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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 18:55

chat_004.gifLA FAMILLE HUMAINE   

 

gif anime puces 291On demande quels sont nos devoirs envers les hommes. Que répondre? Allons-nous recommander à l'homme d'épargner le sang des êtres humains? Ce serait bien peu de chose! Le beau mérite pour un homme de n'être pas féroce envers l'homme! Faudrait-il lui ordonner de tendre la main au naufragé, de remettre dans sa route celui qui s'égare, de partager son pain avec celui qui a faim ?

gif anime puces 291Tout ce qu'il nous faut faire ou éviter est compris dans cette courte formule qui résume tous nos devoirs : le monde, ce monde que tu vois, qui renferme les dieux et les hommes, n'est qu'un seul grand corps dont nous sommes les membres. La Nature nous a créés tous parents. Nous avons la même origine, la même destinée. C'est la Nature même qui nous a mis au cœur un mutuel amour et nous a fait sociables; c'est elle qui a fondé l'égalité et la justice; c'est elle qui nous a appris qu'il vaut mieux subir le mal que le faire. Les mains qu'elle nous a données nous sont données pour aider les hommes.

 (Sénèque, Lettres à Lucilius)

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 14:27

L'Afrique malade de ses dirigeants047.gif

Ce dont beaucoup d'Africains souffrent aujourd'hui, c'est moins de pauvreté où de néocolonialisme que de la colonisation de leur pays par leurs dirigeants. Ce pour quoi il faut qu'ils se battent, c'est avant tout leur décolonisation, c'est-à-dire leur libération de leurs oppresseurs de l'intérieur, afin d'obtenir enfin le statut de citoyen chez eux.

A voir le colonel Kadhafi, lors de son allocution du 22 février 2011, déclarant la guerre à son peuple, le menaçant de mort violente, et son fils l'avant-veille, promettant des "rivières de sang" à ses compatriotes, on comprend que cette lutte pour la citoyenneté n'est pas gagnée,  ni sur le terrain, ni dans les têtes.

L'attitude du colonel Kadhafi (chef d'un Etat sans Constitution) est l'illustration de deux symboles caractéristiques du pouvoir, au Nord comme au Sud du continent.

- Le système de gouvernement, c'est l'autocratie au stade ultime qui s'accompagne d'un profond mépris pour le peuple, comme si le pouvoir était un dû (divin) et qu'il n'était en rien redevable à son peuple. Par conséquent, la notion de responsabilité devant le peuple est ignorée dans l'exercice du pouvoir.

- Le deuxième symbole, qui découle du premier, fait du pays la propriété privée du chef et de sa famille, parfois élargie au clan familial.

Ces deux tares majeures gangrènent l'exercice du pouvoir en Afrique. Sont ici en cause la conception même du pouvoir et le mode de gouvernement. Le chef ne doit rien au peuple, c'est le peuple qui lui doit tout. Il ne sert pas le peuple, mais se sert du peuple.

Devoir de protection du peuple, devoir de justice, de bonne justice rendue au peuple  sont également ignorés.

Il est aussi hautement symptomatique que cette "race" de dirigeants, incarnée à souhait dans le chef libyen, s'épanouisse si bien en Afrique. Nombre de chefs d'Etat du continent ne conçoivent pas autrement le pouvoir et ne l'exerce pas différemment. Pour ces régimes, il n'est pas de statut de l'opposition. Un opposant politique est un ennemi à abattre, "un chien errant", selon Kadhafi.

L'Afrique reste bien, 50 ans après la décolonisation, la terre d'élection du déni de droits et de la brutalité politique qui font peu de cas non seulement des droits de l'homme, mais de la vie humaine.

Face à ce mal généralisé, la première aide humanitaire d'urgence qu'on puisse attendre au profit des populations africaines (qui en ont le plus grand besoin), n'est ni l'aide alimentaire, ni l'aide au développement, mais l'aide qui permette de les arracher à tout jamais des crocs de ces dirigeants destructeurs de leur peuple et de leur pays. C'est le préalable à la réussite de toute autre forme d'aide.

