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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 09:28

a685Mépris de la médisance

 

Le vrai secret d'obtenir les choses qu'on désire, est de les dépriser. D'ordinaire on ne les trouve pas quand on les cherche ; au lieu qu'elles se présentent d'elles-mêmes quand on ne s'en soucie pas. Comme les choses de ce monde sont l'ombre de celles du Ciel, elles tiennent cette propriété de l'ombre, qu'elles fuient celui qui les suit, et poursuivent celui qui les fuit. Le mépris est aussi la plus politique vengeance. C'est la maxime universelle des sages de ne se défendre jamais avec la plume, parce qu'elle laisse des traces, qui tournent plus à la gloire des ennemis qu'à leur humiliation : outre que cette sorte de défense fait plus d'honneur à l'envie que de mortification à l'insolence. C'est une finesse des petites gens de tenir tête à de grands hommes, pour se mettre en crédit par une voie indirecte, faute d'y pouvoir être à bon droit. Bien des gens n'eussent jamais été connus, si d'excellents adversaires n'eussent pas fait état d'eux. Il n'y a point de plus haute vengeance que l'oubli ; car c'est ensevelir ces gens-là dans la poussière de leur néant. Les téméraires s'imaginent de s'éterniser en mettant le feu aux merveilles du monde et des siècles. L'art de réprimer la médisance, c'est de ne s'en point soucier. Y répondre, c'est se porter préjudice ; s'en offenser, c'est se discréditer, et donner à l'envie de quoi se complaire ; car il ne faut que cette ombre de défaut, sinon pour obscurcir entièrement une beauté parfaite, du moins pour lui ôter son plus vif éclat.


Baltasar Gracian (1601-1658), jésuite espagnol.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 11:01

001-C

Où en est-on ? Entre imbroglio et flou

 

gif_anime_puces_543.gifAu plan institutionnel

gif anime puces 543Au plan politique

gif anime puces 543Au plan territorial

gif anime puces 543Quelle issue ? La CEDEAO ? L’Union africaine ? La France ? L’ONU ?

 

Une constitution brouillée

 

S’agissant des institutions, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elles sont actuellement sens dessus dessous, sans doute pour longtemps.

 

Quid des élections libres, transparentes et démocratiques ?

Quid de la laïcité… ?

 

Le trouble vient sans aucun doute de l’intrusion d’une frange de l’armée, en l’occurrence la mouvance des putschistes du 22 mars 2012 dans la vie politique et au sein du gouvernement du pays. A l’évidence, une clarification s’impose rapidement pour une lisibilité et une vision claire des institutions.

 

Faut-il abroger la Constitution d’avant le 22 mars ? Dans l’affirmative, qui seront les futurs constituants, les auteurs et acteurs de la nouvelle Constitution ? En la circonstance, le plus tôt serait le mieux, afin de fixer des repères, condition de la stabilité.

 

Qui gouverne aujourd’hui ? 

Les politiques? Les militaires? Les religieux?

 

Jamais la formation d’un gouvernement n’aura été autant attendue par les Maliens et par la communauté internationale.

 

Certes, un nouveau gouvernement dit « d’union nationale » a vu le jour le 20 août dernier. En soi c’est une excellente nouvelle pour le pays, si la mise en place de la nouvelle équipe permet avant tout de restaurer l’autorité du président intérimaire, victime d’une sauvage agression le 16 mai dans son bureau du Palais présidentiel par des partisans de la junte, et qui fut de ce fait contraint à un exil sanitaire de deux mois à Paris. Rentré au pays le 27 juillet, il a tenu des propos à la fois fermes et rassurants, sur sa détermination à restaurer l’intégrité du pays et la cohésion nationale. Avec quels moyens ?

 

Ce qui n’est pas dit, c’est que ce gouvernement a été mis en place suite à un ultimatum de la CEDEAO menaçant le Mali d’exclusion de cette organisation sous -régionale. Cet ultimatum, initialement fixé au 31 juillet 2012, fut prorogé de quelques semaines. Cela expliquerait-il une certaine précipitation dans la composition du gouvernement que certains jugent bien bancal ?Un gouvernement écartelé entre pro et anti- junte, entre sceptiques et attentistes.

 

L’objectif de la CEDEAO étant le rétablissement de la légalité institutionnelle incarnée par un gouvernement dont seraient écartés définitivement les militaires putschistes. Tel était aussi le souhait de la communauté internationale.

 

La mission assignée à ce gouvernement :

 

bouton 007la reconquête d’urgence du Nord afin d’éradiquer la menace islamiste pour le Mali et pour l’ensemble de la région, voire du continent.

 

bouton 007l’organisation rapide d’élections libres et démocratiques conformes à la Constitution du pays.

 

Or, les militaires du capitaine putschiste Sanogo sortent renforcés dans ce gouvernement où ils occupent 5 ministères de premier rang (contre 3 dans le précédent), dont la Défense, la Sécurité intérieure, l'administration du territoire... La CEDEAO n’était pas seule à exiger le départ des militaires. Cette exigence était partagée à la fois par l’Union africaine, l’Europe et les Etats-Unis. L’ambassadeur américain à Bamako publia dès l’annonce du nouveau gouvernement un communiqué félicitant le Mali pour la formation d’un gouvernement d’union nationale mais avec cette réserve qui en dit long :

 

« Nous renouvelons nos appels pour que le CNRDRE [appellation de l’équipe de la junte] se retire de la vie politique et nous demeurons très sceptiques sur l’intérêt de garder quelque rôle que ce soit pour le capitaine Sanogo dans les institutions politiques du pays. »

 

gif anime puces 453Pour l’anecdote : ce capitaine putschiste avait exigé comme compensation à sa non-participation au  premier gouvernement suivant le coup d’Etat, de jouir des avantages d’un ancien chef d’Etat, ce qui lui fut accordé par la CEDEAO, qui revint  sur sa décision quelques mois plus tard.

 

Quant aux Maliens eux-mêmes, si beaucoup se disent soulagés de voir enfin un gouvernement reprendre en main le pays, on compte presque autant de mécontents qui qualifient de mascarade ce gouvernement destiné selon eux à légaliser la mainmise de la junte sur la politique du pays.

 

Quant aux ressortissants du Nord (qui prennent leurs distances avec les séparatistes), regroupés dans un collectif, ils dénient à ce gouvernement la qualification « union nationale », s’estimant peu représentés dans la nouvelle équipe. Il en va de même pour les femmes qui n’obtiennent que 3 ministères sur 31. Certains y voient un mépris pour la femme malienne, mais aussi la main de la mouvance islamiste.

 

Mais surtout

 

bouton 007La création d’un ministère des Affaires religieuses et du Culte irrite un certain nombre de Maliens qui y voient une grave violation du caractère laïc de l’Etat et un intolérable dévoiement des institutions, également la poussée de la mouvance religieuse.Dans ce pays, en effet,les religieux sont en passe de remplir le vide laissé par les politiques.

 

bouton 007Le maintien à la tête de la nouvelle équipe du Premier ministre, Ch. Modibo Diarra, est loin de faire l’unanimité, parce que beaucoup le  jugent incompétent, en partie responsable de l’enlisement actuel du pays, mou, dépassé, sans vision, plus grave, aux ordres du capitaine Sanogo. Une bonne partie de la communauté internationale, y compris la CEDEAO, partage le même jugement.

 

Il existe encore bien d’autres griefs formulés à l’encontre de ce gouvernement.

 

Un territoire en lambeaux

 

gouv Affichage Web moyen

 

Les 2/3 nord du pays sont occupés par des islamistes qui renforcent, de jour en jour, leur pouvoir sur une population démunie, abandonnée à son sort et victime des pires exactions. Des centaines de milliers de ressortissants du Nord ont pris d’assaut les frontières des pays voisins où ils vivent dans des camps de misère.

 

Quelle marge de manœuvre pour un assainissement de la situation et pour remettre le Mali sur pied ?

 

Le gouffre du déclin

 

Quelle sortie ? Par qui ? Comment ?

 

Il faut forcer l’optimisme, du moins pour le court terme, pour la résolution de cette crise malienne.

Les pays médiateurs, le Burkina et la Côte d'Ivoire,tout comme la CEDEAO,sont sévèrement jugés pour leur gestion inefficace et brouillonne de la crise.

 

.

 

gif anime puces 583Une intervention militaire directe de la France semble exclue pour plusieurs raisons :

 

bouton 007Ancien pays colonisateur, responsable selon certains Maliens de la situation actuelle par son intervention en Lybie

 

bouton 007Soupçonnée de complot, sinon de connivence avec les Touaregs de l’AZAWAD pour combattre les islamistes.

 

bouton 007Et bien d’autres griefs liés à de vieux contentieux, notamment en rapport avec l’immigration clandestine.

 

gif anime puces 583L’ONU ?

 

bouton 007Intervention sans doute improbable dans l’immédiat.

