaire général nommé conjointement.

Par ailleurs, les révolutions des 18 et 19e siècles, aux Etats-Unis et en Europe, eurent pour effet principal d'ancrer le concept de "droits de l'Homme" dans les esprits, concept inspiré de valeurs chrétiennes dont celle de "fraternité humaine". "Dieu n'a-t-il pas créé les hommes égaux et libres ?"

Cette idée chrétienne se maria harmonieusement à l'idéologie républicaine, laquelle incluait également l'affirmation du droit au bonheur de tout être humain, autre idée force des philosophes des Lumières. L'universalisme républicain rencontrait l'universalisme chrétien. Il est ainsi dans l'histoire de ces rencontres fortuites et curieuses. Ainsi, le Comité pour l'abolition de l'esclavage mis en place en France par la 2e République, en 1848, comptait parmi ses membres des anticléricaux virulents, tel son président Victor Schoelcher qui a fait de l'abolition le combat de sa vie.

fleche 026Michel - Le rapprochement est singulier en effet, de l'esclavage au droit d'ingérence moderne.

fleche 026Tid - En effet, il est des cheminements imprévus de l'histoire.

L'essentiel pour les peuples arabes aujourd'hui en quête de dignité est qu'aucune puissance extérieure ne confisque leur lutte et que l'aide qui leur est apportée ne puisse en aucune manière signifier allégeance.

fleche 026Michel - Et l'Afrique subsaharienne ? Penses-tu qu'elle emboîtera le pas au monde arabe, les situations étant quasiment identiques : la mauvaise gouvernance et les maux qu'elle engendre ?

fleche 026Tid - Dans l'histoire, la lutte contre la tyrannie et pour la liberté, est contagieuse. Cela étant, ce sera sans doute plus lent et plus difficile dans cette partie de l'Afrique.

fleche 026Michel - Pourquoi ?

fleche 026Tid - Parce que dans les pays qui la composent, les structures socioculturelles sont autres. On croit aux sorciers et les morts gouvernent les vivants.

fleche 026Michel - C'est à dire ?

fleche 026Tid - C'est à dire qu'on est plus crédule, plus influençable. Par ailleurs, le niveau d'éducation y est moindre.

Si l'aspiration à la liberté est inhérente à la nature humaine, avec 80% d'analphabètes en moyenne, le chemin pour y accéder apparaît autrement plus ardu.

Mais il n'y a là aucune fatalité. L'Histoire suivra inéluctablement son cours.

 

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OSONS ! (2)

23 Avril 2011 , Rédigé par TIDIAK Publié dans #HISTOIRE

 

 

 

Osons poser les questions pour comprendre

 

          A la tradition judéo-chrétienne "Dieu créa la terre et dit aux hommes dominez-la", s'opposent les croyances traditionnelles africaines où "Dieu créa la terre et dit aux hommes respectez tout ce qui s'y trouve afin de vivre en harmonie avec tout".

          Dans ces croyances, les dieux ne sont pas au ciel, ils sont au fond du puits de la maison, ils sont dans le brin d'herbe qui se courbe sous le souffle du vent, ils sont dans ce vent qui siffle ou susurre, ils sont dans la pierre qui se trouve au bord du chemin, dans le caillou sous le pied... Ils sont partout en compagnie des ancêtres et de tous les morts. Tout acte commis contre l'un de ces éléments l'est contre les dieux et contre l'esprit des ancêtres. Il faut donc y toucher le moins possible et avec le maximum de précautions ou ne le faire qu'après mille justifications et prosternations en expliquant au préalable ses intentions. Expliquer que lorsqu'on abat un arbre, qu'on tue un gibier, ou qu'on prend un poisson dans la rivière, c'est pour une raison majeure de vie. Ainsi « l'agriculteur ne sème ni ne plante avant de demander à la terre d'accepter tout d'abord, puis de veiller sur la transformation de la graine qu'il lui confie. Il lui demande pardon avant de la fendre avec sa houe, afin qu'elle accepte cette blessure sans colère » (A. Hampaté Bâ, Aspects de la tradition africaine)

          Pour la première, il s'agit d'éprouver ses forces physiques et mentales pour découvrir, voir, conquérir et dominer. Pour les secondes en revanche, l'objectif primordial, c'est veiller au respect rigoureux des esprits qui demeurent en haut et en bas, afin de préserver l'harmonie du cosmos, celle de l'environnement, incluant êtres vivants et choses.

