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REGARDS SUR L’ACTUALITÉ (Le dessous des cartes ?)

18 Mars 2025 , Rédigé par EDIAK Publié dans #CIVILISATION, #DIPLOMATIE, #GEOPOLITIQUE, #SOCIETE

REGARDS SUR L’ACTUALITÉ

(Le dessous des cartes ?)

Que se passe-t-il aujourd’hui dans une partie du monde ?

à Scrutons les actualités :

  • Poutine envahit l’Ukraine, vole une partie de son territoire,
  • Le grignote petit à petit,
  • S’approprie les richesses du territoire occupé.

Cependant le reste du monde n’ose trop se manifester de crainte d’une guerre généralisée.

Poutine s’enhardit.

****

à Arrive Trump qui, bravache, annonce « Je vais mettre fin à la guerre en Ukraine en 24h ! »

Hélas ! cela ne se passe pas comme il s’y attendait et la guerre continue.

Mais que veut Trump en réalité : il veut sa part du gâteau et oblige l’Ukraine à accepter son chantage : « Je vous aide mais vous devez me donner libre accès à vos richesses ! »

****

!! Supposons, supposons !!  

Et si Poutine et Trump se sont entendus en secret pour se partager l’Ukraine ? Ses richesses ?

?

Tout comme les grandes puissances européennes se sont entendues pour se partager l’Afrique à la Conférence de Berlin en 1885. (Voir article du blog du 06 avril 2014, LE PARTAGE DE L’AFRIQUE)

**

à NOUS NE CONNAISSONS PAS LE DESSOUS DES CARTES !

?

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NOUVELLES

9 Mars 2025 , Rédigé par EDIAK Publié dans #INFORMATIONS

NOUVELLES

****

Chers lectrices et lecteurs du blog,
Le blog vient de passer en https :

résultats :
 Certaines mises en forme ont disparu
 Certaines illustrations également

 

Heureusement les textes ont été conservés (il y a cependant des fautes de frappe, mais elles n’empêchent pas la compréhension)

______

Je suis en train de parcourir le blog dans sa totalité, et je trouve les articles d’une grande variété et d’une grande richesse.  . 

Pour celles et ceux qui en ont le temps et le désir, je suggère d’en faire autant.

(N'oubliez pas que vous pouvez laisser des commentaires)

(Élisabeth)

 

________

Par exemple :

A relire article du blog  

  1. 17 mai 2012, ICI ET AILLEURS, BIENVENUE AU PLAT PAYS

Le regard de l'autre   Humeur et humour

https://ti-diak.over-blog.com/article-ici-et-ailleurs-bienvenue-au-plat-pays-105314488.html

 

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ÉCRIVAIN ET POÈTE CONTEMPORAIN

19 Février 2025 , Rédigé par EDIAK Publié dans #ART, #CULTURE, #FRANCE, #SOCIETE, #LITTERATURE ET POESIE

ÉCRIVAIN ET POÈTE CONTEMPORAIN

****

Voici un beau texte d’un écrivain-poète contemporain faisant parti de l’Association "Poésie et Nouvelles en Normandie", Pont-Audemer, revue "D'une rive à l'autre".

Le titre nous interpelle déjà.

Peut-être beaucoup d’entre nous ne savent-ils plus écouter, entendre l’autre. Beaucoup vivent dans leur bulle, pour seul interlocuteur : les réseaux sociaux, les jeux sur internet, disons leur écran.

 

ENTENDRE ET ECOUTER

C'est une histoire réelle, et une histoire de voix, de celles quelquefois l’on entend mais qu’on n’écoute pas.
C'est l’hiver. Un de ces hivers rigoureux avec de grands coups de gel et des bourrasques de vent glacial.

Dans la cathédrale, le curé fait une dernière ronde avant d'aller se reposer. Il est 22 heures. Tout est calme, le chanoine Bourdot arrive devant le maître-autel et reste stupéfait ; là sur la grande bouche de chauffage une silhouette est couchée en chien de fusil. Il s'approche, déjà le verbe haut afin de faire partir le personnage qui s'est laisser enfermé, afin, sûrement de faire les troncs plus facilement dans la nuit.

Il va secouer sans ménagement le mécréant, mais s'arrête, interdit. Il reconnaît « la Guêpe » une clocharde d'une soixantaine d'années qu'il connaît bien, enveloppée dans sa grande houppelande râpée et qui dort là.

Il la secoue doucement par l'épaule et la réveille.
- « La Guêpe », il ne faut pas rester là. L'église est fermée. Revenez demain matin, je verrai ce que je peux faire pour vous. »
La clocharde relève la tête, reconnaît le curé et lui dit, tournant son regard vers la croix :« Je suis venue là, car il n'y a que lui qui me comprenne. »
Voyant cela, le bon chanoine s'accroupit à côté d'elle et lui dit qu'elle peut rester là au chaud jusqu'au matin.
Il allait repartir lorsque la vieille dame lui a murmuré :
« Mais, vous savez, Monsieur le Curé, quand je partirai.... qui aura connu ma valeur, à part lui ? » et son visage comme illuminé s'est tourné une fois de plus vers le cœur de l’église en levant les yeux.

Comme quoi, quelques paroles non seulement entendues, mais aussi écoutées peuvent changer quelquefois bien des choses en nous.

Le chanoine, le lendemain matin a eu beau chercher « la Guêpe » à l’ouverture de l'église, elle était déjà repartie.

J'ai appris qu'elle était décédée 15 jours après cette histoire, dans un squat du quartier, sans que l’on ait pu faire autre chose pour elle que lui offrir une nuit au chaud à l'abri du froid, mais en ayant appris par elle cette leçon de vie importante.     
                                                                                                                                                                   
 (Philippe MOLIN)

 

 

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Propos d'un vieux sage Dogon

14 Février 2025 , Rédigé par EDIAK Publié dans #AFRIQUE, #CIVILISATION, #CULTURE, #MALI, #PHILOSOPHIE, #SOCIETE

Un ancien article de Tidiane mis sur le blog en 2008 mais toujours autant d'actualité, sinon plus.(E. Diakité)

"6 avril 2008, À méditer

"L'homme ne pense qu'à l'argent, or l'argent ne peut pas sauver l'humanité, car il ne peut ni empêcher la mort, ni ressusciter les morts.
Il faut que l'homme se souvienne que le monde est trop beau pour être détruit. Ne faut-il pas laisser une place aux eaux, aux fleurs, aux étoiles et à la lune pour le bien des générations futures ?
L'homme ne doit pas oublier qu'il est une créature qui naît, grandit et passe. Personne ne peut bâtir le monde à sa guise."
                    (Propos d'un vieux sage Dogon du Mali)"

https://ti-diak.over-blog.com/article-18501942.html

 

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ÉDITH SCHUSS UNE FEMME PEINTRE ORIGINALE ET CONTEMPORAINE

16 Novembre 2024 , Rédigé par TIDIAK Publié dans #ART, #BIOGRAPHIE, #CULTURE, #PORTRAITS, #SOCIETE

(Édith Schuss dans son atelier)

*

ÉDITH SCHUSS

UNE FEMME PEINTRE ORIGINALE ET CONTEMPORAINE

 

(Edith Schuss, Mutinerie)

*

> Édith Schuss est une artiste peintre intuitive française née le 17 février 1962, à La Charité-sur-Loire, une charmante petite ville bourguignonne sur les bords de la Loire

À six ans elle fréquente l’école primaire de Narcy dans la Nièvre, puis le collège de La Charité-sur-Loire et termine ses études secondaires au lycée Jules Renard à Nevers, avec l’obtention d’un baccalauréat littéraire, en juin 1980.

Elle poursuit ensuite des études supérieures de Droit à Clermont-Ferrand (1980-1985), où elle obtient un DESS Droit notarial (équivalent Master 2).

En novembre 1985 Édith Schuss déménage pour suivre son compagnon ; ils s'installent à Paris.

En 1989, elle est reçue au concours d’entrée à l’École Nationale de Procédure, et devient stagiaire chez un huissier de Justice à Paris 2e.

Mais cela ne lui plaît pas du tout. Elle quitte donc cette profession avant de s’y engager complètement, auquel cas elle aurait dû y rester 7 ans, ce qui était impensable pour elle !

En Avril 1990, elle entre à la MACIF à Paris 17e, en tant que conseillère « clientèle ». Elle devient conseillère « sinistre » au même point d’accueil en 1991, puis part pour le Siège Social de la MACIF à Niort en 1992, après la naissance de son premier enfant. Le second naîtra à Niort deux ans plus tard.