 

bouton 007Des réticences au Conseil de sécurité où l’on estime –à tort ou à raison- que la paix mondiale n’est pas menacée au Mali et que la situation humanitaire n’est pas préoccupante à ce point.

 

gif anime puces 583La CEDEAO ?

 

bouton 007Elle prépare, dit-on, le déploiement d’une force militaire de 3 000 à 3 300 soldats pour intervenir au Mali. Mais sur quelles bases et avec quels moyens ? (Les militaires putschistes et leurs partisans sont hostiles à toute intervention sur le sol malien.)

 

bouton 007Ce projet de la CEDEAO ne peut prendre corps qu’à un certain nombre de conditions :

°l’appui sans réserve de la communauté internationale sous mandat de l’ONU.

 

gif anime puces 583l’accord et la participation sans équivoque de l’Algérie. (Sans ce pays rien ne peut se faire dans la région).

 

flèche3Une solution à minima qui consisterait à engager une négociation avec les Touaregs de l’AZAWAD qui aboutirait à l’octroi d’une forme d’autonomie à définir au sein d’un ensemble malien ?

 

lignes-etoiles-7

 

A propos du Mali, à ce jour, il existe plus de questions que de réponses.

 

Espérons que la solution viendra à la fois de la sagesse et de l’intelligence des hommes, dans et hors du Mali. Mais surtout, un effort d’imagination, de la volonté et beaucoup de courage de la part de tous.

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 10:14

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Ce que « croissance »recouvre en Afrique

 

etoile_110.gif

 

De quelle croissance s’agit-il ?

 

gif_anime_puces_186.gif

 

L’Afrique est aujourd’hui la région du monde la mieux dotée en ressources naturelles. L’inventaire donne le tournis.

 

« Avec plus de 60 types de métaux et minerais recensés dans son sous-sol, l’Afrique possède 30% des réserves minières mondiales : 89% pour le platine, 81% pour le chrome, 61% pour le manganèse, 60% pour le cobalt, 40% pour l’or, 30% pour la bauxite, 24% pour le titane, 9% pour le cuivre ». (World Golden Council).

 

A cela s’ajoutent bien d’autres ressources pour lesquelles l’Afrique occupe un rang plus qu’honorable : « uranium, diamant, pétrole, gaz, bois… » » (voir T. Diakité, ch.1 : Richesse et pauvreté, le paradoxe africain, in 50 ans après, l’Afrique, Arléa).

 

Ces ressources abondantes facilement accessibles grâce au progrès des transports sont exploitées à peu de frais par les grandes puissances. C’est en Afrique qu’elles peuvent signer les contrats les plus favorables, certaines ressources (tout comme des terres) étant bradées par des dirigeants africains. Ces puissances sont donc toujours gagnantes.

 

Une véritable frénésie s’empare ainsi des grandes puissances et des principaux pays émergents (Chine, Inde, Brésil) pour les ressources naturelles du continent africain. Les conditions favorables d’exploitation ainsi que les profits colossaux réalisés( aussitôt rapatriés) sont une motivation supplémentaire dans cette nouvelle ruée vers l’Afrique. C’est l’une des principales explications des chiffres impressionnants et de la variété des activités sur le continent.

 

La compétition que se livrent tous ces protagonistes, chacun voulant s’approprier, sinon la totalité, du moins la plus grosse part du gâteau, génère les flux les plus denses en direction et en provenance de l’Afrique. « Les performances économiques des pays du continent restent intimement liées aux revenus qu’ils tirent de leurs ressources, notamment minières et pétrolières. Dans la plupart des sept Etats subsahariens exportateurs de pétrole, le dynamisme de la demande mondiale de brut alimente une hausse de la production. » (Jeune Afrique, l’état de l’Afrique, Hors-série n°30, 2012). Et ce dynamisme est lui aussi impressionnant.

 

etoile 042Quelques exemples :

 

gif anime puces 601Dans le domaine des mines, « l’Australie s’apprête à investir plus de 40 milliards de dollars en Afrique dans les prochaines années, a déclaré récemment le ministre australien des Affaires étrangères, Bob Carr, en prélude à une conférence avec les ministres africains des mines, prévue fin août dans son pays.

 

Beaucoup d’entreprises australiennes sont impliquées dans le secteur des industries extractives en Afrique. D’après le site international du ministère des Affaires étrangères australien, il y aurait plus de 300 entreprises disséminées à travers 30 pays du continent africain.

 

En Afrique de l’ouest, l’effervescence du secteur a poussé l’Australie à nouer récemment des liens diplomatiques avec les pays francophones, matérialisés par l’ouverture d’une première ambassade à Dakar. »

 

Cette croissance mirobolante, constatée et soulignée en Afrique, est le résultat de cet engouement des étrangers pour les richesses du continent. Plus qu’une ruée, c’est une guerre féroce plus ou moins feutrée, entre grandes puissances et pays émergents, chacun voulant s’assurer l’exclusive ; les ressources, objet de cette mêlée, étant, jusqu’à une date toute récente, exclusivement réservées aux anciennes puissances colonisatrices du continent.

 

gif anime puces 601La Chine, qui tire 30% de sa consommation de pétrole d’Afrique, est particulièrement active dans l’exploitation de ses ressources naturelles. Fortement implantés dans 48 Etats sur 54, depuis 2000, les Chinois y déploient une activité d’une ampleur sans précédent dans l’histoire du continent.

 

gif anime puces 601Le tragique événement survenu en Afrique du Sud : la mort de 34 mineurs grévistes, tués par la police lors d’une manifestation le 16 août 2012, trouve son origine dans cette exploitation à peu de frais et à outrance des ressources naturelles. En Afrique, l’absence de mouvements sociaux et de syndicalisation des travailleurs constitue également un de ces avantages dont jouissent les exploitants étrangers.

 

« Rien n’illustrait mieux les déchirures d’hier [dans ce pays] que le secteur minier : les contremaîtres blancs y étaient arc-boutés sur leurs privilèges et la main-d’œuvre noire courbant l’échine dans les entrailles de la terre demandait sa part du gâteau. La société Lonmin (dont le siège est à Londres), propriétaire du site, menaçait, après la tuerie, de licencier les grévistes). » (Le Monde, 23 août 2012).

 

Le Monde, insistant sur le manque de compassion des responsables de cette société, rappelle les propos de son fondateur, Tiny Rowland, « Je n’ai pas besoin de respectabilité, mais de bénéfices et d’affaires qui tournent. »

 

Tous ces facteurs cumulés engendrent ces chiffres enviables de la croissance (de 5 à 8%) dans nombre d’Etats africains qui impressionnent des observateurs de l’Afrique d’aujourd’hui. Cela ne signifie pas que les Africains ne tirent aucun profit de la situation, mais qu'il   faut éviter la confusion entre croissance et développement s’agissant de l’Afrique. La RDC (République « dite » démocratique du Congo) qualifiée de « scandale géologique », tant son sous-sol regorge des ressources minières les plus précieuses et les plus recherchées, est également l’un des pays les plus pauvres de la planète (indice de développement humain 2011 : 0,286 ; rang mondial : 187e sur 187), malgré la concentration extrême d’activités de sociétés étrangères sur son sol.

 

etoile 042La question :

 

fleche 026Quel pourcentage de cette croissance profite aux Africains ?

 

fleche 026Quelle part les profits générés comptent-ils dans les projets de développement du continent ?

 

Que des Portugais, en mal d’emploi chez eux, aillent à l’aventure en Angola pour s’y faire une situation ou un peu de fortune, ne signifie guère que l’Angola (1er producteur africain de pétrole) soit aujourd’hui plus avancé ou plus développé que le Portugal. Les Portugais, comme d’autres, tout au long des siècles écoulés, ont pris l’habitude de venir manger la laine sur le dos du mouton africain.mouton6

 

 

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Le Développement est un tout, par de -là la croissance et même le développement économique ; il implique l’homme dans sa totalité, qui doit en être le centre et l’aboutissement. Il ne peut y avoir de développement hors de l’humain.

 

Aujourd’hui les conditions pour le Développement, synonyme de bien-être matériel, social, spirituel, moral, bref épanouissement de l’homme ,ne sont pas réunies en Afrique subsaharienne. C’est avec cette réalité qu’il convient de mettre en rapport le discours sur les chiffres de la croissance en Afrique.

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 09:47

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fleche_106.gifLu pour vous

 

Le Point, 09 août 2012

 

« L’Afrique

N’est pas celle que vous croyez

Réveil. La litanie des tragédies ne s’est pas arrêtée, les fanatiques obtus qui saccagent Tombouctou nous le rappellent. Mais elle ne peut plus occulter l’évidence : l’Afrique subsaharienne se réveille. Sa croissance spectaculaire impressionne, son esprit d’entreprise a de quoi dynamiter les préjugés. Voyage dans un continent qui va vous surprendre.

 

Afrique Le Point1 Web»

 


fleche 235Très bien.

C’est très encourageant en effet !