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 09:27

BAMBOU

"Il vient un temps où l'esprit aime mieux ce qui confirme son savoir que ce qui le contredit, ou il aime mieux les réponses que les questions. Alors, l'instinct conservatif domine, la croissance spirituelle s'arrête." (Gastion Bachelard).

 

En effet, quand les questions s'arrêtent, aussi bien les questions des autres que celles de soi à soi, non seulement la croissance spirituelle s'arrête, mais également l'homme se vide d'une partie de lui-même, de sa partie vivante ; une partie du cerveau s'étiole, ne fonctionne plus qu'au ralenti (sans doute aussi une partie du coeur !).

Plus de doute = plus d'écoute de l'autre, plus d'effort de connaissance de soi ni de regard intérieur.

Les questions, qui impliquent le contredit, sont les stimulants  qui font l'homme ouvert et généreux. Elles sont la source du renouvellement parmanent de soi, en rapport avec les autres.

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 09:41

Papillons-69Une aspiration vitalePapillons-28

Les mouvements de contestation, plus exactement les révoltes, voire les révolutions, qui se propagent dans les pays arabomusulmans comme une traînée de poudre depuis le début de cette année 2011, en surprennent plus d'un. Or, ces mouvements, qui ont tous comme motif principal le manque de liberté, sont conformes aux besoins vitaux de l'homme. C'est l'objectif conscient ou inconscient à l'origine des révoltes et des révolutions, parfois couplé au refus de l'injustice et des inégalités.

La liberté est une aspiration naturelle des hommes, de tout temps. Liberté, justice, droits, sont en effet les ingrédients qui composent la vie. Ce besoin vital n'est propre à aucun peuple en particulier, ni à aucune région du monde. Il est universel, même si des régimes contre nature, des tyrannies et des systèmes fondés sur l'oppression parviennent à brider cette aspiration pendant un temps plus ou moins long. Le naturel finit toujours par reprendre le dessus. 

L'anomalie, c'est précisément que des peuples vivent brisés, des decennies sinon des siècles durant, par des régimes qui ne reconnaissent ni justice ni droits, murés dans un absolutisme aveugle qui se nourrit de l'ignorance et de la faiblesse des peuples. 

Le 14 juillet 1789 en France, après le 30 janvier 1649 et le 12 novembre 1688 en Angleterre, ou le 4 juillet 1776, date à laquelle les treize colonies anglaises se transformèrent en Etats-Unis d'Amérique,  et bien avant tout cela la célèbre révolte de Spartacus en 71 avant J.C., ou comme le 24 octobre 1917 en Russie, ne sont pas des exceptions dans l'Histoire. C'est la manifestation en des temps et des lieux différents de ce même besoin vital.

La démocratie, qui en est l'émanation, est également aujourd'hui une aspiration universelle des peuples. C'est un tourbillon qui fera son tour du monde et des peuples, quoi qu'il arrive, et contre lequel il est vain de se dresser.

Les événements de Tunisie, d'Egypte, aujourd'hui, et sans aucun doute en d'autres pays demain, en sont une vivante illustration.

Et en Afrique subsaharienne ?

Dans cette région, le mouvement n'aura certainement pas la même allure qu'en Tunisie ou en Egypte. Il y a bien une spécificité de l'Afrique noire à cet égard (un article y sera consacré ultérieurement).

Une enquête réalisée, de 1994 à 2001, dans plusieurs pays subsahariens par l' "Agence des Etats-Unis pour le développement international" (USAID) portant sur "la démocratie et la bonne gouvernance", aboutit à des conclusions qui sont une preuve supplémentaire de l'aspiration des peuples africains à autre chose qu'au déni perpétuel des droits.

Il ressort de cette enquête que les Africains définissent la démocratie comme le meilleur des systèmes de gouvernement, mais pas leurs responsables politiques. Une écrasante majorité des personnes interrogées plébiscitent la démocratie et le multipartisme. Une majorité encore plus forte condamne la dictature et les régimes militaires. En Ouganda, 89% des sondés rejettent un gouvernement de militaires, 53% se déclarent hostiles au système du parti unique. Ces résultats sont quasiment identiques à ceux enregistrés dans d'autres pays du continent lors de la même enquête.

