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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 08:50

 
 0001.gifAprès l’élection, une hirondelle fera-t-elle le printemps ?

 

crise Mali1 Affichage Web moyen

 

gif anime puces 025Pose de la première pierre de la reconstruction nationale ?

 

bureau-de-vote.jpg

bureau de vote

 

bouton 00711 août 2013 : date de l’élection du nouveau président de la République du Mali, à l’issue d’un scrutin jugé honnête par les observateurs, apparaîtra dans l’histoire récente du pays comme un grand jour.


Quoi qu’il en soit, à compter de ce jour, le Mali concentrera tous les regards  aussi bien intérieurs qu’extérieurs au continent africain. C’est dire l’importance du rôle que devra jouer la nouvelle équipe dirigeante sous la responsabilité du président de la République élu, Ibrahim Boubacar Kéita (IBK), chef d’orchestre revêtu de la dignité suprême et de la légitimité que confère le suffrage démocratique.

 

IBK.jpg

IBK, président élu

 

Les données sont simples, l’objet est clair. Il s’agit de rebâtir un pays en ruine sur un socle nouveau.

 

gif anime puces 025Questions préalables


De l’avis de l’écrasante majorité des Maliens, toutes classes sociales confondues, « sans l’intervention de la France et l’opération Serval, le Mali n’existerait plus ».


Partant de cette affirmation, la première réflexion doit être ainsi formulée :

 

fleche 026 Pourquoi et comment sommes-nous tombés si bas ?

fleche 026Que faire pour nous relever ?

fleche 026Que faire pour ne plus jamais retomber aussi bas, en perdant tout crédit y compris la mémoire d’un passé prestigieux ?

 

Tout le reste : réflexion à mener, action à accomplir, méthode et moyens, doit découler de ces préalables qui sont aussi des absolus.

 

gif anime puces 025Seul impératif, le devoir de rédemption: un pays à reconstruire, une image à restaurer, un défi à relever

 

Parmi les incontournables, la promotion d’une vraie culture de gouvernement pour favoriser une véritable pédagogie de la démocratie, l’occasion aussi de souligner la différence entre vote, élection et démocratie, laquelle réside dans l’action des gouvernants, dans les faits du quotidien, non dans les mots.


Si le Mali a été gratifié du titre honorifique de « démocratie modèle » en Afrique depuis 1992, comment expliquer que cette « démocratie exemplaire » se soit écroulée si facilement et si rapidement, en l’espace de quelques semaines, à partir du 22 mars 2012 ?


Quels en étaient les vices cachés, les faiblesses, les insuffisances ?


Comment le grand pays au passé prestigieux, au présent élogieux, a-t-il pu en arriver au point de toucher le fond de l’abîme, et d’être récemment qualifié par la presse européenne de « pays rongé par la corruption, le trafic de drogue et les guerres tribales » ?

 

En première place de ce colossal chantier qui s’ouvre pour remettre tout un pays debout, doit figurer la justice, sous toutes ses formes, à tous les échelons de l'État et de la vie nationale, car sans justice il n’y a ni Etat, ni nation, ni solidarité. Enfin, sans une justice respectable et respectée, il n’est ni paix sociale, ni démocratie.


Or, il s’agit bien à présent de recoudre un tissu social en lambeaux, abîmé depuis fort longtemps. La justice apparaît comme le meilleur outil indiqué à cette fin, car elle constitue bien ce ciment social sans lequel rien ne tient.


Bref, il faut construire l'Etat, et pour cela, forger la conscience et la culture de l’État.

Puisse la nouvelle équipe qui s'apprête à prendre les rênes du pouvoir, être inspirée par ces mises en garde de  Spinoza:

"Le meilleur État est celui où les hommes vivent dans la concorde et où la législation nationale est protégée contre toute atteinte...La nation se trouve donc en faute quand elle accomplit ou tolère des actes susceptibles d'entraîner sa propre perte."

Et le caractère laïque de l'État devra être affirmé sans ambiguïté,car facteur de paix sociale.

 

Quant à l’aspect diplomatique, il va sans dire que le Mali est désormais, et sans doute pour longtemps, un pays sous tutelle. Il appartient à l’équipe dirigeante nouvelle de lui faire recouvrer sa pleine souveraineté, afin que sa voix soit à nouveau audible et crédible. Cela ne va pas sans effort et sans discernement.

 

Si la France a consenti un important effort militaire, financier et diplomatique pour sauver le Mali d’une destruction certaine, elle ne supporterait pas de porter éternellement le poids d’un pays incapable de s’assumer, d’être condamnée à terme à un ingrat travail de Sisyphe. Ses capacités et sa volonté ont certainement leurs limites.

 

La crise malienne a été aussi révélatrice d’une grave carence de la solidarité africaine agissante, à savoir la solidarité en action, non dans les mots.


fleche 002Combien d’Etats sur le continent sont-ils venus spontanément au secours d’un pays voisin en danger de mort ?

fleche 002Quelle fut la contribution de la totalité des 54 Etats du continent ?

fleche 002Et l’Union africaine ? Quelle action, quel bilan ?

 

Or, si le Mali apparaît  -et à juste raison-  comme le principal bénéficiaire de l’aide de la France, au-delà de son seul territoire, c’est toute l’Afrique de l’Ouest, mieux, toute le continent qui en tire aussi profit ; car, après le Mali, c’est toute l’Afrique qui risquait à terme  de subir le même sort.


Cela ne peut-il servir de leçon ou tout au moins inspirer la réflexion pour plus de solidarité continentale ? Pour un véritable projet de solidarité et d’action pour l’avenir ?

 

gif anime puces 025Le Mali, seul maître d’œuvre de son avenir

 

En définitive, l’avenir du Mali sera ce que les Maliens en feront.