Cette belle croissance suscite l’optimisme, mais inspire en même temps quelque réflexion critique, car elle ne peut, seule, relever le défi africain.


fleche_039.gifQuestions subsidiaires


-   fleche 026  Quelle croissance ?

-    fleche 026 Par qui ?

-    fleche 026 Pour qui ?

-     fleche 026Qui est moteur ?

-    fleche 026 Combien d’enseignants qualifiés ?

-     fleche 026Quelle qualité de l’enseignement et de l’éducation ?

-    fleche 026 Combien d’ingénieurs formés par an ?

-    fleche 026 Combien de publications par an ?

-     fleche 026Combien de brevets déposés par an ?

-     fleche 026Combien de prix Nobel ?

-     fleche 026Quelle politique concrète pour la jeunesse ?

-     fleche 026Quelle politique réelle de promotion de la femme ?

-    fleche 026 Quel remède contre la corruption effrénée et le matérialisme exacerbé en passe d’avilir l’esprit, de vicier les rapports humains en asséchant et vidant les consciences ?

-    fleche 026 Quel Etat ?

-     fleche 026Quel sens de l’Etat ?

-    fleche 026 Quelle cohésion nationale ?

-     fleche 026Quelle solidarité continentale ?

-    fleche 026 Quelle qualité de la gouvernance ?

-     fleche 026Quel progrès de la démocratie, des droits humains et du respect de la personne ?


Pour que croissance rime avec développement.

ligne 1 045

 

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 16:44

110_F_1680958_XWklQjOBymJxcHZOBUWuQ46F3ZNfK8.jpgDeux empires, deux styles, moyens et méthodes

 

Ce sont deux empires immenses, s’étendant sur plusieurs continents, englobant les peuples les plus divers, tous soumis aux mêmes lois, celles de la métropole.


Tous deux firent un usage constant des vocables : cité, citoyen, citoyenneté, loi et droit, et furent confrontés à des cultures étrangères à la leur. Tous deux nourrirent la même ambition : inviter sous leur toit, à leur table, les indigènes et faire des « barbares » des Romains, des Français.


Tous deux enfin marquèrent profondément l’histoire des peuples dominés, y compris après la fin de l’empire : un véritable big-bang colonial auquel peu de peuples échappèrent, big-bang colonial, en réalité big-bang planétaire.

 

 

soleil 012Par quels moyens et méthodes ?

 

La dépossession fut bien sûr matérielle avant d’être culturelle et psychologique. La spoliation fut la première caractéristique. En Algérie, entre 1880 et 1920, les musulmans algériens perdent plus de 4 millions d’hectares, phénomène de dépossession rendu possible par la législation française plaquée sur une société traditionnelle. Le droit foncier français s’impose ainsi au régime foncier traditionnel. Partout en Algérie comme en Afrique noire, la colonisation met en place une série de textes législatifs qui ont comme principale conséquence d’introduire dans ces colonies la notion de propriété privée dans les domaines foncier et forestier. Jusque-là, en Afrique noire particulièrement, la possession de la terre ne pouvait être que collective, la terre étant prêtée selon les besoins de chaque membre de la communauté. Elle était prêtée de la même manière à l’étranger venu s’installer, et qui en faisait la demande. Cette législation coloniale constituait ainsi un moyen efficace de domination.

 

 

soleil 012Villes romaines et villes coloniales françaises


Elément puissant d’intégration ou de discrimination.


Les Romains cherchèrent à faire entrer les autochtones dans la « ville romaine », facilitant ainsi leur accession à la citoyenneté. Quant aux Français, ils coupèrent d’emblée  la ville coloniale en deux, ville européenne et ville africaine, en concédant aux Africains, au nom des lois d’expropriation, un simple permis d’habiter sur le territoire urbain et non une propriété définitive. Interdiction leur était également faite de construire en dur, l’objectif étant de faciliter le déguerpissement à tout moment selon la volonté de l’administration coloniale.


La ville africaine, démunie du confort minimal, sombre dans l’obscurité, la poussière et la boue. Elle est systématiquement séparée de sa « jumelle » européenne par un espace non constructible. Espèce de barrière permettant de maintenir les Africains à bonne distance.


La ville européenne, en revanche, véritable vitrine de la colonisation, bénéficie d’équipement moderne : adduction et évacuation d’eau, électricité, voierie bien entretenue.  Juchée sur les hauteurs, elle est baptisée « plateau », devenu synonyme de quartier européen, à Dakar comme à Abidjan ou ailleurs.

 

 

soleil 012Cité, citoyenneté


Certes, Rome ne se priva pas non plus de jouer sur les différences sociales dans les provinces conquises pour asseoir son pouvoir. Mais, tout au long des cinq siècles de vie de l’empire romain, toute sa politique fut sous-tendue par quelques principes simples et constants :


bouton 007    Il n’y a pas d’homme qui, par nature, soit fait pour la servitude. Ce qui implique que tout esclave a vocation à devenir affranchi, c’est-à-dire libre.

   Tobouton 007ut homme libre a vocation à devenir citoyen romain à part entière.

bouton 007   Une fois à l’intérieur de la cité (citoyen), tout homme peut, selon ses capacités, gravir les marches du cursus honorum, c’est-à-dire le droit d’accéder à toute magistrature, de la plus basse à celle d’empereur.

 

etoiles005Autre principe : accorder la citoyenneté dans les provinces à tout homme faisant allégeance à la romanité, c’est-à-dire embrassant les valeurs et le mode de vie romain, en commençant par la langue. Le fait urbain est par excellence le facteur premier de cette romanisation. Il convenait donc de faire de la ville un puissant instrument de la romanité.


Ainsi en Narbonnaise (Gaule), la citoyenneté romaine fut très largement distribuée, dès avant César. L’armée avait pour autre fonction essentielle de faire des étrangers des citoyens romains. Elle fut un puissant facteur d’attrait des provinciaux ambitionnant la citoyenneté romaine.


La citoyenneté romaine était par ailleurs accordée à tous, en respectant le droit de la communauté locale. En tenant compte des situations locales, le but de la politique romaine, de la République à l’Empire, fut de parvenir ainsi à une romanisation continue et profonde des populations provinciales.

 

bouton 006Pour Paul Veyne « les Romains ont posé pour principe, dès le début, avec une conviction rare dans l’histoire, qu’ils étaient faits pour commander. Ils ont eu l’instinct de prendre garde de ne jamais ordonner aux peuples qu’ils contrôlaient, des choses qu’ils n’avaient pas envie de faire. Ils n’ont jamais songé à romaniser les peuples conquis. Ils les laissaient venir à eux. Ils sont dépourvus de nationalisme étriqué. Ils se sont emparés de la culture grecque [eux les vainqueurs et les maîtres], avec une exceptionnelle absence de souci pour leur « identité » romaine. Ils se sont volontairement hellénisés. »


Dans le système colonial français, les autochtones ont beau être instruits, cultivés et diplômés, ils ont beau adopter les mœurs européennes et le mode de vie français, rien n’y fait. Les Français ont toujours fixé une limite à l’émancipation des ressortissants de leurs colonies. Les colonisés peuvent être émancipés jusqu’à une certaine limite, fixée d’avance. Barrière tacite, mais intangible qui doit les empêcher d’être les égaux des maîtres.


Ainsi le Sénégalais Birago Diop, vétérinaire formé en France, donc au sommet de la société coloniale par son niveau de culture et de formation, est rejeté, car dans cette situation coloniale, la hiérarchie repose essentiellement sur des critères dits de race. Le critère de fonction et de capacité intellectuelle n’intervient pas.


Ch. Roger Ageron, dont les travaux sur la colonisation françaises font autorité, nous invite à nous interroger sur le sens de la notion d’ « assimilation », avant d’affirmer que cette assimilation fut utilisée pour effacer les traits distinctifs de la société indigène, mais pas pour accorder des droits similaires à ceux des métropolitains.

 


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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 11:04

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La fin des colonies est-elle inéluctable ? 

 

 

bouton 007Deux visions contraires se sont affrontées au lendemain de la Première guerre mondiale, au sujet de l’avenir des colonies dans le monde. La première prévoyait une remise en cause de la colonisation et un ébranlement à court terme de l’édifice colonial bâti à la fin du 19e siècle. Ce point de vue s’appuyait sur les exemples de l’Irak et de l’Egypte qui ont acquis leur indépendance accordée par la Grande-Bretagne, respectivement en 1932 et 1936, puis sur le cas des Philippines auxquelles les Etats-Unis ont accordé l’autonomie en 1934, puis l’indépendance en 1946.

 

Pour les tenants de la seconde vision, au contraire, l’édifice colonial était assuré de la durée, soit en maintenant le statu quo, soit en procédant à quelques réformes qui permettraient une évolution du système ancien vers l’assimilation intégrale, ou vers une fédération regroupant colonies et métropole, ou alors, un assouplissement du système par rapport au mode de fonctionnement d’avant-guerre.

