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14 février 2022 1 14 /02 /février /2022 13:40

 

GUSTAVE GAUTHEROT, UN ANTIBOLCHÉVIQUE RÉSOLU

Un rempart contre l’expansion du bolchévisme en Europe ?

 

Gustave Gautherot (1880-1948)

 

> Seul dans la tempête Rouge ?

Fort d’une impressionnante documentation glanée dans la presse mondiale, Gustave Gautherot (1880-1948), professeur d’histoire, docteur ès lettres, fut un combattant acharné du communisme et de l’Internationale contre lesquels il lutta tel un Don Quichotte français se battant contre les moulins à vent dans un désert aride.

Toute sa vie, il lutta avec le même zèle contre l’expansion du communisme bolchévique en France, en Europe, mais aussi en Amérique, en Afrique, en Asie où il étudia avec minutie les conquêtes et les avancées du communisme dans toutes ces régions du globe.

Il étudia avec soin les méthodes d'organisation du bolchévisme pour infiltrer les associations, les syndicats de même que leurs responsables.

Selon lui, les Bolchéviques possédaient l’art le plus raffiné pour infiltrer les responsables syndicaux notamment dans les colonies européennes d’Afrique, d’Asie…

 

Document extrait du livre
Le bolchévisme aux colonies et l’impérialisme rouge,
Gustave Gautherot

 

> Un véritable érudit, scientifique et politique

Gustave Gautherot laisse une œuvre importante par sa diversité, avec sans doute une préférence pour la politique et la société.

Parmi cette œuvre foisonnante :

  • Les relations franco-helvétiques de 1789 à 1792.
  • La Révolution française dans l’ancien évêché de Bâle.
  • L’Assemblée constituante : le philosophisme révolutionnaire en action.
  • La Démocratie révolutionnaire. De la Constituante à la Convention.
  • L’agonie de Marie-Antoinette.
  • Le Monde communiste

 

Enfin un dernier ouvrage mais non  le moins lu, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale

  • Derrière le rideau de fer, la vague rouge déferle sur l’Europe (1946)

 

 

Élu sénateur de la Loire Inférieure en 1932, puis 1933, l’infatigable baroudeur anti-communiste a rendu l’âme le 24 avril 1948 à Paris, couvert de distinctions et de titres honorifiques :

  • Croix de guerre
  • Chevalier de la Légion d’Honneur

Et de multiples prix littéraires.

 

 

Ce texte est extrait de « le Bolchévisme aux colonies et l’impérialisme rouge » de Gustave Gautherot, publié en 1930.

L’intérêt de ce texte réside — selon certains spécialistes — dans le fait qu’il apparaît non comme une attaque frontale du système soviétique mais comme un moyen de dénoncer les méthodes utilisées par ce régime, consistant à affaiblir les puissances européennes en les attaquant dans leurs possessions coloniales : en Afrique, en Amérique, en Asie…

 

« Le gouvernement Soviétique, étroitement lié à la Troisième Internationale, a déclaré au monde une guerre sans merci. Il s’agit d’abattre la civilisation moderne, d’en éteindre le rayonnement et de lui opposer un impérialisme que le programme officiel de l’Internationale Communiste annonce en ces termes :

"En se groupant politiquement autour des centres de la dictature prolétarienne, les Soviets paysans des anciennes colonies arriérées et les Soviets ouvriers et paysans des anciennes colonies d’un type plus développé seront intégrés dans le système général de la Fédération toujours croissante des Républiques Soviétiques, et par là-même dans le système mondial de la dictature prolétarienne..."

Contre l’Occident, contre tous ses principes intellectuels, moraux juridiques, politiques, se retourneraient ainsi les masses asiatiques et africaines. Le but final de l’assaut n’est pas de libérer les peuples de couleur, de sauvegarder leurs propres traditions, mais de les plier à la Dictature de Moscou et de les absorber dans l’Union Soviétique qui — doctrinalement — n’a pas de frontières.

**

Nous savons quels sophismes et quelles réalités cache l’expression "dictature prolétarienne" : depuis 1917, l’histoire de l’infortuné peuple russe nous a suffisamment édifiés sur le léninisme et ses applications.

Mais le bolchévisme n’en poursuit pas moins sa course. On nous parle du "crépuscule" de la race blanche ; et la nécessité de défendre l’Occident contre les ténèbres venues d’Orient préoccupent d’autre part les esprits les mieux avertis, si dissemblables que soient leurs tendances. Bornons-nous ici à quatre témoignages particulièrement autorisés.