Même si la démocratie se nourrit tout d’abord de l’exemplarité de la conduite et de l’action des dirigeants, le colossal défi à relever ne peut être du ressort du seul président élu. C’est d’une œuvre collective qu’il doit s’agir, laquelle implique la responsabilité de tous les Maliens, pour un réveil des consciences et une réelle culture civique, qui incarne le sens de l'intérêt général et le respect du bien public. L’avenir du pays en dépend.

 

En tout état de cause, aujourd’hui comme demain, les fils du tissu malien ne seront tissés que par les Maliens eux-mêmes, et le remède du Mali sera le Mali.

008-copie-1.gif

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 07:33

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Entre dire et faire

ligne 1 025

 

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Navire sur l’Océan, l’outre-mer

 

gif anime puces 025Autres temps, autres propos

 

 

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Ecole primaire dans un village d’Afrique occidentale (1906)

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« Enfants, aimez la France votre nouvelle patrie »

 

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Tintin au Congo, Hergé (1931)

 

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« Si je leur dis d’aller à l’école nouvelle »

 

(En 1961, l'auteur sénégalais (et peul) Cheikh Hamidou Kane retrace les dilemmes posés aux siens par l'irruption brutale de la civilisation occidentale dans son livre L'Aventure ambiguë.)


« — Si je leur dis d'aller à l'école nouvelle, ils iront en masse. Ils y apprendront toutes les façons de lier le bois au bois que nous ne savons pas. Mais, apprenant, ils oublieront aussi. Ce qu’ils apprendront vaut-il ce qu’ils oublieront? Je voulais vous demander : peut-on apprendre ceci sans oublier cela, et ce qu'on apprend vaut-il ce qu’on oublie ?


« — Au foyer, ce que nous apprenons aux enfants, c’est Dieu. Ce qu’ils oublient, c'est eux-mêmes, c'est leur corps et cette propension à la rêverie futile, qui durcit avec l'âge et étouffe l'esprit. Ainsi ce qu’ils apprennent vaut infiniment mieux que ce qu'ils oublient.


« — Si je ne dis pas aux Diallobé d'aller à l'école nouvelle, ils n'iront pas. Leurs demeures tomberont en ruine, leurs enfants mourront ou seront réduits en esclavage. La misère s'installera chez eux et leurs cœurs seront pleins de ressentiments...


« — La misère est, ici-bas, le principal ennemi de Dieu.


« — Cependant, maître, si je vous comprends bien, la misère est aussi absence de poids. Comment donner aux Diallobé la connaissance des arts et l'usage des armes, la possession de la richesse et la santé du corps sans les alourdir en même temps ?


« — Donnez-leur le poids, mon frère. Sinon, j'affirme que bientôt il ne restera plus rien ni personne dans le pays. Les Diallobé comptent plus de morts que de naissances. Maître, vous-même, vos foyers s'éteindront. »

  (Cheikh Amidou Kane, écrivain sénégalais, L’aventure ambiguë, Julliard, 1961)

 

 

gif anime puces 025Autres temps, autres pratiques

 

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Travail forcé dans un champ de café au Cameroun (1931)

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 Le portage

 

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 07:55

 Lions-et-tigres-44

 

Le Temps des colonies en images et en chansons (2)

 

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Si la période de l’entre-deux-guerres est généralement présentée comme l’apogée de l’empire colonial français, ce n’est sans doute pas sans raison. L’exotisme envahit le quotidien des Français. Cela se voit aussi bien dans le domaine alimentaire que dans la littérature, le cinéma et les chansons.


Parmi les produits exotiques, la banane fait une entrée remarquée dans l’alimentation, tout au long des années trente : 8 000 tonnes consommées en 1930, 91 000 en 1939 !

 

La fiction coloniale : une nouveauté

 

La fiction s’empare aussi du thème de l’exotisme et contribue à diffuser le mythe colonial dans la culture ambiante. C’est l’apogée du roman colonial. Les frères Jean et Jérôme Tharaut  s’y illustrent : Le Passant d’Ethiopie, Marrakech ou les saveurs de l’Atlas, La Randonnée de Samba Diouf


Le thème favori, c’est incontestablement celui des amours entre hommes blancs et femmes indigènes, parfois l’inverse. Ainsi, André Demaison,  dans: La Femme et l’Homme nu, met en scène les amours entre un homme noir et une femme blanche…

 

Les colonies, tout particulièrement le continent africain, inspire également les cinéastes.


2doc2.jpg


Sur un total de 1350 films sortis dans les salles en France entre 1930 et 1940, l’histoire de 53 d’entre eux se déroule en Afrique noire et de 47 au Maghreb.


La chanson coloniale suit la même tendance.

 

Chansonniers de l’exotisme

 

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Saigon

 

Refrain

 

Saigon,

Dans un grand soleil d'or,

C'est le plus joli port

Dans le plus beau décor.

Saigon,

C'est l'escale d'amour

Où l'on vient quelques jours

Et l'on reste toujours.

Car les garçons savent si bien murmurer je t'aime

Et les mousmées ont dans leurs yeux bridés des poèmes.

Saigon,

Dans tes vertes maisons

Naît une floraison

D'amour et de chanson

 

I

 

Ying,

C'est un joli prénom chinois,

C'est aussi pour moi

Ying

Un beau souvenir parfumé,

Longtemps rêvé

Car dans un pouss'pouss' un soir d'été

Je lui ai volé un doux baiser

 

2e refrain

 

Saigon,

Dans un grand soleil d'or

C'est le plus joli port

Dans le plus beau décor.

Saigon,

Dans tes vertes maisons.

Naît une floraison

D'amour et de chansons.

Car les garçons savent si bien murmurer, je t'aime,

Et les mousmées ont dans leurs yeux bridés des poèmes.

Saigon,

C'est l'escale d'amour

Où l'on vient quelques jours

Et l'on reste toujours.