 

12

   Point de vue de Georges Hardy, 1937

 

 

flèche3[Georges Hardy (1884-1972), ancien directeur de l’Ecole coloniale, premier recteur de l’académie d’Alger et inspecteur général de l’enseignement de l’AOF, fut partisan convaincu de l’assimilation dont il fut un théoricien ardent. Il refusa jusqu’au bout de croire à la fin des colonies.]

 

En dehors de ces affranchissements [Irak, Egypte, Philippines] consentis par les métropoles, trouve-t-on, dans l'histoire coloniale de la période contemporaine, des cas d'émancipation d'origine purement indigène ? Aucun.

 

Il est vrai que des agitations séparatistes, foncièrement indigènes, pointent çà et là. Mais c'est un fait que les soulèvements les plus inquiétants ont échoué jusqu'ici ou n'ont abouti qu'à des réformes octroyées par les métropoles. Il est aussi admissible, après tout, d'y reconnaître de banales crises de croissance et d'accommodation mutuelle que les signes certains d'une rupture : il ne manque pas, dans nos pays européens, de provinces qui se sont longuement rebellées contre l'annexion et qui ont fini par se fondre parfaitement dans l'unité nationale.

 

Au surplus, en même temps que la naissance, incontestable, de nationalismes indigènes ou, dans les cas les moins graves, d'opinions publiques indigènes, amène les métropoles à relâcher progressivement leur tutelle, on voit apparaître de nouveaux modes de liaison, qui permettront peut-être aux colonies d'éviter la scission définitive. Les unes s'incorporent de plus en plus à la métropole, comme les « vieilles colonies » de la France, l'Algérie et, d'une façon générale, toutes celles dont les cadres traditionnels ont été brisés ou n'ont plus qu'une existence de convention. Pour d'autres, on envisage parfois de larges fédérations, — dont l'empire britannique, avec sa merveilleuse souplesse, donne l'exemple. Enfin, de la sujétion à l'indépendance absolue, il y a une gamme singulièrement riche de nuances intermédiaires, que la plupart des colonies commencent seulement à parcourir et dont les plus avancées ne sont pas encore sorties.

 

En somme, [...] il ne ressort nullement des faits acquis que la colonisation contemporaine, dans les possessions où domine le peuplement indigène, sente le sol se dérober sous ses pas. Que l'autorité européenne soit par endroits et par moments contestée et combattue, on doit en convenir ; mais tout autorise à penser que, sauf catastrophes, elle est loin d'avoir épuisé toutes ses ressources de durée. A s'en tenir strictement au champ d'action coloniale, il est donc difficile d'admettre sérieusement un « crépuscule de l'Europe » ou un « déclin de la race blanche ».

 

Il est vrai que la colonisation n'a pas atteint tous les buts qu'elle s'était proposés et qu'elle rencontre, sur bien des points, des obstacles inattendus. Constatation qui n'a rien de surprenant pour des entreprises dont la plupart datent à peine d'un demi-siècle, mais qui oppose crûment l'expansion des civilisations formelles ou matérielles et l'expansion des civilisations morales [...]. C'est peut-être [...] pour avoir placé trop de confiance dans la précellence de son idéal culturel, que l'Europe, en ce domaine, n'enregistre que des succès restreints ou contestables. Ce qui ne veut pas dire, d'ailleurs, qu'elle ait complètement échoué et qu'elle ne puisse, en améliorant ses procédés, reprendre par la base cette œuvre importante entre toutes.

 

Il est certain, en tout cas, que la colonisation contemporaine, consciemment ou non, a été l'instrument essentiel, le plus efficace et le plus constant, de cette métamorphose du monde, qui tend à supprimer l'isolement et à porter tous les hommes au même plan d'humanité. [...] Du simple point de vue historique qui est le nôtre, constatons que, par l'effet de la colonisation, nulle région de la planète n'est aujourd'hui soustraite à l'action multiforme des peuples européens et que nous nous trouvons en présence d'une révolution universelle sans précédent. [...].

 

Cette grande œuvre d'interpénétration du monde, cette fécondation de races que l'isolement stérilisait, c'est donc l'Europe qui, en moins de cent ans, a porté tout cela à son compte. Qu'elle ait commis des erreurs, qu'elle ait parfois abusé de son ascendant et même cédé à de fâcheux instincts, on doit l'avouer, et c'était sans doute inévitable ; mais sa mission n'est pas terminée : à la lumière de l'expérience, son action peut et doit s'amender ; la sagesse, tout autant qu'un élémentaire souci de générosité, lui commandent clairement de concevoir la colonisation, non pas comme le déchaînement d'une force aveugle ou l'exercice implacable d'un droit, mais comme un devoir de solidarité, une charge d'aînesse.

 

bouton 007L’empire romain a duré plus de 500 ans. Lui aussi, comme l’empire français ou l’empire britannique, avait essaimé sur plusieurs continents, brassé et uni sous sa bannière des milliers de peuples, les plus variés qui existent au monde. Mais les empires français et britanniques sont loin d’égaler la longévité de l’empire romain. Et pourtant. Les fondateurs et promoteurs de l’empire français de la IIIe République y ont cru !

 

Cependant, quoique brève, la colonisation européenne contemporaine eut un impact considérable sur la vie des peuples dominés. En ce sens, elle figure incontestablement parmi ces faits majeurs de l’histoire qui ont changé la face du monde et lui ont imprimé un cours nouveau.

 

Tout peuple, par essence, est en mouvement. Chaque peuple a son mouvement interne, plus ou moins lent, plus ou moins sensible, qui évolue au contact des autres. L’effet majeur de la colonisation, c’est d’avoir orienté ce mouvement, en l’accélérant pour certains, en le freinant pour d’autres. Pour tous, ainsi, elle a pour l’essentiel, orienté ou infléchi le cours des histoires nationales ou celui des destins individuels.

 

La question, c’est pourquoi la thèse de G. Hardy n’a-t-elle pas été confirmée par l’histoire ? En d’autres termes, pourquoi la colonisation européenne contemporaine a-t-elle été si brève, à peine 100 ans ?

 

Cela étant, il appartient aux peuples naguère dominés et aujourd’hui libres de déterminer le sens et le rythme de leur mouvement, de l’orienter et lui imprimer la marque de leurs aspirations, celui de leur génie propre.

 

(A suivre)

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 09:54

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Autopsie des peuples colonisés.

Discours du gouverneur général Brévié

 

bouton 007Importance des administrateurs, commandants des cercles et chefs de subdivision, et des chefs indigènes de provinces et de canton.

 

gif anime puces 251« Le cadre des administrateurs et des affaires civiles, — on ne le répétera jamais assez, — est l'élément fondamental de notre organisation coloniale parce qu'il assure et le passage du courant civilisateur et la prise de contact avec la masse indigène qui demeure le facteur essentiel de la mise en valeur du pays.

 

On peut se rendre compte de la complexité et de la difficulté du rôle qui échoit aux administrateurs quand on se représente la diversité des races disséminées dans notre Afrique occidentale. Pour ses expériences de colonisation, la France possède là un des claviers humains les plus variés qui existent au monde. Tous les états de civilisation dont l'évolution dans le temps demande des millénaires de lente gestation y coexistent dans l'espace, à des stades divers de développement. De l'individualisme farouche du Lobi adonné à la poursuite du gibier dans la forêt, comme l'homme de l'âge de pierre, à la mentalité des sujets évolués de la côte, quelle distance ! Et que d'états sociaux intermédiaires auxquels on pourrait assigner un âge précis dans l'histoire. Les Touaregs, représentants de la civilisation méditerranéenne des premiers âges dont ils conservent encore l'alphabet et les traditions archaïques au cœur du Sahara inviolable. Les Foulbé (peuls), proches parents, peut-être descendants directs, des populations nilotiques dont ils restituent fidèlement le type, qui vivent en marge des autres races, méfiants, distants, impénétrables, dans une affectation d'aristocratie hautaine. Les Maures, ardents, intelligents, avides, capables de s'adapter presque instantanément aux nécessités de la vie moderne pour peu qu'ils y voient un intérêt. Les robustes populations paysannes de la Volta et du  Soudan encore frustes mais si fortement attachées à la terre. Les riverains du golfe de Guinée qui s'accommodent des plus déconcertantes antinomies, associant leurs vieilles croyances fétichistes aux religions européennes et aux plus invraisemblables idéologies en des synthèses inattendues. Enfin les vieilles populations sénégalaises, auxiliaires de notre effort colonisateur depuis le début, qui s'élèvent progressivement vers un équilibre de civilisation supérieure.

 

Au total, ils sont plus de 13 millions, ces administrés de la France en Afrique occidentale française dirigés par un millier de fonctionnaires de commandement (administrateurs et affaires civiles), soit : un Français pour 13000 indigènes. Est-il meilleure démonstration, que l'énoncé de ce simple chiffre, de la profonde sympathie et de la compréhension réciproque des éléments colonisateur et colonisé ?

