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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 13:05

               

                LES JEUNES AFRICAINS ONT-ILS DROIT  A L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ?

              Il ne s'agit pas ici des programmes de l'enseignement dans les colonies frainçaises ni de la finalité d'un tel enseignement (sujet passionnant mais très vaste sur lequel on peut revevir ultérieurement) mais de quelques acteurs de l'école coloniale et de l'éternelle question "fallait-il ouvrir l'enseignement supérieur aux Africains ?"
              Sur les principaux acteurs de l'école coloniale, nous empruntons ce qui suit à Jean Suret-Canale :

               La plupart des instituteurs européens (dans les années 20-30), il faut le dire, partageaient les conceptions coloniales de leur milieu ; celles-ci se trouvaient occasionnellement renforcées par les conditions de vie et de travail. Ainsi en Afrique Occidentale Française, jusqu'à 1946 et en Afrique Equatoriale Française jusqu'à une époque plus tardive, la plupart des instituteurs exerçant en brousse occupaient les fonctions de "chef de secteur scolaire", dirigeant l'école régionale, inspectant les écoles de villages du secteur et à ce titre déchargés de classe. Ils tendaient ainsi à devenir de petits chefs administratifs, plus préoccupés de chasses et de réceptions que de problèmes scolaires. [...]


               Mais ce tableau doit être nécessairement nuancé et Suret-Canale n'y manque pas dans la suite de son propos :

                Il y avait aussi des instituteurs métropolitains dont la compétence professionnelle ne pouvait être mise en doute et ayant l'amour du métier ... Même marqués par l'empreinte coloniale ils ne pouvaient, de par leurs origines et leurs fonctions, partager intégralement les conceptions régnant en milieu administratif (dans les colonies) ;
ils croyaient à la "mission civilisatrice" de la France ; ils croyaient à leur tâche d'éducateurs chargés de former des "Français Africains", et ces vues, en dépit de leurs aspects paternalistes, les conduisaient souvent à aller dans leur enseignement au-delà des limites fixées par la prudence coloniale.
                
                 Quant à
Albert Sarraut, Ministre des Colonies et Président du Conseil, il fixa les règles auxquelles s'en tenir en matière d'enseignement supérieur dans les colonies. Il fit valoir d'emblée la nécessité absolue d'écarter les autochtones de l'enseignement supérieur arguant ainsi :

                  
Les hautes spéculations sont un vin capiteux qui tourne facilement les têtes. Certains tempéraments n'offrent aucune résistance aux excitants ... L'enseignement supérieur suppose, avec une hérédité préparatoire, un équilibre des facultés réceptives, un jugement dont seule une faible minorité de nos sujets et protégés sont encore capables1 ...

                  Heureusement pour les Africains, la fin de la 2e Guerre mondiale ouvrit une nouvelle période et une nouvelle vision de l'enseignement dans les colonies d'outre-mer.


1. A. Sarraut, Grandeur et Servitude des colonies, Paris 1931. 





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