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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 07:33

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La culture de la débrouille : de l’imitation à l’innovation et à la création ?

 

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Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années

 

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Mode et utilité : l’imagination sans frontières

 

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L’imagination au service du besoin : avec peu, faire beaucoup

 

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Le génie n’a pas de frontières : une ingéniosité, des idées, des potentialités à guider et à cultiver

 

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À cœur vaillant, rien d’impossible, les ressources de l’imagination sont infinies

 

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Nécessité et acculturation

 

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Nouvelles technologies et système D : l’imagination mène à tout...Insolite!

 

 

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Goût sans frontières

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fleurs autre020Africanisation des vins français


17De l’Ethiopie à l’Afrique du Sud

 

Depuis une décennie environ, des tentatives d’implantation des grands crus français (Beaujolais, Bordeaux, Bourgogne…) sont menées avec succès dans un certain nombre de pays africains, notamment Kenya, Ethiopie, Tanzanie, Ghana, Nigeria et surtout Gabon (par la volonté du président Omar Bongo).

 

Les vins français participent ainsi de cette acculturation de plus en plus accélérée sous le soleil d’Afrique, à la mode africaine.

 

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 Vignoble gabonais dit « vignoble Bongo » (500 000 bouteilles par an)

 

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Au cœur du cépage gabonais, le carignon apprivoisé

 

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Laurence Buthelezi, le 1er propriétaire-récoltant noir d’Afrique du Sud

 

Puisse l’imitation stimuler, en Afrique les potentialités latentes, les facultés d’innovation et de création pour le meilleur.

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 08:37

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Par-delà le superflu : retour sur nous-mêmes


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Tu veux savoir mon sentiment sur les « arts libéraux » ? Aucun d'eux n'a pour moi de valeur, aucun ne mérite de figurer parmi les biens véritables : c'est pour de l'argent qu'on les pratique ! Ce sont des sciences vénales qui ont pour seule utilité de préparer l'esprit sans l'accaparer. Il ne faut s'y arrêter qu'aussi longtemps qu'il est incapable de tâches plus importantes. Ce sont pour nous des rudiments et non un vrai travail.

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Pourquoi les a-t-on appelés « arts libéraux » ? Tu le vois, parce qu'ils sont dignes d'un homme libre. Mais, au fond, il n'y a qu'une seule étude vraiment libérale parce qu'elle rend libre : la sagesse, étude pleine de grandeur, de courage et de noblesse. Tout le reste est petit, puéril. À moins que tu n'imagines qu'il y ait du bon dans ces matières qu'enseignent les êtres les plus avilis et les plus indignes ? Ces disciplines, nous ne devons pas les apprendre mais les avoir apprises. Certains ont jugé intéressant de se demander si les arts libéraux rendent homme de bien. Ce n'est ni leur objet ni leur ambition.

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Le grammairien s'occupe du langage et, s'il veut élargir son champ de travail, de l'histoire. À supposer qu'il recule au plus loin les limites de ses compétences, il peut aller jusqu'à la poésie. De toutes ces disciplines, laquelle ouvre le chemin de la vertu ? La scansion des syllabes ? Le choix scrupuleux des vocables ? Les récits mythologiques ? Les lois du vers et de son maniement ? Parmi toutes ces belles choses, qu'est-ce qui libère de la crainte, supprime le désir, réfrène les passions ?

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Passons à la géométrie, à la musique. Tu ne trouveras rien là qui nous défende d'avoir peur et de désirer. Or, faute de cet apprentissage, tout autre savoir est inutile. Une seule question est à prendre en compte : ces gens-là enseignent-ils la vertu oui ou non ? S'ils ne l'enseignent pas, elle ne se transmet pas non plus par leur exemple. S'ils l'enseignent, ce sont des philosophes. Tu veux savoir à quel point ils se moquent d'enseigner la vertu lorsqu'ils montent en chaire ? Regarde comme le contenu de leur enseignement diffère de l'un à l'autre. On trouverait des ressemblances s'ils enseignaient la même chose.

 

[…]

 

Je passe au musicien. Tu m'enseignes comment les sons aigus et les sons graves s'accordent entre eux, comment avec des cordes qui rendent des sons différents peut naître l'harmonie. Montre-moi plutôt comment faire pour que mon âme soit en accord avec elle-même et qu'il n'y ait pas de couacs dans mes résolutions. Tu me montres quels sont les modes plaintifs : montre-moi plutôt comment ne pas pousser de plaintes face à l'adversité.

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Le géomètre m'enseigne à mesurer de grandes propriétés. Il ferait mieux de m'enseigner à trouver la mesure exacte de ce qui suffit à l'homme. On m'apprend à compter et à prêter mes doigts à l'avarice au lieu de m'apprendre que tous ces calculs n'ont aucune espèce d'importance et qu'on n'est pas plus heureux parce qu'on possède un patrimoine dont la gestion épuise plusieurs comptables. Au contraire, il ne possède que du superflu l'homme qui, s'il devait faire tout seul le compte de ses biens, serait le plus malheureux du monde.

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À quoi bon savoir diviser un lopin de terre en plusieurs parcelles si je ne sais pas partager avec mon frère ? À quoi bon calculer sans erreur le nombre de pieds d'un arpent et saisir d'un seul regard ce qu'a bien pu oublier la toise de l'arpenteur, si je m'attriste d'avoir un voisin insatiable qui mord sur ma propriété ? On m'apprend à ne rien perdre de mes terres. Moi, je veux apprendre à tout perdre avec le sourire.

 

[…]

 

Ô l'art admirable ! Tu sais mesurer ce qui est rond, tu sais réduire à un carré toute figure proposée, tu connais la distance des astres entre eux. Il n'est rien que tu ne puisses mesurer. Si tu es si fort, mesure un peu l'âme de l'homme, dis-moi sa grandeur, dis-moi sa petitesse. Tu sais ce qu'est une ligne droite. À quoi bon, si tu ignores ce qu'est, dans la vie, la droiture ?


Sénèque, Apprendre à vivre, Arléa.

