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27 décembre 2006 3 27 /12 /décembre /2006 13:36

Un enfant de 11 ans mort suite aux coups d'enfants de 11 ans dans un collège de Meaux le 21 décembre 2006

          Un fait divers affreux, doublement dramatique :

               - d’abord parce qu’il met en scène des préadolescents,

               - ensuite parce que ce drame a pour cadre l’enceinte d’un établissement scolaire, un collège, lieu de formation de la conscience, lieu d’apprentissage du respect de l’autre, d’ouverture aux autres et à la vie civile.

 

            Aussi insupportable qu’il soit, ce terrible fait divers n’a rien d’étonnant pour l’observateur attentif de la société et des réalités de nos collèges. Hélas, ce drame pourrait, aujourd’hui ou demain, être multiplié. Il est révélateur de l’état de l’école d’aujourd’hui, produit de la société d’aujourd’hui.

       Beaucoup de Français, officiels ou anonymes, enseignants ou parents, s’en sont logiquement émus. Le manque de moyens, l’insuffisance de l’encadrement, un trimestre trop long… sont généralement évoqués non pour le justifier, mais pour l’expliquer. Argument dérisoire face à la réalité première. Il est tout aussi symptomatique que parmi toutes ces raisons évoquées, il ne soit fait une seule fois mention des causes premières. La réalité, c’est qu’aujourd’hui et de plus en plus, le mot « éducation » passe au second plan s’il n’est pas tout simplement oublié. Or, où aller, que faire ? Comment former sans éduquer ? L’absence de règles et de normes, ce n’est pas la liberté, mais la servitude de la conscience. Toute liberté humaine est une liberté sous conditions.

      Faut-il se résigner à la disparition ou à l’agonie de l’é – du – ca – tion au sein de nos établissements scolaires, en particulier des collèges ? Pour bâtir quelle Cité et quelle Citoyenneté ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 décembre 2006 6 09 /12 /décembre /2006 16:59

 

 Prenons nos responsabilités face à l’Histoire

            Ce thème alimente l’actualité depuis un certain temps, nourri de fantasmes, de non-dits mais sans doute aussi de beaucoup d’ignorance.

 

 

           Peut-on juger, condamner ou acquitter sans une connaissance approfondie des faits, de l’Histoire.

Il est peu de sujets de l'histoire africaine sur lequel on ait autant écrit que sur la traite atlantique. Cependant et fort curieusement, cette traite demeure l'un des faits de l'histoire africaine le moins bien connu.

           Les documents sont abondants et les ouvrages importants qui portent tous sur l'aspect européen de la traite. Il est ainsi question de traite anglaise, portugaise, hollandaise, française...

          La plus grande littérature demeure celle fournie par les écrits des antiesclavagistes et de leurs adversaires. Mais l'aspect purement africain reste encore dans l'ombre pour une bonne part. Quelle fut la dimension spécifiquement africaine du phénomène?

          D'une manière générale les écrits sur la traite des Noirs posent plus de questions qu'ils n'apportent de réponses précises, fiables et définitives. De nombreux historiens qui se sont penchés sur ce sujet, se sont contentés le plus souvent, d'énoncer des généralités. Parmi celles-ci, une semble privilégiée et revient très fréquemment à l'esprit. C'est le nombre d'individus que la traite a coûté à l'Afrique. Combien sont partis? Combien sont morts? Nul ne le saura sans doute jamais. C'est à croire que les documents indispensables pour une telle évaluation n'ont jamais été élaborés. A cet égard, il peut sembler étonnant de constater que jamais deux ouvrages consacrés au même thème — la traite des Noirs — ne donnent les mêmes chiffres, même s'ils traitent tous deux d'une même région à une même époque et qu'au contraire, ils se tirent tous d'affaire par des interrogations, sinon par une estimation fournie à partir de données confuses et incomplètes.

