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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 15:11

                                  
LES "IMMIGRES" FRANCAIS EN AFRIQUE AUX XVII ET XVIIIe SIECLES (1)


AU SENEGAL

          C'est un chapitre peu connu que l'histoire des Français établis sur les côtes d'Afrique entre le 17e et le 19e siècle et qui cependant ne manque pas de pittoresque. Des Français "acclimatés" tentent de s'affranchir des "lois" de leur nation. Se mêlant volontiers à la population autochtone, notamment les femmes, ils forment une société qui n'est pas encore la société "coloniale" au sens propre telle qu'elle le sera au 19e et 20e siècle. Avant ces siècles, les points d'attache des Français au Sénégal comme ailleurs en Afrique sont régis au nom de la France, par les Compagnies commerciales (Cie Royale d'Afrique, Cie du Sénégal, Cie de Guinée ...).
          Les Directeurs de ces Compagnies comme ceux des Comptoirs et forts ont pouvoir de justice et de police qu'ils exercent en terre africaine au nom de la France, sur la base des lois de la métropole auxquelles sont théoriquement soumis les résidents français. Mais comment enfermer dans les contours étroits des règles civiques et morales des hommes venus de si loin avides de liberté et grisés par le grand air et l'aventure facile.
          Les archives laissées par les diverses compagnies renferment de nombreux renseignements sur la conduite de ces Français et sur la vie qu'ils menaient au Sénégal (Archives nationales, Colonies C63 : Mémoire pour la Compagnie Royale du Sénégal). D'après les rapports de directeurs généraux, de directeurs particuliers, de gouverneurs ou d'inspecteurs en mission, ces Français faisaient preuve de "très peu de qualités morales et intellectuelles". Ils se signalaient plutôt, outre l'incivisme et le manque d'esprit patriotique, par certains "penchants" fréquemment signalés et condamnés : prévarication, malversations, incapacité professionnelle, esprit de cabale et déni de justice ... Telles sont les conclusions du Sieur Lacourbe lors de son inspection en 1685 et lors de sa prise de fonction au Sénégal, en 1688 en qualité de directeur, lesquelles conclusions seront confirmées plus tard par différents rapports d'inspection : ceux de Brüe en 1723, de Saint-Robert en 1725, de Le Juge en 1732, dont suivent quelques extraits.

      

           Je viens de révoquer tout à l'heure le garde-magasin des ustensiles et d'en charger le Sieur Lescure qui s'en acquittera mieux. Le garde-magasin des vivres qui avait été surpris le soir dans une faute y est retombé ce matin en abusant de l'eau-de-vie de la Compagnie. Je l'ai révoqué sur-le-champ. 
          [...]
          Véritable vice-roi, le Directeur général se laissait entraîner à des excès d'autoritarisme et à confondre ses décisions arbitraires avec l'expression de la justice. Et bien que les lettres patentes (lettres du roi) du 5 février 1726 aient établi une juridiction spéciale pour la colonie du Sénégal, il arrivait à certains de faire fi de la légalité. (Le Juge)

         

          Les commis aux écritures étaient peu au fait des règles de la comptabilité ; à quelques exceptions près, ce sont des ignorants fiéffés ... (Plumet)

         Enfin revanche de la civilisation africaine sur l'européenne, il arrivait que des Blancs, même des commis très haut placés, allassent consulter les sorciers noirs et y payassent leurs services avec des marchandises de la Compagnie. Je ne saurais passer sous silence les superstitions de M. Julien (ditrecteur de la Compagnie) les marabouts nègres à qui il faisait des présents ; sur les prédictions desquelles il comptait comme sur des vérités ... On sait que ces marabouts parmi les Nègres procurent des objets et des bois qui causent des maladies languissantes et souvent la mort. (Delcourt)

                Cette première impression de relâchement moral et de connivence avec la population locale ne tarda pas à se confirmer dans maints autres rapports pour aboutir à cette conclusion implacable :    

          Ils étaient tombés dans une si grande corruption qu'il n'y en avait aucun, même les ecclésiatiques, qui ne se souille de toutes sortes d'excès. L'habitude en était si grande que les principaux, aussi bien que les habitants et les matelots, communiquaient aussi librement et aussi ouvertement avec les Négresses que si elles avaient été leurs légitimes femmes. C'était à qui ferait de plus belles productions et réjouissances dans cet infâme plaisir auquel on employait le plus beau et le plus précieux des marchandises de la Compagnie pour contenter et assouvir le luxe de ces impudiques. (Lacourbe)

          En conséquence, le premier soin que prit Lacourbe (nouveau directeur du comptoir) consista en des mesures urgentes, aussi radicales qu'impopulaires qui furent à l'origine de nombreuses frictions entre les "habitants" (les Français vivant au Sénégal) et le nouveau venu.