La seule question, c'est, quand le vent de la démocratie qui se lève déjà ça et là, se transformera en ouragan pour balayer ces dynosaures politiques indécrotables, tenants d'un autocratisme absolu, digne de temps désormais révolus.

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 16:07

Pensée vivante                     galaxie002        

"l'Art de la guerre"                 

L'ouvrage de stratégie militaire le plus ancien connu est l'oeuvre du mytique Maître chinois Sun-Tzuii qui date de plus de 2000 ans.

Le principal enseignement de cette oeuvre, c'est comment remporter la victoire sans combattre. Comment endormir l'ennemi pour le désarmer, le vaincre sans coup férir, ce que l'auteur désigne par "l'excellence ultime".

Tout un art.

{C'est sûrement cette stratégie préconisée par Sun-Tzuii qui est appliquée par les Chinois aujourd'hui quand on voit la toile qu'ils tissent discrètement de par le monde.}

 

[La connaissance des mots conduit à la connaissance des choses.(Platon)]

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 08:58

Sur la terre d'Afrique, que dire ?

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Visite de Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste, à Dakar, le 8 février 2011.

"Il faut changer le regard de l'Europe sur l'Afrique"

Vaste programme !

On suppose qu'il s'agit de porter sur l'Afrique un regard positif. Si tel est le cas, c'est un souhait ardent.

Mais qui doit le faire ?

Qui peut le faire ?

L'Europe ne changera certainement pas d'elle-même son regard sur l'Afrique. Cela ne peut relever que de la volonté des Africains.

Pour ce faire, il importe que ces derniers commencent par changer le regard qu'ils portent sur eux-mêmes d'abord en Afrique, car le regard de l'Europe sur l'Afrique dépend aussi du sort des Africains sur leur contient.

C'est une déconstruction méthodique, de tout ce qui a été construit depuis le 19e siècle, voire bien avant, lors des premiers contacts entre Européens et Africains, mais surtout de l'image que l'Afrique donne d'elle-même actuellement. Cela ne se commande pas, c'est aux Africains de faire ce travail.

D'une manière générale, s'agissant de visites de responsables politiques européens, principalement français, en Afrique, les propos et discours venant d'eux sont le plus souvent mielleux (courtoisie oblige, sans doute intérêts aussi ?) qui restent à la surface des réalités. 

Que de choses à dire qui ne sont pas dites !

Il n'est pas question de faire la leçon aux Africains, mais de dire objectivement comment on comprend, comment on explique les difficultés de la plupart des Etats de ce continent (le Sénégal aussi) à émerger. Il s'agit d'interroger les Africains et de s'interroger.

Les discours des responsables français sur le sol africain tranchent nettement avec celui d'un Barack Obama par exemple. Ce dernier lors de sa première et unique visite en Afrique depuis son élection, au Ghana en juin 2009, a tenu des propos qui me semblent correspondre à ceux qu'il est convenu de tenir en ce moment. Qu'a-t-il dit ?

Extrait :

"L'avenir de l'Afrique appartient aux Africains eux-mêmes. 

Si tragique que soit l'histoire, il est possible de la surmonter.

Respectez les règles de bonne gouvernance, luttez contre la tyrannie, la corruption et les guerres fratricides.

L'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, mais de fortes institutions..."

Quel responsable politique français aurait eu le courage de tenir de tels propos ? Propos qui n'ont rien d'agressif mais qui sont justes et qui ont cependant fait grincer les dents de bien des chefs d'Etat africains.

Pourtant qui peut soupçonner Barack Obama (un peu africain par son ascendance) de figuer parmi les ennemis ou détracteurs de ce continent ?

L'amitié se nourrit aussi de quelques vérités assénées avec sincérité aux bons amis, comme de quelques critiques constructives, ce qui ne doit en aucune manière empêcher les compliments quand ils sont mérités.

