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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 15:00

FAMINE EN AFRIQUE : LE COUPABLE ?

          L'Afrique ne s'en sortira jamais si elle n'inclut pas dans sa culture la vertu de la rétrospection et de la responsabilité. Ainsi, l'Afrique n'est responsable de rien : ni de sa misère, ni de ses difficultés économiques, voire politiques.
          Pour une fois cependant, s'agissant de la pénurie alimentaire dans ce continent, les responsabilités ne sont pas qu'africaines. Elles se situent à plusieurs niveaux dont suivent les principaux :
          - Niveau international. Les organisations financières internationales : FMI et Banque mondiale qui ont imposé aux Etats africains dès la fin des années 70 l'intensification de la pratique des cultures d'exportion afin d'honorer les dettes dont ils étaient redevables vis-à-vis des pays industrialsés, bailleurs de fonds, au détriment des cultures vivrières.
          - Les pays industrialisés eux-mêmes, Etats-Unis en tête, mais aussi Union européenne, qui subventionnent massivement leurs agriculteurs et excluent de ce fait les producteurs africains de la compétition internationale, confisquant à leur seul profit les avantages de la mondialisation. Ce qui entraîne l'inondation des marchés africains de produits importés à bas prix qui ruinent un peu plus les produits locaux et ôtent aux paysans africains le goût et la capacité de produire.
          - Tout de même. La responsabilité des dirigeants africains aussi qui ont fait preuve de cécité politique coupable ainsi que d'un manque de courage évident. 
     
          Si, à quelque chose malheur est bon, il faut espérer que deux leçons salutaires soient tirées des difficultés alimentaires actuelles par les Africains.
          1. Puisse cette crise réconcilier les Africains avec les produits locaux et leur en rendre le goût, en activant en eux créativité et inventivité.
          2. La conviction, pour les dirigeants surtout, qu'il ne saurait jamais y avoir de développement, pas plus en Afrique que nulle part ailleure au monde, sans progrès de l'agriculture, c'est-à-dire de la production nécessaire à l'alimentation correcte des populations.
          - Car des paysans anémiés ne peuvent produire pour se nourrir et nourrir leur pays.
          - Car des mères anémiées ne peuvent produire un lait de qualité pour la structuration et la consolidation physique et intellectuelle de leurs bébés.
         - Car des écoliers affamés ne peuvent assimiler dans les meilleures conditions les enseignements et apprentis-sages qui leur sont dispensés.

          Enfin, puissent les dirigeants africains s'inspirer de cette universelle leçon : c'est l'agriculture qui produit l'industrie. C'est lorsque les paysans produisent suffisamment pour se nourrir et dégager un surplus commercialisable que l'industrie se crée et s'épanouit.
          Partout, en Grande-Bretagne notamment, comme en France ou ailleurs, c'est ce processus qui mena à l'industrialisation. A cet égard, les premières industries dans ces pays, furent des industries agroalimentaires.

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