          La première de ces mesures porta sur la reconstruction de l'habitation de manière à la clore en la séparant ainsi des contacts avec les autochtones. Il s'en explique :

         
Je donnais tous mes soins à régler l'habitation. Je ne me contentais pas d'en bannir toutes les femmes du dehors ; mais pour empêcher que nos Blancs n'eussent aucun commerce avec les nouvelles chrétiennes, ni pareillement avec plusieurs marchandes qu'on est obligé de laisser coucher dans l'île parce qu'elles viennent de loin, je fis fermer la cour de l'habitation avec des palissades, et comme il n'y avait pas assez de chambres pour coucher les habitants, j'y fis apporter leurs cases faites de roseaux, et leur défendis sous peine d'une amende d'aller à celles des Négresses ; j'y fis faire aussi exactement la garde le jour et la nuit, tant pour notre sûreté que pour empêcher que personne ne couchât dehors ; je fis faire une cuisine pour tous les habitants, et les séparer par plats afin qu'ils n'eussent point besoin du secours des femmes et afin qu'ils ne prissent pas prétexte de donner leur linge à blanchir pour aller aux cases des Négresses, ou pour les faire venir dans les leurs.

           L'application de telles mesures suscita une vague de protestations de la part des Français qui reprochaient à Lacourbe d'avoir dérangé ainsi leur "ordinaire". L'intéressé lui-même en convint en ces termes :

          On ne saurait croire la peine que j'eus pour les réduire à leur devoir.

 

 

           Mais les employés et les soldats ne sont pas les seuls impliqués dans cette inconduite en Afrique, maints documents concernent également les dirigeants ou hauts cadres et plus étonnant encore des religieux, prêtres et aumôniers, comme on le verra dans un prochain article.


 

 



               N'hésitez pas à faire vos remarques ou à poser des questions.
 
 
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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 14:51


Du XVIIe au XXIe siècle, l'énigme "Noir" (3)


         Si les savants du XVIIe siècle s'empoignèrent dans des "disputes" concernant l'origine de la couleur noire, les penseurs du XVIIIe siècle inventèrent le mythe du bon sauvage   (ce qui n'empêcha ni l'asservissement des Indiens d'Amérique, ni la traite esclavagiste) avant que de pseudo scientifiques n'élaborent la théorie des "races", une hiérarchisation rigide des humains aux dépens du Noir, théorie dont je voudrais faire l'économie ici tant la littérature sur ce thème est abondante et variée.
          De cette théorie aux multiples implications, érigée en dogme, se nourriront les régimes fascistes ou fascisants du premier tiers du XXe siècle, de même qu'elle constituera le socle de l'argumentaire justifiant la colonisation de l'Afrique dans la seconde moitié du XIXe siècle.
          Un certain nombre de sources ou de thèses font des Français les premiers Européens ayant abordé les côtes africaines bien avant les Portugais. Cette antériorité supposée justifierait-elle une telle curiosité à l'égard de la couleur noire des Africains ? Curiosité qui, nulle part ailleurs en Europe, n'atteignit une telle intensité dans la recherche, la production littéraire, les débats et controverses à partir du XVIIe siècle.

 

 

Antériorité française sur les côtes africaines :

mythe ou réalité ?

          Tous les Français visitant  l'Afrique aux XVIIe et XVIIIe siècles ont entendu les autochtones affirmer que les premiers Européens qui entrèrent en contact avec eux étaient des Français. Ainsi le R. P. Labat (déjà cité) dans son ouvrage Nouvelle Relation de l'Afrique Occidentale, T.5, p. 197 parle de l'étonnement d'André Brüe (1697), l'un des principaux artisans de la fondation de l'empire colonial français d'Afrique,  en visite au fort portugais du Bisseaux (actuel Bissao, ancienne colonie protugaise) enconstatant, au cours d'une messe que :

          le tableau qui était sur l'autel portait les armes de la Compagnie de France, qui sont d'argent semé de fleurs de lis d'or sans nombre, avec des têtes de nègres pour support, et une couronne treflée. (Signe selon lui que)  ce tableau qui paraissait aussi ancien que l'autel et l'église, était une marque que les Français avaient eu un établissement au Bisseaux avant les Portugais.

          Si l'on considère que la présence portugaise dans cette région remonte au XVe siècle, cela implique que la présence des Français dans la même région est largement antérieure. Labat est formel quand il affirme :


          Il y a des apparences très bien fondées que les Normands et particulièrement les Diépois avaient reconnu, fréquenté et visité les côtes d'Afrique dès le commencement du quatorzième siècle, puisqu'on savait positivement d'une manière à n'en pouvoir douter, que le commerce était établi à Rufisque (Sénégal) et le long de la côte jusqu'à bien loin au-delà de la Rivière de Serrelionne (Sierra Leone), dès le mois de Novembre 1364 [..] Une preuve évidente que le commerce des Diépois était établi aux côtes d'Afrique en 1364, c'est qu'ils y associèrent les marchands de Rouen en 1365 [...] Après avoir augmenté leurs établissements [...] à Rufisque et sur la rivière de Gambie, ils en firent sur celle de Serrelionne et à la côte de Malaguette, dont l'un fut appelé le "Petit Paris" et l'autre le "Petit Dieppe" [...] ils poussèrent ainsi toujours leurs établissements et leur commerce et firent le fort de La Mine d'Or sur la côte de Guinée (Ghana) en 1382, aussi bien que  ceux d'Accra, de Cormentin et autres lieux qui leur produisirent des richesses immenses et qui auraient toujours augmenté à mesure qu'ils s'avançaient  le long des côtes et à l'intérieur du pays, sans les guerres civiles qui succédèrent à l'accident funeste arrivé au Roi Charles le sixième en 1392 (folie du roi Charles VI : une des causes du déclenchement de la Guerre de cent Ans). La Normandie se sentit des malheurs de la France, parce que ses princes y prirent plus de part qu'ils ne devaient ; et le contre-coup de ces malheurs tomba sur le négoce d'Afrique, qui depuis ce moment fatal tomba peu à peu.

