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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 16:41
                                              

"L'homme ne pense qu'à l'argent, or l'argent ne peut pas sauver l'humanité, car il ne peut ni empêcher la mort, ni ressusciter les morts.
Il faut que l'homme se souvienne que le monde est trop beau pour être détruit. Ne faut-il pas laisser une place aux eaux, aux fleurs, aux étoiles et à la lune pour le bien des générations futures ?
L'homme ne doit pas oublier qu'il est une créature qui naît, grandit et passe. Personne ne peut bâtir le monde à sa guise."
                    (Propos d'un vieux sage Dogon du Mali)

  




 

 





 

 

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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 11:00



LA FEMME AFRICAINE OU LES FEMMES EN AFRIQUE ?

     La prégnance de l’islam dans les sociétés musulmanes d’Afrique est la plus forte. A la différence du catholicisme où hommes et femmes partagent le même espace à la messe ou hors des cérémonies rituelles en général, l’islam sépare hommes et femmes. Aux dernières, l’entrée des lieux de culte, la mosquée en l’occurrence, est interdite ou conditionnée à un certain nombre de critères strictement définis dont celui de l’âge. Entre les hommes et les femmes, l’islam « érige un espace fortement structuré entre les deux sexes : l’intérieur de la maison, le dedans est le royaume de la femme, elle-même, domaine secret de l’homme ; le dehors, c’est le champ d’action réservé au monopole masculin. Et tout chevauchement de ces espaces est limité et contrôlé par une multitude de rites »( MERMISSI (Fatima), Sexe, Idéologie, Islam, Paris, éditions Tierce, 1983.).

Contrairement au catholicisme par ailleurs, l’islam autorisait l’homme à « prendre » jusqu’à quatre épouses s’il en avait l’envie et les moyens. Comme le christianisme, il s’opposait à la grande liberté sexuelle accordée aux jeunes filles avant le mariage dans nombre de sociétés traditionnelles. Or, le continent se trouvait équitablement coupé en deux avec au Nord de l’équateur des populations majoritairement musulmanes et au Sud, des populations majoritairement chrétiennes.

La période coloniale ne fut pas celle de l’émancipation des femmes en Afrique. La promotion de la femme africaine resta en chantier.

De même que la colonisation ne fut pas un rempart protecteur des femmes contre les abus et l’arbitraire des hommes, elle ne leur assura pas non plus une promotion par l’instruction et la formation. Si l’école coloniale, en théorie, ouvrait ses portes à tous les enfants des deux sexes, la scolarisation des filles souffrit d’un déficit chronique. En effet, beaucoup de parents (surtout dans les sociétés musulmanes, mais aussi dans les zones rurales) s’opposaient avec vigueur à toute idée de scolarisation des filles. Près d’un demi-siècle après la décolonisation, cette carence marque toujours le système scolaire de la plupart des Etats africains. Dans les écoles africaines encore aujourd’hui, les écolières manquent à l’appel. Pour l’ensemble du continent, seules 57% des filles suivent les cours du cycle primaire contre 62% des garçons (chiffres de 2002). Ce déséquilibre est fortement accentué dans le secondaire et le supérieur.

Dans cette Afrique contemporaine, les handicaps qui freinent la scolarisation des filles sont nombreux. Ils sont matériels : ce sont surtout des difficultés de transports en zones rurales principalement (mais aussi dans les villes), peu équipées en établissement d’enseignement scolaire et en infrastructures de transport. Les handicaps sont aussi sociaux : le poids des occupations ménagères, la corvée d’eau (nécessité de longs déplacements quotidiens à la recherche de l’eau principalement en pays sahéliens), s’ajoutant aux travaux des champs, laissent peu de temps et de disponibilité pour suivre les cours d’enseignement. L’indifférence et l’hostilité de certaines familles parfois motivées par des frais scolaires exigés en maints pays, constituent un de ces obstacles.

Enfin, des freins socioculturels, la persistance dans les mentalités de l’image traditionnelle de la femme, incompatible avec l’école et ses valeurs, barrent le chemin de l’instruction et de la formation à des millions de jeunes africaines.