Juriste jusqu’en 2017, Édith Schuss prend une année sabbatique pour faire de la peinture. Puis elle démissionne de la MACIF pour se consacrer à sa passion.

 

 

 

"Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être artiste. Je pensais que c’était la norme et que c’était le rêve de tout un chacun." (Édith Schuss)

 

 

Édith Schuss a toujours eu une âme d’artiste mais ce n’est qu’à l’âge adulte, une fois entrée dans le monde du travail (juriste d’entreprise) qu’elle a pris conscience que ce n’était pas la norme, comme elle le croyait.

 

 

Pour elle, cette envie, ce désir de peindre était toujours là, « jusqu’à en devenir une obsession » selon ses propres termes.

Plus jeune, elle aurait aimé être comédienne ou chanteuse ou danseuse…

Plus tard, elle a testé des activités plus « manuelles » : au début des années 2000, elle s’est essayée à la peinture sur bois, sur métal, sur soie… Elle a essayé la mosaïque, le vitrail…

Mais elle restait toujours insatisfaite comme si toutes ces activités ne la « remplissaient pas complètement ». Elle sentait quelque chose au fond d’elle, sans réussir à définir ce que c’était !

*

Avec son âme d’artiste, Édith Schuss a décidé de consulter une médium, car ce ressenti l’épuisait. La médium lui a conseillé de faire de la peinture (des tableaux) mais la réaction d’Édith Schuss a été catégorique : « Jamais de la vie ! Je n’aime pas ça et, de plus, j’ai un frère qui est artiste peintre, alors il n’en est pas question ! ».

La médium a creusé sa vision de ce qu’elle proposait et lui a expliqué : « Ce n’est pas de la peinture classique ! Si je vous disais de peindre avec vos doigts, en vous laissant guider par votre intuition ! »

Et là, Edith Schuss ne sait pas ce qui s’est passé, mais cela lui a « parlé » immédiatement.

Au début, elle avait du mal à lâcher, à se lâcher. Elle voulait que son tableau ressemble à quelque chose, et puis un jour, elle a eu un déclic ! Elle a compris ce que sa peinture devait être !

***

« Désormais, je suis artiste peintre intuitive et je peins de l’abstrait avec mes doigts ou directement avec le tube de peinture, au rythme de la musique qui m’accompagne toujours quand je suis dans mon atelier.» (Édith Schuss)

 

(Édith Schuss, Plénitude)

> Édith Schuss est donc une peintre intuitive.

Mais qu’est-ce que la peinture intuitive ?

La peinture intuitive est une méthode qui permet d’explorer et d’exprimer sa créativité de façon libre et authentique en se détachant des contraintes habituelles. Elle permet ainsi de se connecter profondément à soi-même et de libérer ses émotions.

 

C’est la Surprise

"Il ne faut pas se fixer d’objectif. On ne se dit pas, je vais faire un bateau, un paysage, une fleur, non… pas du tout, on laisse faire, sans se soucier du résultat."

 

On se lâche

"Lâcher prise ! On peut avoir des pensées, mais ce qu’il ne faut pas, c’est vouloir un résultat final. On peut, par exemple, penser à un jour où on était vraiment bien, où on s’est promené, etc., et on se laisse aller. Et surtout, on ose ressentir et peindre ses émotions."

 

(Édith Schuss, Maki)

> La Peinture Intuitive pour Édith Schuss, sa façon de travailler

« Je me connecte à mon Moi supérieur. Je mets de la musique. Imprégnée de ses vibrations, mon esprit errant librement, je laisse mes mains aller sur la toile au gré de leurs envies. J’arrive ainsi à faire le vide en moi pour capter une émotion, la mienne ou celle des autres, un moment particulier, etc.»

Lorsque Édith Schuss se met devant sa toile blanche, elle ne sait jamais ce qui va en sortir. La création lui échappe. Elle laisse courir ses mains au gré de leurs envies, libres de toute intervention mentale.

Elle peint avec ses doigts lorsqu’elle a besoin de sentir la matière, que ce soit la texture de la toile ou la douceur de la peinture. Et elle utilise directement le tube, lorsque son envie créatrice se fait plus aérienne.

Dans tous les cas, elle n’utilise jamais de pinceau !

*

Édith Schuss aime la peinture abstraite, car elle permet de laisser libre cours à l’imagination de la personne qui contemple le tableau, créant ainsi avec lui un lien émotionnel qui lui est propre.

Ses toiles inspirées aident les personnes qui les regardent à découvrir et à explorer leurs émotions.

Chaque œuvre est unique et originale. Il lui est impossible de la reproduire.

 

(Edith Schuss, Poisson chat)

 

Finalisation

«Je fais plusieurs tableaux d’affilée, en passant de l’un à l’autre, puis après je les reprends… ou pas. Une fois qu’ils sont signés, je n’y touche plus. Certains sont signés tout de suite, d’autres attendent plusieurs mois.» (Édith Schuss)

 

Signification

«Le thème et la signification, je les trouve après, ou jamais… Parfois cela résonne encore plus profondément chez mes acheteurs ou admirateurs qui m’expliquent alors ce qu’ils y voient et ce qu’ils ressentent. » (Édith Schuss)

 

(Edith Schuss, Etoile)

> Exemples de témoignages

 

« J’ai choisi ce tableau, parce que je me sens protégée par lui. » (Sophie)

 

***

 

« Lorsque je suis allée à cette expo, c’était plus pour faire plaisir à mon amie et par curiosité, car de la peinture qui fait de l’effet sur les gens, je n’y croyais pas trop. Dès que j’ai franchi le portillon (l’exposition avait lieu dans un jardin), j’ai été interpellée par un tableau. Celui-là, c’était Edith ! Il représentait tout ce qu’elle était et qu’elle faisait, sa montée en puissance, son courage… Donc, je me suis dit, cette toile, elle est pour moi ! C’est ma copine tout craché !! Je vais l’accrocher dans mon bureau au travail !

 Je continue de faire le tour de l’expo et là, je suis bouleversée par un tout petit tableau (20cm×20cm). Je fonds en larmes, pour moi il représente la vie de ma petite fille, depuis sa conception jusqu’à aujourd’hui. Là, je comprends la signification des propos d’Édith lorsqu’elle disait que ses tableaux faisaient de l’effet ! Et plus d’un an après, ces tableaux me font toujours le même effet !

J’en ai choisi un 3ème, pour mon petit-fils, mais c’était plus pour de la déco, je le trouvais mignon, sans qu’il me touche particulièrement. » (Chantal)

***

« Édith, merci énormément pour ces peintures. Tu ne peux imaginer à quel point ça me touche ! Les gens disent toujours que ma couleur est le jaune. Mais pour moi, la couleur qui me correspond le mieux est le bleu. Merci d’avoir montré ce que je suis à l’intérieur. » (Titti)

***

« J’ai eu la chance qu’Édith m’offre un tableau fait en connexion avec moi. Lorsqu’elle me tend le tableau pour que je le prenne, je le fais tomber, par maladresse (heureusement il n’était pas abîmé !).  Je le prends pour le regarder et là j’ai un rejet. Ce tableau me dérange. Il est pourtant joli, avec des couleurs que j’aime, mais il me met mal à l’aise. Alors, Édith et moi échangeons sur ce que nous voyons dans ce tableau. Nous ne voyons ni ne ressentons les mêmes choses et je me rends compte qu’il représente mon mal-être intérieur. Nous concluons donc que ce sera mon tableau baromètre !

Effectivement, à cette époque, je n’étais pas en grande forme. Et ce tableau me le montrait. Chaque fois que je revoyais ce tableau (resté en garde chez Édith finalement), je mesurais mon évolution. Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux, je vois autre chose dans le tableau. J’y vois ce qu’Édith y voyait depuis le début. Elle a su capter mes énergies, traduire avec sa technique ce qu’elle a ressenti lorsqu’elle s’est connectée à moi. » (Angélique)

***

« Édith m’a offert un tableau pour mes 50 ans. Pour le réaliser, elle m’a demandé la couleur que je voulais et une musique que j’aimais beaucoup. J’adore le tableau que j’ai reçu : il m’apaise et me rassure. » (Laetitia)

 

(Édith Schuss, Allégresse)

Ateliers de peinture intuitive

Édith Schuss anime également des ateliers de peinture intuitive, soit en individuel, soit en groupe, selon la demande.