            Ainsi que nous le fait remarquer Basil Davidson, « entre 1580 et 1680, par exemple, on dit que les Portugais n'ont pas transporté moins de un million d'esclaves au Brésil. Dans les cent années qui suivirent, il semble que les colonies britanniques d'Amérique du Nord et des Caraïbes aient reçu au moins deux millions d'Africains. Pour le total général des esclaves débarqués vivants outre-Atlantique, un éminent statisticien démographe, Kuczinski, est arrivé à la conclusion que quinze millions est un «chiffre qui peut être retenu. » D'autres chercheurs ont accepté ce chiffre, mais comme un minimum; certains ont pensé que le total probable serait une cinquantaine de millions et d'autres encore l'ont estimé beaucoup plus élevé... »

          Qui dira jamais aujourd'hui, avec assurance et sans risque de contredit, le nombre exact de morts, victimes de razzias, de captures ? Qui établira jamais avec certitude le nombre de ceux qui sont morts durant la traversée entre l'Afrique et l'Amérique? La traite atlantique attend toujours son statisticien, celui qui affirmera des faits et donnera des chiffres sans point d'interrogation. Elle attend aussi ses économistes ainsi que ses psychologues et ses sociologues. Les responsabilités africaines dans ce trafic d'esclaves apparaissent d'autant plus difficiles à établir avec la rigueur scientifique exigible.

           Qui dira avec certitude la part qui incombe aux Africains eux-mêmes dans ces chiffres? Qui sont ces Africains négriers ? Comment se comportaient-ils au sein de leur société d'origine ?

          Si la dimension africaine de la traite négrière (ou traite atlantique) ne peut être niée ou minorée, il incombe, me semble-t-il, aux historiens africains eux-mêmes d’en évaluer la réalité et la portée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 novembre 2006 7 19 /11 /novembre /2006 15:31

LE REGARD COLONIAL OU L’ETERNEL POISON

 

Assimilation, francisation, union, association, communauté, sont autant de vœux pieux, autant de vocables creux, tout au long de la colonisation française en Afrique, qui sonnent comme autant d'idéaux inaccessibles.

 

Au terme de deux siècles de frottement mutuel, de côtoiement, de sang mêlé sur les fronts communs, jamais autant la distance séparant ces deux communautés française et africaine n'a été aussi importante. Elle est aussi grande au début du XXIe siècle qu'au début du XIXe, voire davantage encore. Jamais la méconnaissance, l'incompréhension, la méfiance, l'ignorance mutuelle n'ont été aussi profondes. Pourquoi tous ces idéaux initialement exprimés par les Français, tout particulièrement par les fondateurs de la IIIe République et assignés à la colonisation ont-ils si piteusement échoué, malgré l'école, malgré le service des armes, éternels creusets aux vertus unificatrices, lieux de rencontre, de brassage et de « modélisation » des consciences ? L'une des raisons essentielles est que ces rapports furent bâtis sur un péché originel : le regard colonial, ce regard qui crée et pérennise la distanciation, sème la défiance et la discorde ; ce regard est un poison fatal. Il se nourrit essentiellement de deux aliments spécifiques : les mots et les images, lesquels se cristallisent en stéréotypes à la vie dure.

 

La pérennité de l'impact des expositions humaines et des chansons exotiques se traduit dans cette frontière mentale entre « eux » et « nous », entre sauvages et civilisés, colonisés et colonisateurs. Ce mur n'a été détruit ni par les décolonisations, ni par la Déclaration universelle des droits de l'Homme, ni même par la mondialisation. C'est la frontière invisible, tapie dans le subconscient des uns et des autres et qui nécessite  - pour l'abattre -  une thérapie collective de longue durée. Il faut revisiter l'histoire en l'assainissant, en la débarrassant des brumes opaques qui obscurcissent les regards et entravent la communication, celle des idées et des hommes. Il faut déconstruire par la pédagogie et l’exemple, les préjugés et les stéréotypes. D'ici là persistera le regard colonial dans lequel est gravée en lettres indélébiles l'histoire de la colonisation, avec tout ce qu'elle véhicule, l'inégalité des races, les races supérieures et les races inférieures, le droit de dominer, le devoir de civiliser mais aussi quelques regrets de n'avoir pas assez dominé ou d'avoir trop dominé. Le regard colonial charrie tous les stéréotypes propres à sa nature. Ce regard figé juge et disqualifie d'office le colonisé non pas pour ce qu'il fait, mais pour ce qu'il est. En ce domaine l’essentiel reste à faire.