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 07:26

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Déni de droits et d’humanité : ces crimes rituels qui mutilent l’enfance


En ce début de XXIe siècle, des crimes rituels d’un autre âge toujours en pratique dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne et dont les enfants sont les victimes innocentes, mériteraient d’être mieux connus et surtout définitivement éradiqués. La recrudescence de ces sacrifices humains est attestée depuis plus d’une décennie. Seule manque la volonté affirmée d’y mettre un terme.


 

Un lourd tribut à l’obscurantisme


Les croyances populaires qui font d’enfants innocents des victimes sans défense sont encore ancrées dans bien des esprits. La sorcellerie est le plus souvent mise en avant comme au Congo dit République démocratique, où la proportion d’« enfants sorciers », dénoncés parfois par leurs propres parents, écartés de la communauté, brimés ou éliminés physiquement en toute impunité, est sans doute l’une des plus élevée d’Afrique.


Dans les régions nord du Bénin, les enfants désignés comme sorciers sont sacrifiés dès la naissance. Pour de nombreuses communautés de ces régions, les enfants qui, à leur naissance, ne se présentent pas par la tête, le visage tourné vers le ciel, sont des enfants « sorciers » qui ne méritent pas de vivre, parce que représentant un danger potentiel pour la communauté. La tradition exige qu’ils soient sacrifiés. Les parents  confient alors le nouveau-né à un « sacrificateur » patenté, désigné par le terme combien incongru de « réparateur », qui, seul, décide du mode d’élimination du nouveau-né : lui fracasser le crâne contre un arbre, le noyer, l’empoisonner…

 

Dans la catégorie d’enfants suppliciés, les albinos l’emportent certainement dans la plupart des pays subsahariens.

 

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Présumés dotés de pouvoirs bénéfiques ou maléfiques selon les traditions, ils sont toujours appréciés pour les vertus supposées de leurs organes ou leur sang, et, de ce fait, sont les plus potentiellement exposés aux sacrifices humains.


 

L’appât du gain facile et l’ambition politique mal comprise


Des motivations autres que la préservation de la société du contact des enfants dits sorciers, et beaucoup plus terre à terre, sont en recrudescence partout en Afrique : enrichissement personnel rapide et promotion politique ou sociale.


La presse étrangère en fait parfois écho, sans autres conséquences, tel le quotidien Ouest-France :

« Plusieurs dizaines de meurtres rituels d’albinos ont été signalés en Afrique ces dernières semaines. Les albinos sont la chair à gri-gri ! Ils font l’objet de sacrifices humains pour alimenter le « marché du "porte-bonheur" » dans un monde animé par les croyances magiques. Les morts dont nous avons connaissance ces jours-ci ont lieu au Burundi et en Tanzanie. Mais, c’est l’ensemble de l’Afrique noire qui est concernée par ces meurtres rituels depuis toujours. On vole des enfants des bras de leurs mères, on passe commande de jeunes filles à immoler… Les témoignages sont connus. Mais les crimes des sorciers restent impunis. Cela ne choque pas toujours l’opinion confrontée à tant d’autres crises et malheurs. Et le silence du tabou fait écho à la terrible violence de la magie. » (Ouest-France, 7 décembre 2008).


 

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Pour l’hebdomadaire Jeune Afrique, « le comble de l’horreur a été atteint avec la découverte du corps affreusement mutilé de la jeune Yollye B., retrouvé le 20 janvier (2013) à Libreville [capitale du Gabon]. Sept adolescentes ont par la suite subi le même sort. Le 17 mars, le corps sans vie de la petite Astride Atsane a été retrouvé sur une plage de la capitale. Elle n’avait que 7 ans. La police a saisi des glacières dont le contenu serait destiné à approvisionner l’écœurant marché  dit des « pièces détachées ».Mais, ce trafic d’organes  n’est pas destiné à quelque malade en attente de greffe :les organes ( langues, yeux, cœurs, oreilles, sexes…) servent à élaborer des fétiches et, même s’il est impossible de le prouver, la rue gabonaise est convaincue que les investigateurs de ce commerce macabre sont issus du marigot politique et des beaux bureaux de la haute fonction publique. Ce serait le prix à payer pour accéder au sommet. » (Jeune Afrique, 19-25 mai 2013).


Curieuse et singulière méthode pour accéder aux postes de responsabilité que celle-là ! Pour les courtisans en effet, « tous les moyens sont bons pour faire partie de l’entourage présidentiel [et obtenir une promotion politique]… Amulettes, talismans et poudres de perlimpinpin, disent-ils, auraient le pouvoir de forcer le destin en favorisant une nomination à un poste juteux, en influant sur l’issue d’une élection législative  ou municipale… »


Le même hebdomadaire fait état de la découverte au Cameroun, en janvier 2013, d’une dizaine de victimes, toutes de sexe féminin et âgées de 15 à 25 ans, que la police soupçonne d’être liée à un trafic d’organes entre le Cameroun et le Gabon voisin.


Les organes prélevés sur ces jeunes victimes sont exigés par des sorciers comme moyen de parvenir à un enrichissement rapide. La manière dont ces organes sont arrachés est d’une indicible cruauté. En effet, « les mutilations se font le plus souvent à vif, parce que leurs auteurs sont convaincus que l’organe prélevé sera plus efficace si la victime hurle pendant l’attaque ». En d’autres termes, plus la victime souffre pendant l’opération, plus les effets bénéfiques de l’usage de l’organe seront performants et garantis.

 

L’appât de l’argent gagné facilement et rapidement mène ainsi à tout, y compris à l’impensable. Les « usines à bébés » du Nigeria en sont un exemple parmi d’autres.


Régulièrement, des lieux de reproduction humaine et de marchandisation de nouveau-nés sont mis au jour par la police locale, comme ainsi révélé dans Ouest-France :

« La police nigériane a déclaré mercredi avoir découvert 6 adolescentes enceintes retenues dans une maison, et arrêté 3 personnes suspectées de vouloir vendre les futurs bébés. » (Ouest-France, 15 mai 2013).


Deux hommes et une femme suspectés d’être responsables du trafic d’enfants ont été arrêtés au cours de cette opération, a précisé le porte-parole de la police dans la région d’Enugu (Sud-est).