 

Du point de vue statique, donc, notre œuvre est solide. Mais il faut tirer de cette puissance le maximum d'effort dynamique en vue des réalisations économiques et sociales que nous envisageons comme les buts de notre activité colonisatrice.

 

Ici se pose la question des cadres indigènes. Or, il faut le reconnaître, ceux-ci sont tout à fait insuffisants. La faute en est à nous-mêmes qui, constatant la grande docilité de nos sujets, avons parfois caressé le projet déraisonnable de les soumettre au procédé dit « de l'administration directe ». Mais quelle action éducatrice un Européen pouvait-il avoir sur 13000 indigènes dont il ignorait le plus souvent la langue et avec lesquels il lui était matériellement impossible d'entrer en contact direct ? Ce système permit de percevoir les impôts, de tracer quelques pistes, sans plus; il ne réussit pas à amorcer une évolution de la société indigène. On eut recours alors aux chefs locaux, qui, instruits de nos intentions et de nos buts, avaient pour mission de les faire comprendre par la masse. Mais les plus éminents d'entre eux avaient été brisés par la conquête.

 

N'oublions pas surtout que ces chefs seront d'autant mieux obéis que nous leur accorderons plus de considération et que nous les traiterons avec plus d'égards. Leur prestige est inséparable du nôtre.

 

S'ils sont utiles comme auxiliaires de notre action civilisatrice, les chefs sont indispensables comme cadres de la société indigène. Partout où ils n'existent pas, nos initiatives se perdent dans le vide. Dans les collectivités primitives, — et celles-ci sont encore nombreuses en Afrique, — qui n'ont pas dépassé le stade du patriarcat, l'homme ne trouve jamais le champ nécessaire pour se développer jusqu'à l'individualisme intégral. Il demeure, sa vie durant, la partie d'un tout ; il est essentiellement un être collectif; son centre nerveux est extérieur à lui-même. C'est le patriarche, le chef de village ou le chef de tribu dont les ordres commandent ses réflexes sociaux. Séparé de ce chef, il n'est plus qu'une cellule isolée détachée de son agrégat physiologique et nerveux. Dans les collectivités de cet ordre, la présence du chef est indispensable, de même que, dans les sociétés supérieures où les individus se sont libérés du communisme familial et ont conquis l'intégrité complète de leur personnalité, les institutions représentatives sont l'armature indispensable du groupement social. »

(Extrait du discours du gouverneur général Brévié au Conseil de gouvernement. - Décembre 1930.). Dakar. A.O.F

 

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gif anime puces 025Jules Brévié : Gouverneur général de l’AOF de 1930 à 1936, fut malgré tout un colonial éclairé.

 

Précédemment commandant de cercle au Niger, puis à Bamako, au Soudan français (actuel Mali), il se montra curieux du passé des peuples d’Afrique. Au Soudan (Mali), il découvrit, en 1904, un important site archéologique à Tondidarou, près de Niafunké, au sud de Tombouctou. Convaincu dès lors que ce pays recèle de fabuleux vestiges du passé, il plaida pour « une vision scientifique de la colonisation ». Il ne cessa depuis de rechercher les moyens de développer la scolarisation et l’éducation. « La colonisation doit devenir affaire de méthode, de calcul, de prévision, et, pour tout dire, de science », proclame-t-il.

 

Mais ses efforts furent contrariés par la grande crise économique des années 30, ainsi que par le contexte politique de l’Europe de ces années.

En 1936, il créa l’IFAN (Institut Français d’Afrique Noire), le premier et le plus important centre de documentation et de recherche pluridisciplinaire sur toute l’Afrique noire basé à Dakar, dont il souhaitait faire la "mémoire de l'Afrique noire", et qui est devenu depuis les indépendances « l’Institut Fondamental d’Afrique Noire ».

 

16


AOF : Afrique Occidentale Française, ensemble de 8 colonies, 8 fois la superficie de la France

 

16

 

12L’administration coloniale française fut une construction méthodique à plusieurs étages.

 

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Le système colonial français choisit l’administration directe, qui devait, selon la logique de l’idéologie fondatrice du 19e siècle, aboutir à « l’assimilation » des colonisés, contrairement au système anglais fondé sur l’administration indirecte « indirect rule » et dont l’assimilation n’était pas l’objectif premier.

 

Comme le laisse supposer le gouverneur Brévié, l’administration coloniale française n’aurait jamais pu fonctionner en Afrique de l’Ouest sans l’utilisation de milliers d’auxiliaires, du chef de village au chef de canton, véritable colonne vertébrale du système, et indispensable courroie de transmission entre le colonisateur et la masse des indigènes.

 

Le plus souvent illettrés (ou anciens combattants de la 1ère guerre mondiale à demi lettrés), la position de ces auxiliaires n’était pas toujours des plus confortables. Il s’établit, en effet, entre ces « associés » de fait de l’œuvre coloniale, et le reste de la population, une distance qui brouilla parfois les repères de celle-ci et sa vision traditionnelle du chef. Ces intermédiaires peu coûteux pour le budget des colonies étaient par ailleurs tenus à  distance par le colonisateur, en même temps qu’ils étaient objet de méfiance, de suspicion, parfois d’incompréhension de la part de leurs frères colonisés.

 

Quand, dans les années 1940, les premiers intellectuels et fonctionnaires africains au service de l’administration coloniale apparaîtront et constitueront une nouvelle catégorie (toujours sujets coloniaux au même titre que la masse analphabète), leur position ne fut pas non plus  des plus faciles vis-à-vis du colonisateur comme des administrés. Ils sont tenus à bonne distance par le colonisateur d’un côté, suspectés de complicité par les masses africaines de l’autre.

 

Il apparaîtra ainsi un clivage social à plusieurs niveaux, notamment entre les anciennes et les nouvelles générations de colonisés.

 

Cette stratification des situations et l’accumulation des catégories sociales aboutiront à un bouillonnement politique au lendemain de la 2e guerre mondiale qui s’accentuera jusqu’aux indépendances des années 1960.

 

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 16:08

001-CL’ignorance et le fanatisme à l’œuvre… pour le pire

 

La culture en otage

 

Tombouctou est par excellence la ville de la culture du Mali sahélien, dépositaire de l’un des patrimoines les plus anciens et les plus riches du continent, patrimoine précieusement préservé du moyen âge à nos jours, par la ville, aujourd’hui assistée par l’Etat malien et l’UNESCO, qui contribuent à la sauvegarde, la conservation et la restauration de ce trésor désormais dédié à l’Humanité. (Les manuscrits appartiennent en fait à quelques familles  de notables de la ville).

 

La ville, par les différents lieux culturels et religieux qu’elle renferme, et par son passé prestigieux, ne manque pas d’intérêt. Ce n’est pas un hasard si certains de ses monuments sont aujourd’hui classés par l’UNESCO au patrimoine mondial. Peu de villes du continent peuvent se targuer d’une telle reconnaissance nullement usurpée.

 

Ce patrimoine culturel, religieux et laïc, est d’une extrême diversité, mais tous ses éléments, à des degrés divers, apportent un témoignage historique de valeur inestimable.

 

A côté des maisons anciennes (transformées en musée) où séjournèrent les premiers visiteurs européens : l’Ecossais Major Alexander Gordon Laing (1826), le Français René Caillié (1828), l’Allemand Dr. Heinrich Barth (1855), l’attention est d’emblée attirée par l’architecture typiquement sahélo-soudanien, propre à quelques autres villes du Nord-Mali : Djenné, Gao…

 

Enfin, c’est dans cette ville que fut érigé récemment le monument de la « Flamme de la Paix », symbolisant la fin de la rébellion touarègue de mars 1996, et scellant la réconciliation solennelle de tous les enfants du pays, date à partir de laquelle fut instituée une cérémonie de commémoration désormais célébrée tous les ans.

 

La « Flamme de la Paix » justifie bien son nom, car, ce 26 mars 1996, les rebelles touaregs rassemblés, jetèrent solennellement leurs 3 000 armes utilisées durant la rébellion dans un gigantesque brasier, en présence des autorités maliennes, libyennes, algériennes…

 

etoile 116Trésors de haute valeur


bouton 007— Les fameux manuscrits de Tombouctou qui ont tout d’abord une portée symbolique par le fait qu’ils révèlent une Afrique scientifique bien avant la colonisation européenne du 19e siècle. La ville renferme entre 700 000 et 1 000 000 de manuscrits conservés avec un soin méticuleux qui font la fierté de ses habitants. Ils recouvrent plusieurs âges, de l’époque préislamique au 12e siècle, écrits pour la plupart en arabe et en peul, par des érudits de l’ancien empire du Mali. La diversité des thèmes abordés, leur richesse scientifique et pédagogique, font de cet ensemble un lointain ancêtre de l’Encyclopédie des philosophes du 18e siècle en France.