         
Un voyageur français contemporain de Labat, Villault de Bellefond, renchérit en ces termes dans sa Relation de Voyage (1669) sous le titre Remarques sur la Coste d'Afrique et notamment sur la Coste d'Or pour y justifier que les Français y ont esté longtemps auparavant les autres nations :

          Dans une ancienne batterie du fort de La Mine, appelée encore la batterie de France, une inscription à demi effacée, laissait distinctement apercevoir les chiffres 1 et 3, premiers chiffres d'un millésimes du XIVe siècle ; on citait aussi l'existence des armes de France encore visibles dans l'église de La Mine, ainsi que sur une porte du fort d'Assem.

         
L'argumentation de Villault de Bellefond s'appuie sur des mémoires écrits par des Dieppois ainsi que sur des manuscrits de la ville de Dieppe, mais surtout sur les preuves matérielles visibles sur les lieux encore au XVIIe siècle. Il ressort d'un tel raisonnement que l'antériorité française sur les côtes d'Afrique par rapport à la présence d'autres nations européennes ne souffre le moindre doute pour son auteur.  Dans son ouvrage Histoire des colonies françaises en Amérique, en Afrique, en Asie, en Océanie, Tours, 1884, p93-94,  J.J.E. Roy abonde dans le même sens :

           En 1363 des négociants de Rouen s'étant associés à des marins de Dieppe, commencèrent à établir des comptoirs et des entrepôts de commerce sur la côte occidentale de l'Afrique noire depuis l'embouchure du Sénégal jusqu'à l'extrémité du golfe de Guinée. C'est alors que furent successivement formés les établissements français du Sénégal, de la rivière de Gambie, de Sierra Leone, et ceux de la côte de Malaguette qui portaient les noms de "Petit Dieppe" et de "Petit Paris" et que furent ensuite construits les forts français, à La Mine de l'Or, sur la côte de Guinée, à Acra et à Cormentin.

 

          Selon le même auteur, les guerres civiles et étrangères durant le XVe siècle, arrêtèrent en Normandie l'essor des entreprises maritimes : le commerce d'Afrique fut abandonné et les comptoirs français devinrent la proie des Portugais, des Espagnols, des Hollandais, des Anglais, à l'exception seulement de l'établissement du Sénégal.

          Le constat, au terme de ce rapide retour sur la curiosité suscitée par la couleur de l'homme noir, telle qu'elle apparaît dans quelques textes anciens, c'est que la couleur semble occulter le reste, c'est-à-dire l'essentiel.  Le jugement se limite au regard, le regard se limite à la couleur, c'est-à-dire à l'apparence et n'atteint pas la raison. On voit la couleur sans l'être. On ne voit que la couleur de peau, l'enveloppe. On prend ainsi l'écorce pour l'arbre, l'épiderme (le pigment) pour le coeur. Cette dissonance jouera longtemps et joue sans doute encore aujourd'hui dans les rapports entre Européens et Africains.

                        

         (Prochainement un épisode peu connu : la vie des Français au Sénégal aux XVII et XVIIIe siècles)



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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 17:02



DU XVIIe AU XXIe SIECLE, L'ENIGME "NOIR"
(2)
            
          C'est un religieux qui ouvre les débats, au nom de l'Ecriture. Le Révérend Père Jean-Baptiste Labat (Paris, 1663 - 1738 ; missionnaire et voyageur français aux Antilles, auteur de plusieurs ouvrages sur les Noirs, la traite, l'Afrique, les colonies, dont le célèbre Voyage aux îles de l'Amérique, 1722).
          Comme les savants scientifiques laïcs, Labat tente de percer le mystère de la couleur noire et argumente ainsi

       
          Un religieux savant m'a communiqué une dissertation qu'il a faite sur ce sujet  - confit-il  -  [...] Il prétend que la noirceur fut le signe que Dieu mit en Caïn après lui avoir reproché le meurte de son frère Abel, pour empêcher que ceux qui le rencontreraient ne vengeassent par sa mort cet horrible fratricide. En effet, rien n'était plus propre pour le faire reconnaître, et pour éloigner de lui tous ceux qui auraient voulu s'en approcher, soit pour lui parler, soit pour lui reprocher son crime et en tirer vengeance. Car ce changement horrible de couleur défigure tellement un visage qu'à moins d'y être accoutumé, on ne peut regarder un homme de cette couleur qu'avec une forte répugnance.