Les filles, âgées de 14 à 17 ans, ont raconté à la police qu’elles avaient été mises enceintes par un jeune homme de 23 ans .Cinq jours plus tôt, dans la même région, 17 adolescentes enceintes et 11 enfants en bas âge retenus dans une maison avaient également été découverts.


Selon la police, les jeunes filles ont affirmé qu’elles n’étaient nourries qu’une seule fois par jour et n’étaient pas autorisées à quitter la maison. Elles ont indiqué par ailleurs que leurs enfants devaient être vendus à des personnes désireuses de les acheter…


 

Contre la puberté précoce, le « repassage » des seins au Cameroun


Sans constituer un crime de sang, cette autre pratique répandue dans certaines régions du Cameroun, n’en demeure pas moins une atteinte gravissime à l’intégrité physique et psychique de jeunes victimes.  Certaines mères, en effet « repassent » les seins de leurs fillettes à partir de 9, 10 ans, pour éviter qu’elles n’attirent trop tôt le regard des garçons. Un véritable supplice infligé à ces enfants, consiste à appuyer sur leurs seins, à l’aide d’une pierre plate chauffée, ou à les taper avec une spatule, à les écraser à l’aide d’un pilon, jusqu’à les aplatir, sans anesthésie, naturellement.


Outre la douleur, les conséquences sanitaires et les effets psychiques d’une telle opération sont considérables, avec une répercussion probable sur la maternité future et sur la progéniture. Cette pratique concernerait selon diverses estimations, environ 25% des femmes du pays. Au-delà du Cameroun, elle serait en passe de s’étendre à des pays voisins et au-delà : Nigeria, Burkina Faso, Togo, Côte d’Ivoire…


Loin de connaître la même médiatisation que l’excision, cette pratique dont des jeunes filles souffrent dans le silence et l’impunité, constitue bien un fléau aux effets hautement nocifs, dans certaines sociétés africaines.

 

 

Que faire ?


En certains pays comme le Gabon, un vent de contestation et de remise en question, encore bien timide, certes (et à la merci des pouvoirs publics), semble s’élever de la société civile. Une association locale,  l’« Association de lutte contre les crimes rituels », a récemment publié un rapport détaillé sur ce phénomène, dans lequel elle affirme avoir recensé 40 assassinats rituels depuis le début de l’année 2013.


De même au Ghana, où l’OMS estime qu’un quart des morts d’enfants survenus dans les années 1990 étaient des infanticides rituels, tout particulièrement de jeunes enfants handicapés, une ONG locale, généreusement soutenue par des organisations américaines de protection de l’enfance, a mené une véritable lutte au moyen d’information, d’éducation et de sensibilisation des populations. Cette ONG vient d’annoncer la fin des crimes rituels d’enfants handicapés au Ghana, apportant ainsi la preuve que de telles pratiques ne sont aucunement une fatalité en Afrique.


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L’inertie des autorités politiques doit être compensée par une prise de conscience générale au sein des populations, et une ferme volonté d’éradiquer des pratiques d’un autre temps qui n’ont plus leur place dans une Afrique qui aspire à se remettre debout. Ces crimes rituels, ajoutés à la persistance de l’esclavage des enfants, font de l’Afrique  contemporaine une terre peu propice à l’épanouissement des droits humains, partant, à la démocratie, de même qu’ils constituent une entrave supplémentaire à son émergence, en mutilant la fine fleur, les forces vives du futur.


Alerter l’opinion internationale ainsi que les Etats qui apportent une aide au développement de ce continent, semble aussi une des voies possibles, afin qu’ils incorporent cette dimension humanitaire spécifique à leur action.


Il pourrait être également envisagé la création d’une Cour pénale spéciale (dont le siège serait non en Amérique ou en Europe, mais en Afrique), chargée de juger ces crimes spécifiques dans les pays où ils sont commis.


Une telle instance internationale aurait d’autant plus de légitimité pour agir que tous les Etats africains, à une exception près, sont signataires de la Convention internationale des droits de l’enfant, promulguée par les Nations unies en 1989.

 

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:53

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Couronne de roses ou d’épines, mais toujours source de lumière intérieure (3)

 

 

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Et une femme qui tenait un bébé contre son sein dit,


Parle-nous des Enfants.


Et il dit :


Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ce sont les fils et les filles du désir de Vie.

Ils arrivent à travers vous mais non de vous.Et quoiqu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

 

Vous pouvez leur donner votre amour mais non vos pensées,

Car ils ont leurs pensées propres.

Vous pouvez abriter leurs corps mais non leurs âmes,

Car leurs âmes habitent la demeure de demain que vous ne pouvez visiter même dans vos rêves.

Vous pouvez tenter d'être comme eux, mais n'essayez pas de les rendre comme vous.


Car la vie ne s'en retourne pas en arrière ni ne s'attarde avec hier.


Vous êtes les arcs qui projettent vos enfants comme des flèches vivantes.

L'Archer voit le but sur le sentier de l'infini et Il vous tend de toute son énergie pour que ses flèches puissent aller vite et loin.

Que cette force bandée par la main de l'Archer soit joyeuse ;

Car, s'il aime la flèche qui vole, Il aime aussi l'arc qui est stable. 

 

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 08:54

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Couronne de roses ou d’épines, mais toujours source de lumière intérieure (2) 

 

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Alors Almitra parla à nouveau et dit,

Qu'en est-il du Mariage, maître ?

 

Et il répondit en disant :

Vous êtes nés ensemble et à tout jamais vous resterez ensemble.

Vous serez ensemble quand les ailes blanches de la mort éparpilleront vos jours.

Oui, vous resterez ensemble jusque dans le silence de la mémoire de Dieu.

Mais qu'il y ait des espaces dans votre union.

Et que les vents des firmaments dansent entre vous.

 

Aimez-vous l'un l'autre mais ne faites pas de l'amour une chaîne :

Laissez-le plutôt être une mer se balançant entre les rivages de vos âmes.

Remplissez chacun la coupe de l'autre mais ne buvez pas à la même coupe. Donnez-vous du pain l'un à l'autre mais ne mangez pas le même morceau.