                                      Jean-Louis Marlotte, Ed. Paul Beuscher-Arpège

 

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Cependant, malgré cette vogue coloniale et exotique, nonobstant ces publications, films et chansons, les Français n’ont guère qu’une connaissance superficielle, voire nulle, sinon caricaturale des colonies et de la réalité de la vie de leurs habitants. L’explorateur et député, Gabriel Bonvalot, spécialiste des questions coloniales sous la IIIe République, en est conscient et le regrette.

 

Une connaissance déficiente


« Quant à la partie éclairée de notre nation, qui prétend avoir le souci de la chose publique, elle soupçonne à peine l’existence d’une question coloniale. De même que le reste de nos compatriotes, elle ignore presque tout ce qui concerne nos lointaines possessions, et, jusqu’à nouvel ordre, elle paraît se complaire dans son ignorance, écrit-il.

Les Français ne daignent pas lire les ouvrages où les questions coloniales sont abordées. Que l’auteur ait pris le ton sérieux ou la forme plaisante, on s’en détourne, et il prêche dans le désert. La presse semble s’appliquer à entretenir cette indifférence, car elle ne souffle un mot de ce qui se passe sur nos territoires d’outre-mer.

Ceux-ci représentent pourtant au moins 10 à 12 fois la superficie de la mère-patrie. »

 

Les films, les ouvrages et les chansons auraient pu effectivement constituer un outil incomparable de vulgarisation de la réalité de la vie dans les colonies. Il n’en fut rien. Ils semblent au contraire avoir contribué à créer et amplifier les stéréotypes et images déformées, les plus défavorables aux colonisés, particulièrement aux Noirs, ce qui ne sera pas sans effets sur les rapports futurs entre Français et colonisés (ou anciens colonisés).

 

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 07:44

001-copie-2Le Temps des colonies : en images et en chansons

 

Si la France n’a pas connu une émigration importante de ses ressortissants vers ses possessions d’outre-mer (Amérique, Asie, Afrique) comparée à l’Angleterre ou au Portugal, en revanche, les Français firent preuve d’une curiosité insatiable pour leurs lointaines colonies, entretenue par les récits de voyageurs, les publications variées : livres, articles, revues, surtout images et chansons.

 

D’une manière générale, si l’on en juge par les publications, le XIXe siècle occupe une place de choix en la matière. Ce n’est plus par centaines, mais par milliers qu’elles se comptent.

 

Les chansons occupent une place centrale dans l’évocation des colonies. Il existe bien à cet égard une riche anthologie de chansons dites coloniales ou exotiques, genre dans lequel se sont illustrés de nombreux chansonniers.

 

Le dernier tiers du XIXe siècle et la période de l’entre-deux-guerres sont des moments fastes de ces chansons qui parlent sans doute encore aujourd’hui au subconscient de nombre de Français.

 

L’apparition des images de plus en plus envahissantes dans les magazines, sur les affiches, les boîtes et paquets de produits alimentaires (café, chocolat…), sur des timbres aussi, participe de cet engouement pour l’exotisme facile.

 

La publicité s’en empare, et l’imaginaire colonial s’empare de l’esprit des Français.

 

 

Le clou ! L’exposition coloniale de Vincennes (1931)

 

Vincennes.jpg

 

L’exposition universelle de Vincennes fut un moment inégalé qui connut un succès phénoménal, le triomphe de l’idée coloniale : 8 millions de visiteurs ! Cet événement sans précédent dans l’histoire de la propagande coloniale eut pour effet immédiat le renforcement des images, stéréotypes, en activant l’imagination des Français pour « nos belles colonies », en même temps qu’il glorifiait l’action coloniale de la IIIe République. Pour les chansonniers, ce fut la gloire assurée, gloire qui couvrira toute la période d’après-guerre, pratiquement jusqu’à la fin des années 1950.

 

 

La belle romance d’un temps !

 

024

 

Les femmes autochtones, arabes, jaunes ou noires, les amours impossibles ou éphémères, constituent une autre source d’inspiration pour les chansonniers.

 

Le mâle blanc apprend vite à ses dépens, de même que la bien aimée colorée, le destin fugace de ces « passions exotiques ». Alors, le beau Français, généralement militaire, qui a séduit la jeune indigène, l’oublie vite en regagnant la métropole.

 

 

Zouzou de Tombouctou (1924)

 

Zouzou008.jpg

 

« Un jeune aviateur de Paris

Au Sahara dans les oasis fleuris

Soudain s'arrêta surpris

Une enfant au teint bronzé

Avait ses yeux noirs sur lui posés

La belle fille en le regardant

Sous le soleil du bled aux rayons ardents

Riait de ses blanches dents

Et puis elle fit un bond

Pour s'enfuir dans le désert profond

Pour elle cueillant une fleur

Quoi ! dit-il je te fais donc peur

 

Refrain

 

A Tombouctou

Sous les palmiers qui frissonnent

J' m'appell' Zouzou

Dit la jolie négrillonne

Comme français

Ell' ne savait la mignonne

Plus rien du tout

Sinon qu'ell' s'app'lait Zouzou.

 

II

 

Ils furent bientôt deux amis chers,

Errants jour et nuit par les sables déserts

Les yeux noirs dans les yeux clairs,

Et c'était d'un charme pur

Comme la douceur du grand azur.

Mais elle apprit qu'il allait partir !

Gravement il dut pour lui faire plaisir,

Accepter un souvenir,

Un pauvre et simple bijou

L'amulette qu'elle avait au cou.

 

Quoi... tu veux me porter bonheur

Dit-il... quel charmant petit cœur.

 

au refrain

 

III

 

Or, quelques mois après son retour,

Il avait oublié ce naïf amour,

Une lettre vint un jour,

Avec des débris de fleur

Dont il reconnaissait la couleur,

Elle disait que c'est cette fleur là,

Que vous avez cueillie au Sahara,

Qui toujours m'embaumera.