         
Mais, la curiosité toute cartésienne de Labat ne peut se satisfaire de l'assurance implicite de ce "religieux savant". Il y va alors de sa propre réflexion et il rétorque :

          Mais  quand  la noirceue aurait été le signe que Dieu avait mis dans Caïn pour le faire connaître, comment cette noirceur aurait-elle passé dans ses enfants ? Il ne paraît point que Dieu ait étendu sa malédiction sur sa postérité ; lui seul était coupable, c'était lui seul qui devait craindre la rencontre et la vengeance des enfants d'Abel [...] Pourquoi le vouloir faire la tige d'une race noire ? Si sa femme n'était pas noire, comment a-t-elle pu produire des enfants noirs ?

         
           Et Labat d'avancer un contre-argument, à ses yeux décisif, parce que tout aussi frappé du sceau de l'Ecriture sainte

          D'ailleurs toute la race de Caïn est généralement tous les hommes sont (sic) péris dans le Déluge. De toutes les créatures qui étaient sur la terre, il n'y eut que Noé, sa femme, ses trois fils et leurs femmes qui conservèrent leur vie en se sauvant dans le vaisseau que Noé avait bâti par ordre express de Dieu ; or, Noé, sa femme, ses enfants et les enfants de leurs femmes étaient blancs ... Qui donc a produit cette race noire après le Déluge ? 

         
Labat en tire la conclusion suivante :

          Je ne suis pas le premier qui se soit fait cette difficulté ; mais je serais le plus heureux si je pouvais l'éclaircir d'une manière à contenter les personnes raisonnables ... Car enfin, Dieu n'a créé qu'un seul homme, et assurément, la femme qu'il a formée d'une des côtes de cet homme était de même couleur que lui. Il faut à présent savoir de quelle couleur était cet homme. Si on le demande aux Européens, ils répondent sans hésiter qu'il était blanc, les Nègres le feront noir, les Américains l'habilleront en rouge, les Asiatiques diront qu'il était olivâtre comme eux et personne ne manquera de bonnes raisons pour appuyer son sentiment ... Si nous consultons l'Ecriture, elle nous assure qu'Adam fut formé du limon de la terre, et on remarque que les terres vierges sont ordinairement rouges ou rougeâtres et c'est de là qu'est venu le nom du premier homme car Adam signifie rouge ou roux. Or, Adam et Eve étaient de la même couleur ou à peu de chose près, c'est-à-dire que la couleur d'Adam pouvait être un peu affaiblie dans Eve et s'approcher du blanc, ce qui ayant continué dans leurs enfants et dans ceux qui en sont descendus, la couelur blanche est celle qui est venue plus naturellement de celle du premier homme. Que dans la suite cette couleur se soit un peu ternie et qu'elle ait tiré vers le bistre comme nous le voyons dans les Asiatiques et dans les Américains, cela ne souffre presque pas de difficultés ; mais que la couleur noire en soit venue, c'est ce qu il n'est pas facile de comprendre. Mettez tant qu'il vous plaira du blanc et du brun par portions égales, vous ne ferez jamais du noir ; d'où on peut présumer que jamais l'on ne parviendra à connaître distinctement l'origine de la couloir noire des Nègres.

 

          Le mystère demeure donc entier pour les savants scientifiques laïcs comme pour les lettrés religieux du XVIIe siècle.
         Est-il moins épais au XXIe siècle en Europe, tout particulièrement en France ?
                                     (à suivre)
 

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 17:53




DU XVIIe AU XXIe SIECLE, L'ENIGME "NOIR"
(1)

          Le XVIIe siècle est caractéristique  - l'essor de la science aidant -  d'une intense curiosité en France autour de la couleur de peau du Noir. Les savants s'y adonnent à l'envi. Ce thème donne lieu à des recherches au plus haut niveau, à des confrontations animées entre savants et lettrés. L'article suivant de l'Académie Royale des Sciences paru en 1702 en donne le ton.
          Quand on a cherché la cause de la noirceur des Mores (More signifie Noir à cette époque), on a trouvé que le corps de leur peau et leur épiderme étaient aussi blancs que dans les autres hommes, et qu'il n'y avait que leur membrane réticulaire qui fût noire et que c'était cette couleur qui paraissait au travers de l'épiderme qui est fort déliée et transparente. Le fameux M. Malpighi a cru que la noirceur de la membrane réticulaire venait d'un suc épais et glutineux qu'elle contenait et qui était noir. M. Littre ayant eu l'occasion de disséquer un More, voulut éprouver si la supposition  de M. Malpighi était vraie. Il fit infuser pendant 7 jours un morceau de peau de More dans de l'eau tiède, et un autre dans l'esprit de vin et ni l'un, ni l'autre de ces deux puissants dissolvants ne put tirer ce suc noir, ni en prendre aucune teinture. On voit par là combien cette couleur noire est propre et adhérente à la membrane réticulaire, puisqu'elle ne change nullement. De plus, M. Litre mit un morceau de peau dans de l'eau bouillante, et peu de temps après, il s'éleva sur la superficie extérieure de cette peau quantité de petites boules grosses comme de petits grains de chênevis qui toutes étaient pleines d'une liqueur très claire et très liquide. Cette liqueur refroidie formait une espèce de gelée fort transparente. Il n'y avait rien à tout cela qui ressemble au suc noir et glutineux, ni qui en donne le moindre indice.
          M. Littre a donc cru qu'il fallait rapporter la noirceur en partie au tissu particulier de la membrane réticulaire, et en partie à l'action d'un air très échauffé. Cette dernière cause peut être prouvée parce que les enfants des Mores naissent blancs, et ce qui la prouve peut-être encore mieux, c'est que M. Littre fit observer que le bout d'un gland qui n'était pas couvert du prépuce, était noir comme toute la peau, et que le reste qui était couvert était parfaitement blanc. On peut opposer à cela que quand les enfants mâles des Mores viennent au monde, ils ont au bout de la verge une petite tache noire, qui s'étend ensuite sur le bout du gland ouvert, et même sur tout le corps, et s'étend,  si l'on veut, par l'action de l'air, mais du moins, n'en n'a pas été l'effet dans son premier commencement. Nous remarquons en passant qu'outre cette petite tache qui n'appartient qu'aux mâles, tous les enfants Mores ont en naissant l'extrémité des ongles noire. M. Littre fit encore voir la compagnie que la membrane réticulaire qui en elle-même était noire comme du charbon, ne paraissait noire que comme de la suge étant vue au travers de l'épiderme.     (Journal des Savants, 1702, Achives)