« L’objectif de ces ateliers est de se reconnecter à l’enfant qui est en soi (celui qu’on était ou qu’on aurait dû être) et de contacter la joie qui est en nous, de lâcher prise pour prendre du plaisir et de s’amuser. »

Dans les ateliers de groupe, le but est aussi de réussir à se détacher du regard de l’autre.

Après une séance de danse méditative qui est composée de mouvements conscients et répétitifs, Édith Schuss demande aux participants de laisser libre cours à leur création, leurs envies, leurs émotions, sans l’intervention de leur mental.

*

Édith Schuss a eu la chance, entre autres, d’animer un atelier avec des personnes en résidence séniors - la plus âgée des participants avait presque 100 ans et s’est « bien amusée » selon ses termes - et également avec des personnes en situation de handicap - elles ont adoré et ont compris immédiatement ce que signifiait le lâcher prise et s’en sont donné à cœur joie !

 

 

 

 

Témoignage atelier d’Angélique : 

« J'ai fait 3 ateliers avec Édith. Et à chaque fois, j'ai pu mesurer mon évolution. La première fois, j'étais coincée. Édith a su me mettre à l'aise, me rassurer. Grâce à elle j'ai pu lâcher prise et faire un tableau. Mais j'étais encore timide. J'ai réussi à lâcher et à me laisser porter par la musique encore un peu plus lors du second atelier. Et encore plus au troisième. Il y a eu une vraie évolution depuis le premier atelier. C'est très appréciable de se laisser porter, de retrouver son âme d'enfant, de reconnecter sa fibre artistique, de lâcher prise sur le regard de l'autre. Lors du dernier atelier, j'ai même réussi à capter des messages qui passaient à travers la peinture. Cet atelier m'a fait beaucoup de bien. J'ai hâte d'en faire un autre !! »

 

Témoignage de Corinne :

« J’étais bloquée devant ma toile blanche. Comme un écrivain devant la page blanche je suppose ! Je regardais les peintures étalées devant, mais rien ne me plaisait. Je savais juste que je ne voulais pas de noir. Surtout pas !!! C’est trop sombre, trop triste !!

Alors, Édith a eu l’idée de me faire fermer les yeux et de me faire choisir des peintures à tâtons, en me laissant bercer par la musique. Petit à petit, je me suis laissée prendre au jeu. Et j’ai peint !! Et quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai regardé mon tableau : la 1ère peinture choisie fut le noir !! Et le tableau n’était pas triste du tout !! »

 

(Édith Schuss, Puissance)

> Expositions

Édith Schuss a également fait de nombreuses expositions dans différents locaux  en France.

2017 : Pendant son congé sabbatique, elle a fait sa première exposition à l’espace culturel Gabrielle Gachignard de Bouillé Courdault (Marais Poitevin Vendéen).

2017 et 2018 : Exposition permanente de tableaux (qu’elle changeait tous les 2 mois) au salon de coiffure Côté Salon à Niort. Elle a terminé cette exposition en présentant toutes ses toiles lors d’une journée « Portes ouvertes » dans le jardin du Salon le 29 septembre 2018.

2019 (Avril/Mai) : Exposition pour l’ouverture d’un Concept Store à Niort : Natur’Home.

2019 (19/08 au 30/10) : Exposition au Grand Feu - Niort

2019/2020 (05/11/19 au 06/01/2020) : Exposition aux Résidentiels - Niort

2023 (Juin)  : Exposition à Augé.

2023/2024 : Exposition permanente de juin 2023 à mai 2024 au Domaine du Griffier – Granzay Gript

***

 

 

Édith Schuss a fait aussi des expositions virtuelles dans des galeries à l’étranger

Barcelone : 18/03/20 au 22/03/2020 : Artbox Project Barcelona 1.0 – ESPAGNE (différé en 2021 en raison du Covid 19)

Zurich : Swissartexpo 2020 à la Gare Centrale de Zurich.

Luxembourg : Luxembourg Art Prize 2020 et 2021.

Liens internet

Son site : https://edith-artiste-peintre-intuitive.com/

Instagram : https://www.instagram.com/laboutiquededith/

 

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DE LA POESIE POUR SOURIRE

7 Septembre 2024 , Rédigé par TIDIAK Publié dans #CULTURE, #LITTERATURE ET POESIE, #SOCIETE

 

DE LA POESIE

POUR SOURIRE

 

 

Alors que tout le monde se plaint et geint, voici un poème plein d’humour qui nous fait sourire et nous met du baume au cœur. Voyons le bon côté des choses car dans la vie il y a toujours de belles choses malgré les difficultés que l’on rencontre, malgré les temps plus sombres.

En France, malgré certaines difficultés, et comparé à d’autres régions du monde, nous pouvons nous estimer heureux.

Alors sourions ! Cessons de nous plaindre sans cesse.

 

 

La crise est partout

 

Tout va mal, c'est la crise partout :

Les parquetiers ont des plaintes.

Les couvreurs n'ont que des tuiles.

Les vendeurs d'orange sont pressurés.

Les marchands de parapluie des pépins.

Les pâtissiers traînent la pâte.

Les bistrots trinquent.

Les nudistes sont à poil.

Les écrous ont des vices.

Les fabricants de clous sont désappointés

Les strip-teaseuses ont perdu leur couverture

Les plombiers n'ont plus aucune conduite

 

C'est partout la crise

Les marins sont écumants.

Les modistes défilent.

Les surfers ont le vague à l'âme.

Les cyclistes se sentent roulés.

Les fleuristes ont perdu les pétales.

Les banquiers sont plein de petites coupures'

Les kinésithérapeutes sont l’amasse.

Les ostéopathes n'ont plus que des os à ronger

Les urologues prennent les vessies pour des lanternes.

Les pharmaciens doivent avaler la pilule et sont en pleine effervescence !

 

Partout c'est la crise

chez les dentistes la situation est plombée

chez les poissonniers les commandes arrêtent

chez les pêcheurs on ne fait plus que crier

chez les charcutiers on se traite d'andouille

chez les boulangers les emplois sont bâtards

chez les prostituées on est dans une mauvaise passe

car tout le monde fait bande à part

dans la cuisine de l'Élysée, même le hollande n'est pas frais.

 

Tout va mal c'est partout la crise

Les danseuses nues des Folies Bergère se déplument

Les opéras bouffent les opéras comiques, sans rire

chez les marchands de gouttière on se dégoutte

chez les poètes les vers sont vides. Les rimes rentrent à pied.

chez les électriciens on n'est plus au courant

chez les gaziers on tombe sur un bec.

chez les coiffeurs on est plus de mèche et on s'arrache les tifs.

chez les fonctionnaires, grave : on est contraint de travailler.

en clair : Atlas qui porte la terre est en train de perdre la boule !

                                                           François Fournet, Association "Poésie et Nouvelles en Normandie", Pont-Audemer, revue "D'une rive à l'autre".

 

 

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RACISME ET ÉDUCATION

4 Août 2024 , Rédigé par TIDIAK Publié dans #CIVILISATION, #ECOLE ET EDUCATION NATIONALE, #FRANCE, #SOCIETE

 

RACISME ET ÉDUCATION

 

 

En cette période d’entente cordiale, de concorde, que sont les jeux olympiques de Paris (2024), rappelons que malgré cette parenthèse, la haine de l’autre, le racisme sont toujours sous-jacents. On le voit de par le monde : guerres et affrontements dans divers pays, mais aussi insultes, agressions envers des voisins ou tout simplement des passants ou des usagers des transports en communs, des services publics…

Comment expliquer cette méchanceté de certains êtres humains envers leurs semblables ?

L’écrivain franco-marocain, Tahar Ben Jelloun, tente une explication.

 

 

« Le racisme commence avec l’éducation. On peut éduquer des enfants, pas des adultes » (Tahar Ben Jelloun)

 

◊◊◊

 

« Un enfant ne naît pas raciste. Si ses parents ou ses proches n'ont pas mis dans sa tête des idées racistes, il n'y a pas de raison pour qu'il le devienne. Si, par exemple, on te fait croire que ceux qui ont la peau blanche sont supérieurs à ceux dont la peau est noire, si tu prends au sérieux cette affirmation, tu pourrais avoir un comportement raciste à l'égard des Noirs.

[…]

[Devenir raciste], c'est possible ; tout dépend de l'éducation que tu auras reçue. Il vaut mieux le savoir et s'empêcher de l'être, autrement dit accepter l'idée que tout enfant ou tout adulte est capable, un jour, d'avoir un sentiment et un comportement de rejet à l'égard de quelqu'un qui ne lui a rien fait mais qui est différent de lui. Cela arrive souvent. Chacun d'entre nous peut avoir, un jour, un mauvais geste, un mauvais sentiment. On est agacé par un être qui ne nous est pas familier, on pense qu'on est mieux que lui, on a un sentiment soit de supériorité soit d'infériorité par rapport à lui, on le rejette, on ne veut pas de lui comme voisin, encore moins comme ami, simplement parce qu'il s'agit de quelqu'un de différent.

