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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 16:21

            

               QUE FALLAIT-IL ENSEIGNER DANS LES COLONIES ?

                Dans les années 1920-1930, un débat agita les milieux intellectuels aussi bien en métropole que dans les colonies. Il s'agissait de savoir notamment s'il fallait ou non ouvrir l'enseignement supérieur aux sujets coloniaux. On s'avisa d'abord de faire venir à l'Ecole Normale d'instituteurs d'Aix-en-Provence de jeunes "maîtres" sortis de l'Ecole Normale William Ponty (de Gorée, au Sénégal, à l'époque). La suite nous est révélée par Jean Suret-Canale :

              
Ces normaliens, âgés de 25 ans et plus, y furent isolés des normaliens français, soumis à une surveillance tracassière, allant jusqu'au contrôle des lectures et à la censure des correspondances. Deux furent licenciés en 1923 par le gouverneur des colonies, Carde, pour "mauvaises notes", un troisième en 1924 sur dénonciation du directeur de l'Ecole Normale comme "sourdement hostile à l'administration française".

              L'expérience fut brutalement interromprue mais le débat ne fut pas clos.

              
En 1927, l'instituteur, Dupont, alors directeur de l'Ecole Normale W. Ponty, obtint un arrêté créant en AOF (Afrique Occidentale Française), les examens du brevet élémentaire et du brevet supérieur, sur les mêmes bases qu'en France, et rattachant l'AOF à l'académie de Bordeaux. Ainsi les instituteurs africains auraient été conduits à préparer et à obtenir les mêmes diplômes que leurs collègues français. Cette décision souleva un tollé des milieux coloniaux, et tout spécialement de certains instituteurs européens estimant inadmissible que les futurs instituteurs africains puissent avoir les mêmes titres qu'eux, voire pour certains des titres supérieurs et prétendre ainsi à l'égalité de situation et de traitement.

                
Dupont rappelé en France, l'arrêté ne fut jamais appliqué et il fut désormais décrété que les petites têtes africaines n'étaient guère faites pour l'enseignement supérieur.
                (Mais cette vision sera vite démentie par l'histoire et les faits comme nous le verrons prochainement.)


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commentaires

D
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