Ainsi que vous le voyez,

Pour apprendre j'ai bien travaillé

 

Alors maintenant que je sais,

Je puis vous écrire en français.

 

Refrain

 

A Tombouctou,

Sous les palmiers qui frissonnent

Je m'appelle Zouzou,

Que vous trouvez si mignonne.

A Tombouctou,

Sous les palmiers qui frissonnent Souvenez-vous,

De Zouzou qui meurt pour vous."

K. GAEL, Éd. Mario Cazès, Paris 

 

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 07:26

JEUNE PAKISTANAISE À L'HONNEUR À L'ONU

 

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Malala Yousafzai (ou Malala Yousufzai) est une militante des droits de la femme pakistanaise née le 12 juillet 1997 à Mingora, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa.


 

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Propos de Malala, jeune Pakistanaise (Les Talibans ont essayé de la tuer en lui tirant une balle dans la tête parce qu’elle affirmait : "les filles ont autant le droit d’aller à l’école que les garçons").


 

5.gif« Un enfant, un professeur,  un livre et un crayon peuvent changer le monde. »Papillons-35.gif

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 07:48

099-C

 

La voix du poète

 

etoile 042

 

Parle-nous de la Douleur?

Il répondit :

Votre douleur est cette fissure
de la coquille qui renferme votre entendement.

Et comme le noyau du fruit doit se briser
afin que le cœur puisse se tenir au soleil,

ainsi vous devez connaître la douleur.

Si votre cœur pouvait continuer
de s’émerveiller des miracles
quotidiens de votre vie,

votre douleur vous semblerait
aussi merveilleuse que votre joie
;

Et vous accepteriez
les saisons de votre cœur,

comme vous avez toujours accepté
les saisons qui traversent vos champs.

Et vous observeriez avec sérénité
les hivers de vos chagrins.

Une grande part de votre douleur
est choisie par vous-mêmes.

C’est la potion amère
avec laquelle le médecin en vous
guérit votre Moi malade.

Ayez confiance en ce médecin
et buvez donc sa potion
en paix et en silence.

Car sa main,
bien que rude et pesante,

est guidée par la tendre main
de l’Invisible.

Et la coupe qu’il vous tend,
bien qu’elle vous brûle les lèvres,

a été faite de cette argile
que le Potier a mouillée

de Ses larmes sacrées.


                         Khalil Gibran (1883-1931)

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 07:27

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  LIVRES PUBLIÉS


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bouton 007L’Afrique malade d’elle-même (Karthala, 1986).

 

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bouton 007L’Afrique et l’Aide ou Comment s’en sortir (L’Harmattan, 2002).

 
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bouton 007Appel à la Jeunesse africaine(L’Harmattan, 2001).

 

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 bouton 007France que fais-tu de ta République (L’Harmattan, 2004).

 

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 bouton 007Mutations et crise de l’Ecole publique. Le Professeur est mort, vive le prof (L’Harmattan, 2006).


eau 009


 

bouton 007L’Afrique expliquée. Réponses aux questions des Jeunes (Les Éditions Cultures Croisées, 2006).

 

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bouton 007La traite des Noirs et ses Acteurs africains(Éditions Berg International, 2008).

 

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bouton 007L’Immigration n’est pas une Histoire sans paroles (Les Oiseaux de Papier, 2008).

 

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 bouton 00750 ans après, l’Afrique (Arléa, 2011).

 

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 bouton 007Louis XIV et l’Afrique noire. (Arléa, 2013).  Prix Robert Cornevin 2013, Académie des Sciences d'Outre-Mer.

 

eau 009

 

 

 

 

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Ouvrages collectifs  

       
 

gif anime puces 042L’Afrique enseignée, Territoire(s), identité(s), culture(s), sous la direction de Nicole Lucas et Vincent   Marie, (Le Manuscrit, Recherche-Université), 2007.

 


 

gif anime puces 042Femmes et genre dans l’enseignement, sous la direction de Nicole Lucas et Vincent Marie, (Le Manuscrit, Recherche-Université), 2009.

 


 

gif anime puces 042Flux migratoires et globalisation dans Les migrations dans la classe : Altérité, Identités et Humanité, sous la direction de Nicole Lucas et Vincent Marie, (Le Manuscrit, Recherche-Université), 2009.

 

 

 

Traumatismes et histoire, sous la direction de Nicole Lucas et Vincent Marie, (Le Manuscrit, Recherche-Université), 2013. 

 

 

Arts et Histoires des esclavages, abécédaire raisonné des arts et de l'histoire des esclavages, sous la direction de Nicole Lucas et Vincent Marie,  (Le Manuscrit, Recherche-Université),2016.

 

Des héros aux acteurs. Essai sur une histoire incarnée, sous la direction de Nicole Lucas et Vincent Marie,  (Le Manuscrit, Recherche-Université),2017.

 

 

Arts et histoire des colonisations françaises et des indépendances. abécédaire raisonné. Sous la direction de Nicole Lucas, Vincent Marie et Gilles Ollivier, (Éditions Le Manuscrit, Paris, 2020).

 

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 07:29

 091-C

Après les missionnaires chrétiens, les chemins de l’islam en Afrique

 etoile 042


Les routes suivies par les religions importées sont le reflet des premiers contacts avec l’extérieur : l’islam par le Sahara, le christianisme par l’Atlantique.


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Islam en Afrique. Premières installations.

 

Comparant la progression du christianisme et de l’islam sur le continent, Louis Vignon, professeur à l’école coloniale (1919), tente d’expliquer l’avantage pris par l’islam sur le christianisme auprès des populations africaines. Voici ce qu’il écrit :


 

« Quels sont les « missionnaires » de la religion nouvelle ?


Les uns et les autres suivent, suivant les époques et les régions. Au XIe siècle, les Almoravides, des noirs convertis par eux ; plus tard et toujours, des personnages noirs agissant les uns par la force, les autres par persuasion, des Sarakolé et des Toucouleurs revenant de la Mecque, aussi des voyageurs et des marchands (notamment des colporteurs dioula).