"Au moment même où nous essayons de nous rapprocher des âmes indigènes, écrit M. Georges Hardy, directeur de notre École Coloniale[1], d’autres influences tendent à les éloigner de nous. Un peu partout, de grands mouvements qui agitent le monde menacent de faire vibrer les populations coloniales : ici, c’est le Communisme ; ailleurs, la propagande pan-nègre, transmise par les Noirs d’Amérique ; ailleurs encore, le panislamisme, les menées révolutionnaires venues de l’Inde… Ces mouvements se trouent fréquemment déformés par les caractères et les traditions du milieu, où ils pénètrent ; telle agitation communiste, par exemple, n’a de communiste que le nom ; mais ils rejoignent généralement une formation ethnique, ils donnent aux groupements indigènes une conscience nouvelle de l’autorité européenne et compromettent un rapprochement qui s’annonçait déjà  difficile."

Le directeur du Bureau International du Travail dénonce plus positivement la force de la propagande communiste : "Partout, a déclaré M. Albert Thomas à son retour d’Extrême-Orient, non seulement l’isolement, mais aussi, il faut bien le dire, quelque opposition des races. Et, par là-dessus, un facteur qu’il ne faut pas négliger, qu’on retrouve partout, ici comme ailleurs, le Communisme… Au Japon, j’ai été accueilli par des cris et des sifflets à la gare de Tokyo : les communistes avaient menacé de ne pas me laisser débarquer. Dans les Universités, dans des auditoires de 3 000 à 3 500 étudiants japonais, il y avait toujours dans le fond quelque cent à deux cents Communistes qui intervenaient violemment, me posaient des questions ou m’insultaient…"[2]

Deux années auparavant, — le 22 avril 1927 — M. Albert Sarraut avait prononcé à Constantine le fameux discours dont il convient de rappeler quelques passages car l’ancien ministre de l’Intérieur et des Colonies, l’ancien Gouverneur général de l’Indochine, l’auteur du projet de loi sur "la mise en valeur des Colonies françaises"[3] y oppose de la façon la plus frappante les principes de la colonisation française aux doctrines communistes :

"L’insurrection coloniale, la perte ou l’abandon par la France de ses colonies est l’un des articles essentiels du programme de déchéance française dont l’exécution méthodique est impérieusement tracée par une influence étrangère aux affiliés français servilement courbés sous sa loi. Une logique rigoureuse ordonne à cet égard les desseins de la IIIe Internationale de Moscou. La France représente dans le monde la force morale la plus capable sans doute de résister victorieusement à l’entreprise universelle de désagrégation nationale et sociale d’où les dirigeants du Communisme moscovite espèrent faire surgir le nouvel impérialisme.

"La colonisation a toujours été pour la France une création d’humanité, et si le colonisateur est en droit de retirer de son œuvre de légitimes avantages, la doctrine française considère qu’elle n’est pas simplement un enrichissement national, mais en enrichissement universel…

"Avec son domaine d’outre-mer, la France est une nation de cent millions d’habitants, riche d’incomparables richesses. Sa force militaire, c’est-à-dire sa sécurité et son avenir économique, dépendent largement, dépendront plus largement encore demain de ce potentiel colonial. Voilà donc ce qu’il faut annihiler

"Pour le Gouvernement et le Parlement, comme pour les masses laborieuses, la devise, le mot d’ordre doit rester le même : le Communisme, voilà l’ennemi."

Plus récemment, c’est l’organe d’observateurs très compétents, — car ils sont en contact étroit avec l’âme indigène — c’est la Revue Missionnaire (de mars 1930) dont l’éditorial caractérisait ainsi "la marée montante du bolchévisme"

"Les troubles révolutionnaire d’Indochine et de Durban (Sud-Africain), les révélations du procès de Meerut (Indes anglaises) et des quelque huit cents communistes arrêtés au Japon, la recrudescence de l’opposition communiste dans les provinces du Sud en Chine, nous montrent dans le monde entier le progrès irrésistible du bolchévisme en pays de Missions. Alors que la vie chrétienne ne s’y épanouit que lentement, à la manière d’une plante qui croît et se développe, le bolchévisme se propage à la manière d’un feu destructeur : sa flamme tantôt monte toute droite, se faisant plus vigoureuse, tantôt se couche et rampe sous une rafale, se communiquant à tout ce qui l’entoure."

Si forts, cependant, que soient de tels cris d’alarme, et si vives les flammes qui jaillissent aujourd’hui à travers les continents, l’alerte est encore inopérante. La Revue Missionnaire elle-même croit pouvoir affirmer que "Moscou n’est pas la tête du bolchévisme"[4]. L’éminent directeur de l’École Coloniale craint d’exagérer le rôle du bolchévisme (dont il n’étudie d’ailleurs pas l’organisation). Le Bureau International du Travail, et la Société des Nations gardent à son endroit une déconcertante passivité. Les gouvernements attaqués, du dehors et du dedans, ne prennent contre l’ennemi commun que  des mesures sans portée, contradictoires et isolées, quand ils n’en favorisent pas les entreprises par de fatales complaisances.