Chantez et dansez ensemble et soyez joyeux mais sachez demeurer seuls,

Pareils aux cordes du luth qui sont seules mais savent vibrer ensemble en musique.

Donnez vos cœurs mais sans que l'un et l'autre le garde.

Car seule la main de la Vie peut comprendre vos cœurs.

Et restez ensemble mais pas trop près l'un de l'autre ;

Car les colonnes du temple se dressent à distance,

Et le chêne et le cyprès ne poussent pas à l'ombre l'un de l'autre.

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 08:13

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Couronne de roses ou d’épines, mais toujours source de lumière intérieure (1)

 

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Alors Almitra dit :

Parle-nous de l’Amour.

 

Et il leva la tête et regarda les gens et un calme les envahit.

 

Et d'une voix puissante, il dit :

 

Lorsque l'amour vous fait signe, suivez-le,

 

Même si ses voies sont dures et raides.

Et lorsque ses ailes vous enveloppent, cédez-lui, quoique la lame cachée dans son plumage puisse vous blesser.

Et lorsqu'il vous parle, croyez-le,

Quoique sa voix puisse fracasser vos rêves comme le vent du nord qui saccage le jardin.

Car de même que l'amour peut vous couronner, de même il peut vous crucifier.

Car il est fait pour vous aider à croître comme pour vous élaguer.

De même qu'il se hausse à votre hauteur, et caresse vos branches les plus tendres qui tremblent dans le soleil,

De même peut-il descendre dans vos racines et les remuer jusqu'à la terre qui les attacha.

Comme des gerbes de blé il vous rassemble en lui 

Il vous bat pour vous rendre nus.

Il vous tamise pour vous libérer de votre enveloppe

Il va vous moudre jusqu'à la blancheur.

Il vous pétrit jusqu'à vous rendre souples.

Et alors il vous assigne à son feu sacré pour que vous deveniez du pain sacré pour le festin de Dieu

 

L’amour fera tout cela pour que vous connaissiez les secrets de votre propre cœur et, de par cette connaissance, deveniez fragment du cœur de la Vie.

 

Mais si, dans votre peur, vous ne cherchez que la paix de l'amour et le plaisir de l'amour,

Alors il vaut mieux pour vous couvrir votre nudité et sortir de l'aire de battage de l'amour,

Et aller dans un monde sans saisons pour rire, mais non de tous vos rires, et pleurer, mais non de toutes vos larmes.

 

L’amour ne donne rien que lui-même et ne prend rien que de lui-même.

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 08:03

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Louis Moreau de Chambonneau, théoricien de la colonisation du Sénégal

 

Louis Moreau de Chambonneau est un pionnier méconnu non de la colonisation française en Afrique, mais du principe de cette colonisation. En qualité de Commandant et Agent général de la Compagnie française du Sénégal, puis de Guinée, avec résidence à Saint-Louis, de 1682 à 1685, puis de 1686 à 1689, il ébauche un plan original destiné à faire du Sénégal une possession française au même titre que la Guadeloupe ou la Martinique, mais avec des caractéristiques propres.

 

Sous Louis XIV, en effet, la France est « propriétaire » du commerce, non du territoire du Sénégal, qui tout en constituant sa zone d’influence prioritaire universellement reconnue, n’en demeure pas moins sous la souveraineté des différents rois qui partagent son espace, de même qu’il reste ouvert à la convoitise de nations européennes concurrentes. Les différents directeurs de la Compagnie française ayant résidé à Saint-Louis ou à Gorée furent de tout temps conscients de cette position des moins confortables entre le marteau des rois africains dont ils dépendaient pour leur commerce et leur vie, et l’enclume des rivaux étrangers contre lesquels ils devaient se défendre en permanence.

 

gif anime puces 025Pour s'émanciper de la tutelle des rois africains

 

La colonisation du Sénégal, qui aurait mis ce dernier au même rang que les colonies françaises des îles d’Amérique, aurait-elle constitué le moyen de briser l’étau qui enserrait l’action des Français, l’empêchant de se déployer à volonté afin d’atteindre les objectifs commerciaux et nationaux assignés aux différentes compagnies françaises ? L’idée fut publiquement émise dès 1667, par Louis Moreau de Chambonneau, lors d’un premier séjour au Sénégal, comme  Directeur général de la Compagnie, en résidence à Saint-Louis.

 

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Les raisons avancées portaient pour l’essentiel sur l’ardente nécessité d’émancipation du joug des rois locaux jugé oppressant. A cette motivation première se greffaient dans l’esprit du concepteur du projet, d’autres considérations relevant de la « civilisation », de la culture et de la religion, le tout cependant sous le patronage du Roi-Soleil. Une telle entreprise en effet, sera, selon le Commandant Chambonneau « fort à la gloire du roi », car ce dernier aurait ainsi « un pays de terre ferme, où la religion chrétienne n’est pas connue, vu que tous les habitants sont mahométans, sans science, pas même un temple et fort ignorants de leur religion, de sorte qu’on n’aurait guère de peine à la leur faire quitter, n’étant la pluralité des femmes. »

 

 

gif anime puces 025Une colonie de peuplement sans esclaves ni travailleurs noirs, mais avec des femmes blanches

 

Curieusement, ce projet a peu de chose à voir, selon son auteur, avec la traite des esclaves qui se fait habituellement :

 

« Ce n’est point de ce trafic qu’il s’agit, précise-t-il, mais de prendre telle terre qu’on voudra au nom du Roi, y envoyer hommes et femmes pour y habiter, à qui on donnera des places comme on a fait en Amérique, pour y planter et faire tabac, coton, indigo, fer et or et tout ce qu’on y voudra ».

