Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Recherche

18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 10:24

110 F 8821507 hn1XU8pb4mGyFGCqR5YoEkACJl5dgO8D

002-copie-1.gif

 

 

 

Il y a 300 ans, les Français d’Afrique du Sud

 

 

 

afrique-du-Sud.jpg

 

gif_anime_puces_186.gifPourquoi l’Afrique du Sud ?Scorpion-0.gif


bouton_007.gifContexte politique et religieux : le XVIIe siècle


La Réforme a coupé l’Église chrétienne d’Europe en deux grandes branches : le catholicisme et le protestantisme, à partir du XVIe siècle. Les troubles causés par « les guerres de religion » sont nombreux et avec des conséquences durables.

 

Une conséquence majeure : l’interférence de la religion dans les politiques nationales avec plus ou moins de vigueur selon les États et les époques.

 

Le règne de Louis XIV, avec la Révocation de l’Édit de Nantes en 1685 pèse sur la vie et le destin des « Réformés » ou protestants français.

 

Exposés aux brimades, aux dragonnades et persécutés pour leur foi, les protestants quittèrent en grand nombre la France de Louis XIV pour trouver refuge en Angleterre, en Prusse, en Suisse. Nombreux furent ceux qui gagnèrent les Provinces Unies des Pays-Bas. Cette arrivée dans ce pays coïncidait avec le désir de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales qui avait un comptoir dans la région du Cap en Afrique du Sud (future colonie) de peupler ce site de travailleurs, surtout manuels. Le Cap avait pour fonction essentielle d’approvisionner les bateaux en route vers l’Orient en vivres : viande, céréales, légumes frais… La main-d’œuvre  manquait pour assurer ce ravitaillement, vital pour les navires de la Compagnie ; d’où une forte campagne d’incitation auprès des réfugiés français aux Pays-Bas, afin de les amener à émigrer en Afrique du Sud et vivre parmi les Afrikaners (anciens colons hollandais). La Compagnie prenait en charge le transport, l’installation et les frais nécessités pour leur intégration, en leur garantissant une aide matérielle, d’abord pour 15 ans, puis 5 ans.

 

Si la colonie du Cap dépendait du gouvernement hollandais, elle était aussi gérée par la Compagnie et jouissait d’une large autonomie symbolisée par des institutions et des autorités locales : un Conseil composé du gouverneur, du vice-gouverneur, d’officiers militaires, trésorier… Ce Conseil votait les lois qui s’appliquaient dans la colonie, levait impôts et taxes…

 

Le gouverneur Simon Van Der Stel fut prévenu par la Chambre des représentants (le Parlement des Pays-Bas) qu’elle envoyait au Cap quelques réfugiés français déjà installés en Hollande. Suit un extrait de la lettre envoyée au gouverneur :

 

« Parmi eux, il y a des viticulteurs, des agriculteurs expérimentés, des spécialistes de la production d’eau-de-vie, de vinaigre. De la sorte, nous espérons qu’ils pourvoiront à la pénurie de certains produits dont vous vous plaignez. Ces personnes sont actuellement dans le plus grand dénuement : vous devez les accueillir avec bienveillance et pourvoir à tous leurs besoins, jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de s’établir et de subvenir à leurs propres besoins. Ce sont des gens travailleurs, peu exigeants, que vous devez traiter comme des hommes libres… » ( c'est-à- dire qui ne sont pas au service exlusif de la Compagnie:travailleurs indépendants.)

 

L’objectif principal est ici énoncé : la colonie avait surtout besoin d’agriculteurs, de travailleurs compétents et capables de s’intégrer rapidement à la communauté hollandaise d’Afrique du Sud.

 

Les Français reçurent un accueil chaleureux. On leur attribua des terres ainsi que le fruit d’une collecte d’argent d’un montant appréciable.


 

gif_anime_puces_186.gifL’intégration : des débuts difficilesPapillons-61


Contrairement à ce qui était espéré par les Pays-Bas et les autorités de la colonie, les débuts furent assez difficiles, tout particulièrement pour la dernière grande vague de migrants de 1688-1689.

 

On prit soin dès leur arrivée, de mélanger les Français et les fermiers hollandais. Ils furent pour cela dispersés dans différents districts comme celui de Stellenboch ; mais la plupart d’entre eux s’établirent à Drakestein et à Oliphanshoek, qui finit par prendre le nom de Francshoek, qui signifie le « coin des Français ».

 

Rapidement le ton changea, la liesse de l’arrivée s’estompa peu à peu, les mines surtout se crispèrent de part et d’autre. Les Français manifestaient bruyamment leur mécontentement.

 

fleche 026Ils souhaitaient rester regroupés.

 

fleche 026Ayant créé une école, ils souhaitaient que le français soit la langue d’enseignement, à défaut, que l’enseignement soit bilingue : français/néerlandais, ce qui leur fut accordé.

 

fleche 026Ils voulaient que la messe soit dite en français. Ils eurent dans un premier temps un temple avec un pasteur français, alors que les autorités n’encourageaient pas l’usage du français.

 

fleche 026Ils voulaient plus d’indépendance par rapport aux lois et obligations du pays.