          Ainsi la confrontation entre les "Ancêtres" et la "Machine" est inégale. La maîtrise technique prend le pas, matériellement.

Cette divergence de regard porté sur le monde et l'existence humaine réside tout entière dans les propos de Victor Hugo, justifiant en 1841 la conquête et l'occupation de l'Algérie :

          "C'est la civilisation qui marche sur la barbarie, c'est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde ; c'est à nous d'illuminer le monde".

          Ni Barbares, ni Eclairés. Heureusement. Comment établit-on une hiérarchie entre les cultures ? La différence culturelle n'est pas fixée et figée. Elle s'articule au mouvement de l'histoire, s'inscrit dans la porosité des cultures, dans leur interactivité.

 

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OSONS ! (1)

20 Avril 2011 , Rédigé par TIDIAK Publié dans #HISTOIRE

 

 

 

Osons poser les questions pour comprendre

 

Ce sont les questions que beaucoup se posent à voix basse. Osons-nous les poser à nous-mêmes.

 

gif_anime_puces_186.gifPourquoi des Africains sont-ils partout dominés (exploités) depuis plus de cinq siècles, et apparaissent-ils comme les éternels déshérités qu'il faut aider, soigner ?

gif_anime_puces_186.gifPourquoi font-ils partie, partout, des plus mal logés, des plus mal nourris, des plus mal soignés, sont-ils objet de compassion ou de rejet ?

gif_anime_puces_186.gifPourquoi les Africains noirs sont-ils généralement ceux qui ramassent les poubelles des autres ou qui consomment leurs déchets toxiques (matériels ou culturels) ?

gif_anime_puces_186.gifPourquoi la traite des Noirs ?  Et pourquoi à une échelle inégalée dans l'histoire et si longtemps ?

 

Pourquoi ? Pourquoi ?

 

Une réponse à écarter d'emblée.

Ce n'est ni une question de couleur de peau, ni une question de géographie ou de climat, encore moins une fatalité. En revanche, il existe bien un faisceau de faits fondateurs convergents qui fournissent une partie de la réponse à ces questions fondamentales.

 

Une réflexion en guise de réponse.

La mer, la montagne, le lointain, l'aventure et l'exploration gratuites, afin de voir, connaître et comprendre, éventuellement agir, de même que l'aventure intéressée pour découvrir, exploiter et produire, font partie de cette réponse.

 

La mer est ce premier lieu de l'aventure gratuite ou intéressée ; elle fraie la route du lointain et fournit les moyens de l'exploration. Plus que les armes, la mer fut et demeure le premier instrument de conquête et de domination des terres comme des hommes. Or, les Africains, dans leur immense majorité craignent la mer, l'ignorent ou n'ont pas perçu sa force de propulsion vers d'autres lieux, d'autres peuples, d'autres cultures, ce qui réduit considérablement leur champ de vision du monde en même temps que leur action sur ce monde. C'est un réflexe similaire à l'égard des hauteurs, des montagnes en l'occurrence, peuplées d'esprits bienfaisants ou le plus souvent malfaisants, qu'il faut, non pas aller voir ou conquérir, mais dont il faut se protéger.

Les premiers Européens qui débarquèrent de l'océan et abordèrent les côtes africaines furent considérés comme des êtres surhumains, des divinités, terrifiant les autochtones par leur simple aspect. En voici quelques exemples :

fleche 026Croyance Lobi (peuple du sud-ouest du Burkina Faso, nord de la Côte d'Ivoire et nord-ouest du Ghana)

Le fleuve important et dangereux qui borde leur pays, les nombreux cours d'eau qui s'y jettent, ont depuis longtemps fait impression sur les indigènes. On attribue aux uns et aux autres des pouvoirs surnaturels avec lesquels il faut compter. D'après la tradition, les tribus actuelles rendaient déjà un culte au fleuve. Elles ont continué à le faire, bien que plusieurs en soient éloignées aujourd'hui. Chaque année, des représentants de celles-ci accomplissent sur les rives de la Volta, les cérémonies nécessaires pour apaiser et propitier (sic) les eaux. Elles sont peuplées par des êtres surnaturels qui occupent dans le lit des fleuves et des rivières, d'importants villages semblables aux agglomérations terrestres, à cette différence près que les maisons y sont en fer. Les habitants ont la stature et l'aspect des hommes [...] mais ils ont la peau blanche et portent de longs cheveux qui tombent sur leurs épaules [...]

fleche 026Croyance Sénoufo (peuple du nord de la Côte d'Ivoire, aux confins du Mali et du Burkina Faso) :

"Blanc comme les génies de l'eau, l'Européen sort de l'eau, de la lagune", dit le Sénoufo. Ainsi la terreur et la fuite que provoquait longtemps en pays sénoufo l'apparition d'un Blanc, n'était pas réaction de sauvage mais bien croyance religieuse et bonne logique : il ne fallait pas voir les hommes blancs, les génies de l'eau.