        
            Sur la couleur du Noir, une violente dispute opposa le savant Riolan aux savants anatomistes de l'Académie des Sciences. Le premier, dans un opuscule sur l'épiderme, s'évertuait à démontrer que la noirceur des Noirs réside non dans la peau, mais dans l'épiderme. Les savants de l'Académie prétendaient eux que le noirceur des Noirs n'est ni dans l'épiderme, ni dans la peau, mais dans un petit "rétule" composé de parties extrêmement molles, tendres et délicates, qui environne le corps entre l'épiderme et la peau, et qui est blanc, chez les hommes de race blanche et noir chez les hommes de race noire.

          Querelle de savants, disputes d'anatomistes spécialistes, rien ne fut négligé pour tenter de percer le mystère du Noir. Où la science fut inopérante, on fit appel à l'Ecriture sainte. Donnera-t-elle la clef de l'énigme ?
           La dispute se poursuit donc. Le point de vue des lettrés religieux n'est pas non plus dénué de pittoresque.

                                                               ( A suivre)


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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 16:34

       L'AIDE INTERNATIONALE, 

ERREURS STRUCTURELLES :
LES MOYENS D'EN SORTIR


     Bref historique


En schématisant, on distingue trois étapes marquantes : 
      
  - temps de l'inconscience, de la gabegie et de l'irresponsabilité (décennies 60 et 70). Pour les nouveaux Etats africains, fraîchement éclos de la colonisation, temps de l'illusion, celle d'une industrialisation rapide, à marche forcée. La stratégie dominante étant d'implanter partout des usines à cette fin.
     Cet enthousiasme est soutenu par les bailleurs de fonds, de l'Est comme de lOuest, la compétition des deux blocs aidant, sur fond de guerre froide. Les nouveaux Etats africains bénéficient alors d'une rente stratégique qu'ils exploitent à fond. On connaît la suite, c'est-à-dire le résultat : des cimetières d'usines rouillées, des Etats fortement endettés et dépendants.
        
    -  temps du bilan, du désenchantement (décennies 80 et 90), constat d'échec patent. L'Afrique entre alors dans "la crise du développement". Elle s'endette, non pour se développer, mais pour vivre. Et l'aide humanitaire tend désormais à devenir la principale forme d'aide à l'Afrique.
     Dès le début des années 80, on s'intérroge de plus en plus ouvertement sur l'efficacité de l'aide internationale au développement en Afrique. On établit le bilan africain en comparaison avec d'autres régions du monde, notamment d'Asie. On évalue la part de l'Afrique dans la production industrielle mondiale et sa part dans le commerce international avec le constat d'une chute importante (de 5,7 à 2,4 pour le commerce et de 4,5 à environ 1 pour l'industrie) dans  ces deux domaines entre 1970 et la fin des années 90.

     En conséquence, l'aide commence à diminuer en valeur réelle puis en volume.
      

   -  temps des remises en questions, des analyses et des critiques (années 2000).

     Du côté des pays industrialisés aidant comme du côté des aidés, une certaine prise de conscience : on veut tirer les leçons du passé et préparer l'avenir.

     La Banque mondiale et le FMI, les premiers, procèdent à leur autocritique. Le G7, pour sans doute, justifier son existence, impulse (du moins dans les mots) un nouveau volontarisme dans l'aide à l'Afrique. 
    Certains Etats africains commencent une timide introspection. Les organismes internationaux consentent parfois à écouter et à consulter des ONG pour convenir de la meilleure stratégie dans l'utilisation de l'aide.
   L'harmonisation des actions d'aide est envisagée mais à ce jour non acquise (hormis quelques timides tentatives, au Kenya (pour le Sida) et au Botswana).


          Que sera le  quatrième temps de l'aide internationale à l'Afrique ?
   Sera-t-il à l'avantage des pays industrialisés bailleurs de fonds ou à l'avantage des pays africains bénéficiaires de l'aide ?
   Mieux, sera-t-il profitable aux deux, pour un monde plus équitable et plus sûr ? Telle devrait la finalité de toute aide au développement.