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 09:49

a28Sur le chemin de la sagesse

 

Je vais t'indiquer la marche à suivre pour vivre une vie plus tranquille. Toi, reçois ces conseils comme si tu devais aller en Ardée et que je t'explique comment y rester en bonne santé. Considère les raisons qui poussent l'homme à faire du mal à l'homme : tu trouveras l'espoir, l'envie, la haine, la peur, le mépris.

La moins grave de toutes, c'est le mépris. Aussi, beaucoup y ont cherché refuge afin d'y panser leurs blessures. Quand on méprise, sans doute piétine-t-on autrui, mais en passant. On ne pratique jamais le mépris avec méthode, avec acharnement. Même sur le champ de bataille, on dédaigne l'homme à terre alors que l'on combat celui qui est debout.

Pour ne pas être la proie des méchants, tu ne posséderas rien qui puisse exciter la cupidité et l'iniquité d'autrui, rien qui tape à l'œil. En effet, tout ce qui brille, même inconnu, déclenche la convoitise. L'envie, tu pourras l'esquiver en ne t'exposant pas aux regards, en ne te vantant pas de ce que tu possèdes, en sachant en jouir à l'écart. La haine, qui naît de l'offense, tu pourras l'éviter en t'abstenant des provocations. La haine gratuite, tu t'en garderas avec du bon sens. Beaucoup encourent un autre danger : se faire haïr sans ennemis.

Pour ne pas susciter la peur, fortune modeste et douceur de caractère suffiront. Qu'on sache qu'on ne peut t'attaquer sans risquer la vengeance. Que la réconciliation avec toi soit facile et sincère. Être craint est pénible, chez soi comme au-dehors, des esclaves comme des affranchis. Même les plus faibles sont assez forts pour te faire du mal. Ajoute que celui qui fait peur a peur. On ne peut être à la fois redoutable et à l'abri.

Reste le mépris. Mais, dans une certaine mesure, on peut le tempérer, en s'en parant soi-même, quand on est méprisé parce qu'on le veut bien et non parce qu'on le mérite. Les désagréments sont combattus par la bonté, par l'amitié de ceux qui ont quelque puissance auprès d'un puissant. Seulement il convient de s'attacher à eux, non de s'y enchaîner. Autrement, le remède serait pire que le mal.

En tout cas, le mieux à faire, c'est de garder son calme, de parler le moins possible aux autres et le plus possible à soi-même. Il existe dans la conversation un je ne sais quoi d'insidieusement doux qui, comme l'ivresse, comme l'amour, nous soutire des secrets. Nul ne sait taire ce qu'il a entendu. Et nul ne se borne à répéter seulement ce qu'on lui a raconté. Qui n'a pas su taire un fait ne sait pas davantage taire le nom de son auteur. Chacun connaît quelqu'un à qui il fait autant confiance qu'à soi-même. Ainsi, même si l'on se garde d'être bavard, même si l'on se contente d'un seul confident, le secret se propage : le voilà sur toutes les lèvres.

Une bonne recette pour être tranquille consiste à ne blesser personne. Les faibles mènent une vie confuse et agitée. Plus ils font du mal, plus ils ont peur. Ils n'ont jamais de répit. Ils tremblent de leurs méfaits sans être capables de s'en détacher. Leur conscience les rend incapables d'aucune activité et leur demande sans cesse de compter. S'attendre à être puni, c'est l'être déjà, et le mériter. Avec des remords, on peut parfois être à couvert. En paix, jamais. On n'est pas pris mais on craint de l'être. On a le sommeil agité et, chaque fois qu'on entend parler d'une mauvaise action, on pense à ce qu'on a fait, que l'on ne trouve jamais assez effacé, assez dissimulé. Le coupable connaît parfois la chance de l'incognito – la certitude, jamais.