 

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Tous les domaines de la connaissance des époques couvertes y sont abordés : astronomie, musique, botanique, médecine, mathématiques, religion, histoire, géographie, droit, commerce…

Depuis 1970 et la création du « Centre de Documentation et de Recherche Ahmed Baba », l’UNESCO recueille et restaure certains de ces manuscrits. Ce trésor culturel unique et d’une valeur inestimable, en proie à la fureur de l’obscurantisme, pourrait-il disparaître demain, subissant le même sort que les mausolées ?

 

bouton 007— Les mausolées -un art funéraire de qualité reconnue- le 3e élément majeur de cette richesse culturelle et historique est constitué par un ensemble de 16 mausolées auxquels Tombouctou doit également sa renommée. Les mausolées sont d’importantes constructions funéraires. Chacun d’eux renferme la tombe d’un saint. Ils constituent un ensemble architectural original et sont partie intégrante du système religieux, objets d’une grande dévotion.

 

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« La ville aux 333 saints », classée depuis 1988 au patrimoine mondial de l’UNESCO, est aussi riche du témoignage d’un riche passé. Tombouctou, dont la fondation remonte au 5e siècle de l’Hégire (11e siècle ap. JC) ,est le foyer d’un art funéraire original, incarné par ces mausolées-monuments.

 

C’est à ces vestiges célèbres que s’attaquent les djihadistes de Ansar-ed Dine, détruisant à ce jour 7 mausolées sur 16.

 

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Le mot « saint » au sens où il est traditionnellement compris par la population de Tombouctou n’a pas de connotation religieuse. Il s’agit plutôt de « sages », c’est-à-dire de savants et d’érudits, qui ont tous marqué leur temps et agi pour le bien de la population, et qui sont à ce titre reconnus comme référence dans leurs domaines respectifs, et pour cela vénérés.On est saint parce que bienfaiteur public, reconnu comme tel, unanimement respecté et apprécié.

 

bouton 007— Une université multiséculaire, Sankoré, fait aussi partie des joyaux culturels et historiques de Tombouctou. La célèbre université de Sankoré, qui fut du 14e au 18e siècle le plus brillant foyer de culture et d’éducation avec ses 25 000 étudiants au 15e siècle, est sans équivalent sur le continent.

 

« Le sel vient du nord, l’or vient du sud et l’argent du pays des Blancs, mais la parole de Dieu, les trésors de la sagesse ne se trouvent qu’à Tombouctou ». Ce diction en usage au Mali sera-t-il demain altéré par le poison du fanatisme ?


 

etoile 119Pourquoi tant de haine contre la connaissance ?


La destruction de ces trésors culturels et religieux constitue un crime non seulement contre Tombouctou et le Mali, mais aussi contre l’Histoire et l’Humanité. De même que la disparition d’une espèce vivante quelconque creuse un vide irréparable, de la même manière, la destruction de ces symboles du passé crée dans la mémoire de l’Humanité un vide tout aussi irréparable. Ce vide est encore plus profond s’agissant de peuples dits « sans écriture ».

 

Le champ d’étude privilégié des ethnologues depuis la fin du 19e siècle, concerne prioritairement les peuples sans écriture, donc supposés sans histoire et sans passé. Les premiers contacts entre Europe et Afrique depuis le 15e siècle ont abouti à la colonisation que les Européens justifièrent entre autres arguments, par leur supériorité culturelle fondée, elle, sur l’écriture.

 

Et, quand, au début du 20e siècle, des archéologues et des collectionneurs d’art occidentaux firent des découvertes affirmant le contraire, il a bien fallu prendre en compte ce paradoxe et cette réalité. Mais, malheureusement pour les Africains, et pendant longtemps, les vestiges de grandes civilisations furent attribués à des peuples non africains. On prétendit ainsi que les anciens empires du Soudan sahélien étaient gouvernés par des Juifs ou des Berbères. Des tentatives furent aussi faites pour prouver que les bronzes du Bénin étaient l’œuvre des Portugais, et les têtes Ifé du Nigéria, celles d’artistes égyptiens. Quant aux fameuses ruines du Zimbabwe découvertes en Afrique centrale, on tenta de les attribuer à la civilisation arabe, voire européenne…

 

Tombouctou fut jusque-là un modèle de synthèse culturelle, joignant l’écrit à l’oral et à l’archéologie. Cette ville fut aussi, à travers les âges, le carrefour de multiples rencontres, une symbiose heureuse et harmonieuse entre peuples différents, entre culture de l’écrit et culture de l’oralité, entre Blancs et Noirs, nomades et sédentaires, cultures du nord et du sud du Sahara, un foyer de tolérance et de paix.

 

gif anime puces 251Toute cette richesse doit-elle disparaître sous la nuit profonde de l’ignorance ?

 

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 07:54

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Les mots sans les actes ?

 

 

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petale009LA DECLARATION DE BAMAKO

TEXTE INTEGRAL 

 

Nous, Ministres et Chefs de délégation des Etats et gouvernements des pays ayant le français en partage, réunis à Bamako pour le Symposium International sur le bilan des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone ;

 

Nous fondant sur les dispositions de la Charte de la Francophonie, qui consacrent comme objectifs prioritaires l’aide à l’instauration et au développement de la démocratie, la prévention des conflits et le soutien à l’Etat de droit et aux droits de l’Homme ;

 

Rappelant l’attachement de la Francophonie à la Déclaration universelle des droits de l’Homme et aux Chartes régionales, ainsi que les engagements des Sommets de Dakar (1989), de Chaillot (1991), de Maurice (1993), de Cotonou (1995), de Hanoi (1997) et de Moncton (1999) ;

 

Inscrivant notre action dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour l’éducation aux Droits de l’Homme (1995-2004) ;

 

Considérant l’action d’accompagnement des processus démocratiques menée par la Francophonie ces dix dernières années ;

 

Soucieux de progresser vers la démocratie par le développement économique et social et une juste répartition des ressources nationales pour un accès égal à l’éducation, à la formation, à la santé et à l’emploi ;

 

Souhaitant répondre à l’objectif fixé au Sommet de Moncton, de tenir un Symposium International sur le bilan des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone, pour approfondir la concertation et la coopération en faveur de l’Etat de droit et de la culture démocratique, et d’engager ainsi une étape nouvelle dans le dialogue des Etats et gouvernements des pays ayant le français en partage, pour mieux faire ressortir les axes principaux tant de leur expérience récente que de leur spécificité ;

 

1 – Constatons

 

• que le bilan des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone, au cours de ces dix dernières années, comporte des acquis indéniables : consécration constitutionnelle des droits de l’Homme, mise en place des Institutions de la démocratie et de l’Etat de droit, existence de contre-pouvoirs, progrès dans l’instauration du multipartisme dans nombre de pays francophones et dans la tenue d’élections libres, fiables et transparentes, contribution de l’opposition au fonctionnement de la démocratie, promotion de la démocratie locale par la décentralisation ;

 

• que ce bilan présente, aussi, des insuffisances et des échecs : récurrence de conflits, interruption de processus démocratiques, génocide et massacres, violations graves des droits de l’Homme, persistance de comportements freinant le développement d’une culture démocratique, manque d’indépendance de certaines institutions et contraintes de nature économique, financière et sociale, suscitant la désaffection du citoyen à l’égard du fait démocratique ;

 

2 - Confirmons notre adhésion aux principes fondamentaux suivants :

 

1. La démocratie, système de valeurs universelles, est fondée sur la reconnaissance du caractère inaliénable de la dignité et de l’égale valeur de tous les êtres humains ; chacun a le droit d’influer sur la vie sociale, professionnelle et politique et de bénéficier du droit au développement ;

 

2. L’Etat de droit qui implique la soumission de l’ensemble des institutions à la loi, la séparation des pouvoirs, le libre exercice des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, ainsi que l’égalité devant la loi des citoyens, femmes et hommes, représentent autant d’éléments constitutifs du régime démocratique ;

 

3. La démocratie exige, en particulier, la tenue, à intervalles réguliers, d’élections libres, fiables et transparentes, fondées sur le respect et l’exercice, sans aucun empêchement ni aucune discrimination, du droit à la liberté et à l’intégrité physique de tout électeur et de tout candidat, du droit à la liberté d’opinion et d’expression, notamment par voie de presse et autre moyen de communication, de la liberté de réunion et de manifestation, et de la liberté d’association ;

 

4. La démocratie est incompatible avec toute modification substantielle du régime électoral introduite de façon arbitraire ou subreptice, un délai raisonnable devant toujours séparer l’adoption de la modification de son entrée en vigueur ;

 

5. La démocratie suppose l’existence de partis politiques égaux en droits, libres de s’organiser et de s’exprimer, pour autant que leur programme et leurs actions ne remettent pas en cause les valeurs fondamentales de la démocratie et des droits de l’Homme. Ainsi, la démocratie va de pair avec le multipartisme. Elle doit assurer à l’opposition un statut clairement défini, exclusif de tout ostracisme ;

 