Ces handicaps conjugués freinent aussi l’accès en nombre des femmes aux fonctions politiques ou à la sphère publique. La majorité des femmes africaines ne participent guère ainsi à la vie politique faute d’une formation suffisante à cause de pesanteurs sociales multiples.



 

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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 11:02

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COLONISATION ET PROMOTION DE LA FEMME EN AFRIQUE

   


    La période coloniale : de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle fut marquée en Afrique par l'empreinte forte de deux institutions qui dominèrent les populations et les esprits : 
     - l'Administration coloniale avec ses règles et ses principes,
     - l'
Eglise catholique (les Protestants étant minoritaires sur l'ensemble du continent), avec ses règles et ses valeurs.
    Si ces deux institutions furent à bien des égards "complices" face aux Africains, elles s'opposaient sur bien des aspects dans leur attitude face aux cultures, aux traditions et certaines pratiques des
sociétés africaines.
    Parmi les points de convergence, le respect des coutumes locales fut prôné. Les seules exceptions à cette règle, où aucune tolérance ne pouvait être de mise furent d'une part les sacrifices humains là où ils étaient encore pratiqués (en réalité un nombre de régions très limité) et l'esclavage d'autre part. Sur ce dernier point à vrai dire, l'Administration coloniale ne fit preuve ni d'un zèle remarqué, ni de la vigilance nécessaire.
   En revanche, concernant la situation de la
femme, le désaccord était patent. L'Administration coloniale ne se soucia nullement de la pratique de la polygamie, du mariage précoce ou du mariage forcé, de jeunes filles de 12, 13 ou14 ans (mariées à des hommes qui avaient l'âge d'être leur grand-père et qui avaient déjà d'autres épouses). C'est effectivement sur ce point de la liberté du choix de la femme que se sont caractérisées de la façon la plus éclatante les divergences d'attitude entre Administration coloniale et Eglise catholique.
  L'attitude de l'Administration s'explique sans doute par son souci de complaire aux parents et aux anciens intéressés par le maintien de telles coutumes. Pour elle, ceci constituait un moyen  sûr d'obtenir de ces "vieux notables" la connivence dans l'application de "l'ordre colonial", condition de la stabilité sociale afin de conforter le système et obtenir des conditions d'un rendement économique meilleur.
  Quant à l'Eglise catholique, elle lutta farouchement contre la polygamie et le mariage forcé, au point que dans certaines colonies, comme au Congo, des institutions furent spécialement créées, baptisées "
l'oeuvre des fiancées" pour former les jeunes filles à "l'esprit du mariage" et les marier ensuite selon les canons de l'Eglise.
    Les jeunes filles menacées de mariage forcé par leur famille, trouvaient refuge et soutien dans les missions ainsi que dans ces institutions.
   Malheureusement, l'Eglise et l'Administration coloniale avaient aussi un point d'accord profond : la soumission intégrale de l'épouse au mari et la réduction de la sphère de la
femme au foyer et aux enfants. En cela, elles rejoignaient l'idéal et la pratique des notables, conformes aux coutumes. L'Eglise et l'Administration ainsi coalisées, rejoignaient les injonctions de l'Islam parmi les populations islamisées pour faire de l'épouse une femme soumise et docile. 
    La promotion de la femme africaine resta en chantier.
                           


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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 18:01

   

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       CULTURES AFRICAINES ET "MESURES"

 

 

