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AFRIQUE PASSE ET PRESENT

20 Août 2007 , Rédigé par Tidiane Diakite Publié dans #SOCIETE

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Pourquoi l'Afrique peine-t-elle à émerger ?

  

Parmi les raisons externes et internes, fort nombreuses qui expliquent le décrochage de l'Afrique par rapport à d'autres régions du monde, et son état actuel, quelques traits culturels qui sont un verrou puissant au progrès.

   Tout d'abord, le poids excessif du groupe qui ne laisse aucune autonomie de pensée et d'action à l'individu.

   L'individu n'existe pas. Il n'a ni liberté, ni droit, ni sentiments personnels par rapport au groupe. Il est ignoré, écrasé. Les notions de liberté, de droit de l'individu, celles de responsabilité individuelle n'existent pas non plus. Ceci constitue un grave dévoiement de l'idéal salutaire et si noble de solidarité et de sens de la communauté.

   Tout le monde doit suivre le schéma commun et passer par le même moule, sous peine d'être condamné sans réserve, voire banni. L'individu doit s'oublier totalement au profit du groupe.

Il est nécessaire d'opérer sinon une inversion, du moins un réajustement de ces valeurs en maintenant un équilibre individu-groupe et mettre le premier avec sa liberté et sa responsabilité non pas à la marge mais au centre du groupe.

   L'individu avec sa liberté et sa responsabilité, c'est l'individu qui se bat pour exister, pour créer, innover, inventer à partir de ses propres sentiments, ses propres sensations et sa propre expérience. Le conflit de générations qui se vit actuellement en Afrique est avant tout un conflit de cultures. Parmi les valeurs sociales traditionnelles africaines vient en tête la primauté du groupe (on est ce que le groupe veut qu'on soit et rien d'autre ; on fait ce que le groupe veut que l'on fasse, et rien d'autre), suivent le respect de la hiérarchie de l'âge (l'aîné a toujours raison, quoi qu'il fasse), l'obéissance, la politesse, l'entraide, le courage ...

   Compte tenu de ce tableau des valeurs, la réussite au sens traditionnel, c'est l'intégration au groupe, voire la soumission inconditionnelle au groupe. Par conséquent, la réussite comme ambition de se réaliser en tant qu'individu autonome grâce aux études et à la formation, est en contradiction avec ce critère traditionnel de la réussite.

   Pour les jeunes actuellement, tout particulièrement les jeunes filles, réussir, c'est faire des études, se former, obtenir un emploi en vue de s'émanciper. Ce qui les différencie de leurs mères dont le sort ou l'avenir était exclusivement lié au bon vouloir des parents, des "Anciens" c'est-à-dire du groupe et selon la coutume.

   Mais l'inverse aussi est constaté de plus en plus. Pour une certaine jeunesse, l'idéal dans la vie c'est avoir de belles villas et de belles voitures. On est considéré comme une personne digne de ce nom que lorsqu'on a ses villas et ses belles voitures. La question qu'on pose alors à celui qu'on rencontre n'est pas "Où en es-tu ? Comment vis-tu ? Qu'as-tu fait de ton talent ? Mais : Combien de villas ?" 

   Et lorsqu'on a ses villas, on vit de ses rentes. On ne réfléchit plus en dehors de ce qui est purement matériel, on ne crée, ni n'innove, ni n'invente. La réussite s'arrête là.

   Incontestablement certaines structures sociales et familiales constituent un obstacle au progrès individuel et collectif en Afrique.

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[Voir mon livre : L'Afrique et l'aide ou Comment s'en sortir, chez L'Harmattan]

 

 

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