 

**

Au cours de ce livre, qui met nécessairement en jeu toute la politique internationale, nous verrons en effet la vigoureuse logique des principes et l’unité de front existant du seul côté de l’agresseur.

Il est évident que la destruction des empires coloniaux entraînerait la ruine des métropoles, la ruine aussi des autres pays, en raison de la solidarité économique internationale. Entre la France et la Grande-Bretagne par exemple ou entre l’Europe et l’Amérique, aucune concurrence d’intérêts ne saurait au fond l’emporter sur les liens vitaux qui unissent les producteurs, les commerçants et les consommateurs, sans parler des liens immatériels qui rapprochent les âmes. L’Impérialisme Rouge cherchant à briser ces liens et à déchaîner ces catastrophes, il est non moins évident qu’il faut lui barrer la route.

Or, maints gouvernements tolèrent et en quelque sorte légalisent la servile et criminelle propagande de ses agents ; reconnaissent "de jure" et admettent les ambassadeurs d’une puissance qui, par définition, combat implacablement tous leurs droits et le Droit lui-même. Si l’on traite ainsi d’égaux à égaux avec les bourreaux d’une grande nation et avec les perturbateurs du monde ; si les journaux communiste ont licence d’inciter quotidiennement, publiquement les peuples coloniaux à la révolte ; si un députés communiste peut impunément faire l’apologie de l’insurrection et de la trahison à la tribune du Parlement, quelle autorité peuvent ensuite conserver les arrêts de justices, et comment les condamnés ne seraient-ils pas transformés en victimes de l’arbitraire, en martyrs, bientôt en triomphateurs, — alors qu’en Russie Soviétique la résistance à l’oppression, même sur le terrain économique, est un crime capital, irrémissible ?

Le plus vaste des empires coloniaux va plus loin encore ; au moment même où le bolchévisme bouleverse ses possessions asiatiques et africaines, il étend le privilège de l’immunité diplomatique aux délégations commerciales dont l’ingérence dissolvantes est inévitable.

Les relations diplomatiques ne sont d’ailleurs pas nécessaires aux commerçants, aux industriels, aux ingénieurs, aux capitalistes pour conclure avec les Soviets des marchés qui sont doublement des marchés de dupes ; car d’une part les ressources fournies au Gouvernement Soviétique servent à alimenter sa propagande extérieure ; d’autre part, si la réintégration de l’immense Russie dans l’économie mondiale s’impose certes le plus en plus, il est clair qu’elle ne pourra s’opérer efficacement qu’après la chute de ses destructeurs.

Que dire des "pactes avec le diable" et des hideuses collusions dont usent encore certains politiciens assoiffés de revanche ou brûlés d’ambition ? Ignorent-ils donc que l’Impérialisme Rouge compte précisément sur les luttes fratricides des nations civilisées pour réaliser ses desseins ?

**

Le plan bolchéviste commence pourtant à s’inscrire sur le globe en traits de feu.

Les principes directeurs et le mécanisme de la révolution mondiale sont exposés dans les statuts de l’Internationale Communisme, les comptes-tendus de ses congrès, les bulletins de ses groupements internationaux. Il en ressort que jamais méthode plus rigoureuse, voire plus "scientifique, n’a été mise au service d’une plus puissante machine de guerre sociale.

En Europe, même parmi les esprits cultivés, cette monstrueuse théorie a multiplié les victimes. Ce goût du suicide, cette éclipse du bon sens, ce refroidissement du foyer civilisateur paraissent au premier abord assez alarmants. Mais les races qui, de 1914 à 1928, ont prodigué tant d’héroïsme ne sont pas des races épuisées ; et leurs prodigieuses expansions d’outre-mer prouvent qu’elles ne sont pas en décadence. Le bolchévisme a, somme toute, échoué sur ce continent, ou du moins ce continent reste capable de le juguler.

En Asie, il en va autrement. Appliqué à d’antiques civilisations qui n’ont pas rajeuni leur sève, le bolchévisme — combiné d’abord avec le nationalisme wilsonien — produit l’effet d’un explosif.au sein de l’anarchie chinoise et à travers la révolte hindoue on voit apparaître les nouveaux maîtres. L’Union Soviétique, étalée sur la moitié du continent, injecte directement son virus à des masses de huit cent millions d’hommes : si elle ne parvient pas à les lancer contre l’Europe, elle peut du moins s’en servir pour chasser les colonisateurs blancs, pour couper les courants internationaux, pour rompre l’équilibre mondiale, — pour porter à l’Europe le coup indirect qu’elle espère mortel.