Lettre CV

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 10:07

016-C  Regards croisés              Tn 000625

                       Dialogue impromptu                              

 

Tiéba : Beaucoup d'observateurs tentent une comparaison entre l'Afrique et l'Asie. Ces deux entités du Vieux Monde sont-ils comparables ? Il s'agit surtout de savoir pourquoi certains États d'Asie qui furent jadis colonisés à l'instar de la quasi totalité des États du continent africain ont relevé ou sont en train de relever le défi du développement, avec art et maîtrise au point d'apparaître comme de véritables dangers pour leurs anciens colonisateurs. Une telle comparaison n'a rien d'un non-sens : les colonisateurs de ces pays d'Afrique et d'Asie furent les mêmes : Anglais, Français, Portugais... La période de colonisation fut la même, du XVIe au XXe siècle. Les méthodes de colonisation furent quasiment identiques. Les décolonisations se firent à peu près aux mêmes époques. Comment donc expliquer que l'Asie s'élève et que l'Afrique plonge ? Comment expliquer que le Japon, terreur économique pour les Occidentaux jusqu’à ces dernières années, n'ait pas d'équivalent en Afrique ? Que la Corée, Singapour, Hongkong, voire la Thaïlande, l'Inde, Taiwan n'aient pas leurs pareils en Afrique ?

Les anciens colonisés d'Asie et  d'Afrique n'ont pas eu la même vision du colonisateur, mieux, n'ont pas  tiré parti également de la colonisation. Les peuples colonisés d'Afrique et d'Asie ont certes en commun une égale admiration, voire une fascination devant la science, la puissance, le savoir-faire du colonisateur. C'est fort de ce constat que ce dernier proclamera l'excellence de sa culture et de sa civilisation.

Cependant, ces deux peuples ne réagirent pas de façon uniforme. S'ils ont tous observé avec attention leurs maîtres pendant des décennies voire des siècles, les Asiatiques ont su, parmi tout ce que charriait l'Occident chez eux, faire un tri minutieux et pertinent, entre ce qui était adoptable et profitable à leur vie, donc positif selon eux et ce qui ne l'était pas. Ils ont su distinguer le bon grain de l'ivraie et se sont de ce fait réorganisés en conséquence. Ce tri déboucha sur l'élaboration d'une nouvelle éthique résolument tournée vers le futur, mais tissée du meilleur de l'apport occidental greffé au meilleur des traditions ancestrales millénaires.

Ce couplage fut explosif dans le sens de la modernité, voire du progrès (quand ce mot n'est pas synonyme de disqualification humaine et pollution) et propulsa le Japon et ses suivants vers les sommets du développement économique, la maîtrise de la technologie moderne faisant d'eux par là même, des acteurs incontournables sur la scène économique et politique du vingt et unième siècle. Certes l'Asie n'est pas pour les Africains un modèle à imiter, mais un exemple à méditer.

Quant à l'Afrique et aux Africains, le tri n'a pu s'opérer (du moins pas pour l’instant) dans leur tentative d'imitation de leurs maîtres colonisateurs, l'ivraie domina le bon grain. Ainsi, le pire de l'apport de l'Europe se mêla-t-il aux éléments les plus douteux des traditions ancestrales. Ce mélange fut corrosif ; y prédominent la brutalité, le bureaucratisme, l'individualisme, le paraître, l'artifice. Une rigidité sclérosante dans tous les domaines. Le plus négatif de l'apport occidental rongea insidieusement le positif des valeurs traditionnelles parmi lesquelles le sens de la solidarité, le respect de l'autre, le sens de la famille, l'hospitalité, le respect de la parole donnée, l'esprit de désintéressement, la patience...

Cette attitude différente face à la colonisation et aux colonisateurs et ses répercussions s'observent encore de nos jours. Les Asiatiques ont ainsi tendance à railler certaines valeurs occidentales, à les trouver parfois ridicules et à proposer des contre-valeurs (sur lesquelles il ne s'agit pas ici de porter un jugement), tout en se servant des armes prises aux Occidentaux. Les Africains en revanche n'ont su proposer de contre-valeurs et sont de ce fait infiniment plus vulnérables à toutes les formes de néocolonialisme et de néopaternalisme qu'ils sont incapables de combattre. On constate ainsi que les actions humanitaires européennes sous toutes leurs formes sont plus nombreuses sur le continent africain qu'en Asie (bien que l'Asie soit plus vaste et plus peuplée) et que les Africains en sont plus dépendants que les Asiatiques. 