[…]

-La différence, c'est le contraire de la ressemblance, de ce qui est identique. La première différence manifeste est le sexe. Un homme se sent différent d'une femme. Et réciproquement. Quand il s'agit de cette différence-là, il y a, en général, attirance.

- Par ailleurs, celui qu'on appelle “différent”  a une autre couleur de peau que nous, parle une autre langue, cuisine autrement que nous, a d'autres coutumes, une autre religion, d'autres façons de vivre, de faire la fête, etc. Il y a la différence qui se manifeste par les apparences physiques (la taille, la couleur de la peau, les traits du visage, etc.), et puis il y a la différence du comportement, des mentalités, des croyances, etc.

- Alors le raciste n'aime pas les langues, les cuisines, les couleurs qui ne sont pas les siennes ? [question posée par sa fille]

- Non, pas tout à fait ; un raciste peut aimer et apprendre d'autres langues parce qu'il en a besoin pour son travail ou ses loisirs, mais il peut porter un jugement négatif et injuste sur les peuples qui parlent ces langues. De même, il peut refuser de louer une chambre à un étudiant étranger, vietnamien par exemple, et aimer manger dans des restaurants asiatiques. Le raciste est celui qui pense que tout ce qui est trop différent de lui le menace dans sa tranquillité.

[…]

Il a peur de celui qui ne lui ressemble pas. Le raciste est quelqu'un qui souffre d'un complexe d'infériorité ou de supériorité. Cela revient au même puisque son comportement, dans un cas comme dans l'autre, sera du mépris.

[…]

- L'être humain a besoin d'être rassuré. Il n'aime pas trop ce qui risque de le déranger dans ses certitudes. Il a tendance à se méfier de ce qui est nouveau. Souvent, on a peur de ce qu'on ne connaît pas. On a peur dans l'obscurité, parce qu'on ne voit pas ce qui pourrait nous arriver quand toutes les lumières sont éteintes. On se sent sans défense face à l'inconnu. On imagine des choses horribles. Sans raison. Ce n'est pas logique. Parfois, il n'y a rien qui justifie la peur, et pourtant on a peur. On a beau se raisonner, on réagit comme si une menace réelle existait. Le racisme n'est pas quelque chose de juste ou de raisonnable.

- Papa, si le raciste est un homme qui a peur, le chef du parti qui n'aime pas les étrangers doit avoir peur tout le temps. Pourtant, chaque fois qu'il apparaît à la télévision, c'est moi qui ai peur ! Il hurle, menace le journaliste et tape sur la table.

- Oui, mais ce chef dont tu parles est un homme politique connu pour son agressivité. Son racisme s'exprime de manière violente. Il communique aux gens mal informés des affirmations fausses pour qu'ils aient peur. Il exploite la peur, parfois réelle, des gens. Par exemple, il leur dit que les immigrés viennent en France pour prendre le travail des Français, toucher les allocations familiales et se faire soigner gratuitement dans les hôpitaux. Ce n'est pas vrai. Les immigrés font souvent les travaux que refusent les Français. Ils payent leurs impôts et cotisent pour la sécurité sociale ; ils ont droit aux soins quand ils tombent malades. Si demain, par malheur, on expulsait tous les immigrés de France, l'économie de ce pays s'écroulerait.

- Je comprends. Le raciste a peur sans raison.

- Il a peur de l'étranger, celui qu'il ne connaît pas, surtout si cet étranger est plus pauvre que lui. Il se méfiera plus d'un ouvrier africain que d'un milliardaire américain. Ou mieux encore, quand un émir d'Arabie vient passer des vacances sur la Côte d'Azur, il est accueilli à bras ouverts, parce que celui qu'on accueille, ce n'est pas l'Arabe, mais l'homme riche venu dépenser de l'argent.

[…]

On est toujours l’étranger de quelqu’un, c’est-à-dire qu’on est toujours perçu comme quelqu’un d’étrange par celui qui n’est pas de notre culture. »

 

◊◊◊

 

Puis l’auteur compare l’attitude de l’homme raciste avec l’animal ; il rappelle les peurs ataviques de l’être humain, les peurs des temps anciens qu’il garde dans son « cerveau reptilien ».

 

◊◊◊

 

« […]

« Dans les sociétés très anciennes, dites primitives, l'homme avait un comportement proche de celui de l'animal. Un chat commence par marquer son territoire. Si un autre chat, ou un autre animal, tente de lui voler sa nourriture ou de s'en prendre à ses petits, le chat qui se sent chez lui se défend et protège les siens de toutes ses griffes. L'homme est ainsi. Il aime avoir sa maison, sa terre, ses biens et se bat pour les garder. Ce qui est normal. Le raciste, lui, pense que l'étranger, quel qu’il soit, va lui prendre ses biens. Alors il s’en méfie, sans même réfléchir, presque d'instinct. L’animal ne se bat que s'il est attaqué. Mais parfois l’homme attaque l'étranger sans même que celui-ci ait l'intention de lui ravir quoi que ce soit.

[…]

-[…] L’animal n'a pas de sentiments préétablis. L’homme, au contraire, a ce qu'on appelle des préjugés. Il juge les autres avant de les connaître. Il croit savoir d'avance ce qu'ils sont et ce qu'ils valent. Souvent, il se trompe. Sa peur vient de là. Et c'est pour combattre sa peur que l'homme est parfois amené à faire la guerre. Tu sais, quand je dis qu'il a peur, il ne faut pas croire qu'il tremble ; au contraire, sa peur provoque son agressivité ; il se sent menacé et il attaque. Le raciste est agressif. »

 

 

Courte biographie de Taher Ben Jelloun

Tahar Ben Jelloun, de nationalité franco-marocaine, est né en 1947 à Fès (Maroc). Il est écrivain, poète et peintre.

Il a fréquenté l’école primaire bilingue arabo-francophone puis le lycée français Regnault de Tanger. Il suit des études de philosophie à l’université Mohammed V de Rabat où il écrit ses premiers poèmes.

Il enseigne ensuite la philosophie au Maroc mais en 1971, à la suite le l’arabisation de l’enseignement de la philosophie, il s’installe à Paris et suit des études de psychologie.

A partir de 1972 il écrit des articles pour le quotidien Le Monde.

1975 : il obtient un doctorat de psychopathologie sociale.

1977 : il tire de sa thèse un essai : La plus haute des solitudes où il transcrit la misère psychologique, sexuelle et la solitude des travailleurs immigrés.

1985 : il publie le roman L’enfant de sable qui le rend célèbre.

1987 : il obtient le prix Goncourt pour La Nuit sacrée, une suite à l’Enfant de sable.

2008 : il est élu membre de l’Académie Goncourt en remplacement de François Nourissier démissionnaire.

2013, octobre : il participe à un colloque international au Sénat de Paris sur l’islam des Lumières.

2015, Novembre : Tahar Ben Jelloun quitte les éditions Bompiani pour fonder avec Umberto Eco, à Milan, La nave di Teseo, nouvelle maison d’édition.

2018 : il est président d’honneur du Prix CatalPa, prix littéraire et artistique français qui distingue chaque année un catalogue d’exposition parmi les titres publiés dans l’année par les musées et les institutions culturelles de Paris.

Ben Jelloun est également connu pour ses apparitions dans les organes de presse, où il parle de l’expérience vécue, des injustices et des défis des Maghrébins qui habitent en France. Il est régulièrement sollicité pour des interventions dans des écoles et universités marocaines, françaises et européennes

 

Quelques ouvrages de Tahar Ben Jelloun :

Ouvrages pédagogiques :

Le racisme expliqué à ma fille

L’islam expliqué aux enfants

Le terrorisme expliqué à nos enfants

 

 Quelques autres ouvrages :

Hommes sous linceul de silence

La plus Haute des solitudes

La prière de l’absent

L’Écrivain public

Hospitalité française

Éloge de l’amitié

La nuit de l’erreur

L’Auberge des pauvres

L’École perdue

Contes Coraniques

Les Arbres racontés aux enfants

 

 

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CONTES DU MONDE

16 Juin 2024 , Rédigé par TIDIAK Publié dans #CULTURE, #LITTERATURE ET POESIE, #SOCIETE

 

CONTES DU MONDE

 

 

Un très beau livre de contes de différents pays pour les enfants et les « grands » car tout en distrayant, il fait réfléchir sur la vie.