Pourquoi ces succès ?


Parce que, d’abord, les missionnaires musulmans représentent l’attaque, et l’attaque contre une religion passive, imprécise dans ses contours [l’animisme], le plus souvent sans organisation ; puis, parce que ces hommes, -Maures, Touareg, Arabo-Berbères métissés du désert, Ouadaïens, Darfouriens, Toucouleurs, Haoussas…- des gens rudes et primitifs, portent aux Noirs fétichistes, de mentalité proche de la leur propre, une religion simplifiée, déformée par l’ignorance, prometteuse de félicités célestes toutes matérielles, tolérant une foule de pratiques fétichistes, très proche d’ailleurs, par certains côtés, des « lois naturelles » qu’ils suivent eux-mêmes.


Le fils de Dieu envoyé sur la terre pour y mourir en croix, percé au flanc comme un vaincu, comment cette belle fable de bonté pourrait-elle pénétrer la raison et le cœur des Noirs ? Que peuvent-ils entendre lorsqu’on leur raconte l’histoire de la Vierge, -une femme, -lorsqu’on leur enseigne le culte qui lui est rendu ? L’interdiction de la polygamie, l’obligation de libérer ses esclaves sont, d’autre part, des règles contraires à leurs goûts, leurs intérêts.

Comme la religion de Mahomet se présente, au contraire, simple et facile ! Le missionnaire drapé d’un burnous, roulant un chapelet dans ses doigts, souvent à tête vénérable, habile dans ses effets, n’aura pas négligé de raconter quelques merveilleuses histoires touchant le pèlerinage de la Mecque ou les miracles accomplis sur le tombeau du Prophète, avant de solliciter l’ace d’adhésion à l’islam. Celui-ci est aisé : on conduit le Noir à la mosquée, qui n’est souvent qu’un dessin de cailloutis sur le sable en forme de fer à cheval on le fait se tourner vers l’est pour prononcer l’acte de foi… « il n’y a de Dieu que Dieu ». Cela est tout ; les paroles surnaturelles dites, voilà le Noir devenu musulman. Désormais, il fera le salam cinq fois par jour ; rien cependant, ne lui apprendra qu’il est passé sous une nouvelle loi : il aura le droit de garder ses femmes et de continuer à les traiter en esclaves ; le droit, aussi, de conserver ses captifs ; il restera affilié à ses associations sociales ou religieuses, conservera ses fétiches, ses tabous, ses gris-gris et aussi sa foi dans les Esprits que craignaient ses pères. Nul changement dans sa vie. Pour le Dieu unique, sévère, grand dans son isolement, le comprendra-t-il ? […]


En résumé, toutes les croyances se mêlent dans sa tête, toutes les pratiques lui paraissent bonnes. Le Ouolof musulman de Saint-Louis du Sénégal convie à la bénédiction de sa maison le curé, le mofti [ou mufti = interprète autorisé de la loi musulmane] et le féticheur. Dans de nombreux villages convertis, l’imam est chargé de porter au caïman de la rivière ou à tel autre animal tabou, de la nourriture et des présents. Dieu est partout pour le Noir. Puis, en beaucoup de régions, il a embrassé l’islam par genre, par mode, pour faire comme le voisin, surtout pour revêtir le boubou. « Le boubou, a dit Binger [explorateur français du XIXe siècle], fait la moitié du musulman ».


Ainsi, le converti connaît et comprend mal sa religion ; il n’apprend pas toujours la langue du Prophète et conserve son dialecte. L’arabe ne sera pour lui qu’une langue liturgique comme chez nous le latin d’église pour les paysans. »


 

bouton 006Autres propagateurs et autres raisons du progrès de l’islam.


Une autre explication à la percée rapide de l’islam en terre africaine, sans être aussi philosophique ou ethnosociologique, pourrait également être avancée.


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Islam et christianisme en Afrique

 

Les États d’Afrique du Nord, de l’Égypte au Maghreb, ont fait partie des premiers pays islamisés dès le début des conquêtes arabo-musulmanes aux VIIe et VIIIe siècles. L’islam commença sa pénétration en Afrique noire à partir du VIIe siècle par deux entrées principales. Le commerce transsaharien qui suivait les routes des échanges entre les peuples au sud du Sahara et ceux d’Afrique du Nord fut l'un des principaux moyens d'islamisation. Ce commerce mit en relation directe les Africains avec les musulmans venus du Nord. Le progrès de l'islam parmi les populations noires s'explique par le fait que son adoption apparaissait alors comme un signe d'ascension sociale car les commerçants musulmans, ceux d'Afrique du Nord de passage ou installés parmi les Noirs bénéficiaient d'un grand prestige. Les premiers autochtones à se convertir à l'islam jouissaient du même prestige. En plus de leurs richesses, la maîtrise de la lecture et de l'écriture de l'arabe leur conférait une véritable aura dans la société. Ces marchands furent les principaux propagateurs de l'islam en Afrique de l'Ouest où la nouvelle religion progressa par étapes du VIIe au XVIIIe siècle.

 

Ainsi, du XIe au XIXe siècle, l’Afrique s’ouvre progressivement aux deux principales religions, islam et christianisme, qui grignotent peu à peu du terrain sur les croyances locales, sans éliminer totalement ni définitivement leur prégnance sur les esprits. Ce continent est ainsi le lieu de la coexistence des religions, celui du syncrétisme par excellence.

 


bouton 006La nouvelle donne


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Les sectes en Afrique (2010)

(Source : L’Atlas des religions)

 

Mais, il est une autre réalité religieuse en Afrique aujourd’hui : la fulgurante progression des sectes aux dépens et de l’islam classique et du christianisme classique, tout comme des croyances locales anciennes.

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 07:54

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 Comment franchir le mur des malentendus religieux ?