 

Les autorités et la population commencèrent à se plaindre de leur attitude jugée « séparatiste ». On leur trouvait un certain nombre de défauts. Surtout, on trouvait qu’ils se plaignaient continuellement et qu’ils étaient indisciplinés, bagarreurs. Le nouveau gouverneur, fils du précédent, apparemment moins tolérant à l’égard des Français que son père, écrivait en juillet 1699 :

 

« Quelques-uns d’entre eux se conduisent si mal, et ont si peu de connaissances en agriculture, qu’ils se sont déjà causé beaucoup de pauvreté à eux-mêmes, et qu’il reviendra au fonds de soutien des pauvres de les secourir. Nous préfèrerions à l’avenir ne plus avoir la charge de ce genre de réfugiés, et souhaiterions que des fermiers zélandais, de nature industrieuse et possédant de bonnes connaissances en agriculture, nous soient envoyés à leur place. »

 

On traitait désormais les Français d’ingrats, d’égoïstes, d’arrogants… Les autorités finirent par supprimer quelques privilèges qui leur avaient été accordés, parmi lesquels la messe bilingue et l’enseignement en français. L’usage du français fut interdit sauf aux « vieillards incapables de comprendre une autre langue ». En réaction les Français décidèrent de ne plus épouser de Hollandaises.


gif_anime_puces_186.gifUne métamorphose heureuse ?fourmis 021


Le miracle se produisit cependant. En 20 ans, le français avait presque totalement disparu de la colonie du Cap. L’intégration, avec le retour des mariages mixtes, fut parfaitement accomplie. Mieux, les Français par leurs compétences, firent prospérer la colonie dans de nombreux domaines : les techniques de cultures méditerranéennes, en particulier la vigne et les arbres fruitiers. Les descendants des huguenots sont  nombreux dans toutes les sphères de la vie politique, sociale, économique, scientifique, sportif… L’architecture et la toponymie évoquent aujourd’hui le passé des huguenots du XVIIe siècle. Les noms de famille d’origine française sont innombrables et témoignent du rôle joué par les huguenots dans la formation de la nation sud-africaine. Des demeures historiques de pur style hollandais portent des noms bien français, tels que les de Villiers, les Le Roux, les Malherbe, les La Brie, Terre de Luc, Bourgogne, Champagne… Un bel exemple d’intégration ?

 

springbock1jpgk0875382

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 09:54

2

Papillons-65Du devoir d’être heureux pour rendre l’autre heureuxPapillons-61

 

papillon_056.GIFIl n'est pas difficile d'être malheureux ou mécontent ; il suffit de s'asseoir, comme fait un prince qui attend qu'on l'amuse ; ce regard qui guette et pèse le bonheur comme une denrée jette sur toutes choses la couleur de l'ennui ; non sans majesté, car il y a une sorte de puissance à mépriser toutes les offrandes ; mais j'y vois aussi une impatience et une colère à l'égard des ouvriers ingénieux qui font du bonheur avec peu de chose, comme les enfants font des jardins. Je fuis. L'expérience m'a fait voir assez que l'on ne peut distraire ceux qui s'ennuient d'eux-mêmes.

 

tulipe005Au contraire, le bonheur est beau à voir ; c'est le plus beau spectacle. Quoi de plus beau qu'un enfant ? Mais aussi il se met tout à ses jeux ; il n'attend pas que l'on joue pour lui. Il est vrai que l'enfant boudeur nous offre aussi l'autre visage, celui qui refuse toute joie ; et heureusement l'enfance oublie vite ; mais chacun a pu connaître de grands enfants qui n'ont point cessé de bouder. Que leurs raisons soient fortes, je le sais ; il est toujours difficile d'être heureux ; c'est un combat contre beaucoup d'événements et contre beaucoup d'hommes ; il se peut que l'on y soit vaincu ; il y a sans aucun doute des événements insurmontables et des malheurs plus forts que l'apprenti stoïcien ; mais c'est le devoir le plus clair peut-être de ne point se dire vaincu avant d'avoir lutté de toutes ses forces. Et surtout, ce qui me paraît évident, c'est qu'il est impossible que l'on soit heureux si l'on ne veut pas l'être ; il faut donc vouloir son bonheur et le faire.

 

oiseau mouche 013Ce que l'on n'a point assez dit, c'est que c'est un devoir aussi envers les autres que d'être heureux. On dit bien qu'il n'y a d'aimé que celui qui est heureux ; mais on oublie que cette récompense est juste et méritée ; car le malheur, l'ennui et le désespoir sont dans l'air que nous respirons tous ; aussi nous devons reconnaissance et couronne d'athlète à ceux qui digèrent les miasmes, et purifient en quelque sorte la commune vie par leur énergique exemple. Aussi n'y a-t-il rien de plus profond dans l'amour que le serment d'être heureux. Quoi de plus difficile à surmonter que l'ennui, la tristesse ou le malheur de ceux que l'on aime ? Tout homme et toute femme devraient penser continuellement à ceci que le bonheur, j'entends celui que l'on conquiert pour soi, est l'offrande la plus belle et la plus généreuse.

 

fleurs 238J’irais même jusqu’à proposer quelque couronne civique pour récompenser les hommes qui auraient pris le parti d’être heureux. Car, selon mon opinion, tous ces cadavres, et toutes ces ruines, et ces folles dépenses, et ces offensives de précaution, sont l’œuvre d’hommes qui n’ont jamais su être heureux et qui ne peuvent supporter ceux qui essaient de l’être.

Alain, philosophie (1868-1951)

papillon 040

Papillons-28

231Papillons-29.gif

Partager cet article
Repost0
4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 08:53

serpent_030.gifEntrée dans la mondialisation par effraction

 


 

 

 

 

fleche 265

Escroquerie africaine sur le Bon Coin

 

Des dizaines de personnes vendant du matériel high-tech ont été escroquées par un réseau basé au Ghana.

 

« C'est une arnaque très bien conçue », disent les enquêteurs de la Sûreté de Brest. Leurs collègues de Saint-Raphaël (Var) les ont contactés dernièrement pour leur signaler qu'une Brestoise recevait des colis de la France entière. Rien que du matériel high-tech : iPhone, iPad et autres tablettes, appareils photos.