 

 

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5 novembre 2006 7 05 /11 /novembre /2006 17:19

Pour le meilleur ou pour le pire ?

          Le Sommet Chine-Afrique qui s’est ouvert ce vendredi 3 novembre 2006 à Pékin n’est pas un événement banal. Il a une double résonance historique en cela qu’il rappelle tout d’abord la fameuse Conférence de Bandoung en Indonésie en avril 1955. Ce rendez-vous des peuples anciennement colonisés ou dominés, marquait la volonté de ces nations sous-prolétaires de s’affirmer sur la scène internationale face aux deux blocs : l’Est et l’Ouest.

        Ensuite, ce Sommet Chine-Afrique appelle le parallèle avec le désormais traditionnel Sommet France-Afrique qui a lieu tous les deux ans. Le Sommet de Pékin de 2006 en exprimant le désir des Etats d’Afrique de se frayer une nouvelle voie dans les relations avec le reste du monde, apparaît indéniablement comme une défiance à l’égard de l’Europe, surtout de la France. A n’en pas douter, l’impact de ce Sommet Chine-Afrique sera plus marquant dans les faits et dans les esprits que celui des Sommets France-Afrique.

         Ce tête-à-tête Chine-Afrique est aussi hautement symbolique à deux égards :

         - C’est le signe d’un échec cuisant de l’Europe en Afrique, tout particulièrement de la France, « tutrice naturelle et historique » du continent africain.

        (Pourquoi cet échec ?)

        Mais surtout, c’est le signe éclatant du réveil de la Chine. « Quand la Chine s’éveillera » avait prédit l’ancien ministre du général de Gaulle, Alain Peyrefitte. La Chine aujourd’hui s’éveille et il faut croire qu’elle ne se rendormira pas de si tôt. Le Dragon est debout et se met en marche.

        L’Afrique et la Chine, c’est la rencontre de deux humiliées de l’Histoire, deux membres du tiers monde, de ce monde à part qui a tant enduré, tant subi ! La Chine est en train de grignoter jour après jour les positions européennes en Afrique. Elle déconstruit avec art, méthode et pragmatisme ces pré carrés poussiéreux que les Européens croyaient à tort assurés de l’éternité. Sa réussite dans cette entreprise  -à court terme en tout cas-  semble certaine et pour cause !

       Elle sait employer auprès des Africains le langage convenu qui rassure et réconforte. Plutôt que des discours, elle met la main au portefeuille, délie les cordons de la bourse sans sourciller, « généreusement ». Son langage simple, direct et précis évite toutes circonvolutions tortueuses. Elle aide à éponger la dette, à bâtir des infrastructures de première nécessité (routes, voies ferrées, gares, ports, aéroports…). Elle s’emploie à soigner des plaies, à créer et équiper des hôpitaux. La Chine tend la main aux Africains au moment même où l’Europe leur tourne le dos. Mais, la Chine fera-t-elle le salut de l’Afrique ?

        Si la Chine est actuellement le 2e partenaire commercial de l’Afrique (très probablement le 1er à brève échéance), ce partenariat se limite pour l’instant à l’invasion des marchés africains par les produits manufacturés chinois à prix cassés défiant toute concurrence et en contre partie l’approvisionnement de l’industrie chinoise en matières premières et pétrole africains au risque de l’asphyxie des frêles industries africaines naissantes. C’est l’éternel schéma de l’Afrique pourvoyeuse de produits primaires au profit de l’industrie des pays développés.