L’épisode de la rencontre des Français et des Africains sur les côtes d’Afrique au XVIIe siècle constitue un chapitre riche d’enseignement autant qu’un trésor de curiosités né du choc de cultures et de philosophies différentes.


Les missionnaires envoyés par Louis XIV, lequel avait pour ambition entre autres d’installer le catholicisme au cœur des populations africaines, se heurtèrent à bien des obstacles tout à fait inattendus.


Le Grand-Roi avait deux objectifs majeurs pour l’Afrique : le commerce et l’évangélisation des peuples. Pour le second, il envoya en Afrique plus de missionnaires que sous tous les règnes précédents. Mais pour l’accomplissement de leur mission, les religieux français se heurtèrent d’emblée à un obstacle de taille portant sur la notion même de Dieu. Comment faire adopter le Dieu unique à des populations qui professent l’animisme-fétichisme ?

 

Le mur des incompréhensions

 

Les rapports de ces missionnaires fourmillent de révélations sur les croyances africaines de la côte mais surtout d’exemples d’incompréhension entre les deux systèmes religieux, allant de l’étonnement au découragement, et finalement aux imprécations virulentes contre ces peuples « inaptes » à l’assimilation du message évangélique.

 

Un auteur anonyme, présentant la côte des Esclaves, rappelle les propos d'un dignitaire africain qui s'entretenait de Dieu et de la religion avec un missionnaire français :


« Combien de dieux ? demande l'Européen.

— Il serait difficile de les compter, leur nombre est presque infini répond l'autochtone qui ajoute : si quelqu'un parmi nous veut entreprendre quelque chose, il cherche d'abord un dieu dont la protection puisse le faire réussir ; il sort de chez lui dans cette idée ; le premier objet qu'il rencontre, soit un chien, un chat, ou quelque autre animal ou même un arbre, une pierre, lui paraît être venu sur son chemin exprès pour lui offrir ce qu'il cherche. Il lui fait des offrandes ; il promet de l'honorer et de l'adorer toute sa vie s'il lui donne le succès. Voilà pour lui un nouveau dieu ; s'il n'a point de succès,il l'abandonne. »


De quel Dieu pouvait-on leur parler ?

« Lorsqu'on leur parle du Paradis ou de l'Enfer, ils font de grands éclats de rire et s'en moquent, constate un missionnaire. Ils croient que leur âme est immortelle, que le monde durera aussi éternellement, et qu'après leur mort leur âme va en l'autre monde, qu'ils établissent au centre de la terre : que, là, elle anime un autre corps au ventre d'une femme, et que ceux de ce monde-là viennent en celui-ci en faire autant.

Ils croient que tout le bonheur et la félicité d'un homme consistent à être riche, heureux, puissant, servi et honoré ; ce qui fait que, quel que soit ce qu'ils boivent ou qu'ils mangent, ils en répandent toujours quelque peu par terre en marmonnant quelques paroles, disant qu'ils donnent à boire et à manger à leurs pères, mères et amis, qui, dans l'autre monde, leur en font autant et sont cause qu'ils ont de quoi vivre en celui-ci. »

 

Le dialogue apparaît dès lors sinon impossible, du moins singulièrement difficile. Les Français en conclurent que leur mission devenait sans objet, puisque laccord ne se faire sur aucune question

ni aspect conduisant à l’ouverture de l’interlocuteur à l’adoption de la foi chrétienne :« Ils n'ont proprement aucune religion, car, pour la vénération qu'ils ont pour leurs fétiches, elle doit être appelée superstition puisqu'il n'y a point de religion sans culte, et qu'il est certain que ces peuples n'en ont aucun : les temples, les prières et les sacrifices leur sont inconnus, ainsi que tous les sentiments que l'on a pour les divinités. »


Et les missionnaires de passer alors en revue la liste impressionnante des différentes raisons qui rendent ces populations inaccessibles au message du Christ, parmi lesquelles, celle-ci.

« Ce qui rend la conversion de ces peuples difficile, c'est la croyance à la métempsycose, qu'ils admettent tout au long, n'espérant rien d'éternel, ce qui les rend négligents pour apprendre la vérité du salut, et ils ne s'appliquent qu'à l'acquisition des biens et des plaisirs de ce monde, et à s'en procurer une longue jouissance. »

 

S’ensuit une série de condamnations, voire d’imprécations ou de jugements sans nuances.


Ainsi, au total, l’action des missionnaires français se heurta à un mur, pour eux infranchissable, contre lequel se brisa le rêve d’évangélisation du Roi-Soleil.

 

Colonisation-évangélisation : divergence et connivence ?

 

Néanmoins, cet échec, si incontestable soit-il, ne fut pas vain. Les missionnaires français de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, encore plus nombreux et plus déterminés, plus au service de la Foi que du roi, surent en tirer les leçons. L’évangélisation des Africains, pour eux, fut abordée et menée par d’autres voies, de nature à entraîner l’adhésion libre des populations concernées. Avaient-ils le choix ? Plusieurs raisons justifiaient cette nouvelle méthode. Le plus important étant sans doute le contexte politique différent en France, lui-même débouchant sur un contexte religieux également différent.