 

Il prend également  soin de préciser : « Ce ne serait point nuire aux naturels du pays. On n’y fait aucun tort aux nègres, puisqu’ils ont plus de trois quarts de leur pays en friche ; si on les fait sortir d’un lieu, ils auront encore plusieurs autres et voisins. »

 

Dans l’esprit de Chambonneau, cette entreprise de colonisation est une entreprise royale : « C’est donc des unités de la flotte royale qui transporteraient le corps expéditionnaire. » En même temps qu’il dessine mentalement et théoriquement le schéma territorial et humain de cette colonie, il réfléchit à son avenir économique et racial, ainsi qu’aux conditions de sa pérennité :

 

gif anime puces 025Un projet original

 

« Afin que la colonie se perpétue, il faut y mener des femmes françaises, et faire défense rigoureuse de se marier avec des négresses afin de ne pas reproduire l’expérience des Portugais de Gambie et de la côte de Guinée, qui, depuis, s’y sont établis et mariés avec des négresses… Leurs enfants devenant mulâtres, en ont fait encore de plus en plus noirs, et le sont tout à fait maintenant. »

 

Chambonneau ne veut pas non plus que des Noirs du pays soient employés comme esclaves sur les terres occupées par les nouveaux habitants français « de crainte qu’étant en leur pays, ils n’égorgent tous les blancs vu qu’on n’aura plus vraiment besoin d’eux pour bêcher et fouiller la terre puisqu’elle est basse, non montagneuse et très propre à labourer avec la charrue, ce qu’on ne peut aux îles de l’Amérique qui ne sont que montagne. »

 

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Les vues du directeur de la Compagnie du Sénégal portent plus loin que la seule concession du Sénégal. Pour lui, ce plan de colonisation peut s’étendre au Cap-Vert jusqu’à Portudal, puis à l’entrée de la Gambie, et jusqu’à l’île des Bisseaux et celle des Bizagots. Le plan prévoit, outre la soumission des rois locaux, une véritable éducation à la religion chrétienne.

 

En 1688, le projet du représentant de la France au Sénégal fut adressé sous forme de mémoire à Seignelay, alors secrétaire d’État à la Marine et président de la Compagnie royale du Sénégal. Parmi les principales motivations du projet, le mémoire, rigoureusement argumenté, mentionnait, que « l’on ne sera maître du commerce que le jour où on aura obligé les princes du pays à se soumettre à la force européenne ».

 

Ce mémoire ne fut suivi d’aucun effet, Louis XIV n’ayant pas donné son accord pour l’exécution du plan de colonisation selon la conception de Chambonneau.

 

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Si le projet du représentant français au Sénégal, Chambonneau, ne fut pas retenu par le gouvernement du Roi-Soleil, l’idée fit néanmoins son chemin, à travers les siècles et les régimes, de la monarchie absolue à la monarchie constitutionnelle, du premier au second Empire, puis à la République. Le projet, revu et corrigé, fut mis en œuvre sous Faidherbe (gouverneur du Sénégal) à partir de 1854, puis affiné à la fin du siècle. Il servit de modèle à la colonisation des autres territoires français d’Afrique, les entités futures de l’AOF et  AEF.


fleche 039(Voir : Louis XIV et l’Afrique noire, Arléa)

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 13:58

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Traite, esclavage, la concurrence mémorielle, un déni d’histoire ?


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Chaque année, chaque commémoration des abolitions de la traite et de l’esclavage le 10 mai, suscite débats et controverses, confrontation des mémoires et choc des idées, le mot « réparation » servant de catalyseur entre Antillais, entre Africains et Antillais, entre Africains et Africains, mais aussi entre Européens ou métropolitains.


bouton 006Quelle expérience commune entre Antillais descendants d’esclaves et Africains anciennement colonisés ?

 

Sans doute beaucoup de confusion entre la vision des uns et des autres, la difficulté de porter le même regard sur un passé marqué par le drame de l’esclavage et de la traite des Noirs. Mais ce clivage traverse aussi les Africains d’aujourd’hui qui peinent à accorder leur regard et leur positionnement.

 

Alors que les évêques d’Afrique noire, réunis en symposium des conférences épiscopales d’Afrique, en octobre 2003, demandaient, au cours d’une cérémonie expiatoire, symboliquement célébrée à Gorée, au Sénégal (un des hauts lieux de la traite atlantique), le « pardon de l’Afrique » pour la participation des Africains à l’esclavage et à la traite des Noirs, des historiens africains, au cours d’une réunion consacrée à cette prise de position, dénonçaient avec véhémence le « révisionnisme » des évêques africains et proclamaient : « Personne n’a délégué les évêques africains pour parler au nom des Africains. »

 

Précisément, il ne s’agit aucunement de parler au nom des Africains, pas plus qu’au nom des Européens, mais au nom de l’histoire, et du fait historique qui s’impose.

 

De même en France, certains militants d’associations noires prétendent interdire l’évocation des responsabilités africaines dans les traites (européenne et orientale) sous quelque forme que ce soit. D’aucuns parmi eux veulent tirer le mouvement noir vers l’islam, d’autres s’inspirent du modèle nord-américain, sans égards aux contextes et à la diversité des réalités et des expériences vécues. D’autres enfin ont pour ambition d’enrégimenter les souffrances passées et présentes de l’histoire des Noirs vers de douteux combats politiques.

 

bouton 006Quel cas fait-on de l’histoire ?

 

Le CRAN (Conseil représentatif des associations noires), dans un communiqué publié le 10 mai 2013, demande réparation et assigne en justice la Caisse des Dépôts, banque d’Etat, pour avoir tiré – selon lui – profit de l’esclavage, donc d’un crime contre l’humanité. Soit ! Mais, ne peut-on  chercher ailleurs aussi d’autres responsabilités, le tout ayant permis à ce phénomène tragique d’atteindre les dimensions qu’on lui connaît ? Dans la constitution de cette chaîne desresponsabilités de la traite et de l’esclavage, la réalité historique s’enlisera indéfiniment dans le déni et la confrontation tout aussi douloureuse des mémoires.

 

A l’opposé du CRAN, pour Serge Romano, président du Collectif antillais « Marche du 23 mai 1998 », « cette position doit être replacée dans un contexte très différent d’aujourd’hui. Le concept de réparation, c’est comme si on demandait à la France d’aujourd’hui de réparer l’esclavage alors que la majorité des ancêtres des Français étaient des serfs au moment de l’esclavage. »

 

De quelle France s’agit- il en effet ? Faire preuve de discernement en évitant tout anachronisme dans l’analyse et le jugement serait profitable dans ce difficile débat pris en otage entre passions et raison.