En débarquant chez elle, les policiers pensaient interpeller une femme escroc de haut vol. Pas du tout ! Elle aussi était une victime d'un système redoutable dirigé depuis le Ghana.

 

Faux message PayPal

 

Des personnes ayant mis en vente du matériel sur le site du Bon Coin sont contactées par un acheteur. Ce dernier se dit très intéressé, propose même de verser 30€ d'arrhes immédiatement. Et pour mettre en confiance, il met en avant le système de paiement ultra-sécurisé PayPal.

L'affaire conclue, le vendeur reçoit un message de Paypal confirmant le virement. Il expédie alors l'appareil à l'adresse brestoise laissée par l'acheteur. Le paiement n'arrive jamais. Le message de PayPal est un faux.

La Brestoise, elle, avait été contactée par le réseau qui lui a proposé un travail : centraliser des colis de matériel high-tech et les renvoyer vers le Ghana. Salaire : 1 400€ bruts. Bidon, là encore. « En fait, elle servait de mule aux escrocs et elle n'aurait jamais été payée », affirme la brigade financière.

Entre les colis en attente de réexpédition au Ghana et ceux qui allaient arriver à Brest, la police a réussi à arrêter une trentaine de colis pour une valeur estimée à 20 000€. « Mais il est évident que ce réseau a des mules dans d'autres départements. »

La police a un nom et une adresse au Ghana. L'escroc ou les escrocs ne risquent rien. II n'y aura pas d'enquête internationale pour cela.

 Yannick GUÉRIN. OF.3-4/11/2012.

 

fleche 235

 

fleche 265

 

De faux gendarmes sur de vrais sites de rencontres

 

Des photos d'officiers français sont utilisées sur Internet par des escrocs basés en Afrique, pour séduire des femmes. Un haut gradé de Bretagne en est victime.

 

Officier et célibataire. Un profil rassurant. C'est ce qu'ont bien compris les « brouteurs », des escrocs basés en Côte d'Ivoire sévissant sur les réseaux sociaux et sites de rencontres.

« Il y a une recrudescence des usurpations d'identité sur Internet utilisant des noms et des photos de gendarmes et policiers », alerte Lou-Anne, une militante d'Aven Europe (association des victimes d'escroquerie à la nigériane). Ces derniers temps, cette internaute a repéré des dizaines de cas : des officiers du ministère de la Défense, un commissaire, et, tout dernièrement, un gendarme haut gradé de Bretagne.

Le scénario est toujours le même. En août, Dominique est tombée amoureuse d'un colonel rencontré sur Internet. « Le coup de foudre. » Puis un soir, elle a reçu un message : « Coucou bébé, je suis envoyé en mission à Abidjan... » Tout est faux... « Une fois en Côte d'Ivoire, ces militaires ont toutes sortes de mésaventures : ils se font voler leurs papiers, leur argent, et demandent qu'on les dépanne de 1 000 ou 2 000€ », poursuit Lou-Anne.

 

À échelle industrielle

 

Des scénarios peu crédibles... mais qui fonctionnent « grâce à un vrai travail de manipulation. Les brouteurs choisissent des personnes fragilisées, seules, isolées. Ils entretiennent le lien avec elles jour et nuit, leur tiennent les discours qu'elles attendent. C'est l'espoir qui trompe les gens. »

Quand ils n'usurpent pas l'identité d'un militaire, ces imposteurs s'installent dans la peau d'un cadre commercial, voyageant beaucoup : « Un directeur commercial a vu des photos de lui usurpées dans plus de 700 faux profils ! » Chantage à la webcam, lovechat, fausses loteries... Les brouteurs montent des arnaques à échelle industrielle.

Que faire ? La justice semble impuissante. « Quand elles portent plainte, les victimes s'entendent souvent répondre que personne ne leur a mis le couteau sous la gorge », regrette Lou-Anne. Gendarmes et policiers manquent aussi de moyens : « Un procureur ne va pas envoyer une équipe en Côte d'Ivoire pour un préjudice de 1 000€. » « On peut interpeller les intermédiaires en France, mais rarement agir à l'étranger », admet-on du côté de la gendarmerie.

En Côte d'Ivoire, les autorités ont bien conscience du développement de cette cybercriminalité. Mais la loi n'évolue pas assez vite pour permettre aux policiers d'agir efficacement. Reste la lutte menée par les victimes elles-mêmes : « Des groupes de femmes sont très actifs sur le Net, assure Lou-Anne. Elles repèrent les brouteurs. Et les hameçonnent à leur tour pour remonter jusqu'à leur identité. »

 Yann-Armel HUET. OF 01/11/2012.

 

fleche 235

 

bouton 006« C’est désormais habituel. Les médias européens regorgent de récits d’escroqueries et de délits d’extorsion d’argent commis par des Africains à l’échelle de la planète, comme si cet étalage régulier de petites et grandes escroqueries constituait pour leurs auteurs un moyen d’imprimer leur marque à la mondialisation. »

Tidiane Diakité, 50 ans après, l’Afrique, Arléa.

 

La culture du faux et de l’arnaque en tous genres semble s’ériger pour certains individus en mode de vie. Or, l’engrenage de l’argent facile, conjugué au goût effréné du luxe tapageur ne mène ni à la réussite, ni à l’honorabilité.

 

Il est regrettable que des personnes vulnérables soient les éternelles victimes de ces agissements dont les auteurs ne sont ni identifiés, ni jugés et sanctionnés à hauteur de leurs forfaits, et tout aussi regrettable qu’elles nourrissent, malgré elles, ce trafic délictueux.