6. La démocratie requiert la pratique du dialogue à tous les niveaux aussi bien entre les citoyens, entre les partenaires sociaux, entre les partis politiques, qu’entre l’Etat et la société civile. La démocratie implique la participation des citoyens à la vie politique et leur permet d’exercer leur droit de contrôle ;

 

3 – Proclamons

 

1. que Francophonie et démocratie sont indissociables : il ne saurait y avoir d’approfondissement du projet francophone sans une progression constante vers la démocratie et son incarnation dans les faits ; c’est pourquoi la Francophonie fait de l’engagement démocratique une priorité qui doit se traduire par des propositions et des réalisations concrètes ;

 

2. que, pour la Francophonie, il n’y a pas de mode d’organisation unique de la démocratie et que, dans le respect des principes universels, les formes d’expression de la démocratie doivent s’inscrire dans les réalités et spécificités historiques, culturelles et sociales de chaque peuple ;

 

3. que la démocratie, cadre politique de l’Etat de droit et de la protection des droits de l’Homme, est le régime qui favorise le mieux la stabilité à long terme et la sécurité juridique ; par le climat de liberté qu’elle suscite, la démocratie crée aussi les conditions d’une mobilisation librement acceptée par la population pour le développement ; la démocratie et le développement sont indissociables : ce sont là les facteurs d’une paix durable ;

 

4. que la démocratie, pour les citoyens -y compris, parmi eux, les plus pauvres et les plus défavorisés- se juge, avant tout, à l’aune du respect scrupuleux et de la pleine jouissance de tous leurs droits, civils et politiques, économiques, sociaux et culturels, assortis de mécanismes de garanties. Il s’agit là de conditions essentielles à leur adhésion aux institutions et à leur motivation à devenir des acteurs à part entière de la vie politique et sociale ;

 

5. que, pour préserver la démocratie, la Francophonie condamne les coups d’Etat et toute autre prise de pouvoir par la violence, les armes ou quelque autre moyen illégal ;

 

6. que, pour consolider la démocratie, l’action de la Francophonie doit reposer sur une coopération internationale qui s’inspire des pratiques et des expériences positives de chaque Etat et gouvernement membre ;

 

7. que les principes démocratiques, dans toutes leurs dimensions, politique, économique, sociale, culturelle et juridique, doivent également imprégner les relations internationales ;

 

4 - Prenons les engagements suivants :

 

A. Pour la consolidation de l’Etat de droit

 

1. Renforcer les capacités des institutions de l’Etat de droit, classiques ou nouvelles, et œuvrer en vue de les faire bénéficier de toute l’indépendance nécessaire à l’exercice impartial de leur mission ;

 

2. Encourager le renouveau de l’institution parlementaire, en facilitant matériellement le travail des élus, en veillant au respect de leurs immunités et en favorisant leur formation ;

 

3. Assurer l’indépendance de la magistrature, la liberté du Barreau et la promotion d’une justice efficace et accessible, garante de l’Etat de droit, conformément à la Déclaration et au Plan d’action décennal du Caire adoptés par la IIIème Conférence des Ministres francophones de la justice ;

 

4. Mettre en œuvre le principe de transparence comme règle de fonctionnement des institutions ;

 

5. Généraliser et accroître la portée du contrôle, par des instances impartiales, sur tous les organes et institutions, ainsi que sur tous les établissements, publics ou privés, maniant des fonds publics ;

 

6. Soutenir l’action des institutions mises en place dans le cadre de l’intégration et de la coopération régionales, de manière à faire émerger, à ce niveau, une conscience citoyenne tournée vers le développement, le progrès et la solidarité ;

 

B. Pour la tenue d’élections libres, fiables et transparentes

 

7. S’attacher au renforcement des capacités nationales de l’ensemble des acteurs et des structures impliqués dans le processus électoral, en mettant l’accent sur l’établissement d’un état civil et de listes électorales fiables ;

 

8. S’assurer que l’organisation des élections, depuis les opérations préparatoires et la campagne électorale jusqu’au dépouillement des votes et à la proclamation des résultats, y inclus, le cas échéant, le contentieux, s’effectue dans une transparence totale et relève de la compétence d’organes crédibles dont l’indépendance est reconnue par tous ;

 

9. Garantir la pleine participation des citoyens au scrutin, ainsi que le traitement égal des candidats tout au long des opérations électorales ;

 

10. Impliquer l’ensemble des partis politiques légalement constitués, tant de la majorité que de l’opposition, à toutes les étapes du processus électoral, dans le respect des principes démocratiques consacrés par les textes fondamentaux et les institutions, et leur permettre de bénéficier de financements du budget de l’Etat ;

 

11. Prendre les mesures nécessaires pour s’orienter vers un financement national, sur fonds public, des élections ;

 

12. Se soumettre aux résultats d’élections libres, fiables et transparentes ;

 

C. Pour une vie politique apaisée

 

13. Faire en sorte que les textes fondamentaux régissant la vie démocratique résultent d’un large consensus national, tout en étant conformes aux normes internationales, et soient l’objet d’une adaptation et d’une évaluation régulières ;

 

14. Faire participer tous les partis politiques, tant de l’opposition que de la majorité, à la vie politique nationale, régionale et locale, conformément à la légalité, de manière à régler pacifiquement les conflits d’intérêts ;

 

15. Favoriser la participation des citoyens à la vie publique en progressant dans la mise en place d’une démocratie locale, condition essentielle de l’approfondissement de la démocratie ;

 

16. Prévenir, et le cas échéant régler de manière pacifique, les contentieux et les tensions entre groupes politiques et sociaux, en recherchant tout mécanisme et dispositif appropriés, comme l’aménagement d’un statut pour les anciens hauts dirigeants, sans préjudice de leur responsabilité pénale selon les normes nationales et internationales ;

 

17. Reconnaître la place et faciliter l’implication constante de la société civile, y compris les ONG, les médias, les autorités morales traditionnelles, pour leur permettre d’exercer, dans l’intérêt collectif, leur rôle d’acteurs d’une vie politique équilibrée ;

 

18. Veiller au respect effectif de la liberté de la presse et assurer l’accès équitable des différentes forces politiques aux médias publics et privés, écrits et audiovisuels, selon un mode de régulation conforme aux principes démocratiques ;

 

D. Pour la promotion d’une culture démocratique intériorisée et le plein respect des droits de l’Homme

 

19. Développer l’esprit de tolérance et promouvoir la culture démocratique dans toutes ses dimensions, afin de sensibiliser, par l’éducation et la formation, les responsables publics, l’ensemble des acteurs de la vie politique et tous les citoyens aux exigences éthiques de la démocratie et des droits de l’Homme ;

 

20. Favoriser, à cet effet, l’émergence de nouveaux partenariats entre initiatives publiques et privées, mobilisant tous les acteurs engagés pour la démocratie et les droits de l’Homme ;

 

21. Ratifier les principaux instruments internationaux et régionaux relatifs aux droits de l’Homme, honorer et parfaire les engagements ainsi contractés, s’assurer de leur pleine mise en œuvre et former tous ceux qui sont chargés de leur application effective ;

 

22. Adopter en particulier, afin de lutter contre l’impunité, toutes les mesures permettant de poursuivre et sanctionner les auteurs de violations graves des droits de l’Homme, telles que prévues par plusieurs instruments juridiques internationaux et régionaux, dont le Statut de Rome portant création d’une Cour Pénale Internationale ; appeler à sa ratification rapide par le plus grand nombre ;

 

23. Créer, généraliser et renforcer les institutions nationales, consultatives ou non, de promotion des droits de l’Homme et soutenir la création dans les administrations nationales de structures consacrées aux droits de l’Homme, ainsi que l’action des défenseurs des droits de l’Homme ;

 

24. Prendre les mesures appropriées afin d’accorder le bénéfice aux membres des groupes minoritaires, qu’ils soient ethniques, philosophiques, religieux ou linguistiques, de la liberté de pratiquer ou non une religion, du droit de parler leur langue et d’avoir une vie culturelle propre ;

 

25. Veiller au respect de la dignité des personnes immigrées et à l’application des dispositions pertinentes contenues dans les instruments internationaux les concernant ;

 

A ces fins, et dans un souci de partenariat rénové, nous entendons :

 

• Intensifier la coopération entre l’OIF et les organisations internationales et régionales, développer la concertation en vue de la démocratisation des relations internationales, et soutenir, dans ce cadre, les initiatives qui visent à promouvoir la démocratie ;

 

• Renforcer le mécanisme de concertation et de dialogue permanents avec les OING reconnues par la Francophonie, particulièrement avec celles qui poursuivent les mêmes objectifs dans les domaines de la démocratie et des droits de l’Homme ;

 

5 - Décidons de recommander la mise en œuvre des procédures ci-après pour le suivi des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone :

 

1. Le Secrétaire général se tient informé en permanence de la situation de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone, en s’appuyant notamment sur la Délégation à la Démocratie et aux Droits de l’Homme, chargée de l’observation du respect de la démocratie et des droits de l’Homme dans les pays membres de la Francophonie ; Une évaluation permanente des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone sera conduite, à des fins de prévention, dans le cadre de l’Organisation internationale de la Francophonie, sur la base des principes constitutifs énoncés précédemment.