 Jacques : On sait ce que fut la colonisation en Afrique. Mais lorsqu'on s'avise de tenter un « bilan », de porter un regard, la question première c'est : que s'est-il passé en Afrique depuis le « départ » des Européens ? Qu'ont fait les Africains de leur indépendance ?

 Tiéba : Après la question déjà posée : « Qu'ont fait les Européens en Afrique ? »

 Jacques : On est passé de l'Afrique courtisée et adulée des années 1960 à  « un continent en perdition » selon la présentation de l'Afrique faite dans Encyclopédia Universalis, édition 1994. Cette expression est à rapprocher de l'intitulé d'une émission sur une radio publique diffusée le 2 janvier 1995 : « L'Afrique, continent du malheur ». Ce décalage est vertigineux. Sur la même antenne, une journaliste posait cette question sur le ton de l'étonnement à un artiste français rentré récemment d'Afrique et passionné par ce continent où il avait, disait-il, rencontré des sages :

« Y a-t-il encore des sages en Afrique ? », comme si la sagesse (de même que la bêtise) connaissait les frontières. Mais la question, même saugrenue a valeur de symbole ; comment en est-on arrivé là ?

016-C

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 18:13

cheval 118 Un remède de cheval qui tue le malade

A partir de 1990, au lendemain de la chute du mur de Berlin et de l'éclatement du bloc de l'Est, l'aide internationale à l'Afrique changea subitement de cap. Hier, elle était "gratuite", massive, ouverte à tous sans condition, sans contrôle ni exigence de résultats.

Dès 1990, le langage des Occidentaux à l'égard de l'Afrique s'enrichit de nouveaux vocables : conditionnalités, bonne gouvernance, droits de l'homme, l'aide étant désormais liée à une série de conditions, ce virage prit les Africains de court.

Langage et attitude radicalement opposés à ceux en usage du temps de la guerre froide. Un tel langage et un tel comportement n'auraient-ils pas permis à l'Afrique de gravir quelques échelons du développement depuis les indépendances, en prenant d'emblée ses responsabilités.

Les institutions internationales, FMI et Banque mondiale en tête, reçurent mission de mettre en application la nouvelle donne, afin de récupérer les dettes consenties par les bailleurs de fonds et en même temps assainir la gestion des gouvernements. Même si cette politique s'est quelques peu assouplie depuis quatre à cinq ans, ses effets demeurent en Afrique.

 

Les conséquences économiques, mais surtout sociales et humaines des conditionnalités sont dramatiques en Afrique. Elles le sont d'autant plus que dorénavant, sur la scène mondiale, le FMI est au premier rang pour faire accepter aux pays qui lui sont soumis, les règles de l'économie de marché. « L'absence de modèle cohérent alternatif à l'heure où le principal modèle rival s'est effondré lui rend la tâche plus aisée. D'ailleurs, les pays de l'Est en quête d'un accès à l'économie de marché ont tous fait la démarche vers le FMI qui s'est imposé à eux comme il s'était imposé aux pays en développement lors de la crise de la dette. Il n'y a plus guère de choix entre l'acceptation du système ou la marginalisation car, refuser le FMI, c'est refuser l'ensemble des rouages publics ou privés de l'économie financière (système bancaire, aides publiques etc.). Le FMI a acquis en quelque sorte un « monopole curatif » car il est le seul à avoir une vision d'ensemble et la « clef » d'une discipline derrière laquelle s'abritent les autres bailleurs de fonds ».

En d'autres termes, les États africains se retrouvent les mains liées face à la volonté et aux oukases du FMI sans recours ni alternative. Mais le véritable drame pour eux, c'est qu'ils n'ont ni les moyens techniques, ni les capacités intellectuelles de répondre aux conditionnalités imposées.