        En fait de coopération et de relations internationales, les liens historiques avec les anciennes puissances coloniales ne peuvent être rayées d’un trait de plume. Leur complexité est telle que leur éradication systématique et définitive ne saurait advenir sans conséquences majeures. L’impact de la colonisation n’est pas seulement matériel, il est aussi humain et culturel.

       La culture chinoise et les cultures africaines sont-elles compatibles au-delà de simples relations marchandes ? La Chine saura-t-elle voir par-dessus la tête des Africains autre chose que leurs matières et leur pétrole ? Si les Africains adoptent à l’égard de la Chine une attitude autre que celle du consommateur passif qui assiste consciemment ou inconsciemment au pillage systématique de ses richesses naturelles, s’ils s’engagent résolument, avec intelligence et détermination dans un partenariat constructif et actif, qui ne néglige ni les valeurs intrinsèques de l’homme, ni la formation technique, technologique, partenariat fondé sur la volonté sans réserve des transferts de compétences leur permettant de transformer, de valoriser leurs ressources naturelles, de créer et produire chez eux, alors, ces nouveaux rapports sino-africains peuvent porter les germes d’un futur prometteur, d’une nouvelle promesse de renouveau du continent africain. Les Africains gagneraient à exercer à l’égard de ce nouveau partenaire du XXIe siècle, la vigilance qui leur a fait défaut dans leurs rapports avec l’Europe aux XIX et XXe siècles.

        Sinon, il faudrait craindre pour l’avenir de l’Afrique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 octobre 2006 4 26 /10 /octobre /2006 13:39

Tidiane Diakité relève ici un défi, celui de satisfaire un grand besoin d’information sur le continent africain, son histoire et même sa situation actuelle, exprimé par les jeunes. Pour ce faire, il répond aux questions « hors programme » de jeunes collégiens et lycéens.

            Il nous faut bien convenir, au fil de la lecture, que ce questionnement n’est pas seulement celui des jeunes, mais celui de beaucoup de Français, adultes et détenteurs du droit de vote, ignorant les réalités de ce continent ou ne les percevant qu’à travers des images télévisuelles. Les questions des jeunes, toujours directes et sans diplomatie, exigent des réponses claires et objectives. Le sujet est si vaste que les réponses fournies ne constituent pas des exposés complets, mais les bases indispensables d’une réflexion, voire d’une recherche plus profonde que le lecteur aura envie d’entreprendre après avoir lu ce livre. Ces bases manquent trop souvent à tous ceux qu’un public interpelle au sujet de l’Afrique pour répondre avec clarté.

            L’Afrique expliquée, réponses aux questions des jeunes est aussi un document utile à tous les pédagogues en même temps qu’un chef-d’œuvre de communication.

  

            Ouvrage édité par Editions Cultures Croisées

            1 Av. Maurice de Vlaminck – Pav. 64

            77680 Roissy-en-Brie

            
                     
   http://www.ed-cultures-croisees.org

 

 

 

   

« L’AFRIQUE EXPLIQUEE »

 Présentation du livre

             Il s’agit bien de l’Afrique expliquée  et non de l’Afrique racontée.

             L’auteur n’a rien d’un conteur face à son public devant lequel il déroule un répertoire de morceaux choisis. La matière ici vient du public lui-même qui a la maîtrise entière des thèmes et du rythme.

             Les idées et la réflexion s’imposent au « conteur » qui, de ce fait, s’oblige à une analyse en adéquation avec la demande de son public.

            

La symbolique des images de couverture

            

Pourquoi l’arbre ?

             L’arbre est au centre de toutes les mythologies africaines. Séjour des génies et des esprits, il parle, console, réprimande, protège et guide.

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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 15:52

La sociologie du Parlement en France est un indicateur et un bon observatoire de la place de la femme dans la vie publique française. L’actuelle Assemblée élue le 16 juin 2002 est la reproduction quasi parfaite, à l'identique, des précédentes malgré la loi sur la parité du gouvernement Jospin. On pourrait étendre la comparaison par simple curiosité. En 1967, la répartition des candidats par sexe est la suivante :

           Hommes : 2126.

           Femmes : 64.