   Au cours d'une conférence, j'ai vu certains esprits se crisper parce que j'avais souligné que "mesures" et usage des instruments de mesure ne faisaient pas partie du quotidien de bien des personnes en Afrique subsaharienne.
  De fait, mesurer sa taille, évaluer son poids, voire enregistrer les éléments essentiels de son état civil : naissance, mariage ... ne comptaient pas dans les préoccupations des milieux traditionnels.
   D'aucuns, parmi mes contradicteurs, dont une jeune française, estimaient que ces traits culturels, ces mesures, parce qu'ils étaient propres à l'Occident, n'avaient aucune utilité en Afrique. 
    Or, le mètre, le
système décimal, n'appartiennent plus à une aire culturelle spécifique (même si on connaît le foyer précis de leur éclosion en Occident). Ils transcendent aujourd'hui les aires culturelles et géographiques. Tout comme l'usage de la monnaie ou l'écriture. 
   Après l'invention de
l'imprimerie, certains peuples l'ont refusée parce que étrangère à leur culture. Mais ils ne la boudèrent pas longtemps, ayant sans doute compris que la rejeter, c'était choisir de se mettre en marge de la marche du monde et du progrès.
    Le mètre, le gramme, la monnaie, sont de nos jours des éléments du
langage universel. Ce sont des outils de pénétration du monde qui permettent de communiquer avec les autres, d'échanger au sens noble du terme et d'être au centre du monde, sans renier ses valeurs positives. Cela dit, on peut aussi faire le choix de s'en passer, comme on peut faire le choix du troc ou celui de vivre dans des "réserves".
    L'Afrique ne se développera pas en ignorant les outils du langage universel.


 


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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 18:12

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LES OUBLIES DE LA MEMOIRE

            Ils furent nombreux ces Africains, Malgaches, Maghrébins, Indochinois qui ont versé leur sang pour la France, cette "Mère-Patrie" à la fois si proche et si lointaine.
Plus généralement, Français et Africains ont mêlé leur sang dans toutes les guerres de l'époque contemporaine où la France s'est trouvée engagée. Déjà dans la guerre de Crimée en 1854, celle du Mexique en 1862-1863 et surtout en 14-18 et 39-45. Ils y ont combattu loyalement, ont souffert, beaucoup y ont laissé leur vie ou leur santé.
        Un ancien combattant africain de 14-18, Bakary Diallo rapporte un sentiment partagé alors par la plupart d'entre eux : 
"Beaucoup parmi nous croient que nous ne sommes considérés que comme des chiens de chasse à lancer où besoin est". 
Cet autre tirailleur du "Bataillon des Tirailleurs sénégalais Malafosse" précise en 1917 :
        "Bataillon Malafosse n'a pas bon, jamais repos, toujours faire la guerre, toujours tuer Noirs".
       Chiens de chasse, les soldats noirs furent aussi des cérbères promus à la garde des camps de réfugiés espagnols (à l'issue de la guerre civile espagnole à partir de 1939) dans le Sud de la France. Ils s'en sont acquittés avec un zèle tout particulier, au point que certains parmi eux de retour chez eux en Afrique, affirmèrent à leurs compatriotes avec aplomb que la Deuxième Guerre mondiale avait opposé les Français aux Espagnols et que ces derniers avaient été vaincus.  
        Ceci était une tradition de la France. Déjà lors de la Première Guerre mondiale, des Africains furent envoyés pour des missions de police et de maintien de l'ordre, en Allemagne, en Grèce, dans les Balkans ... Le zèle avec lequel ils exécutèrent ces missions contribua à leur forger une légende "noire" de brutalité, de cruauté et de sauvagerie encore en bien des mémoires dans ces pays.
La liste des Africains sacrifiés serait trop longue. De 1939 à 1945, 158 000 soldats africains furent recrutés ; 15 000 d'entre eux furent tués dans des combats ou exécutés par les Allemands. Au total, on estime le nombre de tués africains et malgaches à 25 000 dont 2000 dans les Forces françaises libres (FFL) et 7000 duranrt les combats de la Libération. 25 000 croupirent dans les prisons et les frontstalags allemands en France où ils furent condamnés aux travaux forcés dans des conditions de misère et de dénument extrême.
      Où sont-ils ces morts et ces sacrifiés dans la mémoire collective des Français ? Dans les manuels scolaires, dans les lieux de mémoire ?


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9 janvier 2008 3 09 /01 /janvier /2008 17:54

 

MIGRTATIONS.LIBRE CIRCULATION DES PERSONNES ?

Les migrations voulues ou forcées sont sans doute l'un des signes les plus tangibles de la mondialisation, mieux, de la globalisation.