 

bouton 006« Ces exemples sont la preuve d’une inventivité indéniable. En effet, ce qu’il y a de remarquable dans tous ces cas, c’est la richesse d’imagination, la capacité de construire des scénarios et l’aptitude à inventer, à tramer et combiner pour convaincre. Cela dénote de réelles capacités intellectuelles et manœuvrières, ainsi qu’un sens pratique des plus affinés, autant de potentialités mal orientées qui, mises au service de causes nobles, auraient sans nul doute permis à ceux qui en sont dotés de progresser en d’autres domaines. Il est infiniment dommageable que tant d’ingéniosité ne soit pas mise au service d’activités honorables pour construire et non détruire, élever et non rabaisser car, malheureusement, ces talents n’œuvrent et ne s’illustrent que dans des trafics condamnables et hautement préjudiciables à l’image de l’Afrique. »

 Tidiane Diakité, 50 ans après, l’Afrique, Arléa.

 

 

12Quelle parade ?

 


fleche 026 Une volonté déterminée d’éradiquer cette calamité en passe de prendre les dimensions d’un fléau mondial, avec implication des États et des organisations internationales, sur le modèle de la lutte contre la piraterie maritime ou du crime organisé.

 

fleche 026Une information à caractère pédagogique élaborée par l’État et relayée par tous les médias, publics et privés, incitant à la vigilance et à la protection de tous.

chien 263

Partager cet article
Repost0
28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 09:43

a666Besoin d’amis ?

 

On discute également, au sujet de l'homme heureux, s'il aura ou non besoin d'amis.


On prétend que ceux qui sont parfaitement heureux et se suffisent à eux-mêmes n'ont aucun besoin d'amis : ils sont déjà en possession des biens de la vie, et par suite se suffisant à eux-mêmes n'ont besoin de rien de plus ; or l'ami, qui est un autre soi-même, a pour rôle de fournir ce qu'on est incapable de se procurer par soi-même. D'où l'adage :


17Quand la fortune est favorable, à quoi bon des amis ?


Pourtant il semble étrange qu'en attribuant tous les biens à l'homme heureux on ne lui assigne pas des amis, dont la possession est considérée d'ordinaire comme le plus grand des biens extérieurs. De plus, si le propre d'un ami est plutôt de faire du bien que d'en recevoir, et le propre de l'homme de bien et de la vertu de répandre des bienfaits, et si enfin il vaut mieux faire du bien à des amis qu'à des étrangers, l'homme vertueux aura besoin d'amis qui recevront de lui des témoignages de sa bienfaisance. Et c'est pour cette raison qu'on se pose encore la question de savoir si le besoin d'amis se fait sentir davantage dans la prospérité ou dans l'adversité, attendu que si le malheureux a besoin de gens qui lui rendront des services, les hommes dont le sort est heureux ont besoin eux-mêmes des gens auxquels s'adresseront leurs bienfaits. — Et sans doute est-il étrange aussi de faire de l'homme parfaitement heureux un solitaire : personne, en effet, ne choisirait de posséder tous les biens de ce monde pour en jouir seul, car l'homme est un être politique et naturellement fait pour vivre en société. Par suite, même à l'homme heureux cette caractéristique appartient, puisqu'il est en possession des avantages qui sont bons par nature. Et il est évidemment préférable de passer son temps avec des amis et des hommes de bien qu'avec des étrangers ou des compagnons de hasard. Il faut donc à l'homme heureux des amis.


(...)


 

Est-ce dans la prospérité que nous avons davantage besoin d'amis, ou dans l'adversité ? Dans un cas comme dans l'autre, en effet, on est à leur recherche : d'une part, les hommes défavorisés par le sort ont besoin d'assistance, et, d'autre part, ceux à qui la fortune sourit ont besoin de compagnons et de gens auxquels ils feront du bien, puisqu'ils souhaitent pratiquer la bienfaisance. L'amitié, par suite, est une chose plus nécessaire dans la mauvaise fortune, et c'est pourquoi on a besoin d'amis utiles dans cette circonstance, mais l'amitié est une chose plus belle dans la prospérité, et c'est pourquoi alors on recherche aussi les gens de bien, puisqu'il est préférable de pratiquer la bienfaisance envers eux et de vivre en leur compagnie.

Trad. J. Tricot, Maisonneuve & Larose

 

chien 046

Partager cet article
Repost0
21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 10:02

028.gifSavoir où l’on va : des finalités bien définies

 

Aujourd'hui, l'école n'est pas seulement inadaptée à son public ; elle l'est aussi à ses enseignants. Cette double inadéquation est source d'échecs et de frustrations partagées. Afin d'y mettre un terme, une redéfinition des fonctions de l'une et des autres s'impose : des fonctions nouvelles qui les réconcilient.

 

Le Grand débat sur l'école, organisé de septembre 2003 à mars 2004, aurait pu obéir à ce mot d'ordre précis : mettre l'école de la République en cohérence avec son temps, son public et ses objectifs. Ce qui obligeait à la réflexion et sur ce public et sur les finalités du système éducatif aujourd'hui, de même que sur les méthodes et les programmes. L'école a besoin de nouveaux outils, de nouvelles stratégies d'approche de la classe et des contenus d'enseignement. A défaut d'une telle réflexion, large et approfondie, le débat perd un peu de son sens.

 

A l’issue du « Grand débat » de 2003-2004, il ne semble pas que la montagne ait accouché d’une montagne. Il est aujourd’hui encore question de « Refondation » de l’école. C’est une nécessité. Mais la refondation de l’école, c’est plus qu’un simple réaménagement des horaires de cours. C’est une réflexion largement concertée, en profondeur, soutenue par une volonté réformatrice résolue sur quelques axes majeurs :


fleche 026                      Echec scolaire

fleche 026                      Adéquation école-société

fleche 026                       Mission des enseignants

fleche 026                        Place des parents à l’école

fleche 026                       Quoi enseigner

fleche 026                        Comment enseigner

 

 

L'élève n'est pas au centre de l'école. Ce qui est au centre de l'école, c'est le savoir et l'apprentissage de la vie.