« Contes autour du monde » a été écrit par Maggie Pearson. Les contes ont été adaptés par Didier Debord et illustrés par Joanne Moss. Livre édité par Gründ

 

« Préface (Maggie Pesrson)

Les hommes ont toujours aimé inventer des histoires merveilleuses où le surnaturel se mêle au quotidien. Dans les sociétés traditionnelles, les contes, racontés au coin du feu au moment de la veillée, ou devant les autres membres du village, jouaient un rôle primordial. Le conteur, à la fois sage et magicien, était un personnage important.

De nos jours, les enfants aiment toujours les belles histoires qui peuplent l'univers de créatures imaginaires. Un monde où un petit garçon vole sur les ailes d'un corbeau, où un roi prend conseil auprès d'une enfant.

Certaines histoires se retrouvent dans des cultures très diverses, comme les récits de déluge parce que les inondations se répètent dans le temps et concernent de nombreuses parties du monde. Les Africains, qui ont introduit aux Caraïbes les aventures d'Anansi, ont dû être surpris d'entendre les colons français raconter des histoires similaires, comme celle de Goupil le Renard.

Quand j'étais enfant, l'heure du coucher était un moment magique, car alors mon père, qui était un formidable conteur, venait me raconter une histoire. Jamais, il ne la racontait de la même manière. À mon tour, j'aimerais vous faire partager ce bonheur sans cesse renouvelé. Il y a mille façons de raconter un conte et mille manières de l'écouter.

J'ai voulu vous narrer des histoires venues du monde entier. J'ai délibérément évité celles que nous connaissons tous comme Cendrillon ou La Belle au bois dormant, pour vous entraîner en Irlande, au Canada ou au Japon. Peut-être connaissez-vous déjà l'histoire du joueur de flûte de Hameln ou celle d'Anansi, mais savez-vous comment un jour, en Inde, une fillette inventa les chaussures, ou pourquoi une tribu d'Indiens d'Amérique fut transformée en serpents ? »

 

 

Texte 1

« Le visage dans le miroir (Chine)

Il était une fois, il y a fort longtemps de cela, un homme qui possédait le seul miroir au monde. Je ne saurais dire d'où lui venait ce miroir, mais ce que je sais, c'est que depuis qu'il l'avait, notre homme était malheureux. Son miroir ne cessait de lui mentir, de prétendre qu'il vieillissait. Or l'homme savait que ce n’était pas vrai. Certes, il voyait ses amis vieillir, mais lui, il savait qu'il restait le jeune homme qu'il avait toujours été.

Pourtant, chaque fois qu'il se regardait dans le miroir, celui-ci se faisait un malin plaisir de lui dévoiler une nouvelle ride ou un nouveau cheveu gris.

L’homme enferma alors le miroir dans un vieux coffre en étain et ne s'y regarda plus jamais. Mais cela ne l'empêcha pas de vieillir, et un jour, le vieillard qu'il était devenu mourut.

Quelques jours plus tard, en mettant de l'ordre dans les affaires de son père, le fils découvrit le vieux coffre en étain et l'ouvrit.

Et que vit-il ?

- Un portrait de mon père alors qu'il était un tout jeune homme ! s'exclama le jeune homme.

Le père sur le portrait avait l'air aussi surpris que le fils.

- Comme mon père me manque, soupira le jeune homme tristement en regardant le portrait.

Il n'en crut pas ses yeux. Son père partageait maintenant sa profonde tristesse.

- On dirait qu'il va pleurer, s'exclama le fils.

Il revint souvent contempler ainsi le portrait de son père, qui, fidèlement, partageait ses émois, ses sourires, ses larmes et ses rêves.

Le jeune homme garda jalousement son secret. Il n'en dit rien à sa femme qui n'aurait pu s'empêcher d’en parler à sa mère. Toute la ville aurait été alors au courant et aurait voulu voir le portrait de son père.

Mais un jour, sa femme le surprit.

- Qu’est-ce que c'est ? demanda-t-elle.

- Ce n'est qu'un portrait de mon père alors qu'il était un tout jeune homme. Ne cherche jamais à le voir ! répondit-il en fermant le couvercle.

Pourtant, un jour, alors que son mari était parti, la jeune femme souleva le couvercle du vieux coffre en étain.

Et que vit-elle ?

- Oh, s'écria-t-elle. Le portrait d'une jeune femme !

Elle éclata en sanglots et sa mère, inquiète, se précipita dans la pièce.

- Il est amoureux d'une autre femme ! se lamenta la jeune femme.

- Mais que racontes-tu là !

- Il garde son portrait, là, dans ce vieux coffre en étain.

La mère souleva lentement le couvercle du coffre.

Et que vit-elle ?

- Comment pourrait-il être amoureux d'une telle sorcière ? Elle est au moins aussi âgée que moi ! s'écria-t-elle.

- Pourquoi me ment-il ainsi ? soupira la jeune femme. Il prétend que c'est un portrait de son Père.

Le pauvre jeune homme ne se doutait pas de ce qui l'attendait quand il rentra à la maison. Sa femme et sa belle-mère se précipitèrent sur lui, l'assaillant de questions.

Il lui fallut un certain temps avant de comprendre de quoi elles parlaient.

- Mais que me racontez-vous là ? s'exclama-t-il. Ce n'est qu'un portrait de mon père alors qu'il était encore un tout jeune homme.

- Comment peux-tu nous mentir ainsi alors que nous l'avons nous-mêmes vu ?

Et chacun leur tour, ils regardèrent dans le miroir.

- Jeune homme !

- Jeune femme !

- Vieille femme !

Chacun d'eux, persuadé d'avoir raison, criait sa vérité à pleine voix.

- Pourquoi tous ces cris ? demanda alors une douce voix.

Un vieil homme les regardait avec réprobation par la fenêtre.

- Croyez-vous que mon vieil ami serait fier de sa famille s'il vous entendait vous chamailler ainsi ?

- Vous qui êtes un vieil ami de mon père, s'exclama le jeune homme. Vous rappelez-vous son visage alors qu'il était encore un tout jeune homme ?

Le vieil homme se pencha au-dessus du vieux coffre en étain.

Et que vit-il ?

- Je reconnais bien là mon vieil ami, murmura-t-il en souriant. Mais il approchait déjà la fin de sa vie. Que de bons souvenirs ce portrait réveille-t-il en moi !

- Je vous l'offre, s'exclama le jeune homme. En souvenir de mon père.

- Oui, emportez-le, et le plus loin possible ! s'exclamèrent les femmes.

Le vieil homme emporta le miroir et jamais il ne le regretta. Que de jours heureux il passa ainsi à contempler son vieil ami qui partageait fidèlement avec lui ses émois, ses sourires, ses larmes et ses rêves ! »

 

 

Belle leçon que l’on peut tirer de ce conte chinois.

Chacun voit ce qu’il veut bien voir.

Comme dit le proverbe « chacun voit midi à sa porte ».

On voit les rides et les défauts des autres mais pas les siens.

 

Texte2

Dans ce conte on voit que les petits enfants, dans leur innocence, ne craignent pas de dire la vérité, là où les adultes utiliseraient la flatterie ou agiraient par peur.

 

 

« Le roi aux pieds sales (Inde)

Il était une fois, dans un royaume très loin d'ici, un roi qui ne se lavait jamais. Jamais ? Non, jamais ! Aussi ce roi sentait-il terriblement mauvais, mais personne n'osait le lui dire, car il était le roi. Ses courtisans retenaient leur respiration à son approche, et ils se bouchaient même le nez dès qu'il tournait le dos. Parfois, le roi partait visiter son royaume avec ses courtisans, ses serviteurs, ses soldats et ses éléphants. Les gens étaient tellement impressionnés par le faste de sa suite qu'ils ne remarquaient pas la mauvaise odeur, ou alors ils la mettaient sur le compte des éléphants.

Un jour, le roi arriva dans un village qu'il ne connaissait pas. Une petite fille s'approcha de lui pour mettre à son cou une guirlande de fleurs. Le roi lui accorda un sourire royal. La petite fille grimaça en fronçant re nez.

- Pouah ! Tu sens mauvais, dit-elle si fort que tout le monde l'entendit.

- Petite idiote ! Il est notre roi, et notre roi ne sent pas mauvais, s'écria sa mère en Ia tirant par l'oreille.

- Si ! Il sent mauvais ! insista la petite fille. Tu ne te laves jamais ? demanda-t-elle au roi.