La planète entière se rétrécit de siècle en siècle, voire d'année en année, en un "village mondial" où les destins humains se croisent et sont de plus en plus inextricablement mêlés.

Les produits, les capitaux, les modes, les informations, les technologies ... passent les frontières, sous-tendent et activent les flux humains. Entre la demande et l'offre, les migrations aussi, deviennent mondiales. Les migrants économiques sont aspirés par un marché de l'emploi devenu lui aussi global.

En 1965, on comptait 75 millions de migrants à travers le monde ; en 2 000, ils seraient 160 millions. Et encore il ne s'agit là que de chiffres officiels. Les migrants non comptabilisés dans ces statistiques officielles sont sans doute aussi nombreux.

Et contrairement à ce qu'une certaine actualité peut laisser penser, ces migrants ne sont pas constitués de réfugiés politiques ou de déplacés de guerre, mais d'hommes et de femmes à la recherche d'un emploi, d'une meilleure formation, pour mieux vivre ; des hommes et des femmes en quête de la "sécurtié de vie".

Cette réalité devrait inciter à plus de profondeur dans l'analyse des causes et de pertinence dans la recherche des solutions.

Toute solutions pour être viable, ne peut être que globale, inspirée par le souci de la préservation des droits humains et par la satisfaction des besoins fondamentaux.

Pourquoi des hommes et des femmes se déracinent-ils parfois au péril de leur vie ?

L'être humain a, en effet, une tendance innée : la recherche d'un mieux être. La carte du monde actuel, la carte des Etats ou celle des peuples est le reflet de cette réalité. Pourquoi partent-ils ?

- Ils partent pour mieux revenir.

- Ils partent pour vivre.

- Ils partent pour être.

Les nations, les organisations internationales, les gouvernements ont un devoir impérieux en ce début de XXIe siècle : l'invention du possible  - défi du siècle -  pour faire du phénomène migratoire un facteur de paix, d'épanouissement de ceux qui partent et de ceux qui reçoivent.

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25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 17:34

L'HOMME NOUVEAU

    La Révolution française de 1789 voulait faire table rase et faire renaître le monde à partir de l'An 1 (1792-1793).

    Staline, au nom de la révolution bolchévique de 1917, voulait créer "l'Homme nouveau", beau, fort, sain ...

    Hitler voulait la "race pure" qui écraserait toutes les autres au nom de la "pureté aryenne".

    Que de crimes !

    Comment promouvoir "l'Homme nouveau" ?

    Pour Anatole France "la folie de la Révolution fut de vouloir instituer la vertu sur Terre. Quand on veut rendre les hommes bons et sages, libres, modérés, généreux, on est amené fatalement à vouloir les tuer tous."

   Comment parvenir à la "régénaration de l'Humanité" ? 

    A méditer.


 

 

 

 

 

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4 novembre 2007 7 04 /11 /novembre /2007 16:19

La pérennité du quiproquo (suite)

    Les idées reçues, les préjugés et les clichés ne circulent pas au hasard. Ils ont le plus souvent des fondements historiques.

    La période de l'après-guerre, des années 20 aux années 30 peut être considérée comme le temps de l'enracinement de certains de ces stéréotypes, ces produits devenus la marque distinctive des Africains en France.

    Dès l'arrivée des premiers soldats coloniaux en métropole en 1914-1915, il fallut leur donner l'outil de leur intégration rapide dans l'armée. Il s'agissait alors de donner à ces combattants, analphabètes pour la plupart, les rudiments de la langue française pour pouvoir communiquer avec leurs chefs, recevoir et exécuter les commandements nécessaires à l'efficacité de leurs actions militaires.

    Des speudo-linguistes se disant spécialistes des langues africaines se chargèrent de déterminer le français qu'il convenait d'enseigner aux Africains. Des manuels furent hâtivement élaborés à cette fin, "véritables chefs-d'oeuvres" d'imagination et d'opportunisme linguistique. L'auteur anonyme d'un de ces manuels édité en 1916, affirme avec aplomb que l'article n'existe pas dans les langues parlées par les populations des territoires français d'Afrique occidentale (doù était origninaire l'écrasante majorité de ces soldats africains), que le genre féminin y est également inconnu (seul le masculin existait). Par conséquent le féminin se décline par l'opposé au masculin : exemple : la jument se traduit par "cheval-femme", la chienne devient "chien-femme" ... Ma tête devient "mon tête", ma jambe "mon jambe".