(Véronika Gorog-Karady, Noirs et Blancs, leur image dans la littérature africaine) 

 

Ces croyances sont communes à plusieurs peuples côtiers : la mer est chargée de mystères, ceux qui en sortent sont des génies. Ainsi ni les uns ni les autres n'eurent l'idée ni la curiosité de s'aventurer loin pour tester la réalité de ces génies, percer leur mystère, afin de s'affranchir de cette peur qu'ils engendrent.

Cette crainte de la mer conforta la puissance des Européens qui entraient en contact avec les Africains à partir du 15e siècle.

 

Petit pays par la taille, le Portugal fut, du 15e à la fin du 16e siècle, une puissance maritime, ce qui lui permit également d'être par la colonisation puissance terrestre en Afrique et ailleurs (l'immense Brésil par exemple !).

Les Pays-Bas, petit Etat cerné par la mer, furent les maîtres du commerce mondial, au 17e siècle, avant le Royaume-Uni qui fut à son tour, prince des mers au 18e siècle, et maître des terres, en se taillant l'empire colonial le plus vaste du monde...

  Sans la mer, ces Etats n'auraient jamais pu imprimer leur marque au reste du monde. C'est la mer qui permit aux Pays-Bas de tenir tête au grand royaume de Louis XIV, et à l'Espagne de dominer la moitié du continent américain.

L'Afrique subsaharienne ne participa ni à l'aventure de la mer ni à celle du papier et du livre. Ce double handicap pèse lourd.

 

(La suite prochainement)

 

 

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FEMMES D'AFRIQUE

16 Avril 2011 , Rédigé par TIDIAK Publié dans #SOCIETE

fleurs_023.gifPour une action salutaire

 

          Tout ce qui peut être entrepris pour la promotion du statut de la femme en Afrique doit être fait car, aujourd'hui, plus que jamais, l'Afrique a besoin de l'apport des femmes pour son renouveau. Elle a besoin de ce potentiel d'intelligence, de courage, d'intuition que recèlent les femmes. Mais, sur ce continent, sans doute plus qu'ailleurs, le poids des déterminants socioculturels pèse lourdement sur elles. L'analphabétisme, l'ignorance et certaines traditions ancestrales en font les victimes désignées pour machisme triomphant.

          Conditionnées et écrasées par des siècles de pesanteurs sociologiques, il n'est pas rare d'en voir parfois défiler aux côtés de ceux qui sont parmi les plus farouches opposants à leur émancipation, à toute réforme visant à leur libération. Tel au Mali, en 2009, lors du débat sur le nouveau projet avorté du Code de la famille, qui visait à améliorer leurs conditions, en brisant quelques chaines rouillées qui maintiennent certaines d'entre elles dans une servitude hors du temps.

         Mais, heureusement, ici et là, et de plus en plus, les consciences s'éveillent, et  un léger frémissement s'esquisse, porteur d'espoir. Des associations locales ainsi que des initiatives nées ailleurs se rejoignent dans la même volonté de mener une action concrète en vue d'une prise de conscience des droits de la femme africaine, de ses capacités, de sa place et de son rôle dans la société.

         L'association "Femmes en Corps" de Quimperlé (Finistère) est de celles-là. Elle mène depuis plusieurs années au Mali, une action admirable, en s'attaquant à ce fléau multiséculaire dont une proportion importante de la population féminine en Afrique est victime : l'excision. Pratique rétrograde et inhumaine que rien ne justifie, ni la religion, ni la morale et qui compromet l'équilibre physique et psychique de la femme. Rien, sauf l'obscurantisme nourri de superstitions reposant sur des traditions surannées jamais remises en question.

            A ce titre, pour son combat et son dévouement à cette cause, l'association de Quimperlé mérite encouragements et soutien. Elle en a besoin pour continuer cette oeuvre admirable, d'un profond humanisme. Elle souhaite, à cette fin, pouvoir compter sur les bonnes volontés ici et ailleurs.

 

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Ci-dessous un aperçu de l'association et de son action

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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