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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 18:20


Criminalité d'Etat et impunité


L'Afrique couvre ses criminels : Massacres à huis clos

          Après Robert Mugabé, ostensiblement adoubé par ses pairs, chefs d'Etats africains, à la suite du massacre qui a suivi la mascarade électorale de 2008 dans ce pays, malgré la terreur, la famine et le choléraimposés aux Zimbabweens, c'est autour du président soudanais, Omar Al-Béchir, de bénéficier du soutienunanime des mêmes chefs d'Etat africains ainsi que de la Ligue arabe. Ce dernier ayant fait l'objet d'un mandat d'arrêt international lancé par la Cour pénale internationale, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
          Cet homme est jugé responsable de la mort de 300 000 de ses concitoyens et de 2,5 millions de déplacés, c'est-à-dire de déracinés, selon les sources fournies par les Nations unies.
          Quelle est donc la définition que les chefs d'Etat africains donnent du vocable "criminel" et des notions de "crime de guerre" et "crime contre l'humanité" ?
          Ces notions seraient-elles absentes ou bannies de leur champ lexical ?
          Que les responsables africains s'indignent de la condamnation par l'opinion internationale, par l'Occident en particulier, visant l'un des leurs par esprit de corps, cela peut à la limite se comprendre. Mais qu'ils n'élèvent aucune protestation face à la barbarie pure, à la politique sanglante de répression et d'extermination à l'encontre de populations civiles, menée par des chefs d'Etat sans coeur, sans  foi ni loi, voilà qui interroge et met mal à l'aise.
          Quoi ?
          Tout chef d'Etat, par le seul fait qu'il est chef d'Etat, serait-il investi d'une mission divine de massacrer ses populations en toute impunité ? Ces populations ne seraient-elles pas dignes de l'aide et de la compassion d'autres Africains ? Cette même aide et cette compassion seraient-elles interdites à tous ceux qui ne sont pas Africains, simplement parce qu'ils ne sont pas Africains ?
          Comment peut-on   - sur le plan strictement humain -   être sourd à tant d'atrocités perpétrées au Zimbabwe, au Soudan ... et ailleurs hélas en Afrique ?

         
(NB : Le régime chinois est le meilleur soutien et le pourvoyeur patenté en armes des gouvernements zimbabween et soudanais. Un symbole !)

          Imaginons un instant qu'il y ait à la tête du Soudan et du Zimbabwe un chef d'Etat blanc ou jaune qui se livre à de tels massacres et à de telles violations flagrantes des droits humains les plus élémentaires en plein 21e siècle.

          La voix des responsables africains a jusque là toujours manqué au concert international de protestations contre les violations les plus insoutenables où que ce soit sur cette planète. Un symbole aussi !


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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 17:50

   

L'AFRIQUE  ET L'AIDE INTERNATIONALE : UN PIEGE ?

           L'AIDE INTERNATIONALE : MOTEUR DE DEVELOPPEMENT OU FACTEUR DE REGRESSION ?

         L'efficacité ou l'inutilité de l'aide au développement est un débat aussi vieux que l'aide elle-même. S'agissant de l'Afrique, ce débat est toujours d'actualité. Les courbes en ciseaux de l'aide d'une part et des résultats de l'autre, justifient ce débat.




          Ces documents en sont l'illustration et dispensent de commentaire.
          Où faut-il chercher les responsabilités ?
         
 Les bailleurs de fonds qui, au cours des ans, depuis 1960, ont ficelé pour l'Afrique des projets souvent sans aucun rapport avec les réalités du terrain.
          Les décennies 1960-1970 sont caractéristiques de cette débauche de projets incongrus, de crédits octroyés sans conditions ni finalités précises ... avec en arrière-plan la guerre froide, la compétition Est-Ouest et la surenchère idéologique. Chaque nation, chaque Bloc cherchant à accrocher son drapeau à un projet, dans une région d'Afrique.
Ceci constitua pour des dirigeants africains une manne inespérée, une rente de stratégie qui leur ouvrait les vannes à devises. Les bailleurs de fonds savaient certes ce qu'ils donnaient mais ne se souciaient guère de savoir à quoi cela servait concrètement.
        
  Les bénéficiaires de l'aide : les fonds alloués au titre de l'aide au développement se sont le plus souvent évaporés dans des projets ou pharaoniques, ou sans consistance, dans tous les cas ostentatoires. Sinon, tout simplement dans les poches des dirigeants.
          Il faut en finir : pour cela : 
- une nécessaire harmonisation des politiques d'aide des pays donateurs
- des projets répondant à des besoins précis, exprimés par les populations africaines, des paysans aux artisans, petits entrepreneurs ... de la base au sommet.
          Mais pour qu'il y ait harmonisaton des politiques d'aide, encore faut-il qu'il y ait harmonisation des objectifs. Les pays "aidants" sont-ils mus par d'autres intérêts que les intérêts strictement africains ? 
          Au niveau  des responsables africains et en Afrique même :
- la nécessité du réveil de la conscience civique : une société civile informée et exigeante en vue du contrôle et de la gestion quotidienne de l'aide afin qu'elle réponde effectivement aux besoins, qu'elle ne soit pas déviée de son objectif et surtout qu'elle n'aille pas dans la poche des dirigeants.
          Si l'Afrique est incontestablement la région qui absorbe aujourd'hui la part la plus importante de l'aide internationale, si elle est la mieux servie, c'est sans doute aussi parce qu'elle est la plus exploitée dans l'hsitoire. Il lui revient de savoir si cette perche tendue doit la mener en haut ou en bas. Si elle lui permet de se passer de l'aide internationale, définitivement, ou si elle l'amène à subir indéfiniment une vassalité humiliante.