    De même, selon les règles de cette fameuse grammaire africaine, seul l'infinitif existe, le verbe ne se conjugue pas. De ce fait la formule magique pour compenser les carences de la "grammaire africaine" est "y en a". Ainsi C'est un bon tirailleur se dit "tirailleur, y en a bon".

    Le pronon il n'existant pas non plus, C'est un bon tirailleur, il obéit toujours devient "tirailleur, y en a bon, lui toujours obéir".

    Le verbe avoir est remplacé par "y en a". Exemple : "Moi y en a gagner cheval" (signifie "j'ai un cheval).

    Les possessifs sa, notre, leur... n'existant pas non plus votre, notre ... deviennent "pour lui, pour nous..." ; ainsi sa tête se traduit par "tête pour lui".

    Et surtout, parce que la "grammaire africaine" ignore les temps, selon ce spécialiste, tous les verbes infinitifs doivent toujours être précédés d'une indication de temps afin de situer l'action. Ce qui donne par exemple "encore trois jours et moi partir", "chef moi y en a dire, moi partir demain", "toi pas voir moi hier ?"

    Le pluriel étant également inconnu, il faut l'éviter à tout prix dans la conversation. Et si son emploi se révèle indispensable, il faut passer par le singulier auquel on accole "beaucoup, trop ou trop beaucoup". Ainsi il y a trois chevaux donne "ça y en a cheval trois".

    Et pour compter il est nécessaire de se servir des mains, des pieds et des doigts. Pour exprimer 20 il faut placer les deux mains jointes près des deux pieds joints et d'autres contorsions du corps pour exprimer : 12, 15, 25 ...

   Ce vocabulaire et cette grammaire sur mesure, ce langage de tirailleur baptisé "petit nègre" finit par être adopté par tous dans le milieu militaire, soldats, cadres militaires et civils au service de l'armée.

    En dehors de l'armée  ce langage  permettait   difficilement aux soldats africains de se faire comprendre par la population civile, suscitant rires et quolibets. En revanche il fit les délices des publicitaires de l'époque comme par exemple le fameux "y a bon banania".

    Malheureusement, après la guerre, les Africains de retour chez eux, les écoles faisant cruellement défaut, ce "français tirailleur" finit par s'imposer à toutes les populations d'Afrique occidentale. Ce langage "petit nègre" constitua par la suite le seul langage utilisé par certains Français pour s'adresser aux Africains en Afrique (voir en France encore de nos jours).  Ce "petit nègre" chargé de connotations multiples, ne rapproche pas. Il ne permet ni aux Français de comprendre les Africains, ni aux Africains de se faire comprendre des Français. Il crée la distance et la différence entre ceux qui ont vocation à se rencontrer par les liens de l'histoire et de la géographie comme par les besoins du présent.  Cette sous-culture imposée aux Africains par le biais de la langue ne permet ni compréhension ni intégration.

    Certains "spécialistes de l'Afrique" nuisent ainsi considérablement aux rapports entre Français et Africains par la "qualité" de leurs connaissances de l'Afrique et de ses peuples.

 

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28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 10:02
  1. LA PERENNITE DU QUIPROQUO

   Il est assez consternant de constater combien les Français (en général) sont aujourd'hui ignorants des réalités africaines. Le pire, c'est sans doute de constater que les mêmes ne font aucun effort pour approcher et pénétrer ces réalités, et qu'ils parlent continuellement de ce qu'ils ignorent, sûrs de leur "science", apparemment en paix avec leur conscience.

    Au terme de plus de trois siècles de frottement continu, de côtoiement suivi, de sang mélangé sur les champs de batailles, jamais la distance séparant Français et Africains n'a été aussi importante. Cette distance est aussi grande en ce début de 21e siècle qu'au début du 19e. Jamais la méconnaissance, l'ignorance mutuelle, la méfiance n'ont été aussi profondes. Ni la colonisation, ni l'école coloniale, ni même le service commun des armes ordinairement creuset aux vertus unificatrices, lieu de brassage des corps et des consciences.