 

C’est aider et accompagner l'élève sur le chemin qui mène à l'Homme en se construisant jour après jour, pour demain, vivre debout, à sa place, dans la société et dans le monde. C'est l'ensemble des moyens et des actes qui mènent à cet objectif qui est au centre de l'école.

 

En conséquence, tout débat actuel sur l'école pour viser l'essentiel doit s'articuler aussi autour de quelques axes principaux :

 

         fleche 026Les raisons profondes de l'échec scolaire : quels remèdes y apporter ? Quelles perspectives ? Quels objectifs assigner à l'école du XXIe siècle ?

         

        fleche 026La place et le rôle des enseignants dans le système.

         

    fleche 026 Les contenus et méthodes : leur cohérence et leur adaptation aux réalités de l'élève, de la société et du monde. Le tout porté par une vision globale de ce que devrait être l'école de demain, dans la France de demain : quelle école et quelle politique éducative aujourd'hui et demain ?

 

      

 

Ce que Jean Jaurès demandait dans une lettre aux instituteurs de France le 15 janvier 1888 pourrait-il nous inspirer dans la définition des priorités de l'école d'aujourd'hui ?

 

« Vous tenez en vos mains l’intelligence et  l'âme des enfants ; vous êtes responsable de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n'auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d'une rue, à faire une addition et une multiplication... Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu'est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation.

 

Enfin, ils seront hommes et il faut qu'ils aient une idée de l’homme, il faut qu'ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l'égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de noire grandeur : la fierté unie à la tendresse. Il faut qu'ils puissent se représenter à grands traits l'espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s'appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l'âme en éveillant en eux le sentiment de l'infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c'est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort.

 

Eh ! Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler... »

 

Que fabriquons-nous ? Que devons-nous fabriquer demain, dans nos écoles, nos collèges et nos lycées qui ne soit pas des « machines à épeler », mais des hommes à devenir des hommes ?

 

En ce début de XXIe siècle, que faut-il rajouter à cette vision ou retrancher à l'idée que J. Jaurès exprimait ainsi de l'école ? Que faut-il ajouter aujourd'hui à l'incontournable « lire, écrire, compter » classique de Jules Ferry, et qui soit fondamental pour la vie de l'école et de la nation ? Faut-il adhérer à cette mission assignée à l'école républicaine selon Condorcet qui est d'instruire les futurs citoyens pour qu'ils « se conduisent eux-mêmes et puissent jouir de la plénitude de leurs droits ? »

 

Ce cadre fixé, ces priorités définies, il revenait ensuite au débat d'en préciser les modalités et les démarches en vue d'y parvenir. Le débat aurait pu aussi permettre ces questions de fond que sont la démocratisation de l'enseignement et ses effets. Hormis l'ouverture des portes à tous les enfants et à tous les milieux sociaux, cette démocratisation s'est-elle traduite par une réduction sensible des inégalités scolaires et sociales ? Ou, au contraire, est-elle la source de l'aggravation de ces inégalités ?

 

Les inégalités sociales ont-elles reproduit des inégalités scolaires ? Les inégalités scolaires ont-elles aggravé les inégalités sociales ? Quels rapports entre inégalités scolaires et inégalités sociales ? Car le débat sur l'école ne peut s'exonérer du débat sur la société dans la totalité de ses composantes.

 

C'est à une profonde refonte du système d'enseignement et d'éducation qu'il faut s'atteler; seul remède à la crise de l'école française. II s'agit, à n'en pas douter, d'un colossal chantier qui ne peut aboutir sans une volonté politique ferme, du courage et de la lucidité. Sinon, notre école sera celle où des professeurs insécurisés et névrosés, où des élèves démotivés et agressifs continueront de produire de l'échec scolaire et de la désespérance sociale.

 

On produit mieux là où l'on est reconnu, respecté, là où l'on vit mieux.

 

« L'importance du rôle que joue l'enseignant en tant qu’agent changement, favorisant la compréhension mutuelle et la tolérance, n'a jamais été aussi patente qu’aujourd'hui. Ce rôle sera sans doute encore plus décisif au XXIe siècle. » (Jacques Delors, in Un trésor est caché dedans. Rapport à L’UNESCO, 1996)

 

 

fleche 026   Qu'est-ce qu'un professeur aujourd'hui ?

 

fleche 026  Quelles sont les attentes précises de la société à son égard ?

 

fleche 026  Doit-il instruire, éduquer, former à quoi ? Comment ?

 

fleche 026  Doit-il s'adapter au marché du travail ? Pourquoi ? Comment ?

 

 

L'image du professeur est aujourd'hui brouillée y compris dans son propre esprit. A quoi sert-il ?

 

La crise de l'école sera en partie résorbée le jour où l'image de l'enseignant sera restaurée et sa mission clarifiée. Le jour où la nation sera unanime sur ce qu'il s'agit de construire à l'école.

 

espace 009


Pour une réflexion plus approfondie, voir T. Diakité, Mutations et crise de l’école publique.