          Sur un total de 470 députés élus, l'Assemblée compte 9 femmes. A la même date, l'Allemagne Fédérale avait 41 députées.

          En 1968 la répartition des candidats est la suivante :

          Hommes : 2190.

         Femmes : 75.

        A l'issue des élections on compte 8 femmes élues sur 470 députés. La situation est quasi identique en 1973, où les candidats se répartissent ainsi :

       Hommes : 2823.

       Femmes : 200.

      A l'arrivée, la composition de l'Assemblée par sexe est de 8 femmes sur un total de 473 députés.

      Si en 2002, le nombre de députés est sensiblement relevé, passant de 470 en 1967 à 577, la stagnation du nombre de femmes députées est constante. A quoi l'octroi du droit de vote et d'éligibilité aura-t-il servi si les femmes, 62 ans après, ne peuvent se faire élire malgré leur supériorité numérique dans la population et dans l'électorat du pays ? Si la parité est acquise dans les textes, la culture de parité reste à conquérir dans les têtes.

       Au-delà de la place de la femme dans la représentation nationale, la sociologie de cette Assemblée permet de mettre en lumière quelques lignes de fracture qui traversent notre société. L'accès à la représentation du peuple est-il une affaire de classes, de clans ou de réseaux ? Où sont les ouvriers, artisans et paysans ? Où sont ces citoyens français issus de l'immigration, notamment en provenance d'Afrique ? Les professions les plus représentées sont prioritairement celles du secteur public : fonctionnaires, enseignants, haute fonction publique totalisent 35,6% de l'Assemblée de 2002, soit 205 députés sur 577. Ce total atteignait 255 dans l'Assemblée élue en 1981 et 241 dans celle de 1997. Le secteur privé y est présent par ses cadres : chefs d'entreprises, administrateurs de sociétés. D'une manière générale, les professions libérales : médecins, avocats, architectes, journalistes arrivent en deuxième position derrière les fonctionnaires.

         Au bas des marches, se regroupent, sur les travées, 24 ouvriers et employés, 12 agriculteurs, 9 artisans et commerçants (Assemblée de 2002).

          Or, proportionnellement à la population du pays, ces chiffres sont inversés. En effet, les professions libérales comptent pour 1,3% des actifs, mais presque 20% de l'Assemblée nationale. Quant aux fonctionnaires, ils constituent à peine 20% de la population active mais 35,5% des députés. Enfin, le gros de la population active nationale, les ouvriers et employés : 57%, voit sa supériorité numérique réduite à une peau de chagrin : 4% de l'Assemblée nationale.

            Combien de député…es 

            Combien d’ouvriers 

           Combien de citoyens issus de l’immigration élus au Parlement au lendemain des législatives de juin 2007 ?

            Les paris sont ouverts !

 

 

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11 octobre 2006 3 11 /10 /octobre /2006 16:18

LA CONDITION FEMININE EN FRANCE, HIER ET AUJOURD’HUI.

 

 

Quelques chiffres et dates simples fixent d'emblée le cadre de l'évolution de la condition féminine en France.

 

1944: le droit de vote et d'éligibilité est enfin accordé aux femmes de par la loi, longtemps après les Anglaises (1918), les Italiennes, les Américaines..., les Turques.

 

Mais après cet acquis décisif, qui aurait dû fort logiquement et implicitement faire tomber bien d'autres barrières érigées sur le chemin de la femme depuis Saint Augustin, certaines portes sont restées obstinément fermées. Il fallut ainsi attendre 1965 pour que la femme ait le droit d'exercer une profession, d'ouvrir un compte en banque, vendre des biens sans le consentement du mari, 1967 pour qu'elle ait droit à la contraception, 1970 pour que l'autorité parentale se substitue à l'autorité paternelle, 1975 pour qu'elle ait le droit de choisir avec le mari le lieu de résidence. C'est en 1979 enfin que le viol est jugé en cours d'Assises comme un crime. Il faudra attendre 1980 pour que la loi interdise aux employeurs de renvoyer une femme de son travail parce qu'elle est enceinte, 1983 pour que soit proclamée l'égalité professionnelle : à travail égal, salaire égal. Or le préambule de la Constitution de la IVe République stipule : La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme. Enfin la loi de parité est votée en 1999.