    Entre Français et Africains s'interpose un nuage opaque, un mur incontournable, fait des préjugés, stéréotypes et clichés surgis du fond des âges, tissés et compressés par les siècles et le temps.

    La connaissance de l'Afrique par la plupart des Français d'aujourd'hui se limite aux théories d'ethnologues, d'anthroplogues et de pseudoscientifiques de la deuxième moitié du 19e siècle qui reléguaient l'Afrique et les Africains aux marges obscures de l'Histoire, déniant aux derniers le droit à l'humaine condition. Ces théories ont toujours droit de cité encore de nos jours et semblent même jouir d'une inexplicable vigueur de jeunesse, sans doute revivifiées par la mémoire des images et des mots :

    - la mémoire des expositions coloniales des années 20 et 30, avec leurs zoos humains qui dispensaient d'office de tout voyage en Afrique en servant aux Occidentaux le mets exotique africain à peu de frais. Les ingrédients de ce mets sont les Africains vêtus en singe et animalisés dans ces enclos du dimanche qui constituent toujours le fondement de l'imaginaire populaire de bien des Français.

    - la mémoire des mots, ceux des politiques, de Mac-Mahon au ministre britannique J. Chamberlain, du républicain Jules Ferry même, au sujet impérial allemand Heinrich von Treisch.

    Ces clichés et préjugés transcendent en France le classique clivage politique. Droite et gauche sont nourries à la même source et baignent dans la même culture. Le plus gênant sans doute, c'est le conditionnement des jeunes générations par ces vieilles cultures et ces vieux réflexes. Elles n'ont pas appris l'Afrique parce qu'on ne leur a pas enseigné l'Afrique authentique d'hier et d'aujourd'hui. 

    Dans ce malentendu perpétuel entre Français et Africains réside sans aucun doute l'une des explications de l'échec de la coopération et de l'aide à l'Afrique. Car comment aider efficacement ceux qu'on ne connaît pas et qu'on s'obstine à ne pas connaître ? C'est également là qu'il faut rechercher à mon sens l'une des causes des difficultés à intégrer des jeunes issus de l'immigration de sujets coloniaux.

 

 

 

 

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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 16:40

Un facteur évident de progrès technique

    L'enseignement dispensé par les écoles africaines doit accorder une mention toute spécifique autant au souci de la "mesure juste" qu'aux valeurs d'humanisme et de rencontre des cultures.

    Le concours des Européens, concours honnête, sans préjugés ni arrières-pensées mercantiles se révèle indispensable, parce que justement cet esprit européen contemporain appartient au patrimoine universel en tant que produit de l'héritage gréco-romain fait d'esprit de mesure, de précision, d'harmonie créatrice. L'esthétisme, le sens du perfectionnement en découlent. La mesure juste, précise est nécessaire pour éviter par exemple l'effondrement du pont qu'on construit ou le naufrage du bateau prévu pour transporter 300  passagers mais où s'entassent 3000 personnes.

    Cette mesure juste est autant nécessaire au petit marchand africain qui ne tient ni comptabilité ni budget, qu'au maçon qui élève ses murs sans mesure ni projections. De même cet esprit de mesure permettra au paysan de savoir la quantité de céréales ou de tubercules produite dans l'année, de connaître le rendement de son champ afin de comparer les productions des différentes années, de s'intérroger sur les raisons des baisses de rendement afin d'envisager les solutions qui s'imposent en vue d'une amélioration. Le calcul et la mesure sont également nécessaires au guérisseur traditionnel africain pour le dosage de ses prescriptions en fonction de l'âge, mais aussi du poids de ses patients.

    L'esprit de progrès est inséparable de l'esprit de mesure. Les hiéroglyphes, les idéogrammes, puis l'écriture sont d'abord nés du besoin de mesurer, d'ordonner, de classer, de clarifier.

 

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