- Et pourquoi me laverais-je ? répondit le roi.

- Te laves-tu ? demanda-t-il à un courtisan à côté de lui.

Le courtisan dut admettre qu'il se lavait, et même très souvent.

- Te- laves-tu ? demanda-t-il à un autre courtisan.

- Parfois, répondit celui-ci en hésitant.

Courtisans, soldats et serviteurs, tous ceux à qui le roi posa cette question répondirent la même chose : ils se lavaient tous.

Le roi se sentit mal à l'aise.

- Aujourd'hui, déclara-t-il, je me lave. Ici et maintenant, dans cette rivière.

Il y eut un grand remue-ménage, le temps pour ses serviteurs de rassembler savons, éponges, torchons et talcs dignes de sa peau royale. On dressa un paravent dans la rivière pour que le roi puisse se laver en paix.

Tout le monde retint sa respiration quand le roi entra dans l'eau. Mais à peine le courant avait-il emporté les premières bulles de savon que le roi commençait à chanter.

- Il faudra que je me baigne plus souvent, dit le roi en sortant de l'eau. Peut-être même dès l’an prochain.

Il se sécha et enfila de magnifiques vêtements propres. C'est alors qu'il remarqua que ses pieds étaient à nouveau sales. Aurait-il pu seulement en être autrement : la berge était couverte de poussière !

Le roi retourna dans l'eau, se lava à nouveau les pieds et revint sur la berge. Ses pieds étaient à nouveau sales.

- Cette berge est poussiéreuse, dit le roi. Qu'on la nettoie.

Chacun s'affaira, qui avec un seau, qui avec un balai ou une brosse et bientôt, la berge fut propre. Mais à peine le roi avait-il fait quelques pas sur la berge que ses pieds étaient encore plus sales qu'avant. Aurait-il pu seulement en être autrement : la berge détrempée était couverte de boue !

Le roi retourna dans l'eau, se lava les pieds et revint sur la rive. Il le fit une fois, deux fois, trois fois et il le ferait encore si une fillette (vous aurez deviné laquelle !) n'était pas allée chercher sa plus belle peau de chèvre et ne l'avait étalée sur le sol devant le roi.

Le roi sortit de l'eau, fit un pas, puis deux, trois et même quatre, et ses pieds étaient toujours propres. Mais il était arrivé au bord du tapis.

Les habitants du village allèrent aussitôt chercher tapis, couvertures et châles er en couvrirent le chemin jusqu'au palais. Le roi était certes content, mais il aurait souhaité pouvoir visiter ainsi tout son royaume.

- Que l'on couvre mon royaume de tapis, ordonna-t-il. Ainsi, mes pieds seront propres où que j'aille.

À compter de ce jour, le roi eut toujours les pieds propres, mais personne ne vint plus le saluer quand il arrivait suivi de ses courtisans, de ses serviteurs, de ses soldats et de ses éléphants. Les gens le regardaient de loin, l'air triste.

Un an plus tard, le roi revint à la rivière pour y prendre un nouveau bain. Personne ne vint l'accueillir, si ce n'est une fillette. Dois-je vous dire laquelle ?

- Pourquoi les gens ne viennent-ils pas m'accueillir ? lui demanda le roi. Je ne sens pourtant plus mauvais !

- Juste un peu, répondit la petite fille. Il est vrai qu'un an avait passé depuis le premier et dernier bain du roi.

- Mais pourquoi sont-ils si tristes ?

- Ils n'ont rien à manger, répondit la petite fille. Tu as recouvert ton royaume de tapis en cuir et plus rien ne pousse.

Le roi regarda pensivement ses pieds propres.

- Que faire ? dit-il. Je ne vais tout de même pas me salir les pieds en marchant !

- Une chance que je fasse marcher ma tête ! soupira la fillette.

Elle revint quelques instants plus tard avec une paire de ciseaux. Elle découpa le tapis en cuir autour du pied gauche du roi, puis autour du pied droit. Puis elle lia les petits morceaux de cuir aux pieds du roi avec des lacets de cuir qu'elle noua autour de sa cheville.

- Et voilà, dit-elle. Tu as maintenant tes propres morceaux de cuir aux pieds. Et tes pieds resteront propres où que tu ailles.

C'est ainsi que fut faite la première paire de chaussures. Et bientôt, dans le royaume, on découpa les tapis en cuir. Tout le monde eut sa propre paire de chaussures... et les pieds propres. »

 

 

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HISTOIRE DE « BÈTES »

2 Juin 2024 , Rédigé par TIDIAK Publié dans #BIOGRAPHIE, #CIVILISATION, #CULTURE, #LITTERATURE ET POESIE, #PHILOSOPHIE, #SOCIETE

 

 

HISTOIRE DE « BÈTES »

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LES CHATS

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Un texte plein de sagesse de Jacques Sternberg, qui met en parallèle la vie agitée des humains et la vie méditative des chats qui les mène à …

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Les chats

On s'était si souvent demandé, et depuis longtemps, à quoi les chats pouvaient bien penser.

Tapis au plus profond de leur solitude, enroulés autour de leur chaleur, comme rejetés dans une autre dimension, distants, méprisants, ils avaient l'air de penser, certes. Mais à quoi ?

Au début de ce siècle, en effet, on constata avec quelque étonnement que plus aucun chat ne miaulait. Les chats s'étaient tus. On n'en fit pas un drame. En fin de compte, les chats n'avaient jamais été tellement bavards : sans doute ne trouvaient-ils vraiment plus rien à dire à présent.

Plus singulier celui-là, beaucoup plus singulier, les chats ne mouraient plus. Quelques-uns mouraient évidemment par accident, écrasés par un véhicule, le plus souvent ; ou emportés en bas-âge par quelque maladie particulièrement pernicieuse. Mais les autres évitaient la mort, lui échappaient, comme si cette fatale échéance n'avait plus existé pour eux.

Leur secret était simple, pourtant. Les chats, depuis qu'ils vivaient sur terre, n'étaient jamais sortis de leur indolence native pour accomplir, comme les hommes, mille petits tours savants. Ils avaient toujours laissé les hommes s'occuper de leur sort, leur procurer la nourriture, le confort et la chaleur artificielle. Eux, libérés de tout, avaient toujours vécu dans une sorte d'hibernation idéale, bien dosée, parfaitement mise au point, ne songeant qu'à mieux se concentrer, douillettement lovés dans leur bien-être.

Les chats avaient eu beaucoup de temps pour penser. Ils avaient beaucoup pensé. Mais alors que les hommes pensaient à tort et à travers, au superflu de préférence, les chats, eux, n'avaient pensé qu'à l'essentiel, sans se laisser distraire. Ils n'avaient médité inlassablement, au cours des siècles, qu'un seul problème. Et, à force d'y penser, ils l'avaient résolu.

                                                                   (Jacques Sternberg, 188 Contes à régler, Denoel, 1988.)

 

 

                 >>>      …qui les mène à la vie éternelle.

L’auteur

Jacques Sternberg, écrivain belge francophone, est né en 1923 à Anvers (Belgique) et mort à Paris (France) en 2006.

Jacques Sternberg (Nathan Jacques Sternberg), romancier, dramaturge, auteur d’anthologies, directeur de collection, essayiste, journaliste, pamphlétaire, chroniqueur, préfacier, postfacier, rewriter, scénariste… est un écrivain de nationalité belge inclassable.

Il a cependant un goût prononcé pour l’absurde, l’humour noir, l’étrange.

Il a écrit une œuvre abondante, des contes, des nouvelles par centaines, des essais et près d’une vingtaine de romans, nouvelles et romans surtout de science-fiction et fantastique.

 

Quelques-unes de ses œuvres

Anthologies

Les chefs-d’œuvre du crime

Les chefs-d’œuvre de l’épouvante

Les chefs-d’œuvre du fantastique

Les chefs-d’œuvre de la science-fiction

                Nouvelles et contes

La géométrie dans l’impossible

Entre deux mondes incertains

Univers zéro

Contes glacés

188 contes à régler

300 contes pour solde de tout compte

                Romans

La sortie est au fond de l’espace

Un jour ouvrable

Attention, planète habitée

Le Cœur froid

L’anonyme

                Théâtre

C’est la guerre, monsieur Gruber

Kriss l’emballeur, Une soirée pas comme les autres

 

                Essais

Une succursale du fantastique nommée science-fiction

Topor

Vivre en survivant

 

                Lettres ouvertes

Lettre aux gens malheureux et qui ont bien raison de l’être

Lettre ouverte aux Terriens

 

                Dictionnaires

Dictionnaire du mépris

Dictionnaire des idées revues

 

                Essais autobiographiques

La Boite à guenilles

À la dérive en dériveur

Mémoires provisoires

Profession, mortel : fragments d’autobiographie

 

                Scénarios

Marée basse

Et Dieu créa le monde

Les temps morts

                Autres publications

Les pensées

Les charmes de la publicité

Ports en eaux-fortes

 

Jacques Sternberg (1923-2006)

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L’HOMME ET L’ANIMAL Ou QUI EST « HOMME » - QUI EST « ANIMAL » ?