 

Entre temps, la femme a, armée de son courage, de son énergie et guidée par sa volonté, forcé bien d'autres barrières, se niant avec appétit vers les lieux de formation et de culture : lycées, facultés, y compris la faculté de médecine, les Grandes Ecoles et même ce lieu forclos : l'Académie française, citadelle imprenable pour la gent féminine depuis Richelieu ! Se pouvait-il qu'une femme pût être « immortelle ? »

 

Et ce, avec un appétit d'autant plus dévorant que les circonstances ne plaidaient guère en sa faveur nonobstant l'action résolue de quelques républicains convaincus de la fin du 19e  siècle. L'accès des jeunes filles au baccalauréat autorisé seulement en 1862 restait encore un événement rare jusque dans le premier tiers du 20e  siècle et l'enseignement secondaire des jeunes filles ne fut assimilé à celui des garçons qu'en 1924. Et que dire de l'accès des filles à l'Université !

 

Et les droits égaux à ceux de l'homme dans tous les domaines comme cela est formulé dans la Constitution ? Cela, à défaut d'être vérifié dans les salaires et l'accès aux postes de responsabilité administrative, le sera-t-il dans le domaine strictement politique, c'est-à-dire la gestion des affaires publiques à laquelle on accède par des mandats électifs ? Cette égalité se vérifie-t-elle dans la proportion de citoyennes à la tête des mairies comme à la tête des départements et régions de France ou encore dans la vie des formations politiques ? Et surtout au sein de la représentation nationale, à la Chambre des députés et au Sénat, cette égalité est-elle effective ?

 

 

Et le mérite ?

 

 

            Afin d’écarter les femmes le l’accès aux mêmes qualifications que les hommes, les savants et érudits du 19e siècle (à la suite de ceux des siècles antérieurs) s’évertuèrent à distinguer les « sciences dures » des « sciences humides », les premières réservées exclusivement aux hommes, les secondes aux femmes.

 

            Quand toutes les barrières furent rompues au début du 20e siècle et les lieux du savoir ouverts aux deux sexes, l’accès aux honneurs ainsi que les distinctions dus aux inventions et découvertes fut un autre mode de discrimination au détriment de la femme. L’histoire de Clara Haber en est un exemple édifiant.

 

      Clara Haber, l'épouse du chimiste allemand Fritz Haber, l'inventeur du diabolique gaz de combat (le gaz moutarde) pendant la Première Guerre mondiale et qui fut aussi acteur dans la mise au point du tristement célèbre Zyklon B, utilisé dans les chambres d'extermination de la Seconde Guerre mondiale. Clara Haber, chimiste elle-même, guidée par son sens de la justice et son humanisme, mais aussi par sa sensibilité naturelle, usa de tous les moyens en son pouvoir pour dissuader son époux de poursuivre ses travaux et recherches qu'il destinait au service de la guerre, en vain. La séduction et la menace n'eurent aucun effet sur la détermination de son mari qui alla jusqu'au bout de sa logique avec les conséquences que l'on sait. De désespoir, elle se donna la mort.

 

Ironie de l'histoire, après le suicide de son épouse motivé par son impuissance à arrêter la mise au point par Haber des armes de destruction de la vie humaine, celui-ci obtint le prix Nobel de chimie. Son nom figure aujourd'hui dans toutes les encyclopédies du monde, pas celui de sa femme. Le premier mit la science au service du pouvoir de la guerre, la seconde voulut, toute sa vie, réserver la science au service exclusif de la beauté et de la paix du monde.

 

            Il existe encore bien des Clara Haber méritantes et anonymes de par le vaste monde !

 

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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 16:48

COMMENT ENSEIGNER SANS EDUQUER ?