 

Dans l’évocation de cette douloureuse mémoire des Noirs d’Afrique et des Antilles, de cette plaie hideuse de l’Histoire, le discours des Antillais, d’une manière générale, est toujours un cran au-dessus de celui des Africains par rapport aux expériences vécues et leur expression. Or, la mémoire des victimes de l’esclavage et de la traite mérite plus de profondeur dans la pensée et dans son évocation.


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Esclaves travaillant au moulin à sucre

 

 

Toute évocation, tout discours qui ferait fi du respect dû au fait historique dépouillé des passions et des non-dits, n’aurait pour effet que l’exacerbation des blessures et des rancœurs, obstacle majeur à l’harmonisation des regards et l’ardente nécessité de frayer le chemin de la rencontre des consciences et des projets d’avenir commun.

 

A supposer qu’on accorde une « réparation » :

bouton 007Comment en évaluer la valeur ?

bouton 007Qui aurait qualité pour une telle évaluation ?

bouton 007Qui paierait en définitive le prix ?

bouton 007A qui irait cette somme due au titre de la réparation ?

bouton 007 Pour en faire quoi concrètement et où ?

bouton 007Les descendants de marchands d’esclaves en Afrique (rois, chefs, auxiliaires, intermédiaires, chasseurs de captifs…), en seraient-ils bénéficiaires ?

bouton 007De même que les Africains qui pratiquent encore l’esclavage aujourd’hui dans et hors du continent ? (Voir le Comité de lutte contre l’esclavage moderne.)


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Comme l’exprimait si judicieusement l’Antillais Aimé Césaire, « Il y aurait une note à payer et ensuite ce serait fini ? »

 

Si réparation il y a, (et celle-là est exigible), elle ne peut être que morale, sous forme de reconnaissance de la vérité historique, celle des faits et des souffrances, incluant la part de tous les protagonistes du drame. Elle doit inévitablement inclure une dimension pédagogique destinée à savoir, à comprendre pour la paix des consciences.

 

Si la traite fut officiellement abolie au XIXe siècle, son cadavre mal enterré continue de hanter la vie et les rapports entre Africains. Comment expliquer autrement la guerre du Darfour (Soudan), et les razzias des cavaliers arabes du nord du pays qui, du Moyen Âge au XIXe siècle, ont sévi dans la région, les Arabes considérant toujours les Noirs comme des biens à capturer qu’ils s’estiment en droit de réduire en esclavage ?


Les Mauritaniens blancs ont le même raisonnement non seulement à l’égard de leurs compatriotes noirs, mais également de leurs voisins sénégalais, car le Sénégal fut jadis pour eux terre de capture et réserve d’esclaves potentiels. Ce sentiment n’est pas étranger non plus aux violents affrontements qui ont opposé Sénégalais et Mauritaniens en avril 1999 ; les premiers ayant à cœur de prouver aux seconds que le temps de l’esclavage est révolu, et souhaitant sans doute prendre une revanche sur le passé. De même au Nigeria, comme en d’autres pays du continent – Bénin, Angola, Cameroun – l’antagonisme latent entre populations (ou ethnies) du Nord et du Sud trouve son origine dans ce passé esclavagiste qui le nourrit et l’entretient.


Mais la traite esclavagiste aurait-elle pu constituer ce mal endémique qui continue de troubler le présent ainsi que les rapports entre Africains si des Africains n’en avaient pas été eux-mêmes des acteurs ? Sans la participation active et soutenue d’Africains complices, le phénomène n’aurait jamais atteint l’ampleur et la durée qu’on lui connaît.


Afin d’apaiser ce mort-vivant qu’est la traite esclavagiste, pour neutraliser ses effets  nocifs sur le présent et construire un avenir commun, il importe que les Africains affrontent courageusement ce passé commun non seulement entre eux, mais aussi avec les Européens, autres acteurs majeurs. On ne peut construire l’avenir ensemble que si l’on apure ensemble le passé.


fleche 264Voir :


 

9La Traite des Noirs et ses acteurs africains, Berg International.


950 ans après, l’Afrique, Arléa.

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 09:15

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Blancs et Noirs, regards croisés ou la relativité des regards


ligne 1 100

 

La couleur de peau, blanche et noire, a fait longtemps l’objet de débats passionnés en France, tout particulièrement sous  le règne de Louis XIV ; débats et disputes auxquels prirent part scientifiques, religieux et philosophes.


Cette curiosité suscitée en Europe comme en Afrique autour de la couleur de peau, au cours des premiers siècles de la rencontre entre Africains et Européens (XVII et XVIIIe siècles) comporte quelques épisodes savoureux de part et d’autre. Le séjour d’un Danois dans la région de l’actuel Ghana au XVIIe siècle, en est un.


bouton 006Le Vieux roi ashanti Firempong avait la charge de Christianborg [comptoir danois], Ba Kwante de Crève-coeur et James Fort [autres comptoirs]. Firempong se rasa donc les cheveux et les mit avec huit onces dor, dans le fondement de la partie de la forteresse construite à cette époque-là. A titre de protection, il recevait trente-deux dollars de traitement par mois du gouvernement danois. Tout le commerce avec les marchands danois reposait entre ses mains. Mais il n’avait jamais vu dHomme Blanc. Selon les propos quil entendait des commerçants, particulièrement des Akwalus, les Européens étaient des espèces de créatures marines. Il exprima donc son désir de voir un Européen, et M. Nicolas Kamp, le comptable fut envoyé à Da, la capitale du Kotokus, pour que le roi le voie. Une grande réunion eut lieu lors de sa réception. En saluant l'assemblée, M. Kamp sapprocha du roi, enleva son chapeau et lorsqu'il s' inclina pour le saluer, Firempong crut qu'il était un animal et qu'il sauterait sur lui. Le roi sécroula de son siège et poussa des cris pour que ses femmes viennent laider. Le tambour, Adam Malm, dont le nom indigène était Kwabena Nyam-Kum, et Noi Adafi, l’interprète du gouvernement, firent tout leur possible pour convaincre le pauvre roi que M. Kamp était un être humain, et que ses gestes correspondaient à la mode européenne dexprimer son respect aux supérieurs.