 

livre 006

Partager cet article
Repost0
14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 09:17

005.gif

Fortune et richesse

 

Florilège des proverbes de France

 

La richesse est perçue bien différemment si l'on se place du point de vue de l'homme du Moyen Âge ou de celui de la Renaissance. Tout change en effet au XVIe siècle avec l'apparition des grandes banques italiennes ou allemandes et des premières entreprises de type capitaliste. Auparavant on parlait plus volontiers de fortune que de richesse. La fortune, durant l'époque médiévale, est un bien précaire qui ne dépend guère de l'homme mais paraît soumise à une volonté supérieure qui abaisse ou élève la créature pour lui faire sentir sa fragilité. La fortune est alors toujours aveugle, folle, capricieuse et la morale proclame volontiers qu'il faut y préférer la vertu ; c'est déjà l'adage moderne « Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée ». Au début des Temps Modernes on assiste à un changement des mentalités en ce domaine. Si la défiance traditionnelle envers les biens de ce monde subsiste dans nombre de proverbes, dans d'autres cependant la richesse devient désirable en elle-même. Contre elle il n'y a guère de moyens de lutter, le riche est respecté de tous, et surtout c'est elle qui désormais détermine le rang social, car c'est elle « qui fait le comte, le marquis, le duc et même l'empereur ». Quand on sait l'influence qu'exercèrent les banquiers Fugger dans l'élection de Charles-Quint à l'Empire, on comprend toute la portée de cette sentence du XVIe siècle et la révolution qu'elle va entraîner à l'intérieur de la société.

 

petale009

 

fleurs autre012« Fortune aveugle les siens aveugle »

 

fleurs autre020« Fortune ou claire ou brune,

Ne vient sans autre aucune »

 

fleurs autre012« Fortune soudainement l'homme monte

Et puis à coup le renverse ou démonte »

 

fleurs autre020« Fortune varie comme la lune,

Aujourd'hui sereine, demain brune. »

 

fleurs autre012« Le jeu de dame Fortune

Est muable comme la lune :

Maintenant a visage d'ange,

Et puis après tantôt le change. »

 

fleurs autre020« On dit communément que fortune aide au hardi »

 

fleurs autre012« En ce monde fortune et infortune abondent »

 

fleurs autre020« En fortune n'a point de raison »

 

fleurs autre012« De la fortune nul n'est content »

 

fleurs autre020« Contre fortune la diverse

N'y a si bon char qui ne renverse »

 

fleurs autre012« Bien de fortune passe comme la lune »

 

fleurs autre020« Contentement passe richesse »

 

fleurs autre012« Il n'est richesse que de science et santé »

 

fleurs autre020« II n'est pas riche qui est riche »

 

fleurs autre012« Riche homme ne sait qui lui est ami »

 

fleurs autre020« Qui quiert [cherche] richesse plus qu'il ne doit,

Certainement il se déçoit. »

 

proverbes-allege.jpg


Histoire magazine

 

 

 

 

fleur-anime-083Que sont fortune et richesse en 2012 devenues ?

 MB900438297.JPG

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 08:54

110 F 8821507 hn1XU8pb4mGyFGCqR5YoEkACJl5dgO8D

Un mercenaire idéaliste de la Belle Epoque


colonel-Vill.jpg


fleche 265Le contexte : l’après -Fachoda


L’Afrique australe fut le champ d’action du colonel de Villebois-Mareuil à l’aube du XIXe siècle. Le soldat s’illustra dans la guerre des Boers d’Afrique du Sud contre les Britanniques. Cette guerre souleva en France un courant de sympathie populaire extraordinaire qui saluait la résistance des  Boers à l’impérialisme britannique.


Les Français semblaient trouver dans cette ferveur et ce soutien aux Boers un réconfort ou tout au moins l’occasion de se venger par procuration de l’affront de Fachoda (1898). Dès le déclenchement de la seconde guerre des Boers en 1899, quelques militaires aventureux comme lui « décidèrent de briser leur carrière et de partir se battre sur le continent africain contre "la perfide Albion". Certains de ces volontaires trouveront la mort au Transvaal ou en Orange. » De cette épopée australe émerge la figure du singulier et sympathique colonel Villebois-Mareuil, surnommé par la presse « le La Fayette australe ».


Il prit le commandement d’une troupe de partisans, comme lui acquis à la cause des Boers et pour lesquels il fit preuve d’un engagement résolu.


 

fleche 265L’homme


Singulier, volontaire, l’action incarnée, Georges de Villebois-Mareuil est né le 22 mars 1847 à Nantes.

 

Après Saint-Cyr et l’Ecole de Guerre, il fut nommé colonel à 45 ans. Il servit en Cochinchine et s’illustra brillamment lors de la guerre franco-prussienne de 1870 en livrant le dernier combat de l’armée de la Loire au cours duquel il fut grièvement blessé.

 

Pour lui, armée signifiait action, engagement, et la vie, un combat de tous les jours. Un idéologue aussi, car il ne comprenait pas que les puissances européennes de la fin du XIXe siècle se battent pour des raisons économiques et non plus pour l’honneur. Ne supportant pas la routine de la vie militaire en temps de paix, et l’état-major lui ayant refusé de prendre part à la conquête de Madagascar, il démissionna de l’armée avec éclat et voulut devenir un civil, mais pas comme les autres, car il trouvait la paix ennuyeuse ! L’ex-colonel fonda alors une association, « l’Union des sociétés régimentaires d’anciens militaires » qui compta jusqu’à 500 000 membres.

 

Dans l’esprit de son fondateur, cette amicale devait tisser à travers tout le pays « un réseau d’esprit nationaliste. Il s’agissait de lutter contre l’individualisme, contre le principe bourgeois dans tout son égoïsme intransigeant et démoralisant ». 

 

En septembre 1899, la guerre ayant éclaté entre les paysans afrikaners (ou Boers) et les autorités anglaises d’Afrique du Sud, l’ex-colonel trouva son heure venue.

 

 

fleche 265Mercenaire en Afrique

 

Veuf depuis quelques années, il confia sa fille unique à son frère et prit le chemin de l’Afrique, où il s’engagea comme volontaire dans l’armée des Boers, à la manière d’un La Fayette ou d’un Rochambeau venant mette leur épée au service des colons anglais des 13 colonies d’Amérique en rébellion contre la Grande-Bretagne, leur métropole.