D’une part, on était alors loin de la France catholique de Louis XIV, et, d’autre part, l’anticléricalisme de la IIIe République (fin XIXe, début XXe siècle) avait traversé bien des esprits, y compris parmi les gouvernants. Par conséquent, les missionnaires français en Afrique n’étaient plus les alliés naturels du pouvoir, ni en France ni en Afrique, car surveillés, épiés dans leurs faits et gestes, dans leurs  actions, par l’administration coloniale, comme le laisse supposer ces propos de Louis Vignon, professeur à l’école coloniale de Paris au tout début du XXe siècle , et théoricien de la colonisation française:

« Ce serait pire que folie de travailler à provoquer chez les fétichistes, les musulmans… une évolution pareille à celle constatée chez nous. Les uns et les autres sont à « l’âge des religions » ; chez tous, sous des formes, des apparences diverses, règne l’esprit de la « cité antique ». Il n’y aurait plus de place dans les sociétés indigènes pour qui prétendrait s’affranchir des rites, des symboles et des dieux. N’est-ce point d’ailleurs sur le terrain religieux qu’un vainqueur risque surtout de heurter l’âme des foules ? […] Combien il est heureux, à ce point de vue, que la France, moins religieuse qu’autrefois, ne songe point, comme au XVIIe siècle, à imposer le catholicisme à ses sujets d’outre-mer. »


Le professeur, formateur des futurs administrateurs coloniaux, précise à l’égard des religieux français :

« Dès lors, la politique à suivre en matière de religion se résumera en trois termes : respecter les croyances, conserver entre elles une neutralité au moins apparente, n’autoriser la propagande des missions chrétiennes que dans la mesure où elle est possible sans mécontenter les indigènes… Enfin, s’il est possible, avec discrétion, obtenir des personnages religieux qu’ils servent notre domination. »

 

Le ton avait donc bien changé du côté du pouvoir politique, et du pouvoir pontifical également. Le dernier tiers du XIXe siècle constitue à cet égard un véritable tournant.

 

Le missionnaire nouveau

 

La hiérarchie catholique avait désormais ses règles en matière d’évangélisation des populations d’Afrique, formulées en quelques principes précis. Le 1er c’est « respecter les usages du pays tant qu’ils ne sont pas en opposition formelle avec la doctrine catholique ».


Cette consigne résultait de la doctrine enseignée par les papes depuis Léon XIII, elle-même basée sur cinq idées forces parmi lesquelles :


fleche 026La condamnation de toute attitude raciste, notamment celle qui jugerait les indigènes incapables d’accéder au sacerdoce.


fleche 026La promotion de la justice sociale et le respect de la dignité humaine dans les personnes comme dans les cultures…

 

Curieusement, au même moment, un discours quasi identique était aussi tenu par la hiérarchie coloniale, c’est-à-dire le Ministère des Colonies, comme rapporté par Jules Brévié (gouverneur général de l’AOF) :

« La mission assignée aux administrateurs coloniaux était d’être généreux et humains, guides éclairés des populations et leur faire oublier la violence de la conquête ; imposer la paix, respecter les croyances et les mœurs, instituer la liberté… »

 

Que ces prescriptions soient suivies ou non, à la lettre, sur le terrain, est une autre question.


Les missionnaires en Afrique se montrèrent à cet égard d’un pragmatisme en rapport avec les objectifs à atteindre : l’adhésion libre des populations à la foi catholique, ce qui passait par un certain nombre d’actions concrètes et utiles pour ces populations parmi lesquelles :


fleche 026L’apprentissage obligé des langues locales pour les missionnaires

 

fleche 026La création de centres de soins gratuits pour les populations converties et non converties.

 

fleche 026L’ouverture d’écoles pour éduquer et former.


fleche 026Construction de centres d’apprentissage et de formation aux métiers manuels.


fleche 026L’ouverture d’orphelinats.

 

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Création de foyers sociaux, notamment de jeunes filles, où l’on apprend la couture, la cuisine, le rôle de future épouse et de future maîtresse de maison…

 

Le résultat fut autrement plus important que l’action de leurs devanciers, contemporains de Louis XIV, principalement parmi les populations non encore pénétrées par l’islam.

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 07:54

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D’une monnaie à l’autre : une mutation aux conséquences multiples

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Le cauri est une variété de coquillages provenant essentiellement des Maldives et couramment utilisée comme monnaie en Asie (Chine principalement) vers le XIIIe siècle. Cependant, la principale zone de circulation des cauris se trouve en Afrique tropicale du fait des relations commerciales et des échanges à travers le continent. Ils y auraient été introduits par les Arabes, d’abord sur les côtes orientales ; leur valeur devait croître à mesure que l’on s’éloignait des régions côtières.


Avant la colonisation de la fin du XIXe siècle, les Européens s’intéressaient eux aussi à ce commerce qui consistait à approvisionner tout le continent en cauris. Les Hollandais en tirèrent de gros profits, particulièrement du XVIIe au milieu du XIXe siècle.


En Afrique, sur le plan symbolique, les cauris sont fréquemment mis en relation avec le principe féminin, d’où leur utilisation souvent dans de nombreux rites liés à la fécondité ou à la magie défensive.


Mais, c’est sa fonction de moyen d’échange qui sera remise en cause par les colonisateurs européens, entre 1890 et 1900 environ.

 

Bannie du commerce, une monnaie chasse l’autre

 

D’abord concurrentes de la monnaie locale, les nouvelles monnaies européennes finiront par s’imposer avant l’élimination de la première par la loi, de toute transaction commerciale. A l’orée du XXe siècle, une fois les territoires coloniaux délimités, l’usage des cauris apparut comme une entrave à la domination effective et à une exploitation rationnelle des ressources, et l’entêtement des populations à continuer d’utiliser les cauris, comme un acte de résistance ou de rébellion. La loi finit donc par s’imposer.

 

Des fonctions multiples


Mais les cauris, pour les autochtones, étaient bien plus qu’un instrument d’échange commercial. Son usage dans bien d’autres domaines, était fortement et durablement ancré dans les mœurs et les usages.

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Élément essentiel d’une multitude de cérémonies occultes, les cauris étaient aussi incontournables pour la confection de costumes de danse ou la décoration de masques rituels que dans la divination (géomancie).

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Pour certaines catégories sociales, les féticheurs et autres sorciers, les cauris étaient le support essentiel et incontournable pour leurs activités., tout comme pour ceux qui professaient la géomancie.

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  Sous les doigts des devins, les cauris "parlent"

 

Tous ces usages avaient par conséquent profondément imprégné les mœurs africaines, tout particulièrement dans les régions animistes.