Le roi se leva, s'assit sur son siège et ordonna à ses épouses de se mettre entre lui et l’Européen et ses hommes. De cette manière, il pouvait apaiser ses craintes. En voyant la natte, un  bout de chevelure ressemblant à une queue tressée qui pendait dans le dos de M. Kamp (que les gens avaient coutume de porter, tout comme les Chinois de nos jours), il s’écria : « Tous les animaux ont la queue à l'extrémité du tronc, mais les Européens ont la leur derrière leur tête ! » Les interprètes lui expliquèrent que ce n'était pas une queue, mais des cheveux tressés. Pendant tout ce temps, les épouses du roi observaient tous les gestes de M. Kamp pour savoir s'il était un homme ou un animal. Pas encore satisfait de tout ce qu’il avait vu, le roi demanda à M. Kamp de se déshabiller, ce qu'il refusa de faire, disant quil pourrait le faire chez lui, lorsque les dames ne seraient pas présentes. Lassemblée se retira, et M. Kamp regagna ses appartements où une table avait été dressée pour lui. Pendant le repas, les épouses du roi qui se tenaient là, le regardaient à la dérobée. Certaines disaient : « il mange comme un homme, c'est vraiment un être humain ! »

A la fin, M. Kamp enleva ses vêtements devant le vieux Firempong qui put alors le toucher ; alors il dit : « Vous êtes vraiment un être humain, seulement trop blanc, comme un diable ! » Une autre assemblée eut lieu ; le roi se trouvait satisfait davoir pu le toucher, et toutes les formalités ayant été accomplies, M. Kamp reçut en cadeau deux esclaves et retourna à la côte...


gif anime puces 024(Voir Louis XIV et l’Afrique noires (annexes), Arléa)

 

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 08:39

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Les voies et conditions de l’émergence : vaincre la faim et l’ignorance


bouton 007Propos de l’économiste Nicolas Baverez

« La croissance économique du continent, qui a été de 5,5 % en moyenne depuis 2000, atteindra 6,2 % en 2013, un rythme deux fois plus élevé que celui de la population. Six des dix pays connaissant la plus forte croissance dans le monde sont en Afrique, dont le Nigeria (7,4 %) et la Côte d'Ivoire (8,5 %).

La richesse par habitant a crû de 3,5 % par an depuis une décennie. Huit « lions » africains affichent un revenu par habitant de 10000 dollars (7800 euros), supérieur à celui des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine). L'inflation est contenue à 8%. La balance commerciale est excédentaire de 4% du produit intérieur brut (PIB). Le déficit et la dette publics sont limités à2%età33%du PIB. [...]

La croissance [...] est portée par la consommation, avec pour moteurs le recul de la pauvreté de 42 % à 31 % de la population, et la formation d'une classe moyenne de 300 millions d'habitants. [...]

Les économies africaines se diversifient et s'émancipent progressivement de leur dépendance aux exportations de matières premières. Dans le même temps, elles se libèrent de la tutelle de pouvoirs publics et des effets pervers de l'aide au développement - sources majeures de corruption - pour laisser surgir une classe d'entrepreneurs dynamiques, forte de 35 milliardaires et de plus de 2500 millionnaires. Avec à la clé des gains de productivité de 3 % par an depuis 2000.

Les atouts qui font de l’Afrique la nouvelle frontière de la mondialisation : la vitalité démographique - la population devrait passer de 860 millions à 1,8 milliard d'habitants d'ici à 2050 ; le doublement de la classe moyenne, qui atteindra 600 millions d'habitants en 2050 ; les richesses en terres arables (80 % des réserves), en eau souterraine, en matières premières et en sources d’énergie ; le potentiel de capital humain et d’épargne. »

 

gif anime puces 029Bien. Mais incomplet


Le mot croissance n’a pas le même contenu et ne recouvre pas les mêmes réalités au Japon, en Allemagne, en France qu’en Afrique. Son usage pour caractériser l’économie, doit en tenir compte afin d’éviter de graves et fâcheuses méprises.


Par qui ces richesses naturelles immenses évoquées (pétrole, gaz, or, diamant, cuivre…), sont-elles exploitées  ? Au profit de qui ? Quelle incidence sur le quotidien de la masse des Africains ?


Par ailleurs, si ces 1,8 milliard d’habitants en 2050 sont une chance pour le continent, seront-ils mieux nourris, mieux soignés, plus instruits, plus libres et épanouis que les Africains de 2013 ? Ou, au contraire, viendront-ils grossir la masse des déshérités, des laissés-pour-compte du monde ?


La part de chaque continent dans la population mondiale

 

1900

1950

2000

2025

2050

Asie

54

55

58

59

55

Afrique

6

9

14

18

24

Amérique latine

5

7

9,2

10

8

Amérique du Nord

5,2

7

5

5

5

Europe (Russie comprise)

20

12

10

9,5

8

Source : ONU, World population prospect, 2010

 

Selon les Nations unies, la population africaine pourrait quadrupler au cours de ce siècle, passant de 856 millions d’habitants en 2010 à 3,3 milliards en 2100, « un être humain sur quatre » sera africain !


Il faudra assurer à ces millions supplémentaires une alimentation suffisante, des soins de santé de qualité, des écoles en nombre et en qualité, des infrastructures indispensables à une vie décente, des emplois… Faute de quoi, tout le continent africain ne sera qu’une énorme bombe à retardement pour lui-même et pour le monde.


Il faut briser le tabou de la question démographique, ce défi majeur du XXIe siècle.


Il est urgent de rechercher et appliquer les remèdes à la mesure du phénomène, non individuellement et unilatéralement, mais collectivement, à l’échelle mondiale.


Qui prépare l’arrivée de ces millions du futur et comment ?


La croissance économique sert-elle de régulateur de la croissance démographique ?


gif anime puces 029Croissance économique et réalités africaines


gif anime puces 453Une agriculture déficitaire.


Le symbole le plus parlant de la souveraineté d’un Etat, c’est sa capacité à nourrir correctement sa population. Sans indépendance alimentaire, point de souveraineté d’aucune sorte. Or, la faim et  son corollaire l’ignorance, sont les principaux fléaux qui étranglent l’Afrique et compromettent son avenir à court terme. Vaincre la faim, c’est frayer le premier chemin du développement. Comment vaincre la faim sans une agriculture adaptée aux besoins présents et futurs ?