 

Effort, mérite, excellence, respect, pourquoi ces termes sont-ils de nos jours pratiquement gommés du vocabulaire éducatif et pédagogique ?

Le nivellement par le bas peut-il être un idéal, un principe d’éducation et de formation ?

Ne peut-on partir du bas pour accéder à l’excellence ?

Pourquoi ne pas accorder, à ceux qui sont en bas, le droit à l’excellence ?

Quiconque est né dans un taudis ne peut-il revendiquer, voire exiger ce droit à l’excellence ?

Le droit à l’excellence ne devrait-il pas être un droit exigible du système éducatif ?

Egalité doit-elle forcément rimer avec égalitarisme ?

Y a-t-il incompatibilité égalité et mérite ?

Y a-t-il incompatibilité entre égalité et excellence ?

Qu’en pensent nos éducateurs, sociologues, pédagogues et politiques ?

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17 septembre 2006 7 17 /09 /septembre /2006 15:05

Islam et islamisme

Pour ne pas confondre islam et islamisme, la distinction s’impose entre l’islam et l’action de ces gens symptomatiquement baptisés « fous de Dieu ».

Y a-t-il un islam ou des islams ?

Quelle est la nature du terrorisme islamiste qui a frappé les Etats-Unis le 11 septembre 2001 ? A-t-il des liens avec l’islam et quel islam ?

Première considération, l’islam ne connaît pas d’autorité universelle, comme la papauté pour le catholicisme qui fixe la règle et interpelle. Cette absence de référent universel souverain implique pour l’islam une multitude de courants et d’interprétations. Plus généralement, il y a autant d’islams que d’interprétations même si tous se réfèrent au prophète Mahomet et au coran.

Deuxième considération, cette multiplicité d’interprétations et de « chapelles » n’est pas réservée au seul islam. Toutes les religions connaissent ces « pathologies » extrémistes qui, à des moments précis de leur histoire, les affectent et tendent à brouiller la linéarité de leur message de paix, d’amour et de concorde universelle.

Le christianisme est riche de ces « déviances », de ces embardées du message du Christ confronté à l’histoire des peuples et aux contingences propres à un temps ou à un lieu. Depuis le IVe siècle, le parcours du chrétien est jalonné de ces épisodes sanglants mettant aux prises des chrétiens avec des chrétiens. La Saint-Barthélemy en est une vivante illustration, tout comme l’Inquisition.

De même dans l’islam, des réactions violentes et irraisonnées rompant avec le message classique de paix et d’amour proviennent d’illuminés qui se croient les seuls détenteurs de la Vérité universelle et intangible et investis d’une mission rédemptrice. L’islamisme fait partie de ces hérésies qui ne sont que caricature sanglante de la religion musulmane. Les Talibans en Afghanistan en sont un modèle. Leur nocivité est à la mesure de leur connaissance sommaire de l’islam. Mus par l’obscurantisme barbare et le fanatisme aveugle, ils érigent l’ignorance en dogme au nom duquel ils tuent et martyrisent.

En simplifiant, on peut distinguer deux tendances majeures dans l’islam, qui ne datent pas d’aujourd’hui, mais dont la confrontation connaît une plus grande acuité.

La première de ces tendances est plus ouverte à la modernité. On y trouve les musulmans pour qui il devient indispensable de procéder à une certaine mise à jour de certains préceptes du coran incompatibles avec l’évolution du monde.

Le second courant incarne l’option opposée et prône le maintien en l’état de préceptes et de pratiques datant du VIIe siècle.

Al-Qaida, Ben Laden et ses partisans, les Talibans aussi bien, sûr se situent dans cette deuxième catégorie, prêchant un islam anachronique, fermé et fanatique, au service d’une idéologie également anachronique et sommaire, à prétention universaliste. Pour eux, le terrorisme exercé au nom de l’islam est un moyen de politique internationale et de domination du monde. On ne peut se cacher le fait qu’ils soient dangereux et inquiétants pour la paix du monde. Ils sont d’autant plus nocifs qu’ils se constituent en « internationalterroriste ».