         

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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 17:33

           
 CIVILISATION  ou civilisations ?

   
Le cathéchisme colonial belge au Congo

        
L'impact de la colonisation européenne (française, britannique, portugaise ...) sur la conscience africaine donne à penser parce que fondateur d'un malentendu historique qui n'est sans doute pas encore totalement dissipé.
          Un article à portée morale et symbolique publié dans le magazine "la Voix du Congo" (mai-juin 1946) en donne la mesure.
          Le paragraphe intitulé : Comment vivre sous l'oeil de nos dirigeants, incarne à lui seul le "formatage" de l'esprit africain voulu par le maître colonisateur. Qu'on en juge :

  
Nous nous trouvons au premier échelon de l'échelle qui monte vers la civilisation ; nous ne pouvons pas reculer et nous ne pouvons monter plus haut que si nos forces le permettent [...] D'un côté, nous devons nous garder de retomber au niveau indigène, à la vie indifférente et animale. Nous devons nous garder de rêves de grandeur, de devenir une caricature de civilisé si nous voulons éviter d'être méprisés et d'être ridiculisés par les Européens.
          La simplicité et la modestie constituent les qualités d'un civilisé. Si nous voulons garder l'estime de nos dirigeants, nous devons donc rester simples et modestes
.

          Simples d'esprit aussi ?
          A cette vision de soi, l'infériorité intériorisée par le colonisé, à cette conception de la Civilisation comme une échelle, mieux, une pyramide à plusieurs degrés  - de l'inférieur au supérieur -  inculquée aux Congolais du Congo belge comme à d'autres Africains colonisés, réagit André Gide en 1947 :

   
Si riche et si belle que soit notre civilisation, notre culture, nous devons enfin admettre qu'elle n'est pas la seule ; pas seuls nos façons de vivre, nos critères, nos cultes, nos credos et que, s'ils nous paraissent pourtant supérieurs, c'est beaucoup parce que nous avons été formés par eux. Un temps vient où les normes admises importunent, les cadastres et les limites des champs d'activité de l'esprit. On commence à percevoir des voix que l'on n'avait pas d'abord écoutées ; à comprendre que n'est pas nécessairement muet ce qui ne s'exprime pas dans notre langue ; et, sitôt qu'un peu d'attention succède à la surprise première, que ce qui diffère de nous, plus que ce qui nous rassemble, nous instruit.
          [...]
          Et pour découvrir que l'autre aurait, lui aussi, quelque chose à nous dire, pour qu'il nous parle, il importe d'abord de consentir à l'écouter.

 

         

    

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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 17:30

                                BARACK OBAMA, QUEL ESPOIR  POUR L'AFRIQUE ?
                              

          L'élection de Barack Obama a suscité dans tous les pays africains, après l'étonnement, l'enthousiasme voire la ferveur et une légitime fierté. Parce qu'il est métis, né d'un père africain (du Kenya) et d'une mère blanche américaine.
          Cela étant, j'en suis à me demander ce que les Africains attendent (ou peuvent attendre) précisément de ce jeune président un peu africain lui aussi par ses origines.
          En attendant que ce point soit éclairci, j'ose avancer mon sentiment propre, ceci :
          - D'abord, Barack Obama est américain et fier de l'être.
         - Si je me réjouis moi aussi de son élection à la magistrature suprême  -qui plus est aux Etats-Unis (eu égard à l'histoire de ce pays)-  c'est aussi pour autre chose. Que ce président, patriote américain (à moitié africain) insufflera un peu de son idéologie en fait de gouvernance à nos chers "présidents élus", à nos chers "présidents autoproclamés" et autres chers "présidents à vie"...               Tout d'abord

          - Une leçon de rigueur démocratique : on n'accède  à la présidence d'une république que par la volonté sans conteste des citoyens électeurs.
          - une leçon de rigueur de la gestion de la chose publique : on ne confond pas sa caisse personnelle avec la caisse de l'Etat.
         - pour affirmer cette transparence, on publie officiellement le montant de son salaire, celui de ses revenus ainsi que son partimoine et l'on exige de ses collaborateurs et ministres la même transparence.

          - une leçon de rigueur morale enfin, de justice et de civisme : on s'efforce de donner l'Exemple. Exemple de respect du droit et des droits.
          On déclare une guerre sans merci à la fraude, à la concupiscence, à l'exploitation de l'autre par les puissances d'argent.

          Et surtout
          - Le Président Obama, quoi qu'il ait fait pour son pays au terme de son mandat, quelles que soient ses compétences, sa popularité, sa jeunesse, ne pourra jamais exercer plus de deux mandats consécutifs de 4 ans, par respect de la Constitution de son pays, par devoir et obligation à l'égard de ce texte fondamental.