Cette évaluation doit permettre :

 

• de définir les mesures les plus appropriées en matière d’appui à l’enracinement de la démocratie, des droits et des libertés,

 

• d’apporter aux Etats et gouvernements qui le souhaitent l’assistance nécessaire en ces domaines,

 

• de contribuer à la mise en place d’un système d’alerte précoce ;

 

2. Face à une crise de la démocratie ou en cas de violations graves des droits de l’Homme, les instances de la Francophonie se saisissent, conformément aux dispositions de la Charte, de la question afin de prendre toute initiative destinée à prévenir leur aggravation et à contribuer à un règlement. A cet effet, le Secrétaire général propose des mesures spécifiques :

 

• il peut procéder à l’envoi d’un facilitateur susceptible de contribuer à la recherche de solutions consensuelles. L’acceptation préalable du processus de facilitation par les autorités du pays concerné constitue une condition du succès de toute action. Le facilitateur est choisi par le Secrétaire général après consultation du Président de la Conférence ministérielle, en accord avec l’ensemble des protagonistes. La facilitation s’effectue en liaison étroite avec le CPF ;

 

• il peut décider, dans le cas de procès suscitant la préoccupation de la communauté francophone, de l’envoi, en accord avec le CPF, d’observateurs judiciaires dans un pays en accord avec celui-ci.

 

3. En cas de rupture de la démocratie ou de violations massives des droits de l’Homme, les actions suivantes sont mises en œuvre :

 

Le Secrétaire général saisit immédiatement le Président de la Conférence ministérielle de la Francophonie à des fins de consultation ;

 

La question fait l’objet d’une inscription immédiate et automatique à l’ordre du jour du CPF, qui peut être convoqué d’urgence en session extraordinaire, et, le cas échéant :

 

• confirme la rupture de la démocratie ou l’existence de violations massives des droits de l’Homme,

 

• les condamne publiquement,

 

• exige le rétablissement de l’ordre constitutionnel ou l’arrêt immédiat de ces violations,

 

Le CPF signifie sa décision aux parties concernées ;

 

Le Secrétaire général se met en rapport avec les autorités de fait. Il peut envoyer sur place une mission d’information et de contacts. Le rapport établi dans les plus brefs délais par cette mission est communiqué aux autorités nationales pour commentaires. Le rapport de la mission, ainsi que les commentaires des autorités nationales, sont soumis au CPF, pour toute suite jugée pertinente ;

 

Le CPF peut prendre certaines des mesures suivantes :

 

• refus de soutenir les candidatures présentées par le pays concerné, à des postes électifs au sein d’organisations internationales,

 

• refus de la tenue de manifestations ou conférences de la Francophonie dans le pays concerné,

 

• recommandations en matière d’octroi de visas aux autorités de fait du pays concerné et réduction des contacts intergouvernementaux,

 

• suspension de la participation des représentants du pays concerné aux réunions des instances,

 

• suspension de la coopération multilatérale francophone, à l’exception des programmes qui bénéficient directement aux populations civiles et de ceux qui peuvent concourir au rétablissement de la démocratie,

 

• proposition de suspension du pays concerné de la Francophonie. En cas de coup d’Etat militaire contre un régime issu d’élections démocratiques, la suspension est décidée ;

 

Lorsque des dispositions sont prises en vue de restaurer l’ordre constitutionnel ou de faire cesser les violations massives des droits de l’Homme, le CPF se prononce sur le processus de retour au fonctionnement régulier des institutions, assorti de garanties pour le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. Il détermine les mesures d’accompagnement de ce processus par la Francophonie en partenariat avec d’autres organisations internationales et régionales ;

 

Si besoin est, le CPF saisit la Conférence ministérielle de la Francophonie par le canal de son Président ;

 

La question de la rupture de la démocratie ou des violations massives des droits de l’Homme dans un pays et des mesures prises, reste inscrite à l’ordre du jour du CPF aussi longtemps que subsistent cette rupture ou ces violations.

 

_____

 

Nous, Ministres et chefs de délégation des Etats et gouvernements des pays ayant le français en partage,

 

Adoptons la présente Déclaration ;

 

Demandons au Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie d’en assurer la mise en œuvre ;

 

Transmettons, à l’intention des chefs d’Etat et de gouvernement, en vue de leur 9ème Sommet à Beyrouth, le projet de Programme d’action ci-joint en annexe.

 

Bamako, le 3 novembre 2000

 tournesol003

 

Que l'Organisation Internationale de la Francophonie se mette donc à l'oeuvre avec détermination, dans la fidélité à ses engagements, afin de faire triompher les idéaux qui la fondent : liberté, respect de l'individu, de ses droits, démocratie, et mettre l'Afrique au diapason du monde. Agir pour donner aux mots le pouvoir de l'action.

 

Vous, Ministres et chefs de délégation des Etats et gouvernements des pays ayant le français en partage, faites que vos résolutions du 13 novembre 2000, consignées dans la Déclaration de Bamako, aient une application concrète en Afrique, pour que cessent sur ce continent les atteintes les plus intolérables aux droits et à la dignité de l'homme.

 

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 09:56

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gif anime puces 029Un sort peu enviable

 

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bouton 006« Tous les coups sont permis

 

Expulsions massives, violences sexuelles... Human Rights Watch s'inquiète de la brutalité des méthodes utilisées contre les clandestins congolais.

 

C’est devenu une habitude. Chaque année, des milliers de Congolais en situation irrégulière sont arrêtés par les autorités angolaises et renvoyés manu militari dans leur pays.


Selon Human Rights Watch (HRW), on a recensé « 55 590 expulsions, avec des pics confirmés en mai et en octobre 2011 », pour la seule période allant du 29 mars au 31 décembre 2011. Dans un rapport publié le 21 mai, l'organisation de défense des droits de l'homme a également répertorié 3770 cas de violences sexuelles: viols, viols collectifs, contraintes sexuelles, fouilles corporelles vaginales et anales sans utilisation de gants et autres humiliations sexuelles... Ces faits ont touché en grande majorité des femmes (2526 cas), mais aussi des filles (316) et des hommes (928).


À cela s'ajoutent 12 647 cas de violences physiques (torture, passages à tabac, emprisonnement dans des conditions dégradantes et privation de nourriture), 13 626 cas de détention prolongée et 12 647 cas de vol... Les conclusions sont accablantes.

 

bouton 007INVASION SILENCIEUSE. Les expulsions massives d'étrangers, originaires pour l'essentiel du Congo-Kinshasa, ont commencé en 2003. Pour Luanda, ces actions musclées sont menées dans le cadre de « la protection de la sécurité nationale » contre ce qui est considéré comme une « invasion silencieuse ». Les mauvais traitements commencent au moment des rafles, généralement dans les zones situées non loin des frontières communes, et se poursuivent durant l'acheminement vers les lieux de détention, puis pendant la détention et lors de l'expulsion.


La question des migrants est devenue très sensible entre la RD Congo et l'Angola. Pendant longtemps, Kinshasa s'est contenté d'adopter un profil bas. Jusqu'à ce que, sous la pression de son opinion, le gouvernement décide de réagir vigoureusement : c'était en septembre et octobre 2009. Au cours de cette période, quelque 40 000 Angolais vivant sur son territoire avaient dû regagner leur pays. HRW souligne que Luanda n'a jamais mené d'enquête sérieuse pour se rendre compte des violations des droits de l'homme auxquelles se livrent les différents services de sécurité. »

TSHITENGE LUBABU M.K.

(Jeune Afrique, 27 mai-2 juin 2012)

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flèche3VIVE L’UNION AFRICAINE !


Ce n’est pas toujours facile.


« Le pauvre n’est chez lui nulle part » (J.J. Rousseau)

 

Une réflexion de fond s'impose, en Afrique, sur l'Afrique, par des Africains aussi !

 

Il est nécessaire de réfléchir aux conditions à satisfaire pour que les Africains soient, demain, parmi les plus forts, ou tout simplement pour que, en Afrique, les Africains ne soient pas traités d’une manière aussi dégradante.

 

Les Africains ne peuvent être respectés ailleurs dans le monde s'ils ne se respectent pas chez eux (à défaut de s’aimer).

 

N'est-ce pas aussi pour cela que certains partent de chez eux pour l'Europe ou d'autres terres qu'ils imaginent plus clémentes, plus respectueuses des droits et de la vie ? Ce respect est le socle de l'épanouissement des individus, donc du bien-être moral et matériel, du développement au sens noble du terme.

 

Ce serait rendre service à l’Afrique et aux Africains que de mener cette réflexion de fond, avec lucidité, générosité et bonne foi, si difficile (ou dérangeante) soit-elle.

 

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