C'est comme si l'on demandait à des peuples vivant au néolithique de se projeter sans transition dans l'ère du thermonucléaire et des satellites spatiaux ! Le plus étonnant dans la politique des conditionnalités du FMI comme des autres, c'est qu'aucune période transitoire de formation et d'accompagnement n'est prévue. On demande au Burkina-Faso, sans préparation préalable, de se hisser au niveau du Canada, et au Niger à celui du Japon, en soumettant tout le monde aux mêmes règles et aux mêmes normes, aux mêmes critères de performance et d'évaluation. A quoi peut-on donc s'attendre dans ces conditions comme incidence des nouvelles conditionnalités et autres restructurations sur la vie des populations africaines ? La communauté internationale qui se penche au chevet de l'Afrique aurait-elle oublié que les Africains n'ont jamais été véritablement ni initiés, ni formés à la gestion d'eux-mêmes ? La bulle où la colonisation les avait enfermés depuis le début du XIXe siècle, en les coupant du monde, ne leur permettait ni d'observer le fonctionnement de ce monde, ni de penser leur propre vie et leur propre réalité. Bulle de la colonisation où, infantilisés et déresponsabilisés à souhait, les Africains n'avaient ni autonomie, ni existence propre, ni identité, individuelle et collective, ignorés du monde et ignorés d'eux-mêmes. Une médaille d'or remportée aux jeux olympiques par un athlète ressortissant d'une colonie française ou britannique d'Afrique était une médaille française ou britannique, saluée sur le podium par l'hymne national français ou britannique. Par conséquent, les Africains n'entendaient ou ne voyaient que ce que leurs maîtres colonisateurs voulaient bien leur faire entendre ou voir : c'est-à-dire peu de chose. Et dès que cette bulle fut percée, ces peuples africains se retrouvèrent aussitôt enveloppés par une autre bulle, un cocon, celui de la guerre froide, qui leur permettait certes d'entrevoir le reste du monde, mais un monde enjolivé par l'argent facile déversé par chaque bloc pour les attirer  et qui brouillait leur perception d'eux-mêmes. Embués dans les manteaux des conseillers techniques occidentaux ou de ceux des pays de l'Est, étourdis et distraits d'eux-mêmes, ils assistèrent, témoins passifs, à la marche du monde, restant sur le bord de la route du progrès.

De ce fait, ils ne purent ni penser véritablement le monde, ni entreprendre une introspection salutaire. La colonisation et la guerre froide ont vidé les Africains d'eux-mêmes. Ils se sont mis à imiter mécaniquement l'Est ou l'Ouest, comme dépossédés d'eux-mêmes, sans référence à leurs réalités propres : culturelles, économiques, humaines. Ainsi quoique les chaînes de la sujétion coloniale fussent brisées au début des années soixante, les Africains n'en étaient pas moins assujettis et le demeurent depuis la chute du mur de Berlin en 1989. Ceci explique sans doute qu'ils se retrouvent aujourd'hui pieds et poings liés face aux organismes internationaux qui veulent bien se charger de gérer leur vie à leur place. Mais à quel prix ?

Pour un grand nombre de ces nouveaux Etats, l'accession à l'indépendance ne fut précédée de cette maturation de l'idée de nation, ni de la pensée économique, ni d'un projet social, l'urgence étant alors de chasser l'occupant européen pour prendre le train de l'indépendance qui traversait l'Afrique de l'est à l'ouest, du nord au sud).

Ainsi embarqués sans projet politique véritable ni ambition sociale, sans vision claire du développement, les Africains s'installaient dans une indépendance qui s'apparentait dès lors à une aventure sans perspectives précises. Tout ce qui suivit : les coups d'État, la corruption institutionnalisée, l'irresponsabilité à tous les échelons de l'État, l'incompétence insigne, de même que la mauvaise gestion et les guerres civiles, s'explique en partie par cette impréparation et cette « immaturation » politique, par le caractère fortuit des indépendances en Afrique subsaharienne. Ce passé continue de peser sur le présent et d'hypothéquer le futur. Les Africains ne sont pas les conducteurs du train des indépendances, mais ses simples passagers, qui n'ont ni la maîtrise du départ, ni celle de la destination.