L’espoir ne peut venir que d’une prise de conscience universelle de cette dangerosité et d’une action militante déterminée des musulmans eux-mêmes, des intellectuels et des plus hautes autorités musulmanes reconnues, pratiquants d’un islam de paix et de tolérance. Au-delà, la solution passe d’une part par la démocratie à l’intérieur des Etats arabes et musulmans, d’autre part par la prise en compte par le monde occidental développé, des frustrations des peuples. L’iniquité, l’injustice, le mépris sont le terreau qui fertilise le terrorisme fanatique.

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16 août 2006 3 16 /08 /août /2006 12:41

L'ECOLE : COMMENT VA-T-ELLE ?

« Mutations et crise de l’école publique  

Le Professeur est mort, vive le prof »  

 

Que dit ce livre ?

Que veut ce livre ? 

Ce n’est pas un livre de vaine polémique. Il n’est dirigé ni contre les autorités de tutelle, ni contre les parents, encore moins contre les professeurs ou les élèves.

C’est un livre de réflexion pour construire, non détruire. Il part d’un constat et d’une réalité. Le système éducatif français est l’un des meilleurs au monde. En même temps, comment expliquer qu’un système aussi reconnu pour sa qualité laisse autant de jeunes au bord de la route, et produise autant d’échec ?

De 150 000 à 160 000 jeunes sortent chaque année de l’école sans diplôme ni qualification. Peut-on l’accepter ?

Comment expliquer que le privé gagne chaque année un peu plus sur le public (en effectif et en résultats) ? Serait-il interdit de le constater, de s’interroger ?

Comment ne pas reconnaître que plus que jamais, les inégalités s’étendent et s’approfondissent au sein de l’école publique ?

Le système du collège unique est-il sans reproche ? Il est qualifié dans ce livre de « démocratisation inachevée ». Si le collège unique c’est l’école pour tous, comment faire qu’il signifie également la réussite pour tous ?

Le livre invite à partir de ce constat à la réflexion, pour susciter un débat constructif, c’est-à-dire honnête, sans démagogie ni vaine polémique. Telle est son ambition. Sans débat, il n'y a ni démocratie, ni avancée possible dans aucun domaine, y compris dans l'Education nationale en France. Ceux qui s'opposent à tout débat par sectarisme, parce qu'ils croient détenir seuls la Vérité révélée sont aussi responsables des blocages du système. Le fil conducteur c’est l’échec scolaire et les questions incontournables qu’il appelle.

Il ne s’agit pas d’abattre le collège unique. Il s’agit de l’évaluer pour en faire un instrument de réussite. S'il est question de mérite dans ce livre, il ne s'agit pas de mérite lié exclusivement aux notes. Le livre propose par ailleurs la suppression de la note avant le lycée, mais comme encouragement à l'initiative et à la responsabilité (solidarité entre élèves, aide aux plus faibles, respect du règlement, propreté des lieux,  environnement...).

Il ne s’agit pas non plus de savoir si le niveau monte ou baisse. Ceci est un débat stérile sans objet ni substance car il relève d’une perception personnelle qui n’est d’aucune utilité dans l’évaluation du système éducatif dans sa globalité. C’est un débat sans fin, donc sans intérêt et qui masque les questions de fond.

Le niveau monte par rapport à qui ?

Il baisse par rapport à quoi ?

Il monte et baisse où ? Dans quel domaine ? Quand ? …

L’avenir de l’école est trop important pour être soumis à ce genre de sophisme. Là n’est pas l’essentiel. L’essentiel c’est comment expliquer le fait que nous ayons aujourd’hui de plus en plus de jeunes en difficulté, en situation d’échec, démotivés (parfois violents) et qui finissent par perdre pied ?

Pourquoi ? Et comment faire ? Que faire pour y remédier définitivement ?

Les lecteurs jugeront. Je les invite à l’échange sur ces questions primordiales, au débat confiant et constructif en les assurant de mon respect, de ma considération.

   T. D.

 

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