En Afrique, la gangrène est beaucoup moins menaçante. Les populations méditerranéennes retrouvent le soleil latin. Les races noires, enfin éveillées, sont entraînées dans son orbite et fraternisent avec nous dans le vaste empire qui prolonge la France jusqu’au Congo. La Belgique, l’Italie, l’Espagne, le Portugal complètent sur ce sol neuf l’emprise européenne. Pour l’humanité, il y a là de magnifiques espérances. Nous n’oublions pas l’Angleterre, grande puissance africaine : mais ici aussi le "colosse aux pieds d’argile" est fortement secoué ; les troubles de l’Union Sud-Africaine répondent à ceux des Indes ; l’indépendance égyptienne, conjuguée avec la sédition palestinienne, menace le canal de Suez, artère impériale. Une  révolution noire sud-africaine ne se répercuterait-elle pas jusqu’au cœur du continent ? Et comment l’Afrique, surtout si le Nord-Est laisse passer le flot rouge, ne subirait-elle pas le contrecoup des révolutions asiatiques ? Jamais l’armée française (qui garde heureusement, comme au temps des croisades, le bastion syrien) et la flotte britannique n’ont-été plus solidaires !

La solidarité s’étend aux Amériques, peuplées d’Européens. Si les États-Unis prétendaient encore "tourner le dos" aux mères-patries, Moscou se chargerait de modifier cette attitude, d’ailleurs illusoire, car le bolchévisme progresse dans le Nouveau-Monde ; il s’efforce d’en disjoindre les races, d’y acclimater la "lutte de classe" et d’y saper une prospérité dont les gigantesques « gratte-ciel » ne s’élèvent pas sur d’assez fermes assises ; il y cherche même des renforts pour "libérer" l’Afrique…

L’Impérialisme Rouge présente au moins cet avantage de nous faire comprendre que pour les continents eux-mêmes l’époque n’est plus des "splendides isolements". Mais encore faut-il que le rapprochement des peuples enfante la paix, et non la guerre. Et c’est bien la guerre, la guerre totale, la guerre universelle que prépare l’Impérialisme Rouge.

**

Nous établirons surabondamment ces tragiques vérités.

Il nous a été difficile de donner des contours précis aux mouvants événements et de discerner le degré de véracité de maintes informations. Mais nous avons toujours noté les sources auxquelles nous puisions : le lecteur pourra donc les vérifier, ou en apprécier la portée.

En ce qui concerne la doctrine et le programme d’action du bolchévisme anticolonial, la force de notre documentation est d’ailleurs indéniable, puisqu’elle est extraite de la "littérature" soviétique.

Cette "littérature" indigeste, rebutante, barbare, est trop peu connue. Elle échappe même aux "sympathisants" communistes qui pèchent surtout, nous l’avons souvent constaté, par ignorance et par naïveté. Elle échappe  aussi sans doute aux hommes d’État, aux guides politiques et intellectuels des peuples, puisqu’ils en tiennent si peu de compte. Présentée sous une forme substantielle, et objective, car il s’agit de serrer de près les textes et les faits, mais méthodique et nous l’espérons, assez claire, complétée par les critique des assertions bolchévistes, elle dévoile l’extraordinaire puissance des plans de l’Impérialisme Rouge et l’aveugle ou coupable faiblesse des résistances qu’il rencontre.

Un inexorable dilemme s’impose aujourd’hui aux Êtas civilisés. Ou bien ils s’uniront contre l’ennemi commun ; ils l’expulseront de chez eux et des colonies qu’il infecte ; ils lui arracheront les peuples asiatiques et africains qu’il veut enchaîner au char d’Attila. Ou bien ils subiront sa dictature et livreront ainsi l’humanité aux pires régressions. » (Gustave Gautherot)

 

 


[1] Nos Grands Problèmes Coloniaux (Armand Colin, Paris, 1929)

[2] Communication au Comité National d’Études, séance de la Cour de Cassation du 4 mars 1929. M. Albert Thomas fit des déclarations analogues à l’Institut Colonial Français.

[3] Déposé à la Chambre le 12 avril 1921, ce projet n’a jamais été discuté.Il a été publié par l’éditeur Payot (1923)

[4] La revue estime qu’"un changement de régime politique en Russie ne marquerait nullement un arrêt dans la bolchévisation du monde"  parce que "la IIIe Internationale possède une organisation indépendante du Gouvernement soviétique". C’est une erreur de fait. Il est probable que la IIIe Internationale survivrait à la chute du Gouvernement soviétique, mais privée de sa gigantesque base d’opérations, elle s’agiterait comme un serpent dont on aurait tranché la tête.

 

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