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 18:37

 

fleur_035.gifSuite à l’article sur les sorcières, voici le vécu d’un visiteur du blog

 

« Ici les Églises dites du réveil profitent de cela [de la croyance à la sorcellerie] pour s'enrichir sans scrupules, elles déchirent les familles puisque dans les croyances locales, le sorcier ou la sorcière ne peut "donner" qu'un proche !

Le résultat est lamentable. L'allégeance de ces Églises au gouvernement fait qu'on les laisse opérer en toute tranquillité.

 

Le plus grave est que des familles vivent cela. Je pourrais intituler cela :" Histoire de sorcellerie vécue ". Les guerres intestines qui ont abouti à tant d'horreur dans les deux Congo sont-elles à l'origine des glissements entre les croyances anciennes  – relativement maîtrisées par de la contre-sorcellerie locales –  et des interventions intempestives de pasteurs, prophètes et gourous en tout genre ?

 

Histoire de sorcellerie vécue.

Elle s’appelle Lutete, fine et jolie elle scintille dans une nuit sombre. Lutete a dix ans et son petit frère 7 ; leur maman est coiffeuse traditionnelle et tresse des têtes tout le jour, tout en accomplissant son travail de ménagère. Le papa (niveau bac) est souvent chômeur. La malchance le poursuit : maladie au moment d’un examen professionnel, poste supprimé et divers…

C’est, me dit-on, sa grande sœur qui le bloque (entendez qui l’empêche de s’en sortir par des procédés occultes. Il s’est rendu à plusieurs reprises chez cette dernière pour tenter d’apaiser les relations conflictuelles qu’ils ont tous les deux.

Le ménage fait face aux difficultés matérielles. Mais un jour la grand-mère paternelle de Lutete arrive avec un inconnu (un nganga, sorte de guérisseur-devin ?) et ce dernier s’adresse au père de Lutete en des termes durs : «  Toi, tu es chef de famille et tu ignores ce qui se passe dans ta maison .Tu as un enfant qui sort la nuit. »

La grand-mère insiste, c’est de Lutete qu’il s’agit et il faut la soigner. Le papa contacte un homme de religion qui dit pouvoir faire le traitement. 5.000F d’ingrédients sont nécessaires. Il s’efforce de trouver un prêteur.

Mais il est obligé d’expliquer à sa femme ce que l’on doit faire pour Lutete. Interrogée la petite fille, qui rêve beaucoup et parfois à haute-voix, dit que des gens viennent lui parler la nuit, qu’elle leur répond, mais a tout oublié le matin quand elle se réveille.

La Maman refuse catégoriquement la version que son enfant est contactée la nuit par des sorcières qui veulent l’enrôler dans leur groupe ; elle s’oppose au traitement. Elle suppose que l’on accuse ainsi sa mère, la grand-mère maternelle de l’enfant et menace de quitter le foyer ; ce qu’elle fera quelques mois plus tard.

L’histoire de famille s’amplifie, Lutete et son petit frère sont confiés à la grand-mère paternelle pendant les vacances. Puis leur maman revient mais le couple est très fragilisé.

Lutete est trop intelligente pour ne pas avoir compris qu’elle est au centre des disputes. Espérons qu’elle en sortira indemne.

 

Ce cas est loin d’être unique au Congo et le grave problème des « enfants sorciers » sévit au Congo-Kinshassa au point qu’une ONG s’est créée pour leur porter secours.

Des parents vont au culte et le « prêtre » tout d’un coup accuse leur enfant de sorcellerie. Ces parents, très religieux, l’abandonnent alors à son sort.

Tel qui voit sa femme malade et n’arrive pas à lui obtenir un traitement médical adéquat, par erreur de diagnostic ou manque de médicaments, va considérer que si l’hôpital ne parvient pas à la soigner, c’est qu’il s’agit d’une affaire de sorcellerie ; la vieille mère est alors accusée d’avoir donné sa fille à son groupe de sorciers. Cette sorcellerie ne peut s’exercer qu’entre proches, dit-on. »

AH

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