28 Avril 2024 , Rédigé par TIDIAK Publié dans #BIOGRAPHIE, #CIVILISATION, #SCIENCES ET CONNAISSANCES, #SOCIETE

 

L’HOMME ET L’ANIMAL

Ou

QUI EST « HOMME » - QUI EST « ANIMAL » ?

Où faut-il placer l’intelligence ? L’humain, seul, est-il intelligent ? Ne sommes-nous pas aussi scientifiquement des mammifères ?

Et qui est le plus cruel ? Ou le moins « humain » ? L’animal tue pour manger, l’homme tue pour le plaisir de tuer, pour voler le territoire de son voisin, pour acquérir plus de pouvoir, s’enrichir… (Les guerres actuelles, les trafiquants de toutes sortes, la violence dans les villes…)

*

Un article intéressant paru dans la revue Psychologies en octobre 2016, expose le point de vue du scientifique Frans Waal sur l’intelligence homme/animal sous le titre La hiérarchie des êtres vivants est une illusion.

 

« La hiérarchie des êtres vivants est une illusion

Qu'est-ce qui nous distingue des autres animaux ? Bien moins que nous le pensons, affirme Frans de Waal. Dans son nouvel ouvrage, le primatologue nous invite à rabattre un peu notre orgueil humain afin d’ouvrir les yeux sur notre réalité animale et sur la nature.

La conscience de soi, la coopération, le sens de la morale... Voilà, pense-t-on souvent, ce qui nous rend humains. Sauf que, à renfort d'études, l’éthologie, Ia biologie et les neurosciences bousculent chaque jour un peu plus ces certitudes. Frans de Waal fait partie de ceux qui mettent régulièrement en évidence les capacités exceptionnelles des grands primates (sa spécialité), mais pas seulement : corbeaux, campagnols, poissons, tous les animaux trouvent en ce biologiste un observateur si attentif qu'il ne lui viendrait pas à l'idée de dire que les « bêtes » sont stupides. Dans la tradition de Charles Darwin, qui, il y a quelque cent cinquante ans, affirmait, qu'entre l'esprit de l'homme et celui des animaux il n'y a qu'une différence de degré et non d'espèce, Frans de Waal nous intime de cesser de nous croire supérieurs, afin de nous regarder comme nous sommes : une espèce animale reliée à toutes les autres.

*

Psychologies : Dans votre livre, vous recensez toutes les études sur l'intelligence des animaux. D'abord, qu'est-ce que l’intelligence ?

Frans de Waal : Deux termes sont utilisés, intelligence et cognition. La cognition est le fait de traiter des informations à son avantage. Par exemple, une chauve-souris bénéficie d'un puissant système d'écholocation, et en utilise les informations recueillies pour se repérer et pour chasser. La cognition, très liée à la perception, est présente chez tous les animaux. L’intelligence désigne la capacité à trouver des solutions, notamment face à de nouveaux problèmes. On Ia constate chez les animaux à gros cerveau, mais aussi chez tous les mammifères, tous les oiseaux, chez des mollusques...

 

Vous énumérez quantité d'études qui démontrent l’intelligence des animaux. Pourquoi cette dernière reste-t-elle malgré tout si peu connue et reconnue ?

F.W. : C'est que deux grandes écoles ont dominé les études sur les animaux durant le siècle dernier. L'une, populaire en Europe, s'efforçant de tout ramener à l'instinct ; l’autre, dite béhavioriste, aux États-Unis, selon laquelle les animaux seraient des êtres passifs, leurs comportements n'étant que des réponses à des incitations extérieures. Ces approches très simplistes trouvent encore des adeptes aujourd'hui, en particulier en France. Cependant, durant cette même période, des pionniers sont apparus : Kôhler, Yerkes, Tolman... Une étude fameuse de Wolfgang Kôhler, menée il y a cent ans avec des chimpanzés, consistait à accrocher une banane en hauteur. Dans la pièce, des caisses étaient éparpillées. Le chimpanzé a eu l'idée de les empiler jusqu'à arriver à la hauteur du fruit. Cela veut dire quoi ? Qu'il imagine, qu'il visualise dans sa tête une solution à un problème nouveau. Bref : il pense. Inadmissible ! Cela choquait les scientifiques très cartésiens pour qui les animaux ne pouvaient pas être des êtres rationnels. C'est seulement dans les vingt-cinq dernières années que les choses ont changé et que nombre de scientifiques, moi compris, ont commencé à se demander, non plus « Les animaux sont-ils intelligents ? », mais « De quel type d'intelligence usent-ils et comment ? ».

Il s’agit de s'intéresser vraiment aux animaux plutôt que de nous comparer à eux, c'est cela ?

F.W. : Vous mettez le doigt sur un autre problème majeur, Ia tendance à mesurer l'intelligence des animaux selon nos standards humains. Par exemple, quand on se demande s'ils peuvent parler, en concluant que s'ils le peuvent ils sont intelligents, sinon, c’est la preuve que nous sommes uniques et supérieurs. C'est incohérent ! On se focalise sur les activités pour lesquelles nous sommes doués en essayant de voir ce que les animaux peuvent en faire.

 

L’autre voie que vous suivez s’appelle la cognition évolutive, n'est-ce pas ?

F.W. : Oui, il s’agit de regarder la cognition de chaque espèce comme étant le produit de l’évolution liée à son environnement. Un dauphin, qui vit sous l’eau, n'a pas besoin de la même intelligence qu'un singe, qui vit dans les arbres ; et les chauves-souris sont très douées en géolocalisation car cela leur permet de se repérer, d’éviter les obstacles et de capturer leurs proies ; les abeilles sont expertes dans la localisation des fleurs, etc. Chaque espèce a sa spécialité, donc se demander si le dauphin est plus intelligent que le singe ou l'abeille n'a aucun intérêt. Une conséquence peut en être que nous soyons moins doués que des animaux dans certains domaines, comme dans la mémoire à court terme, où des chimpanzés nous battent largement. Et alors ? Pourquoi devrions-nous être les meilleurs en tout ? La volonté de protéger l'ego humain entrave les progrès de la science objective. Nous avons été habitués à penser qu’il y a une échelle des êtres vivants, allant du plus haut (nous, bien sûr) au plus bas (insectes, mollusques ou que sais-je ?). Mais dans Ia nature il n'y a pas d’échelle ! Elle est composée de quantité de branches allant dans diverses directions. La hiérarchie des êtres vivants est une illusion.

 

Mais alors, quel est le propre de l'homme ?

F.W. : Ça, c'est une question très française ! Et qui, parcourant les siècles de philosophie, est pour beaucoup dans notre approche anthropocentrée de la nature. Pour vous répondre, j'aime l'image de l’iceberg : sa partie immergée, la plus importante, correspond à ce qui réunit toutes les espèces animales, nous compris. La minuscule partie émergée correspond à la spécificité humaine. Les sciences humaines sont dingues de ce tout petit bout-là ! Mais pour moi, scientifique, l'iceberg est intéressant dans son ensemble.

Cette quête du « propre de l'homme » n'est-elle pas liée au fait que nous devons justifier notre exploitation des animaux ?

F.W. : C'est très possible. Auparavant, quand nous étions chasseurs, un certain respect des animaux devait l'emporter parce qu'on mesurait combien il était difficile de les trouver et de les attraper. Mais être fermier c'est différent : on garde les animaux enfermés, on les nourrit, on les vend... Il y a fort à penser que de là découle notre attitude très dominatrice et très simpliste à leur égard.

 

Partant de votre ouvrage, donnons un premier exemple de la non-spécificité humaine : l'usage d’outils...

