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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 16:19



        DES CLANDESTINS TRAQUES ET   DEPOUILLES


             Il est un aspect de l'immigration clandestine peu évoqué mais qui mériterait sans doute plus d'attention : le monde des réseaux et passeurs.
           Une nouvelle "industrie" est ainsi née, florissante et prospère, qui se nourrit du désespoir des déshérités africains et dont profitent de véritables mafieux, capables de tout. Ils exploitent ceux qui pensent que le désert est le meilleur chemin pour gagner l'Europe. La traversée du Mali, de l'Algérie ou du Niger par le Nord, s'apparente à une véritable odyssée infernale.
            Un jeune Malien, parmi un groupe de 32 personnes, pris au piège du désert raconte :

                Entassés à 32 dans un camion de fortune, nous avons roulé plusieurs nuits  - car on ne peut rouler le jour -  pour éviter de nous faire repérer. Malgré tout, nous avons été arrêtés et dépouillés par les policiers algériens. Nous avions des papiers de réfugiés, mais ils ont déclaré qu'ils avaient expiré. De toute façon, que vous soyez en règle ou non, ils arrêtent et refoulent tous les Noirs.
             De plus nos transporteurs, sous prétexte d'aller chercher des provisions et du carburant, sont partis avec nos bagages, nous abandonnant en plein désert, sous un soleil accablant, sans nourriture. Puis les policiers algériens nous ont pris tout ce qui nous restait d'argent avant de nous ramener à Tin Zaouatène, à la frontière du Mali, où nous avons été emprisonnés.


        La revue Afrique Magazine, août-septembre 2007, relate des cas similaires prouvant que cette pratique est courante  dont cet exemple :

               A Kidal (extrême nord du Mali), un religieux, le Père Anselme, apporte un concours précieux à tous ces déshérités abandonnés dans le désert et qui n'ont plus les moyens d'assurer leur repli sur la ville malienne de Gao (principale ville et unique noeud de transport au nord du Mali), en vue de leur retour dans leur foyer, qu'ils soient du Mali, du Tchad, du Ghana, du Cameroun ... Le groupe embarqué dans le véhicule du religieux est arrêté à un barrage par des policiers maliens qui leur demandent leurs papiers. Les candidats au voyage déboutés décrivent leurs conditions et relatent les exactions dont ils ont été l'objet de la part des policiers algériens. Rien n'y fait. Les policiers se montrent inflexibles. Ils veulent de l'argent et finissent par les dépouiller des quelques pièces qui leur restaient sous le regard ébahi du religieux qui assiste impuissant à la scène et finit par oser cette rélexion : "Ces gens n'arrêtent pas de traiter les Algériens de racistes pour ce qu'ils font subir aux Noirs, et eux, policiers noirs, n'hésitent pas à faire les poches de leurs propres frères qui sortent de l'enfer."

(A suivre)



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