 

Bien accueilli par les Boers et nommé général après des prouesses contre l’armée britannique, l’étrange mercenaire français refusa toute solde et toute rétribution pour ses services, n’acceptant que la gratuité de la nourriture et du transport. Malgré son courage et la force de son engagement, le volontaire français se heurta à quelques difficultés, source d’amertume pour lui, mais non point de regret. Il s’offusquait notamment de la mauvaise organisation d’une armée de paysans, de surcroit « pétris de sentiments démocratiques et pacifistes », enclins à la routine et à la méfiance, qui paralysaient l’action combattante. Ces fermiers-soldats n’avaient rien, pour lui, de soldats formés à la discipline et à l’obéissance. Son dépit était par ailleurs justifié par le sous-équipement des combattants face à une armée britannique aguerrie, disciplinée, mieux armée et plus nombreuse.

 

Il supportait mal chez les soldats boers une certaine inertie, ainsi que cette tendance à vouloir tout résoudre par des votes et des débats.

 

Mais ces états d’âme, loin de l’accabler, stimulaient son ardeur au combat. Il infligea des défaites cinglantes à l’ennemi qui finit cependant par le piéger. Cerné et pratiquement abandonné par les troupes boers en déroute, il fut tué le 5 avril 1900 à Boshof dans la colonie du Cap. Les Britanniques, ses ennemis, lui rendirent les honneurs militaires et l’enterrèrent dans les plis d’un drapeau français confectionné pour la circonstance, sur les lieux de la bataille. Ses restes furent exhumés en 1971 et transférés au cimetière militaire de Magersfontein, près de Kimberley en Afrique du Sud.

 

Le général mort, restait la légende, qui lui vaut aujourd’hui la perpétuation de sa mémoire par des rues de nombreuses villes de France ainsi que des établissements scolaires portant son nom.

springbock1jpg

Partager cet article
Repost0
30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 09:14

005.gif

Papillons-41Le non de civilité

 

fleurs 173Savoir refuser

 

17Tout ne se doit pas accorder, ni à tous. Savoir refuser est d'aussi grande importance que savoir octroyer ; et c'est un point très nécessaire à ceux qui commandent. Il y va de la manière. Un non de quelques-uns est mieux reçu qu'un oui de quelques autres, parce qu'un non assaisonné de civilité contente plus qu'un oui de mauvaise grâce. Il y a des gens qui ont toujours un non à la bouche, le non est toujours leur première réponse, et quoiqu'il leur arrive après de tout accorder, on ne leur en sait point de gré, à cause de non mal assaisonné qui a précédé. Il ne faut pas refuser tout à plat, mais faire goûter son refus à petites gorgées, pour ainsi dire. Il ne faut pas non plus tout refuser de peur de désespérer les gens mais au contraire laisser toujours un reste d'espérance pour adoucir l'amertume du refus. Que la courtoisie remplisse le vide de la faveur, et que les bonnes paroles suppléent au défaut des bons effets. Oui et non sont bien courts à dire ; mais, avant que de les dire, il y faut penser longtemps.

Baltasar Gracian (1601-1658), L’Art de la prudence

 

231.gif

Partager cet article
Repost0
27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 09:40

MB900439168

L'Afrique et ses démons : déni des droits, autocratie...

 

 

bouton 006Il faut sauver les Gambiens pour sauver l'Afrique

 

Gambie allégé Web moyen

Ouest-France, 30 août 2012

 

bouton 007Le même quotidien titrait en 2009:

"Droits de l'homme, le président gambien dégaine.

Dans la série "Comment vont vos grands démocrates ?" voilà le tour de Yahya Jammet, le président gambien, un micro-pays enclavé dans le Sénégal. Il a tout simplement menacé de mort ceux qui voudraient collaborer avec les défenseurs des droits de l'homme, lors d'une interview à la télévision d'Etat." (Ouest-France, 10-11 octobre 2009)

 

etoiles 031

 

Non ! La race des dirigeants incompétents, bourreaux de leurs peuples, ne s'est pas encore éteinte en Afrique. Faut-il les laisser faire, décimer leurs peuples et ruiner leur pays ?

 

La démocratie, les droits de l'homme, le respect de la personne, celui de la dignité humaine, restent toujours un chantier ouvert en Afrique, qui ne doit pas demeurer l'affaire des seules ONG nationales et internationales, mais bien une cause à défendre au nom de l'humanité tout entière.

 

Quand un tyran s'en prend à son peuple et menace de le détruire, la nationalité importe peu, c'est l'Homme qui est visé. Il faut enfin débarrasser l'Afrique de ces espèces qui renaissent de leurs cendres quand on les croit disparues.

MB900439169

 

 

 

Partager cet article
Repost0
16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 11:18

028.gifFeu sur le prof !

 

L'enseignant se bat seul, contre tous : les familles, l'administration, la hiérarchie... sans oublier les agressions des élèves dans certains établissements.

 

Si le système scolaire français n'est pas tendre avec les jeunes, il ne l'est pas davantage avec les enseignants, aujourd'hui humiliés, dévalorisés, démoralisés.

 

fleche 264Le regard de la presse

 

etoile 113De l’intérieur

 

Chez les enseignants, les retraites ne sont que la face émergée d'un malaise bien plus profond. Confrontés, en direct, aux tensions et aux multiples violences nouvelles – physiques et morales – d'une société plus anxiogène que jamais, ils sont minés par une sorte d’énorme lassitude professionnelle et morale. Non seulement ils se sentent démonétisés et dévalorisés, mais ils ont le sentiment d'avoir perdu leurs repères, le sens de leur mission, pis d'être abandonnés à eux-mêmes, d'être placés en situation d'échec... Et, qui plus est, d'être considérés comme les seuls responsables de cet échec. Leur désenchantement et leur colère sont à la mesure de cette crise d'identité...