F.W. : Non seulement nombre d'espèces en usent, mais beaucoup en fabriquent, alors que cela a longtemps été considéré comme proprement humain. Un exemple : on présente un tube transparent à des grands singes, mais, étant vertical et immobile, ils ne peuvent pas attraper la cacahouète qui se trouve à l'intérieur. Au bout d'un moment, certains décident d'aller prendre de l’eau à une fontaine proche et de Ia cracher dans le tube afin de faire remonter la noix. C'est une idée très ingénieuse à laquelle ils n'étaient pas entraînés : ils doivent imaginer l'eau comme un outil, persévérer (faire plusieurs allers-retours jusqu'à la fontaine si nécessaire). Face au même problème, seuls 10% des enfants de 4 ans et 50%des enfants de de 8 ans ont cette idée.

 

Ce type d'épreuve exige également un certain contrôle de soi…

F.W. : En effet, on a souvent tendance à penser que les animaux ne sont qu'instinct et émotion, tandis que les humains savent se contrôler et réfléchir. Sauf qu'il est impossible pour quiconque, animal compris, d'avoir des émotions et de ne pas avoir de contrôle sur elles ! Imaginez un chat qui voit un oiseau dans le jardin : s'il suit immédiatement son instinct, il va foncer droit sur lui, et l'oiseau va s'envoler. Il a donc besoin de réprimer un peu son émotion pour approcher lentement de sa proie, il est même capable de rester caché derrière un buisson pendant des heures, à envisager le moment opportun. Autre exemple : la hiérarchie, très présente chez nombre d'espèces comme les primates par exemple, repose justement sur la répression des instincts et des émotions. Connaissez-vous le test du chamallow ? On place un enfant seul dans une salle, assis à une table, avec devant lui un chamallow, et on lui dit que s'il ne le mange pas il en aura un deuxième en partant. Certains enfants sont très doués pour se maîtriser, d'autres absolument pas. On a également fait ce test avec des grands singes et des perroquets. Ils sont capables de se contrôler aussi bien – et d'autres aussi mal ! – que les enfants. Or, cela perturbe nombre de philosophes, car cela signifie que les hommes ne sont pas seuls possesseurs de la volonté.

De même que nous n'avons pas, le monopole de l’empathie ni du sens de la justice...

F.W. : C'est vrai. J'ai mené de nombreuses études sur l'empathie chez les primates : ils consolent, ils aident... Quant au sens de la justice, il a été démontré, entre autres dans cette étude où l'on soumet deux chimpanzés voisins à un même exercice et, quand ils le réussissent, l'un obtient un raisin, l'autre un bout de concombre (c’est bon, certes, mais pas aussi savoureux !). Ce second chimpanzé constate l'injustice et se révolte, jette le concombre. Et parfois, le premier chimpanzé refuse le raisin jusqu'à ce que son voisin s'en voie offrir un, lui aussi. L’idée que le sens de la justice serait le résultat d'une formulation langagière rationnelle est donc probablement fausse. C’est sans doute une action reliée à la coopération : si tu n’obtiens pas autant que moi, tu ne voudras plus coopérer avec moi, donc cela me nuira.

 

Et le langage ?

F.W. : De toutes nos capacités, c’est sûrement Ia plus spécifique. Le langage humain est hautement symbolique et appris, alors que chez les animaux il consiste en signaux innés. Cependant, l'importance du langage est largement surestimée. On a pu croire qu'il était indispensable à la pensée, à la mémoire, à Ia programmation... Nous savons désormais que c'est faux. Les animaux peuvent prévoir, ils se souviennent... Le psychologue Jean Piaget, déjà, dans les années 1960, affirmait que Ia cognition et le langage sont deux choses séparées. Cela est aujourd'hui prouvé, via les animaux.

 

L’intelligence des animaux peut-elle servir à des actes gratuits, c'est-à-dire ne pas répondre à un besoin vital ? Je pense à la création artistique, par exemple.

F.W. : Dans la nature, ils ont bien trop besoin de se consacrer à leur survie pour développer ce type d'activités. Comme cela a été le cas pour les humains pendant des millénaires. Mais dès lors que vous avez du temps, du confort et l'intelligence, alors vous pouvez user de cette dernière autrement. En jouant, par exemple, comme le font nombre d'animaux, même adultes. Puis, pour parler art, des études démontrent le sens du rythme des animaux dont les perroquets ; et des singes se sont avérés très doués en peinture. Je pense notamment au chimpanzé Congo, dont Picasso a acheté une œuvre dans les années 1950.

 

Faut-il donc cesser de penser en termes de différences entre humains et animaux ?

F.W. : Il s'agit surtout de développer une conception plus juste de notre propre espèce. Plutôt que de la voir comme le produit de la culture et de l'éducation, je la considère suivant une perspective ascendante : nous sommes des animaux avant tout très intuitifs et émotionnels. Rationnels ? Nous le sommes parfois, mais décrire notre espèce comme rationnelle serait une erreur de jugement. Il suffit de regarder notre monde pour voir combien l’émotion y joue un rôle écrasant. Alors ne surestimons pas notre rationalité ni notre « exceptionnalité ». Nous sommes totalement connectés au reste de la nature.  [Psychologies, octobre 2016, n°366) Propos recueillis par Anne Laure Gannac, Illustration : Ludwick Hernandez. »

 

>À lire

Sommes-nous trop « bêtes » pour comprendre l'intelligence des animaux ? de Frans de Waal.

Un chimpanzé qui fabrique un escabeau, un geai qui trompe ses comparses en camouflant ses proies. Des orques qui coopèrent pour chasser, une pieuvre qui sort toute seule d'un bocal fermé... En révélant nombre d'études et d’observations sur le terrain, l’auteur livre ici une somme pour qui osera mettre à l’épreuve ses préjugés sur l'intelligence animale... et humaine. (Les Liens qui libèrent, 32O p.).

 

Frans de Waal (1948-2024)

*Brève biographie de Frans de Waal

Frans de Waal (de son nom complet : Franciscus Bernardus Maria de Waal) est un éminent scientifique, primatologue et éthologue néerlandais.
Il est né le 29 octobre 1948 à Bois-le-Duc aux Pays-Bas et mort le 14 mars 2024 à Atlanta (Géorgie, États-Unis).

Il étudie à l'université Radboud de Nimègue et à l'université de Groningue. Il obtient un doctorat en biologie à l'université d'Utrecht en 1977, après s'être formé en zoologie et en éthologie avec le professeur Jan van Hoof (expert des expressions faciales émotionnelles chez les primates). Sa thèse porte sur le comportement agressif et la formation d'alliances chez les macaques.

De Waal a été inspiré par l'éthologue néerlandais Nikolaas Tinbergen.

Il fut professeur en éthologie des primates au département de psychologie de l'université Emory à Atlanta et directeur du Centre des chaînons vivants au Centre national Yerkes de recherche sur les primates (Atlanta).

Élu à la National Academy of Sciences (États-Unis) et à l'Académie royale néerlandaise des arts et des sciences, de Waal a contribué à faire avancer la connaissance sur les comportements des primates. Il a permis de faire mieux connaître les capacités d'empathie et de coopération dont ils sont capables. Et surtout, il a mis en évidence le phénomène de réconciliation chez de nombreuses espèces de primates après un conflit, aptitude qu'on considérait auparavant réservée à l'espèce humaine.
 

Au final, il s'interroge sur ce qui fait la différence entre les humains et les bonobos ou les chimpanzés, dont nous partageons 98,5% des gènes. Il dit ceci :

« Nous commençons par postuler des frontières nettes, telles qu'entre les humains et les grands singes, ou entre les grands singes et les singes, mais avons en fait affaire à des châteaux de sable qui perdent beaucoup de leur structure lorsque la mer de la connaissance les recouvre. Ils se transforment en collines, nivelés de plus en plus, jusqu'à ce que nous revenions là où la théorie de l'évolution nous mène toujours : une plage en pente douce.»

De Waal démontre, par ses travaux, que le sentiment d'injustice existe aussi chez les grands singes, de même que l'entraide. Il considère l'empathie et la sympathie comme des caractéristiques universelles des mammifères. (Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Frans_de_Waal)

En 2012, il partage le prix Ig-Nobel d'anatomie avec Jennifer Pokorny pour leur étude montrant que les chimpanzés peuvent identifier leurs congénères en voyant l'image de leur postérieur.
[Prix Ig-Nobel : prix parodique du prix Nobel récompensant les recherches scientifiques qui font rire les gens, puis qui les font réfléchir].

 

Frans de Waal a publié de nombreux livres de vulgarisation, voici quelques titres :

- La Politique du chimpanzé.
- De la réconciliation chez les primates.
- L'âge de l'empathie : Leçons de nature pour une société plus apaisée.
- Sommes-nous trop "bêtes" pour comprendre l'intelligence des animaux?

 

 

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