 

Une acculturation difficile. Des fortunes diverses


Pour Jean Devisse,

« Les incidences de l’utilisation monétaire des cauris sur les conditions et modalités d’échange seront d’autant plus considérables que ces coquillages ont apporté aux Africains une monnaie qui a deux avantages : celui d’abord de servir aux transactions de faible valeur en tant que monnaie divisionnaire ; cet aspect est capital dans une Afrique dont le niveau de vie était si bas que l’on a parlé, à tort d’ailleurs, d’économie d’autosuffisance. Les cauris apparaissent donc comme la monnaie de toutes les couches sociales, même les plus déshéritées, d’où l’ampleur de leurs assises sociales et leur grande popularité. Mais, ils serviront aussi à l’acquisition des biens d’une grande valeur, d’où leur caractère polyvalent. Ils interviendront sous bien d’autres aspects dans l’économie africaine. » (Les cauris en Afrique occidentale, sous la direction de Jean Devisse, Paris 1).

 

Le bannissement des cauris des échanges dans toutes les colonies européennes d’Afrique (portugaises, britanniques, françaises…) au nom des impératifs politiques et économiques provoqua un véritable traumatisme à la fois économique, social, culturel et psychologique, traumatisme d’autant plus profond que l’exigence du paiement de l’impôt, des taxes et amendes en monnaie européenne désormais  suivait la loi d’interdiction.

 

Économie ?


La première incidence fut une perte brutale, selon les lieux, de toute aptitude à compter et calculer dans la nouvelle monnaie, alors que l’habileté des marchands et marchandes à compter et manier les cauris était soulignée par de nombreux voyageurs européens sur les côtes d’Afrique. Charles Monteil notait ainsi au début du XXe siècle :

« C’est avec une dextérité remarquable que le compteur expérimenté dénombre les cauris. »


L’explorateur Soleillet affirme avoir vu sur un marché du golfe de Guinée, deux femmes en compter « 130 000 en moins d’une heure, soit 6500 en trois minutes. » Pour eux, le comptage des cauris n’exigeait pas le même effort mental que celui des monnaies européennes étrangères à leurs habitudes. Certains n’assimileront jamais le comptage dans ces nouvelles monnaies.


Sans doute une des raisons du déclassement social rapide dont certaines grosses fortunes de naguère furent victimes, qui, non seulement perdirent au change, mais également leur prestige social. En effet —autre cause de ce déclassement— certains riches marchands, par méfiance ou par conservatisme (sans doute aussi par résistance à l’ordre nouveau) refusèrent obstinément de céder leurs cauris lors des opérations de change organisées par l’Administration coloniale. Mais il convient de préciser également que « ces dernières se firent généralement au détriment des autochtones détenteurs de monnaie locale, la parité n’ayant nulle part été respectée. La situation était singulièrement plus grave dans les régions où les cauris ont tout simplement été saisis et brûlés, sans compensation ni dédommagement. » (Félix Abiola Iroko, université du Bénin) 

 

Des victimes ne s’en relevèrent jamais économiquement. « Des hommes dont toute la fortune et le prestige provenaient d’une accumulation de cauris perdirent en quelques mois des richesses patiemment édifiées au cours de toute une vie… » D’où une paupérisation généralisée.


Tout comme les commerçants, des artisans fortunés furent aussi victimes du changement de monnaie. Parmi eux, beaucoup s’étaient spécialisés dans la fabrication de vases ou jarres spécifiquement conçues pour le transport et la conservation des cauris. Ainsi la démonétisation de ceux-ci s’accompagna de la disparition de la quasi-totalité des unités de mesure qui servaient en même temps de contenants de ces coquillages ; c’était des sacs en fibres végétales ou des vases en terre cuite. Ces mesures étaient devenues désormais obsolètes, car sans utilité pour les nouvelles monnaies, moins encombrantes et dont les normes d’évaluation étaient différentes.


Les artisans producteurs de jarres ou vases de cauris étaient aussi spécialisés dans leur enfouissement dans le sol, ce qui permettait à ces « trésors » de résister à toutes sortes d’intempéries.


Enfin, une autre conséquence de l’interdiction des cauris dans le commerce fut le regain de dynamisme des échanges par troc qui, du reste, n’avait jamais cessé.

 

Si la suppression de l’usage des cauris comme moyen d’échange favorisa l’harmonisation de la gestion administrative et économique des colonies ainsi que l’intégration (l’acculturation ?) des peuples africains dans « l’ordre monétaire européen », elle fut aussi un réel facteur de désorganisation sociale durable.


Cependant, il convient d’apporter quelques nuances dans ce phénomène complexe.

 

Des disparités de situations


L’impact de ladémonétisation des cauris fut inégal sur l’ensemble du continent ; des disparités justifiées par de multiples facteurs : géographiques, économiques, culturels… sont à prendre en compte.

Le Sénégal et la Gambie, par exemple, qui connurent une implantation européenne ancienne, adoptèrent plus facilement la nouvelle monnaie, laquelle avait déjà cours dans ces régions avant le début du XIXe siècle.


D’autre part, si entre Africains les monnaies utilisées étaient les monnaies locales traditionnelles dont les cauris, en divers lieux, les Européens installés de longue date, avant la colonisation, sur la côte africaine, utilisaient également ces monnaies.


Les effets de l’interdiction des coquillages dans le commerce furent ainsi loin d’être uniformes sur toute l’étendue du continent. Le choc fut beaucoup moins rude pour un certain nombre de régions comme la Mauritanie où les cauris n’ont joué qu’un rôle mineur dans les échanges ou chez les Agni de Côte d’Ivoire chez qui la monnaie par excellence  était la poudre d’or. Mais c’est loin d’être le cas pour bien d’autres peuples comme les Lobi de l’actuel Burkina Faso, ou les Nupe du Nigeria…

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