          - Il ne pourra se maintenir au pouvoir au-delà de 8 ans (s'il est réélu pour un deuxième mandat) parce qu'ainsi, il violerait la loi de la nation applicable à tout président américain : blanc, noir, métis, compétent, incompétent notoire, adulé ou haï ... La Constitution, rien que la Constitution, la loi, rien que la loi.
          Quel exemple ce président pourra-t-il être pour nos "présidents", dont certains sont de grand manipulateurs de Constitution en leur pays, et qui, une fois élus, pour ne plus céder le pouvoir, s'arrogent le droit de plier la Constitution à leurs désirs.

          Ceux qui pillent les ressources de leur pays, bradent le patrimoine national à des fins égoïstement personnelles seront-ils touchés par la grâce du président américain ? Ceux qui n'ont comme tout principe et toute idéologie que l'enrichissement personnel immédiat, seront-ils un tant soit peu inspirés, "réformés" par le modèle incarné par B. Obama : la probité dans l'exercice du pouvoir, la rigueur de gestion, le respect de la volonté du peuple ?

          Ces chers "présidents africains" incluront-ils enfin  - par la grâce du modèle Obama -  dans leur champ lexical, les vocables : valeurs, intégrité, justice, respect, droit ?


          Un autre souhait enfin

          - Que la société civile qui s'éveille aujourd'hui un peu partout en Afrique, puisse juger ses dirigeants à l'aune du modèle démocratique dont B. Obama est porteur. Et que ce faisant, elle soit plus affirmée dans une critique constructive et l'esprit d'éveil. Ce qui justifierait pleinement l'enthousiasme soulevé en Afrique par son élection.

         
Question subsidiaire
          Un métis africain, né d'un père américain, français ou allemand et d'une mère noire africaine aurait-il dans l'Afrique d'aujourd'hui autant de chance que B. Obama de se faire élire président d'un Etat africain ? Lequel ?

           Par delà l'Afrique

           Je forme le voeu ardent que B. Obama soit pour les Etats-Unis mais aussi pour l'Afrique, ce roi Mage attendu pour éclairer et frayer le chemin, au-delà de l'Amérique et de l'Afrique, vers cette "Civilisation de l'Universel" où les peuples du Sud et du Nord, de l'Est et de l'Ouest, se donneront la main dans une farandole de paix et de concorde vivifiante et rédemptrice.  
         

 



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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 18:13

"L'IMMIGRATION N'EST PAS UNE HISTOIRE SANS PAROLES"

Un livre original

          Original tout d'abord par sa texture qui mèle le présent, le passé et le futur.
          Original ensuite par ses auteurs. La synthèse de deux sensibilités différentes, deux perceptions d'un même phénomène.
          -Le fond : l'arrestation de 23 travailleurs maliens parfaitement intégrés dans la commune de Montfort-sur-Meu (5 000 habitants en Ille-et-Vilaine, Bretagne) munis de faux papiers mais avec un contrat de travail en bonne et due forme, sur réquisition de la préfecture à des fins de contrôle et d'expulsion. La réaction des habitants , leur stupéfaction suivie de leur indignation : réunions, pétition, manifestations, défilés (curé de la paroisse en tête) avec slogans "Liberez nos Maliens", "Rendez-nous nos Africains" ... Constitution d'un Collectif pour la défense de ces travailleurs arrêtés.

          Pourquoi un livre sur ce thème ?

          Nous, auteurs, avons voulu montrer qu'immigration et immigrés, c'est autre chose que des statistiques ou des chiffres, que ce ne sont pas non plus des notions abstraites.
          Il n'y a pas de problème de l'immigration. Il n'y a que certaines personnes qui en font un problème ou veulent qu'il en soit ainsi. Pourtant un Français sur quatre a une ascendance étrangère.
           L'immigration, c'est le besoin d'ailleurs. Qui n'a pas, un jour, éprouvé ce besoin ? L'homme est n migrant.
           Derrrière chaque immigré, il y a un monde, une histoire, des rêves, des souffrances, c'est-à-dire des vies.
          Notre but c'était de lever le rideau sur ce monde, sur ces vies et de faire entrendre ces rêves et ces souffrances, mais par la parole des immigrés, c'est-à-dire les intéressés eux-mêmes, afin de contribuer au débat et nourrir la réflexion sur le thème de l'immigration, vraisemblablement thème majeur du siècle qui commence.

          Nous avons voulu également nous servir de l'immédiateté de ces récits vivants à la première personne comme d'un "feu" pour réchauffer cette mémoire réfrigérée qu'est l'histoire des relations anciennes entre la France et l'Afrique.

          Au-delà de l'histoire des Maliens de Montfort, ce livre mène indubitablement à une introspection, une réflexion sur la société française, sur les rapports entre la France et l'Afrique, au-delà, entre le Nord et le Sud.

          Ce livre, c'est finalement un fragment d'histoire de France et d'histoire d'Afrique, autant qu'un instantané de la société française ... Le monde à travers le thème de l'immigration.
         C'est donc à la fois l'originalité et l'universalité réunies.
 

Editeur
                www.les-oiseaux-de-papier.com
          http://linacceptable.blog4ever.com/

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