Ouest-France, l'analyse du mouvement de grève des enseignants au printemps 2003 

 

17Les coups subis par les enseignants ne sont pas uniquement portés par les élèves et la hiérarchie scolaire, mais aussi par les parents qui sont généralement solidaires de leurs enfants dans le dénigrement des professeurs, voire les agressions dont ces derniers sont l'objet. Pour la hiérarchie comme pour les parents, l'échec des enfants est généralement imputé aux enseignants. Le professeur devient ainsi le bouc émissaire qui masque les carences structurelles éducatives des uns et les lâchetés des autres.

 

Parmi les fardeaux du prof figure en bonne place la pression institutionnelle et sociale, celle de la hiérarchie et des familles, sourde et aveugle, qui lui demande chaque jour plus et trop, sans aucune considération de ses moyens, de ses difficultés professionnelles ou privées, de sa réalité de vie. Le prof devient cette machine à tout faire, dont on peut disposer à volonté pour résoudre tous les maux de la société.

 

fleche 264Le regard de la presse

 

etoile 113De l’extérieur

 

Si les professeurs français vont si mal, c'est que personne ne les aide à accomplir leur mission. Ni la société, ni leurs ministres successifs, ni leurs syndicats...

 

Une chose est sûre, le corps enseignant [...] est aujourd'hui, en France « un corps psychotique », qui voit des fantômes partout, qui se sent agressé et mal aimé. Pourquoi ? Tout simplement parce que les collèges et les lycées ont la lourde tâche de « sauver les valeurs républicaines ». Or ces valeurs sont attaquées de toutes parts.

 

L'enseignement secondaire a cessé de fonctionner comme une garantie d’ascenseur social, et cela dans un contexte où les partis n'offrent plus d'espoir, où les Eglises n'occupent plus les enfants après l'école, où es syndicats ont cessé d'encadrer et d'intégrer les immigrés, et surtout, où la famille n'est plus un refuge face à toutes les menaces. On demande au professeur d'être le « soldat civil » de la République alors que la situation n'a plus rien à voir avec ce qu’elle était à l’époque ou fut créée l'école publique, gratuite, obligatoire et laïque. Les conditions du sacerdoce éducatif ont changé. Le monde est moins aimable ; les élèves, moins réceptifs et moins soumis... Les ministres et les projets de réforme se succèdent sans rien changer...

El Pais( quotidien espagnol), in Courrier international, juin 2003

 

17A l’époque « où fut créée l'école gratuite, obligatoire et laïque », le professeur, c'était « Monsieur le professeur » ; aujourd’hui, ce n'est plus le professeur, mais le « prof ». Un indice révélateur : rares sont les enseignants de collège et de lycée qui emploient couramment et spontanément le vocable « professeur ». Pour la plupart, l'ordinaire, c'est « prof » y compris en présence de leurs élèves à qui ils demandent de venir les voir « en salle des profs ». L’usage de ce mot « prof » n'est pas anodin. Il y a 40 ans, c'était le « professeur ». Mais les mutations seraient minimes voire insignifiantes si elles ne s'incarnaient que dans une simple évolution sémantique. Plus conséquemment, elles concernent égaiement l'élève et la famille

 

Des élèves arrivent en classe saturés d'images et de sons, tous éléments qui empêchent de penser, de réfléchir et rendent en conséquence le sujet peu réceptif intellectuellement et passif. Or, à quoi professeur sert le professeur sinon à amener l'élève à penser par lui-même, à le rendre capable de raisonnement, de jugement autonome et libéré ? La « télé » aurait-elle tué le professeur ? Les élèves attendent du prof que son cours les mette dans « la situation du spectateur devant sa télé avec beaucoup d'images et de jeux. Certains demandent davantage : que le professeur disparaisse derrière les images et les jeux, qu'il les laisse rêver ou bâiller ».

 

Même en accédant à tous ces vœux, la paix scolaire n'est pas toujours garantie pour autant. Et dans ce combat inégal, le prof n'a pas toujours le dessus.

 Tidiane Diakité, Mutations et crise de l'école publique. Le Professeur est mort, vive le prof, L'Harmattan.

 

fleche 070Que faire ?

 

etoile 116Rallumer la flamme sacrée

 

La passion du métier, le désir ardent de servir l’école sont des réalités constantes chez beaucoup d’enseignants. Leur mérite est d’autant plus grand. Ceux-là permettent de nuancer ce tableau gris-sombre de l’école de la République. Il faut à la fois les encourager et multiplier leur nombre. Beaucoup aiment ce métier. Ils souhaiteraient l’exercer le mieux possible.

 

A cette fin, il est urgent de procéder à une profonde refondation de l’honorable Institution : marier l’école à son temps, afin de lui conserver la plénitude de sa mission fondatrice, mission de formation du citoyen accompli : libre, épanoui et social.

 

C’est à cette œuvre de salut public qu’il faut convier toute la nation par-delà les clivages politiques, sociaux, culturels afin de mener à bien la tâche car l’école n’est la propriété ni des enseignants, ni des parents, ni des politiques. Elle ne doit pas être l’otage du temps politique, trop court et trop inconstant par rapport au temps de la nation.

 

C’est à la reconquête de son école que doit s’employer la nation tout entière en élaborant une véritable charte pour l’école du XXIe siècle.

 

Sauver l’école pour bâtir tous ensemble la Cité harmonieuse de demain, pour tous.

livre 006


Partager cet article
Repost0