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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 17:13

           

     

  Françafrique, panne d'Afrique ?


           Une nébuleuse opaque recouverte du manteau de la coopération.
           Qui coopère ? Avec qui ? Pourquoi et pour qui ?


          Pour avoir reconnu, avec lucidité et courage, ce qu'il nomme "le déficit de bonne gouvernancedans certains pays africains", le secrétaire d'Etat à la Coopération, M. Jean-Marie Bockel, vient d'être muté d'office au Secrétariat d'Etat aux Anciens Combattants, pour satisfaire certains chefs d'Etat africains qui avaient réagi avec véhémence auprès du gouvernement français, à cette "ingérence" inadmissible dans les "affaires africaines".
          En effet, de quoi se mêle-t-il ?
          Car la Françafrique, ce n'est ni la France, ni l'Afrique. C'est tout autre chose. Une construction atypique, une nébuleuse de réseaux occultes, de liens personnels, tissés au cours de décennies entre chefs d'Etat, dignitaires et oligarques africains et français, cercle fermé, verrouillé qui ne s'ouvre pas à qui veut.
          Qu'on est loin de l'esprit du discours de La Baule de 1990 !
          La Françafrique reste la Françafrique, parce que l'esprit et les pratiques qui l'ont fondée et qui la fécondent demeurent.
          Avant M. Bockel, il y eut M. Jean-Pierre Cot, ministre de la Coopération du président Mitterrand, autre victime expiatoire de la Françafrique, désavoué, et brutalement remercié, pour ses prises de position sur le caractère opaque et peu constructif de ces réseaux "françafriquins".
          Or, de tous les ministres français de la coopération, depuis le général de Gaulle et depuis qu'existe un ministère de la coopération en France, M. Jean-Pierre Cot est celui qui avait la vision la plus éclairée, la plus juste, sans doute la plus constructive des rapports entre la France et l'Afrique en général et de la coopération entre les deux pays en particulier. C'est celui qui avait le verbe vrai, en aucune façon entaché par quelque compromission que ce soit. Peut-être avait-il trop à coeur d'aider réellement l'Afrique, en lui permettant de tirer le meilleur profit possible de la coopération qui la liait à la France. Ce ministre, mieux que personne, avait perçu et diagnostiqué quelques unes des plaies chroniques qui rongent et étouffent l'Afrique depuis si longtemps. Il avait manifesté publiquement la nécessité d'y porter remède et voulait pour cela, placer l'homme au centre de la politique d'aide au développement, estimant que prétendre développer un Etat sans poser comme préalable à la réalisation de cet objectif, la libération des corps et des esprits, n'était que coupable hypocrisie.
            Or, précisément, certains parmi ces chefs d'Etat qui ont le plus vivement protesté contre cette  "ingérence" du ministre français dans les affaires africaines, sont la honte de l'Afrique et un obstacle à son progrès.        
          Après son éviction, désabusé, il confesse : "Je considérais le combat pour les droits de l'homme comme une composante de la politique étrangère française. Encore fallait-il lui donner un contenu : les déclarations de principe, les démarches individuelles, ne suffisaient pas à mes yeux. J'étais en particulier choqué par le discours dominant : n'en parlons pas et agissons discrètement." Discours qui justifie hier comme aujourd'hui, toutes les inerties. Celles qui caractérisent la Françafrique qui, en 2008 comme en 1990, jouit d'une constance inentamée.
          En Afrique, déni des droits de l'homme et de justice, se conjugue le plus souvent avec corruption, népotisme ou incompétence. Si la France se porte caution d'une telle réalité, la Françafrique restera ce qu'elle est.
          Alors
          Vive la Fançafrique
          Pour que périsse l'Afrique !

                 

 

 

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