Le tableau de l’état alimentaire du monde, publié par la FAO en 2012, met en relief la place de l’Afrique subsaharienne :


En calories par jour :

Disponibilité théorique moyenne mondiale

2800 Kcal/j

Pays riches (Europe, Japon, Amérique du Nord)

3500

Pays en développement

2700

Asie du Sud

2400

Afrique subsaharienne

2100

 

Selon la FAO, sur 7 milliards d’habitants, on compte 868 millions de malnutris, dont plus de la moitié en Afrique subsaharienne. Or, la population rurale représente 70% de la population totale de la région. Et c’est précisément cette population rurale qui souffre le plus de la famine, surtout de la malnutrition, la famine étant la rupture provisoire en vivres consécutive à un accident climatique ou autre, tandis que la malnutrition est un déséquilibre quantitatif et qualitatif permanent. C’est cette dernière forme de sous-alimentation qui caractérise le plus une majorité d’Etats africains. La persistance de ces carences met en lumière la défaillance de l’agriculture dans ces pays.


gif anime puces 453Que faire ?


La croissance y peut-elle quelque chose ? Qu’apporte l’aide extérieure à l’agriculture africaine ?


Pour s’en sortir, les Africains ne doivent pas compter que sur l’aide extérieure. Il ne doit surtout pas s’agir non plus pour eux de copier servilement le modèle d’agriculture des pays développés, encore moins leur modèle de consommation. Il s’agit encore moins pour les acteurs de l’aide extérieure de transposer leurs modèles en Afrique. Si ces acteurs veulent réellement aider en  ce domaine, ils doivent aider les partenaires africains à inventer un système nouveau d’agriculture et surtout pas arriver en disant : « Nous on sait, on va faire, on va vous montrer comment on fait, regardez-nous faire… »

 


Il faut au contraire, inventer ce nouveau système avec eux, à partir de ce qu’ils savent et ce qu’ils savent faire depuis toujours. Il faut travailler avec eux sur cette base afin d’arriver à construire le système le mieux adapté à leurs réalités humaines et de terrain.


Mais surtout, si ces acteurs de l’aide ont à cœur la promotion de l’agriculture africaine, ils doivent aussi aider les Africains à se protéger des importations alimentaires qui ruinent leurs efforts, les démoralisent et en font des parias ou du moins des assisté sur leurs propres terres.


L’invasion des marchés africains par les produits alimentaires à bas coût des pays riches, qui plus est, proviennent de cultures subventionnées : céréales diverses, farine, cuisses et ailes de poulets… signifie le coup de grâce pour l’agriculture, pour les efforts et les espoirs des paysans africains.


Enfin, les acteurs de l’aide peuvent-ils aider les paysans africains à se protéger de ces riches qui viennent s’approprier leurs terres les plus fertiles ?


Les Africains seront longtemps victimes de ces multiples méfaits s’ils ne comptent que sur l’aide extérieure. Un pays ne peut agir seul. Uniquement un regroupement d’Etats conscients de leurs intérêts, par zones géographiques, permettrait à l’ensemble du continent de peser sur les instances internationales du commerce (comme l’OMC), de faire entendre leur voix et respecter leurs intérêts, bref, de résister pour exister.


Mais le veulent-ils ? La croissance économique en Afrique y peut-elle quelque chose ? Qu’apporte-t-elle en cette matière ?

 


gif anime puces 029Croissance économique et éducation


Quel est l’apport ou l’incidence de cette croissance sur l’école, l’enseignement et la formation en Afrique ? Une école dont la fonction principale serait, non pas l’accumulation de connaissances, mais de donner le goût d’apprendre, la curiosité du monde, l’estime de soi et l’éveil des consciences.


L’effondrement du système éducatif, la déshérence de l’école et de l’éducation dans l’immense majorité des Etats du continent est aujourd’hui patent et apparaît comme un des obstacles majeurs à l’émergence. Les carences de l’enseignement sont perceptibles à bien des niveaux. Dans nombre de pays francophones dont la langue officielle ou la langue de l’administration est demeurée le français, des cadres formés au pays n’ont qu’une maîtrise souvent approximative de cette langue, et sont parfois incapables de rédiger correctement un rapport ou de s’exprimer de façon intelligible sans fautes grossières qui les rendent difficilement compréhensibles. D’une façon générale, l’enseignement n’a jamais été aussi dégradé depuis les indépendances. Le taux de croissance africaine enviable ne semble pas avoir d’effet sur l’évanescence de l’école.

 


gif anime puces 029Et la gouvernance ?


Doit-elle quelque chose à la belle croissance économique enregistrée en Afrique ?


La belle croissance produit-telle la bonne gouvernance ? Induit-elle l’accroissement des libertés individuelles, et garantit-elle les droits humains en Afrique ? Favorise-t-elle la stabilité des Etats et la solidarité nationale ?

 


gif anime puces 029Développement humain


«   Le Sud décolle, pas l’Afrique » tel pourrait être le résumé succinct du rapport du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD), de 2013, une trentaine d’Etats subsahariens restant en marge de l’amélioration générale des conditions de vie dans le monde.

 


Toute analyse économique, toute prospective concernant l’Afrique, qui ne prendrait pas en compte l’ensemble de ces données, qui n’associerait pas croissance économique, croissance démographique, situation scolaire et gouvernance, serait incomplète, voire trompeuse, en décalage avec les réalités du présent et les exigences du futur.


Le développement est un tout qui ne saurait se réduire au seul taux de croissance. Telle quelle, cette croissance ne garantit ni décollage économique véritable, ni même une garantie contre la malnutrition ou l’effondrement de l’éducation. En conséquence, elle n’apparaît pas comme une garantie du futur.

 

Pour que croissance rime avec bien-être, épanouissement des populations, elle doit nécessairement s’accompagner des deux révolutions qui conditionnent l’avenir africain : la révolution agricole et la révolution du livre, de l’écrit, celle du savoir, afin de soigner le corps et libérer l’esprit.

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